I. Cf. p
DOCTRINE : SAINT PAUL m
montre que les deux enseignements, l'élémentaire des synoptiques [ten^ena) et le transcendant de saint Jean (cselestia) existaient depuis longtemps côte à côte. Nous avons en effet en saint Paul un témoin irrécusable de la simultanéité de ces deux enseignements.
* Précédemment* nous avons indiqué les allusions faites par l'Apôtre à cette double prédication (1 Cor., II, m QtHebr., v, 12 à vi, 1), la première, comparée au lait donné à des enfants, à des néophytes, la seconde, nourriture solide présentée à des hommes faits. La catéchèse élémentaire consistait surtout dans un bref récit de la vie de Jésus-Christ. Bien que ce ne soit pas l'intention de saint Paul dans ses épîtres de s'arrêter sur un enseignement si connu de tous, on peut cependant en recueillir, ici et là, dans ses écrits, assez de traces pour recomposer la substance de cet évangile oral.
Race etfamilledeJésus le Messie (6^(r^^., m, 16; Rom., 1, 3; IX, 5 ; Hebr., vu, 14)^; sa naissance exceptionnelle (Gai., iv, 4); — ses vertus qui doivent servir de modèle à tous les croyants, comme sa douceur et sa mansuétude (II Cor,^ X, 1 ; cf. Matth., XI, 59 et v, 5), sa pauvreté volon-
1, On l'a vu, p. 2li.
2. Bien que Tépître aux Hébreux n'ait pas été rédigée par saint Paul lui-même, elle a été regardée par la tradi= lion comme couverte de son autorité ; et elle a paru vers 64»
taire II 6'o/*.,viii, 9), son renoncement {Rom.^xv^ 3; Heb.^ xii, 2), son obéissance {Heb,^ v, 8), sa patience (I Thess,, i,6) ; ses paroles, sources de la prédication et règle de la foi {Rom.., x, 17 ;
I Tlm., 3) dont on entend un écho dans plusieurs sentences ou maximes des Epîtres, sur le divorce et le mariage (I Cor., vu, 10 ; cf.MÂTTH*., V, 32 et XIX, 9; Luc, xvi, 18) ; sur l'amour des ennemis {Rom., xii, 14; cf. Matth., v, 44 et Ltjc.,vi,27-28); sur la sincérité et simplicité du langage (II Cor., i, 19-20 ; cf. Matth., v,37), sur la nourriture et le salaire dus à l'ouvrierapostolique (I Cor., ix, 14 ; cf. Matth., x, 10: I Tim., V, 18; cf. Luc, x, 7). On reconnaît ici une maxime empruntée au discours ou instruction apostolique du ch. x de saint Matthieu, tandis que les trois cas précédents font une allusion manifeste au sermon sur la montagne. — Gomme allusion à d'autres discours de Jésus, on peut citer les exemples suivants sur la soumission aux puissances {Rom., xiii, 1-7 ; Tit., m, 1 ; cf. Matth., xxii, 21 et Luc, xx, 22-25); sur Tabolition de la distinction entre les choses pures et impures {Rom., xiv, 14, cf. Matth., xv, 11 ; Marc, vu, 15) ; sur la charité qui résume toute la loi {Rom., xiii, 9-10; cf. Matth., xxii, 39 ; Luc, X, 27); sur le second avènement et le jour du jugement final (I Cor.,xY, 52 ;I Tkess. ,iv,i5 •
II Thés s. ^ 1,7-8; I Tim,, vi,14; cf. Matth., xxiv,
