‹ Nos quatres Evangiles [microform]Chapitre 36 sur 94 · FETE DES TABERNACLES (II« ANNÉE · texte numérisé non relu

FETE DES TABERNACLES (II« ANNÉE

troisième partie, qui, avant le dernier voyage à Jérusalem, en contient au moins deux autres.

Or le voyage à Jérusalem, qui dans saint Luc (ix, 53-xiii, 4) commence à l'époque de cette mission des disciples, paraît identique à celui dont parle saint Jean au chapitre v, et répond au pèlerinage de la fête des Tabernacles accompli durant la deuxième année.

Le voyage du chapitre v de saint Jean, antérieur évidemment à la troisième Pnnn<=* (ch.. vi), suppose (cf. p. 113), d'autre part, déjà connue la mort de Jean-Baptiste (Joan., v, 35). Or dans le récit synoptique cette nouvelle est apportée à Notre-Seigneur à Fépoque de la mission des apôtres ^ , etd'après la suite des faits en saint Marc et en saint Luc, ce moment est, avons-nous vu,

postérieur à la Pâque et même à la Pentecôte de la deuxième année et répond au temps cie la

fête des Tabernacles. D'un autre côté, puisque

I . Au moment où Jésus envoie ses apôtres en mission, les synoptiques nous montrent Hérode se préoccupant des miracles qui attirent les foules sur les pas du Sauveur. L'opinion populaire, à la nouvelle de la décapitation de Jean-Baptiste, ne se résignait pas à croire à la mort d'un tel prophète, et l'imaginait ressuscité en Jésus. Antipas^ malgré son scepticisme, ne paraît pas rassuré (Marc, vi, 14-29; Luc, IX, -j-q; Matth. xiv, 1-12). On a essayé de fixer une date pour la mort de Jean-Baptiste. Schûrer adopte Tan 29, d'autres l'an 26. Les sentiments dépendent étroitement de l'opinion qu'on adopte sur la chronologie de la vie du Christ. L'an 28 nous semble assez probable.

la mission des disciples (x, 1-16), pour les raisons précédemment indiquées, parait bien être de même date que celle des apôtres (ix, 1-6), il s'ensuit que le premier voyage de saint Luc, commençant par Tenvoi des disciples dans la Décapole et la Pérée^, se trouve aussi correspondre avec la fête des Tabernacles de la seconde année.

Ce qui confirme cette manière de voir, c'est que toutes les autres hypothèses sur l'identification du voyage de saint Luc (ix, 52-xiii, 21) se heurtent à d'insurmontables difficultés .

La fin du ministère galiléen est marquée, dans saint Luc (ix, 51) par cette phrase : Quand les jours où Jésus devait être enlevé du monde^ furent près de s^ accomplir ^ il manifesta résolument l'intention- d^ aller à Jérusalem. C'est-àdire: il reste au Sauveur peu de temps à vivre et les prévisions de sa mort, manifestées, les jours précédents, aux apôtres étonnés, n'étaient pas capables de l'empêcher de se rendre dans la Ville sainte pour y consommer son sacrifice.

I . « Après la mission des apôtres on croirait que Jésus va quitter la Galilée », dit le P. Lagrange dans l'introduction (p. cxxvTi) de son commentaire sur l'Evangile de saint Marc. Il quitte en effet la Galilée, comme le montre le texte de saint Luc, si on regarde la mission des disciples comme contemporaine de celle des apôtres.

0.. Mot à mot : il tourna résolument sa face pour se ren= dre à JôiQùalem.

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On doit considérer cette remarque comme la finale de la troisième partie, le ministère gali~ léen^ et non pas comme le commencement de la partie suivante, ainsi qu'on le fait habituellement. D'après l'opinion commune, les chapitres IX, 52 à xvn, 10, devraient être regardés comme formant la suite chronologique de la partie précédente, consacrée au ministère galiléen : ce qui ne peut se justifier.

En effet, selon cette manière de voir. Notre- Seigneur aurait définitivement quitté la Galilée, six mois environ avant la Passion, et tout ce temps aurait été consacré à son dernier voyage, durant lequel il aurait marché à petites journées et évangélisé les confins de la Samarie et de la Galilée, ainsi que les régions de la Pérée et des environs du Jourdain.

Un tel voyage répondrait, selon une opinion assez suivie, à la venue de Jésus à Jérusalem pour la fête des Tabernacles, raconté par saint Jean dans son chapitre vu. Le premier inconvénient de ce système est qu'un départ accompli avec ses soixante-douze disciples, qui, dans cette hypothèse, le précédent et qu'il rejoint peu à peu dans sa marche vers la Ville sainte (Luc, 1-17), se présente avec une certaine solennité bien différente de la rapide apparition, quasi incognito, à la fête des Tabernacles, que nous révèle le récit johannique.

U4 NOS QUATRE EVAiNGILES,

On a pensé éviter la difficulté, en supposant que JesLis serait d'abord venu à la fête des Tabernacles, comme le raconte le chapitre vu de saint Jean, et qu/après cette apparition à l'improviste et comme en cachette il serait promptement rentré en Galilée pour organiser son départ définitif. Peu après cette rentrée, et bien avant la fête de la Dédicace, aurait commencé le dernier voyage se prolongeant environ cinq mois avec ses haltes, ses missions, avec ses allées et retours qui compliquent si singulièrement l'interprétation des chapitres ix, 52 à xix, 28 de saint Luc, qu'on veut les entendre d'un seul et dernier pèlerinage à la Ville sainte. Si cette nouvelle hypothèse écarte une difficulté, elle en laisse subsister d'autres. Elle n'explique pas les deux visites de Jésus à Jérusalem, avant la dernière semaine, auxquelles saint Luc fait allusion dans son récit (ix, 52 à xvii, 10). Si, comme nous venons de le voir, la première ne peut être la visite de la fête des Tabernacles, seraitelle donc celle de la Dédicace ? Mais alors que serait la seconde visite? Et d'autre part, si cette secondevisiteestplacéeàl'époquedela solennité de la Dédicace, on ne voit pas davantage ce que pourrait être la première, puisque de toute

I. Mgr Le Camus. La Vie de Notre-Seigneiir Jésus-Christ, 6' édit., 1901, t. II, p. 289. ^

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