LES PARABOLES
préparant peu à peu ses auditeurs à un royaume spirituel, il ne sagit en effet ici que de paraboles énigmatiques concernant la doctrine du vrai royaume.
Saint Matthieu ramasse en un tout les différentes paraboles de ce genre, afin de montrer que, par cet enseignement en paraboles et en énigmes, Jésus-Christ réalisait la prophétie du psalmiste {Ps, lxxvii, 2). Le sage [EcclL, xxxix, 1-3) ne doit-il pas entrer dans les mystères des paraboles, pénétrer le secret des proverbes et se nourrir du sens caché des paraboles?
La conclusion du verset 53 : et il arriva^ lors-» qu'il eut achevé ces paraboles^ que Jésus s'éloi" gna de là, ne nous oblige, pas plus que la remarque du verset 34, à croire que les sept paraboles ont été prononcées dans la même circonstance. Cette formule est la conclusion habituelle par laquelle la catéchèse primitive terminait les cinq grandes instructions, composées des enseignements du Christ. Pas plus ici que dans le sermon sur la Montagne et dans les autres instructions de ce genre, cette formule n'oblige à croire qu'une intention chronologique a uniquement présidé à ces compositions. Tout ce qui est affirmé par l'apôtre qui les prêchait, comme par l'évangéliste qui les a consignées dans son évangile, c'est que le té- ' moin du Christ qui parle ou qui écrit présenta bien son enseignement.
On remarquera que saint Matthieu rejette ce
grand discours en paraboles (xiii) après la mission des apôtres (ix-x). Saint Marc et saint Luc offrent un ordre différent et préférable. Pour la parabole du semeur, la première en ce genre, saint Marc la met au ch. iv, 1-25; saint Luc, au ch. VIII, 4-18; tandis que la mission des Apôtres est racontée, en saint Marc, au ch. vi, 7-13 ei ^n saint Luc, au ch. ix, 1-6. Si l'on en croit le troisième évangéliste, les paraboles du sénevé et du levain, placées par lui, un temps notable après la première (celle du semeur), sont en effet contemporaines de cette mission. Saint Matthieu, pour donner l'enseignement catéchétique qui les réunit toutes, aurait-il attendu la date des dernières paraboles de son groupe?
3<* V apostolat du nouçèau royaume, — Les instructions, données aux apôtres avant de les envoyer en mission, sont réunies par saint Matthieu dans un grand discours (ix, 35 à xi, 1), où l'on distingue deux parties, une première (IX, 35-x, 15) qui regarde le Plument où Jésus les envoie, la seconde (x, 16-xii, 1) qui se rapporte à une époque plus éloignée.
Dans la première partie, après avoir raconté l'état du peuple d'Israël sans pasteur et le besoin d'ouvriers évangéliques pour la moisson spirituelle, saint Matthieu énumère les noms des douze apôtres. N'ayant pas, comme saint Luc et saint Marc, parlé de l'élection des douze, à Fépoque du serm-on sur la Montagne, il se
L'APOoTOLAT DU iNOUVEAU HOYAUMH; 2^r
contente, avant de raconter leur envoi en misgion, de rappeler leurs noms. Il expose alors les instructions (àue Jésus leur donne avant leur ,^rt.
Cette première partie se retrouve^ mais plus lésumée, dans saint Marc (vi, 7-13). Elle a comme parallèle deux passages de saint Luc : le premier, ix, 1-6, concernant la même mission des apôtres, et le second (x, 1-2), relatif à îa mis-^ sion des disciples. Ce second passage, en reprenant une partie des idées du premier, est plus développé. Il rappelle, plus étroitement que le premier, les instructions données aux apôtres d'après saint Matthieu, lequel ne parle pas de la mission des disciples. Ge parallé-^ lisme entre les instructions adressées aux apôtres dans saint Luc et celles qui concernent les disciples dans le même Évangile, et d'autre part, entre les instructions aux apôtres dans saint Matthieu et les instructions aux disciples dans saint Luc, vient de ce que les deux missions sont contemporaines : c'est en môme temps que Notre-Seigneur a envoyé les uns et les autres en leur faisant ses recommandations; Elles ne diffèrent que par le champ d'action, les apôtres ayant été envoyésdans la Galilée, et les 72 disciples dans la Déc; pôle et la Pérée. Nous Favons montré ailleurs^ [lîevue pratique d'Apologétique, 15 août, p. 611 et 1^"' oct., p. 5 et suiv.)*, et nous avons eifc