24, 30, 31, 43) ; — la venue du Christ pour sauver les pécheurs {I Tim., i, 15 ; cf. Matth., ix, 13); le choix des douze et leur mission (I Cor. , xv, 5) ; TEucharistie instituée la veille de la mort de Jésus (I Cor.^ XI, 23; cf. Matth., xxvi, 17, 26; Marc, xiv, 12-27; Luc, xxii, 7); — la passion racontée aux Corinthiens avec plus de détails que le reste de la vie du Christ (I Cor.^ ii, 2) et en traits si saisissants qu'il la faisait pour ainsi dire voir aux Galates ((9aZ., m, 1); la mort volontaire du Christ sur la croix [PhiL, ii, 8; GaL, II, 19 ; III, 1, 13 ; vi, 14 ; Heb. , v, 7 ; xiii, 12) ; sous Ponce Pilate (I Tim., vi, 13); par Finstigation des Juifs (I Thess.y ii, 15); — la résurrection au troisième jour (Rom.^ i, 4; iv, 23 ; 1 Cor., XV, 4-10;' Gal.y i, 1; II Tim., ii, 8; Bebr., xiii, 20) ; apparition à ses disciples (I Cor., xv, 5-8 ; cf. Luc. , xxiv, 34-36 ; Marc , xvi, 14 ; Matth. , xxviii, 16; Luc, xxiv, 47-50); — ascension et règne à la droite de Dieu {Eph., iv, 8-10; Coloss., m, i; Hebr.^ i, 3, 13; ix,24; x, 12 : xii, 2; cf. Marc, xvi, 19; Luc, xxiv, 51); établi souverain seigneur {x-Ooto;^ Adonaï) du royaume nouveau {PhiL, ii, 11; Epk., v, 5, Colos,^ i, 13, m, 24; II Tirn., iv, 1, 18; I Coj\, xv, 24-25).
Tous ces traits épars, recueillis en de nombreux passages des Epîtres\ supposent qu'un
I . On pourrait en recueillir également dans les Actes des Apôtres, par exemple dans le discours de saint Paul à
234 NOS QUATRE ÉVANGîLES
récit assez détaillé de la vie de Jésus circulait dans les Eglises, sinon encore en écrit, du moins oralement. On y reconnaît ce « discours élémentaire sur le Christ » suivant l'expression de FEpître aux Hébreux (vi, 1), discours qui l'envisage plus par le dehors et dans son action extérieure que dans sa nature et son action intime. C'est par cette catéchèse que saint Paul, comme les autres apôtres, commençait pour jeter les fondements des Eglises chrétiennes (I Cor.^ Il, 2; m, 11).
A ces notions sur le Christ la catéchèse ajoutait, nous dit TEpître aux Hébreux (vi, 1-2), les pratiques essentielles de la pénitence, du baptême, de l'imposition des mains, et la foi en Dieu, en la résurrection et au jugement fi»»!. On voit qu'on ne mentionne pas l'Eucharistie qui n'était donnée qu'à ceux qui après la première catéchèse avaient reçu l'initiation chré-
Antioche de Pisidie, dans lequel, parlant de Jean-Baptiste (xni, 25), il cite la parole du précurseur que relèvent de même les synoptiques {Matth.,!!!, ii; Marc., i, 7; Luc.f III, 16) et saint Jean (i, 27). Il y rapporte aussi que les Juifs, bien qu'on ne trouve pas de cause de mort, demandent à Pilate de le faire mourir et il fait allusion à la déposition au sépulcre, à la Résurrection le troisième jour et aux apparitions multiples aux disciples. Il est à remarquer que les expressions dont il se sert se rapprochent davantage des formules de saint Luc que des autres synoptiques. Cf. Luc, III, 16 et xxni, i4, 22.
tienne plus complète. Telle était donc la doctrine élémentaire prêchée uniformément par toutes les Eglises ; TApôtre n'a pas besoin de Fexposer à nouveau dans ses épîtres. Aussi n'est-elle en général rappelée que par des al^ lusions rapides, en raison de son lien étroit avec les enseignements divers qui forment l'objet propre de ses lettres.
