SAINT MARC
sur la côte orientale de la mer de Galilée et retour (iv, 35-v, 43) ; missions en divers points de la rive occidentale du lac et retour (vi, 7-vii, 23) ; voyage dans les limites nord-ouest de la Galilée, dans la direction de Tyr et de Sidon (vu, 24-31) ; excursions .dans la Décapole, vers le sud du lac de Génésareth (vu, 31-viii, 21) ; voyage à Bethsaïde et de là dans la partie septentrionale du pays, vers Césarée de Philippe, et retour (viii, 22-ix, 49). Là se termine Févangélisation de la Galilée et commence le grand voyage qui, par le sud de la contrée et par la Pérée, aboutit à Jérusalem.
Ges différentes excursions sont-elles disposées dans un ordre rigoureusement chronologique ? On a souvent abusé d'un dire de Jean l'Ancien, recueilli par Papias (Eusèbe, Hist, Eccl.^ III, XXXIX, 15), pour prétendre que l'Evangile de saint Marc n'avait aucun ordre ^. « Marc, étant l'interprète de Pierre, écrivit, autant qu'il s'en souvenait exactement, non toutefois avec ordre, ce qu'a dit ou fait le Seigneur, lequel en effet il n'a pas entendu ni accompagné. Plus tard il a suivi Pierre; or celui-ci donnait son enseignement selon les besoins et sans souci d'établir un enchaînement complet entre les paro-
I. Plusieurs critiques croient que ces reproches s'adressent au Proto-Marc, différent du Marc actuel : c'est une création toute gratuite.
les du Seigneur. Marc n'a donc pas commis de faute, en écrivant en quelques endroits, selon qu'il se souvenait. Il n'a eu qu'un souci, ne rien laisser de ce qu'il avait entendu, ni rien dire de mensonger. » Ce texte n'accuse pas l'œuvre de saint Marc d'être sans aucun ordre, mais on y observe seulement qu'e/i quelques endroits, e^ia, il a disposé les choses, non selon l'ordre réel, mais comme il se souvenait. De fait nous constaterons dans le second Évangile, en le rapprochant de saint Jean et de saint Luc, qu'on ne s'explique guère la place de certains récits (v. g. I, 14, 16-20, etc.), mais qu'en général sa
narration est assez bien ordonnée. Cette ordonnance n'est pas cependant en tout point parfaitement chronologique; le plan même delà catéchèse y faisait obstacle, comme nous verrons plus loin \
I . Il n'est pas de notre sujet d'examiner si l'Evangile de saint Marc est antérieur, ou non, à l'Evangile de saint Matthieu. Actuellement sans doute la critique s'entend à peu près à affirmer que Marc a servi de source à notre Matthieu grec. D'excellents exégètes catholiques adoptent cette manière de voir. Nombre de raisons et de comparaisons de textes paraissent favorables à cette opinion : malheureusement il y en a bien presque autant en sens contraire. Faute de mieux on s'en tient à ce système qui pourrait bien avoir le sort d'autres systèmes qui ont eu leur heure de succès. Ne pourrait-on trouver ailleurs la solution du problème? Ni Marc ne serait la source de notre Matthieu grec, ni notre Matthieu la source de Marc. Ce ne sont pas ces