FÊTE DES TABERNACLES (II« ANNÉE
façon elle ne saurait répondre aux circonstances de la fête des Tabernacles de la 3® année.
D'ailleurs le récit synoptique des derniers événement^ galiléens s'oppose, pour le temps qui les suivit, à toute visite de Notre-Seigneur à Jérusalem autre que celle qui précéda sa mort. Pendant le voyage à Gésarée et après la transfiguration, nous trouvons deux prédictions de Jésus sur sa fin prochaine, sur la façon dont il sera traité à Jérusalem par les chefs du peuple, quand il arrivera dans la Ville sainte (Marc, viu, 31; LîJC., IX, 22 ; Matth., xvi, 21 et Marc, XI, 29-31; Luc, ix, 44-45; Matth., xvii, 21-22). Ces deux annonces sont étroitement liées avec celle que le Sauveur fit sur les bords du Jourdain, environ deux semaines avant sa mort (Marc, x, 31-34; Matth., xx, 17-19 et le passage parallèle de Luc, xviii, 31-34). Ces trois prédictions ne sauraient être séparées par cinq ou six mois d'intervalle entre les deuxpremièresetla troisième. Etroitement liées entre elles par le temps, elles impliquent toutes que, bientôt, à sa prochaine arrivée à Jérusalem, les douloureux événements annoncés auront leur accomplissement. Elles ne permettent donc pas de supposer, entre le départ de Galilée après la Transfiguration et la dernière venue de Jésus à Jérusalem, deux apparitions intermédiaires dans la Ville sainte, si courtes soient-elles. Or
c'est ce qu'on est obligé de faire dans toutes les hypothèses courantes sur ces chapitres de saint Luc, différentes de l'explication que nous proposons.
Le dernier voyage à Jérusalem se trouve raconté seulement dans la section xvii, 11 à xixy 28 de la troisième partie du ministère public dans saint Luc^ Les deux sections précédentes IX, 52 à XIII, 21 et xiii, 22 à xvii, 10 se rapportent donc à des voyages antérieurs. Et rien ae s'oppose à ce que la prenj^ière section ne réponde au voyage du chapitre v de saint Jean.
En effet la situation à Jérusalem n'est pas encore celle que cet évangéliste (vu, 1) nou^ donne à entendre : Jésus continuait à séjourner^ en Galilée; car il ne voulait pas séjourner en\ Judée ^ parce que les Juifs cherchaient à lefaire\
périr. D'après saint Luc (x et xi), au contraire,! le Sauveur peut encore se rendre sans crainte; dans la Ville sainte ; le sentiment populaire est pour lui, mais les pharisiens cherchent t^us^ les moyens de combattre son influence. Quelques-uns encore, moins mal disposés, l'invitent à s'asseoir à leur table (xi, 32). Les principaux d'entre eux et les chefs du sacerdoce, menacés, sous Faction de sa parole et de ses miracles, de perdre leur autorité sur le peuple,