Rien de plus varié en effet que les sujets qu'il y traite. En s'arrêtant dans les principales villes du monde gréco-romais, que T Apôtre ait eu seulement quelques mois ou quelques semaines pour y établir une Église, empêché par la persécution juive d'en asseoir plus complètement les fondations, ou qu'il ait eu la facilité d'y faire un séjour plus prolongé jusqu'à deux ou trois années, il restait après son départ plus d'une question à régler, plus d'une difficulté d'application à résoudre. Sa sollicitude pour les communautés chrétiennes, dont il avait été le père, était incessante. S'il ne pouvait revoir ces fidèles ou leur envoyer un de ses disciples chargé de ses instructions, il leur adressait une lettre. Quelle que soit la variété des sujets traités dans ses épîtres, nous sommes loin cependant d'y trouver rappelé tout ce qu'il enseigna de vive voix pendant son séjour dans ces Églises. Et cependant questions de discipline et de gouvernement des Églises, questions
de liturgie, questions dogmatiques, exhortations morales, questions plus personnelles et défense de son autorité apostolique, combien d'objets embrasse son activité épistolaire! C'est en traitant ce» questions diverses que saint Paul fait des allusions fréquentes à l'évangile oral, à la catéchèse élémentaire. Quelquefois cependant il la reprend, non par simple allusion, mais en la défendant par de nouveaux arguments, lorsque certains esprits la détournent de son véritable sens; témoin la doctrine sur la résurrection des corps qu'il avait prêchée aux Corinthiens et qu'ils avaient reçue (I Cor.^ xv, 1), mais que des sophistes {xv, 12) ruinaient par leurs explications. Son énumération des apparitions est bien un résumé de la catéchèse sur la résurrection du Christ. Telle encore sa doctrine sur le mariage (I Cor., viï) ou sur la distinction des aliments purs et impurs et les viandes immolées aux idoles (I Cor. y viii-x), etc., enseignements qui se rattachent beaucoup plus à la catéchèse élémentaire qu'à la doctrine supérieure de la foi. Il est vrai qu'en l'exposant à nouveau il la complète par des raisons qui appartiennent à ce dernier domaine comme rincorporation mystique du fidèle au Christ.
Quant à cette doctrine supérieure, qui complète la catéchèse élémentaire, et que saint Paul prêche également dans les Églises, nous
ne Tavons pas tout entière dans ses épîtres. Sa mission était avant tout de prêcher: ses lettres ne sont que des écrits de circonstance. Des occasions particulières en ont amené la composition et déterminé le sujet; il n'y a guère que FEpître aux Romains, adressée à une Église qu'il n'avait pas fondée, qui contienne un sujet librement choisi par lui et non déterminé par des nécessités particulières. D'ordinaire, suivant les besoins des Eglises, PApôtre rappelle ou accentue tel ou tel point de doctrine. Souvent même, et le cas se présente précisément pour les vérités les plus élevées, l'intention de saint Paul n'est pas d'exposer quelque »vue nouvelle ou de préciser un enseignement déjà donné, mais de rappeler simplement une doctrine pleinement reçue pour en faire une application morale. Le fameux passage sur la
préexistence éternelle du Christ {PhiL,u, 6-11) se présente dans une exhortation de ce genre : il sert d'exemple pour engager les fidèles à sacrifier de leurs droits en vue du bien commun. Le Christ égal à Dieu a-t-il hésité à s'anéantir et à prendre la condition humaine pour procurer notre salut ?
D'autres fois il est amené par les circonstances à développer plus largement dans une épître une doctrine déjà brièvement touchée dans une lettre adressée à une autre Eo-lise,
On ne saurait conclure de là qu'il y ait eu progrès dans sa pensée. Ainsi en 57, il écrivait aux Corinthiens pour les exciter à se montrer généreux dans leur charité à l'égard de l'Église de Jérusalem. « Vous connaissez la bonté gracieuse de Notre-Seigneur Jésus-Christ; de riche qu'il était, il est pour vous devenu pauvre afin que sa pauvreté vous enrichît (II Cor,^ viii,9). » N'est-ce pas le même thème, quoique moins développé, que celui du fameux passage sur les anéantissements du Christ, renfermé dans l'Épître aux Philippiens? Il n'y a que six ans d'intervalle entre ces deux lettres et il faut remarquer que, dans son exhortation morale, FiVpôtre prétend simplement rappeler aux Philippiens ce qu'il leur avait dit précédemment de vive voix. Quand les avait-il vus? Précisément en 57 dans son passage en Macédoine, avant d'aller à Corinthe : c'est probablement de Philippes même que fut écrite la seconde lettre aux Corinthiens. Ne dirait-on pas que l'exhortation, adressée aux Corinthiens sur la collecte, a été écrite, au sortir d'une réunion des fidèles de Philippes, auxquels l'Apôtre venait de parler delà préexistence et des anéantissements du Christ ?
