LES PARABOLES
surtout à présenter la doctrine et à grouper ensemble les enseignements pour combattre plus efficacement les préjugés pharisiens de ce milieu et présenter la doctrine du Maître ramassée en quelques tableaux plus amples et plus saisissants.
2^ Les Paraboles, — Dans son chapitre xiii, saint Matthieu a groupé sept paraboles : le semeur, l'ivraie, le grain de sénevé, le levain, le trésor caché, la perle de grand prix, le filet. Elles forment un groupe à part dans l'ensemble des paraboles évangéliques; sous une forme énigmatique elles exposent les mystères du royaume de Dieu, c'est-à-dire ce qui concerne l'origine, les conditions et la consommation du royaume que le Christ venait établir. La parabole de la semence marque la fondation du royaume ; Tivraie, le mode anormal de son développement, le bien côtoyant le mal; le grain de sénevé et le levain, sa puissance d'expansion (sous son double aspect, l'extension et la transformation du milieu) ; le trésor et la perle, son prix incomparable; enfin le filet, sa consommation à la fin des temps.
Ce plan systématique n'est pas suivi par les deux autres synoptiques : saint Marc ne donne que la parabole du semeur, celle de la graine
qui germe spontanément, et celle du grain de sénevé; saint Luc se borne, en cet endroit parallèle (viiT, 4), à la parabole du semeur, il place
Nés quatre Eyangiles. 19
celle du sénevé et du levain plus loin, dans son chapitre xiii. Les trois dernières paraboles sont propres à saint Matthieu.
Il n'est pas probable que le divin Maître ait groupé ainsi lui-même ces sept paraboles : il n'eût pas été d'un bon pédagogue de proposer ainsi d'un seul trait autant de paraboles énigjiiatiques. Probablement les paraboles de la semence et de l'ivraie (et peut-être celle de l'épi) ont seules été données en cette circonstance et elles reçoivent aussitôt leur explication de Jésus lui-même. Les autres ne seraient venues qu'à quelque temps de là, en d'autres occasions. C'est la pensée que suggère le plan de saint Luc, qui place les deux paraboles du grain de sénevé et du levain dans le voyage à Jérusalem pour la fête des Tabernacles de la seconde année. Sans doute saint Matthieu range ces d«ux paraboles immédiatement après les d'eux premières et avant cette remarque :
« Jésus dit toutes ces choses en paraboles à la f onle et il ne leur parlait pas sans paraboles. » (]ela n'implique pas nécessairement que toutes ces choses dites par le Christ l'ont été dans le même jour que les deux premières; et même l'observation de l'évangéliste : et il ne leur parlait pas sans paraboles^ suppose une période de temps plus étendue que le moment où il inaugura ce mode d'enseignement destiné à instruire du nouveau royaume, sans heurter de front les préjugés des Juifs, mais en