Eusèbiî;, Histoire ecclésiastique, liv. III, c. xxix
tenaitplus,selonleprécepteduGhristlui-même, qu'à ses intérêts matériels, plus qu'à ses affections de famille. Car tout cela, dans les moindres parcelles, c'était le Christ lui-même; on en vivait et en même temps on voulait en faire vivre les autres. Dans les villes où la foi chrétienne s'était implantée, on ne comptait encore qu'un pusillus grex de convertis, qui devaient être la lumière et le sel, capables d'éclairer et de transformer les masses païennes qui les entouraient ou les juifs restés rebelles à la première action apostolique. Auxiliaires des missionnaires de rÉvangile, les fidèles, grâce à cette même catéchèse qui les avait convertis eux-mêmes, cherchaient à étendre la foi tout autour d'eux, dans leurs familles, |)armi leurs amis et leurs concitoyens ou dans les cités voisines. Instrument de conquête, elle restait pour eux en même temps un aliment toujours fortifiant. Eclairés qu'ils étaient maintenant par un enseignement plus complet, ils y trouvaient des profondeurs qu'ils n'avaient pas soupçonnées la première fois qu'ils l'avaient entendue, des lumières et des richesses de vie capables de satisfaire les plus parfaits. Les chrétiens de la première génération tenaient donc à conserver intacte cette catéchèse On comprend qu'au moment où les apôtres s'éloignaientpourtoujours, ou lorsqu'on craignit de les perdre par la mort, ces fidèles
aient vivement désiré d'en avoir la fixation par écrit d'une manière autorisée : car, après la disparition des témoins, elle menaçait de s'altérer peu à peu. De ce désir sont nés nos synoptiques.
Nos quatre Évançriles