‹ Nos quatres Evangiles [microform]Chapitre 61 sur 94 · I. On ïe lit meintenant dans saint Jean, v. n. Mais ce · texte numérisé non relu

I. On ïe lit meintenant dans saint Jean, v. n. Mais ce

LE LOGOS aST

ne s'oppose à ce que ce terme n'ait fait son entrée dans la doctrine chrétienne que Yers la fin du premier siècle. A Fépoque de l'Apocalypse el du quatrième Evangile, peut-être un peu plus tôt, dans le milieu Judéo-hellénique d'Asie Mineure, des philosophes spéculaient sans fin sur les relations de Dieu et du monde. 11 leur paraissait inadmissible de mettre 1- absolu en contact immédiat avec les êtres finis, avec la matière Qu'ils se soient servis dans leurs spéculations du terme de Logos, en l'empruntant à Pliilon, ou bi^n directement à la Bible, c'est fort possible V Influencé par ce milieu, saint Jean a pu être amené à se servir de ce terme ; mais en s'en emparant, il en redresse et précise la signification. Il avait pu d'ailleurs être invité à l'employer, par le souvenir de la première page de la Genèse, où est mis en relief le rôle de la parole créatrice : l'allusion à Vin principio de la Genèse est évidente dans son prologue. A ce souvenir venait naturellement s'ajouter le rôle de la Sagesse éternelle dans la création du monde, d'après les livres sapientiaux [Sap., xvi, 26; VIII, 22-32). A la métaphysique antégnostique qui faisait déjà du créateur un interverset est généralement tenu pour non authentique. Il ne paraît pas dans les manuscrits grecs avant le xv" siècle.

I. Basilide et Valentin abusèrent plus tard de ce terme. Irén. Adv. Hser., I, xxiv, 3,

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médiaire entre l'absolu et la matière, saint Jean oppose ces enseignements éclairés par la rév^élation nouvelle. Il montre la préexistence éternelle, Tégalité et la distinction du Verbe, la vraie parole créatrice, la vraie sagesse, concourant avec Dieu à la création du monde. Il semble dire à ces novateurs : Ce Logos dont vous spéculez sans le connaître, c'est la Parole divine qui au commencement a créé toutes choses, c'est la divine Sagesse qui a présidé au gouvernement des mondes. C'est ce Logos^ égal à Dieu, qui a créé sans intermédiaire l'homme et la matière ; et ce Verbe éternel s'est fait chair ; le Fils de Dieu s'est fait homme.

Il importe de remarquer que ce terme de Logos n'est pas essentiel à son Evangile. 11 n'est pas vrai de dire avec Baur, que les discours ne sont que l'évolution du Logos présentée sous ses divers aspects. Jamais ce terme ne reparaît en dehors du Prologue : ni ce mot, ni la participation à la création du monde ^ ne se trouvent dans les discours du Christ. C'est l'allusion à la Parole éternelle, à la Sagesse divine, qui ont amené saint Jean, dans son prologue, à parler de son rôle dans la création du monde. Ce qui est essentiel à l'Évangile

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