De même la P* Épître aux Corinthiens, écrite en 56, au sujet de la question des idolothytes, contient, au milieu d'un simple développement moral, des paroles qui s'élèvent tout à coupa
la plus haute métaphysique chrétienne : « Pour nous, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père; duquel procèdent toutes choses et par qui nous sommes^ et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes aussi (I Cor, , VIII, 6). »Qui ne reconnaît ici la doctrine contenue dans FEpître aux Golossiens, écrite cinq ans plus tard ? Mais cette liettre aux Corinthiens n'avait-elle pas été rédigée à Éphèse, chef-lieu de cette province d'Asie, où se trouvait Colosses, cité évangélisée par des disciples de Paul partis d'Ephèse même?
Il ne paraît pas du reste, par la façon dont l'Apôtre présente la doctrine dansces différentes circonstances, qu'il ait l'intention de donner aux fidèles un enseignement nouveau : il rappelle seulement ce qu'il a déjà dit. Ce n'est donc pas, par cela seul qu'une épître plus récente contient un exposé plus complet sur un point de doctrine, qu'on soit autorisé à affirmer un progrès dans l'enseignement de l'Apôtre.
S'il insiste dans une circonstance plus que dans une autre, c'est, d'après ce que nous venons de voir, qu'il se laisse guider par les nécessités et les besoins divers de ses lecteurs.
N'y aurait-il donc eu aucun progrès dans la pensée de saint Paul ? On a dit que sa conver sion fut pour lui le fait générateur de sa théologie. Qu'il ait compris dans cet instant le salut
240 NOS QUATRE EVAMÎILES
en Jésus-Christ et que de cette illumination et de ce fait d'expérience procède sa doctrine de la justification, c'est possible. Mais toute sa théologie n'est pas là, et ce serait exagérer que de croire qu'il Fa reçue d'un coup tout entière. Sans doute, par d'autres communications diverses, auxquelles l'Apôtre fait aJftusion, et par ses propres réflexions, aidées de la lumière divine, sur l'Ancien Testament et sur les données déjà acquises, soit durant son séjour en Arabie, soit pendant les années qu'il passa à Tarse — époque d'action peut-être, mais aussi de méditation et de préparation à ses grandes missions — il put compléter et achever son éducation apostolique. Mais l'instrument choisi par Dieu une fois prêt, TEsprit-Saint le sépare de ses frères et lui fait commencer ses grandes missions d'évangélisation des Gentils. On peut dire qu'alors Paul était en possession de sa théologie en tout ce qu'elle a d'essentiel. Il donne l'impression non pas d'un homme qui cherche sa doctrine, mais qui la possède parfaitement.
Toutefois, comme cette doctrine est aussi une vie que doivent s'approprier les chrétiens, elle se prête à beaucoup d'adaptations particulières. Aussi avec le temps et la variété des situations, sous l'assistance de l'Esprit, l'Apôtre tire, au fur et à mesure, les conséquences des principes déjà posés et en fait, suivant les besoins du
moment, des applications qui ne s'étaient pas d'abord peut-être présentées à son esprit.
Dans tout ce qu'il enseigne (en dehors de sa doctrine sur Taffranchissement des observances juives, pour laquelle il avait à combattre les oppositions des judaïsants) il ne rencontre pas de contradiction ; il se sent en plein accord avec tous les prédicateurs de l'Evangile. Ce qu'ils ont reçu et qu'ils transmettent, lui aussi l'enseigne aux Eglises qu'il établit. Personne ne réclame, personne ne taxe sa parole de nouveauté. Il est en parfait accord avec tous : c'est la doctrine reçue universellement.
