I. A. RÉviLLK, Jésus de Nazareth j l. I, p
si tardives et en rapport si indirect avec les
faits ^.
Mais croit-on que les fidèles de la première o-énération aient vécu comme des marmottes engourdies pendant l'hiver, et qu'ils n'aient réellement pris conscience de la vie du Christ que par nos écrits synoptiques ? Les Actes et les Épîtres nous offrent un tout autre spectacle . Non, lorsqu'on recueillit ces souvenirs par écrit, ils étaient en pleine vie. La tradition n'était en aucune façon refroidie; elle sortait encore toute brûlante du témoignage des Apôtres et des disciples de Jésus. On y tenait plus qu'aux commentaires ou aux applications morales qu'on pouvait faire des récits évangéliques. On ne la considérait pas comme un enseignement de l'homme, mais comme laiparole vivante et permanente'^ des Apôtres, témoins du Christ, comme la parole du Christ lui-même. Remarquons-le bien, il ne s'agissait pas du souvenir d'un grand homme, dontlesactionsetles paroles peuvent sans doute exciter Tadmiration, mais qui après tout nous est étranger et ne change rien à nos destinées. C'était la vie du Christ, dont chaque fidèle pouvait dire avec saint Paul : Mihi vivere Christus est. Ses exemples, ses enseignements, on y
1. Cf. L. Bbllouvet, Un grave problème d* Apologétique, dans la Revue du Clergé, 1889, t. XVIII, p. 325.