‹ Nos quatres Evangiles [microform]Chapitre 12 sur 94 · SAINT LUC · texte numérisé non relu

SAINT LUC

Le troisième Evangile a un caractère à part.

Saint Luc ne prétend pas donner seulement la catéchèse précbée dans l^s Egiises grecques de saint Paul, comme saint Matthieu celle de Jérusalem, et saint M^rc celle ée Rome. Il la donnera san^ doute et très exactement, comme devaient le souhaiter les fidèles de ces Églises,

évangiles une fois écrits qui ont inâué directcHient l'un sur l'autre. Il faut faire un peu plus large la part de la catéchèse orale. La catéchèse a été constituée d'abord en Palestine et elle s'y était toujours conservée très vivante. La dispersion des apôtres y a réclanaé, plus tôt qu'à Rome, un écrit autorisé. Ce que les fidèles désiraient à Rome, ce n'était pas la catéchèse de Jérusalem, comme à Jérusalem on n'avait pas de raison de désirer celle de Rome. Les ressemblances générales s'ex^quent par le fait que les missionnaires apostoliques y transportèrent le fond déjà fixé de la même catéchèse. Les diiférences viennent de ce qu'on ne la transporta pas telle quelle, mais qpi'on l'adapta à son nouveau milieu. Probablement saint Pierre sut ajouter à Rome son cachet personnel au schéma de ces récits, qui auparavant avaient été prêches à Jérusalem par les apôtres. Quant au parallélisme de certains cycles de faits et aux ressemblances d'expressions, parfois très singulières au milieu de divergences aussi extraordinaires, tout cela s'explique par le fait que des notes écrites, des recueils partiels ont pu servir également dans les deux milieux, pour aider les prédicateurs. Ainsi des essais de traduction de la catéchèse palestinienne et ensuite de l'écrit araméen de saint Matthieu, comme aussi des recueils partiels de la catéchèse adressée en grec aux Juifs hellénistes de Palestine, ont pu être transportés à Rome. Ces traductions et recueils partiels étaient entre les mains des missionnaires, évangélistes, chargés par les apôtres de redire le témoignage

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aussi désireux que les autres d'avoir un écrit qui pût suppléer à la tradition vivante des témoins, en leur absence ou après leur mort.

Mais il lui a paru bon de faire quelque chose de plus. Il veut donner, autant que. poLSible, à son Évangile certaines allures de l'histoire : il ajoutera à la catéchèse* et il la disposera dans un meilleur ordre chronologique, afin que ces additions et cette ordonnance nouvelle impriment au lecteur une conviction plus solide, inébranlable, de l'enseignement reçu par la catachèse orale (i, i-4).

Il remontera donc au delà du point de départ de la prédication apostolique, qui commençait au ministère de Jean- Baptiste, et racontera l'histoire des origines du Sauveur. Quelle différence de ton, de procédé, entre ces premiers chapitres et le reste de son Evangile ! Ce n'est

apostolique, ils y ont subi radaptation du milieu et c'est une fois modifiés plus ou moins et informés par cette nouvelle catéchèse, qu'ils ont pu servir à l'auteur de l'évangile romain, non pas précisément à tit^e de source, naais plutôt comme aide-mémoire, aide littéraire. La source de Marc était avant tout la catéchèse vivante ^i^e Rome, la prédication de Pierre. Il ne faut pas oublier que Marc, l'auteur du second Evangile, vient de Jérusalem.

I . H y ajoutera surtout des récits ou des paraboles qui se rattachent à d'autres lieux que la Gialilée, et que les deux autres synoptiques avaient négligés par fidélité au plan quadripartite delà catéchèse primitive, comme nous le verrons plus loin.

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plus le simple schéma d'une prédication résumée enquelques traits ; mais les événements sont exposés avec le détail, l'enchaînement, les précisions de lieu et de temps qui en font les pages d'une biographie. On sent qu'il a eu pour cela des sources de premier ordre et qu'il n'a fait que traduire exactement ses matériaux en leur laissant toute la couleur araméenne. Ses voyages en Palestine, son long séjour à Gésarée lui ont permis d'interroger les témoins encore vivants de l'enfance du Sauveur, ses parents et, en premier lieu, la Vierge Marie, dont ces récits révèlent souvent les sentiments intimes. Ses relations avec la communauté chrétienne de Jérusalem ne permettent pas de soutenir qu'il ait ignoré la catéchèse de cette Église, depuis les traits messianiques de l'enfance jusqu'à ceux de la résurrection. Mais ayant trouvé déjà racontés les faits de l'enfance, il n'a pas jugé nécessaire de reprendre l'œuvre de son devancier^; il a reproduit des documents nouveaux. En d'autres endroits de son Evangile, dans la troisième partie qui peut s'intituler

1. Il n'est pas plus extraordinaire de voir dans le récit de saint Luc la rentrée à Nazareth placée aussitôt après la Présentation au temple que de voir saint Matthieu et saint Marc, faisant revenir Jésus en Galilée après le baptême, passer une année entière et faire coïncider le retour avec répoque de l'emprisonnement de Jean-Baptiste.

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les voyetges^^ et dans la quatrième partie ou dernière semaine à Jérusalem'^^ on trouve de même, à côté de la catéchèse, des récils d'un autre caractère, qui révèlent un historien .

Dans le prologue de son Évangile, saint Luc nous promet de raconter les événements dans leur ordre véritable (xaôeÇ^ç), c'est-à-dire dans leur succession naturelle : ce qui suppose un ordre habituellement chronologique. 11 ne s'interdit pas cependant pour abréger de disposer quelquefois certains faits selon leur lien logique, La fidélité à conserver le plan de la catéchèse l'empêchera, d'ailleurs, de suivre l'ordre absolument chronologique 3.

Pour encadrer les événements de la vie publique du Sauveur, les trois synoptiques ont

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