IT« PAQUE ^" TABERNACLES H
En revenant de la montagne des Béatitudes et en approchant de Gapharnaiim eut lieu le miracle de guérison en faveur du serviteur d'un centurion (Luc, vu, 1 ; Matth., viii, 8) '. De Capharnaûm, centre des missions du Sauveur, Jésus dut faire une excursion vers le sud de la Galilée. Saint Luc seul en a conservé le souvenir : il n'en mentionne cependant qu'un épisode, la résurrection du fils de la veuve de Naïm. Le bruit des nouveaux miracles du Sauveur se répandit dans tout le pays d'alentour et jusque dans la Judée et dans la région du Jourdain.
Probablement dans son excursion du sud de la Galilée, il dut lui-même se rapprocher du fleuve. C'est dans ces parages que les disciples de Jean-Baptiste pouvaient plus commodément le rencontrer. Leur maître çtait toujours en prison. A leur question Jésus répondit par un texte d'isaïe qui annonçait sa mission et il réalisa sous leurs yeux la prophétie en accomplissant de nombreux miracles (Luc, vu, 18-35; Matth., XI, 2-19).
Au retour de cette excursion dans la Galilée méridionale, dans un lieu qui n'est pas nommé, une femme « tenue dans la ville pour pécheresse » trouve à ses pieds, grâce à son repentir et à son amour, le pardon de ses fautes
i.Cf. p. 3i5.
(Luc, VII, 36-50). L'évangéliste nous montre ensuite Jésus parcourant les bourgs et les villages de la Galilée en compagnie des douze (Luc., VIII, 1-3).
Jusque-là il avait annoncé que le royaume de Dieu étaitproche et il y préparait les âmes. Un changement s'opéra alors dans sa prédication, qui étonna d'abord les apôtres. En paraboles énigmatiques il commença à dévoiler les mystères de ce royaume de Dieu (paraboles de la Semence, de l'Ivraie : Luc, viii, 4-18; Marc, IV, 1-20;Matth., xiii, 1-43). Les premières paraboles furent entendues sur les bords du lac de Génésareth^.
De là Jésus fit une excursion par mer sur la rive orientale. La tempête apaisée, le possédé de Gérasa guéri, la légion de démons se précipitant sur un troupeau de porcs, le retour rapide à Capharnaùm, avec la guérison de l'hémorrboïsse et la résurrection de la fille de Jaïre, forment un cycle de faits étroitement unis dans la catéchèse primitive et dans la suite
\ réelle des événements (Luc, viii, 22-56 ; Marc,
■ IV, 35 à V, 43)2
1 . Toutes les paraboles réuaies par saint Matthieu dans son ch. XIII, n'ont pas été prononcées en même temps et dans la même circonstance. Voir plus loin p. 290.
2. Pour les besoins de sa thèse, saint Matthieu a brisé l'ordre, et a disposé autrement les faits dans ses ehapi" très vin et ix
FÊTE DES TABËRNiVGLES (II» ÂiNi\ÉE> H9
6^ Fête des Tabernacles de la deuxième année.
Aux approches de la fête des Tabernacles, Jésus se dispose à se rendre à Jérusalem, qu'il n'a pas visité depuis plus d'un an. Il lui est difficile, surtout s'il veut y faire un assez long séjour, d'emmener avec lui les douze apôtres et les soixante-douze disciples. D'autre part, ayant tout quitté pour s'attacher à lui, ils ne peuvent, pendant son absence, retourner à leur ancien métier. Il va donc, pour les initier à leur ministère futur, les envoyer prêcher le royaume de Dieu. Les uns, les apôtres, seront envoyés dans la Galilée, aux fils d'Israël ; les autres, les disciples, devront aller, en dehors de la Galilée, dans la Décapole et la Pérée, régions habitées en partie par des Gentils ^ Avant de leur confier cette mission, il leur donne ses instructions.
Saint Marc (vi, 7-13) et saint Luc (ix, i-6) reproduisent les conseils donnés aux douze en
I . En appelant les douze, Notre-Seigneur avait certainement eu égard aux douze tribus d'Israël. On a dit souvent que leur mission en Galilée représentait la prédication de l'Évangile aux douze tribus. Dans les 72 disciples, par Disposition, on a voulu voir une allusion aux 72 peuples composant la gentilité, d'après une interprétation juive du chapitre x de la Genèse. Leur mission en dehors de la Galilée, dans la Décapole et la Pérée, préfigurerait l'évangélisation des Gentils.
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cette ciTconstance. Saint Matthieu, qui le fait d'abord dans ses chapitres ix, 37-38 et x, 5-14, ajoute ensuite, selon son habitude, des éléments étrangers à ce discours et pris à d'autres instructions d'époques diverses (x, 15 à xi, 1). Saint Luc seul donne (ch. x, 1-13) les avis adressés aux disciples. Ona toujours été frappé de la ressemblance de ces deux instructions, aux apôtres et aux disciples, et on y a vu la répétition, à des époques différentes, des mêmes conseils pour une mission semblable.
En réalité c'est dans la même circonstance que le Divin Maître s'adressa aux uns et aux autres. Ces instructions ne sont pas distinctes par le temps, mais seulement par le champ d'action. La nécessité du plan quadripartite a obligé de séparer ce qui en réalité était uni. Sa seconde partie, qui se confine à la Galilée, ne pouvait renfermer la mission des disciples, envoyés en dehors de cette province. Et, comme cette mission est antérieure au dernier voyage à Jérusalem, saint Matthieu et saint Marc, fidèles au plan de la catéchèse, ne pouvaient la placer ni en Galilée, ni dans ce dernier voyage : aussi n'en ont-ils pas parlé. Saint Luc, grâce à un procédé particulier décomposition, que nous avons signalé % peut la faire entrer dans sa