On peut dire que la théologie de FApôtre si riche, si abondante, si variée, se ramène au Christ. Il a reçu l'intelligence du mystère du Christ et la grâce lui a été donnée pour annoncer aux Gentils les insondables mystères du Christ (£'/?Ae5., m, 4 et 8). Or qu'il s'agisse de sa doctrine transcendante sur le Christ, Fils de Dieu, ou qu'il s'agisse de la vie du Christ dans les âmes, c'est la même doctrine qu'il prêche dans toutes les Églises. Les relations entre toutes celles qu'avait fondées l'Apôtre dans les grands centres du monde grec étaient incessantes.
L'enseignement qu'il donne dans une Eglise arrive rapidement à la connaissance des autres (î Thess., I, 7-10). Les compagnons de son iVpostolat connaissent ce qu'il prêche partout, et ce
Nos quatre Eyangile«- 16
que toutes les Églises ont reçu uniformément et dont elles vivent.
Or, remarquons-le bien, celui qui doit écrire la catéchèse prêchée dans ces Églises est le compagnon même de saint Paul dans un grand nombre de ses voyages. C'est Luc, le medicus caris simus ^ qui le suit pas à pas, qui le voit rédiger plusieurs de ses lettres % qui l'entend prêcher dans les Églises, qui redit lui-même sans doute ce qu'il a entendu de la bouche de l'Apôtre. Il connaît donc parfaitement sa doctrine transcendante sur le Christ, Fils de Dieu, et sur la vie de Jésus dans les ân*es. Et cependant, quand il rédige son Evangile, saint Luc se borne à la catéchèse élémentaire et n'y fait point entrer la doctrine supérieure, annoncée par son maître dans toutes ces Églises. Lé même phénomène, avons-nous vu, se remarque dans les deux autres catéchèses : celle de Jérusalem ou celle de Rome ne contiennent que les élé-
I. Act.^ XX, 2-5 et cf. pins haut, p. a3. — II Cor., vm, 18-19; Coloss,^ IV, i4, etc. On a dit : c'est un axiome en critique que Luc n'a pas connu les épîtres de Paul. Gomme il n'était ni sourd ni aveugle, autant dire qu'il n'a pas accompagné l'Apôtre dans ses voyages et qu'il n'a pas composé les Actes. Mais le silence de l'auteur des Actes sur les lettres de l'Apôtre peut s'expliquer sans qu'il soit nécessaire d'en arriver à ces extrémités. Pour composer son Évangile, il n'avait point à utiliser les lettres de saint Paul : il se borne à la catéchèse élémentaire.
ments de la doctrine, et laissent aussi de côté les mystères du Christ, Fils de Dieu, et de la vie surnaturelle. Si ces trois Evangiles n'ont point un enseignement aussi avancé que les épHres, ce n'est donc pas en raison du progrès de la doctrine, mais, encore une fois, c'est à cause de la diversité de leur dessein et de leur but.
4" Saint Jean et saint Paul. — Avant de mettre en parallèle l'enseignement de saint Jean et celui de saint Paul, il importe de distinguer dans le quatrième Evangile : 1** l'Evangile proprement dit qui se donne po«r un témoignage ; 2'* le prologue qui sert de préface à l'Evangile et le résume sous une forme moins concrète ; 3* enfin le Logos^ qui apparaît à deux reprises dans le* prologue^ et ne se représente plus dans le reste de l'Évangile : trois choses distinctes qui ne sont pas nécessairement de la même époque dans l'enseignement de saint Jean.
Commençons par V Evangile et arrêtons-nous à V essentiel de la thèse johannique- : 1° Jésus est le Messie, Fils de Dieu; 2* il donne la vie éternelle à ceux qui croient en lui.
1** Jésus, le Messie, le vrai Fils de Dieu cet objet principal du quatrième Évangile, saint Jean le prouve en invoquant le propre témoignage de Jésus lui-même.