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SAIJNT MATTHIEU 41
Pour les fidèles quihabitaient Jérusalem ou la Palestine ce travail fut exécuté d'abord en araméen, la langue du pays : c'est Tantique tradition. Mais les Juifs hellénistes étaient nombreux dans la ville sainte et influents. Plusieurs s'étaient convertis et ils formaient dans l'Eglise naissante un groupe important, pour qui furent créés les premiers diacres. Les Juifs de la dispersion, qui se rendaient chaque année aux fêtes de Jérusalem, donnèrent également plus d'un adhérent à la foi nouvelle. Plus nombreux encore devaient être les convertis parmi les juifs hellénistes demeurant en d'autres régions de la Palestine et dans la Syrie. Or, tous ces juifs hellénistes parlaient grec et se servaient, pour l'Ancien Testament, de la Bible des Septante. N'était-il pas naturel de traduire à leur usage l'Évangile araméen et de leur donner, sous la garantie apostolique, une édition grecque* qui
1 . Il n'est pas dans notre intention de nous arrêter à la. question de date pour ces deux éditioas. L'original araméen pourrait avoir été donné vers le temps de la dispersion des apôtres (45 à 5o) : c'est la tradition ancienne. L'édition grecque vraisemblablement n'a dû. être présentée que plusieurs années après. Gomme en témoigne Jean l'ancien (EusÈBR, Hist. eccles., III, xxxix, 2),- pendant un certain temps chacun traduisait selon qu'il en était capable : ce qui suppose un milieu à la fois araméeiL et grec. La traduction officielle fit cesser ces tâtonnements particuliers. Qu'elle^ soit de saint Matthieu lui-même^ s'il faut en croire le commentaire d'EcfSjSi5t!i bui- le ^i, .^/ié i.î£xvïi (p. G xxiii,
leur pût servir au même titre que Toriginal ? Qu'il y ait eu une certaine accommodation accidMitelle pour ces nouveaux lecteurs, ce n'est pas impossible; mais rien ne permet de préciser exactement en quoi elle a pu consister. En tous cas elle n'a pas dû être bien importante, et il n'y avait rien à changer pour le fond.
Que le second Évangile ne contienne, ni les longs discours du premier Évangile, ni les rapprochements constants entre les faits et les prophéties de l'Ancien Testament, ni les traits messianiques sur l'enfance, il n'y a pas lieu de s'en étonner. En transportant de Jérusalem à Rome la Bonne Nouvelle, les missionnaires apostoliques avaient, comme nous l'avons vu, à l'adapter à ce nouveau milieu, par conséquent à laisser de côté tout ce qui regardait spécialement des auditeurs palestiniens. Saint Marc, dont le dessein était de recueillir la catéchèse romaine, n'avait pas à reprendre ces éléments, étrangers à son but. L'évangile de l'enfance, faisant partie intégrante de la thèse de la messianité en saint Matthieu, n'avait pas de raison
col. 904), ou d'un disciple juif helléniste, peu importe; elle ne put s'imposer que sous la garantie apostolique. Ce qui est certain, c'est que les premiers Pères s'en servent en lui reconnaissant la valeur de l'original hébreu.