‹ Nos quatres Evangiles [microform]Chapitre 71 sur 94 · I. Cf. p. 398 et 3o · texte numérisé non relu

I. Cf. p. 398 et 3o

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même époque par saint Marc (ix, 32-36) et par saint Luc (ix, 46-48), c'est-à-dire vers la fin du ministère galiléen. Mais les autres enseignements sont rejetés par le troisième évangéliste dans un autre contexte : ce qui concerne le scandale et le pardon des offenses, au ch. xvii, 2-4, et la parabole de la Brebis perdue au ch. XV, 3-7.

5** Discours sur la consommation du royaume.

— Le discours sur la ruine de Jérusalem et le second avènement du Christ est beaucoup plus développé dans le premier Evangile que dans les deux autres synoptiques (Matth., xxiv et XXV ; cf. Marc, xiii ; Luc, xxi, 5-36). On peut y distinguer trois parties : le préambule indiquant l'occasion de cette prophétie et la question posée par les Apôtres (xxiv, 1-5) ; la réponse de Jésus qui forme le corps du discours (xxiv, 4-36); enfin la conclusion qui est une exhortation à la vigilance (xxiv, 37 et xxv). Les deux autres synoptiques ont à peu près les mêmes éléments et suivent la même division, seulement la troisième partie, où conclusion, est beaucoup moins étendue que dans saint Matthieu. Gomme dans les grandes instructions précédentes, saint Matthieu ajoute au véritable discours des éléments tirés d'autres circonstances.

Dans le préambule de saint Matthieu, la question des apôtres se présente d'une façon très

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précise : « Dites-nous quand ces choses arriveront, et quel signe il y aura de votre avènement et de la consommation du siècle. » Il y a donc deux questions, la première sur le temps, la seconde sur les signes et celle-ci est double et concerne : 1° la destruction du temple ; 2" l'avènement du Christ et la consommation des choses. La réponse de Jésus suit l'ordre inverse et commence par les signes pour finir par le temps.

La réponse sur les signes distingue entre la ruine de Jérusalem et la catastrophe finale.

Elle place en premier lieu les signes précurseurs de la ruine de Jérusalem et la description de la ruine (xxiv, 4-22). Viennent ensuite les signes avant-coureurs de la catastrophe finale (xxiv, 29-31). >

Dans les deux autres synoptiques se trouve la même division et le même ordre (Marc, XIII, 5-20 et 24-27; Luc, xxi, 8-24 et 25-28). Entre ces deux descriptions concernant Tune Jérusalem, et Fautre la fin des temps, saint Luc place le temps des nations, « Jérusalem sera foulée aux pieds par les Gentils jusqu'à ce que le temps des nations soit accompli » (xxi,. 24). Pour faire le pendant de ce temps des nations^ qui sépare les deux événements dans saint Luc, le premier évangéliste (suivi par le second) intercale quelques versets empruntés à un autre discours, que saint Luc met à sa véritable place (xvii, 20-24). Or dans cet autre discours, comme dans les versets 23 à 28 de saint

Matthieu et les versets 20 à 23 de saint Marc, il est question d'Israël aux abois qui cherche ici et là son Messie. Cette attente inquiète et désemparée d'Israël répond, pour le peuple juif, au temps des nations, indiqué par saint Luc, Saint Paul dans son Epître aux Romains (ix-xi) s'est étendu longuement sur ce temps d'Israël et le temps des nations.

La description de la fin de toutes choses achevée, le discours passe à la réponse sur la question du temps. Cette réponse est double comme celle des signes : premièrement l'époque de la ruine de Jérusalem (xxiv, 32-35; cf. Marg.,xiii, 28-31 ; Luc, xxi, 29-33);secondement le jour de la catastrophe finale (xxi, 36; cf. Marc, xiii, 32 et Luc, XXI, 34).

Jusqu'ici entre les trois synoptiques le parallélisme est assez constant, sauf, comme nous l'avons remarqué, pour le passage emprunté par le premier et le second évangéliste à un autre discours et intercalé entre les deux descriptions des signes, en regard du temps des na^ lions des saint Luc. De plus saint Marc a inséré aussi au millieu de la description des signes relatifs à la ruine de Jérusalem un fragment d'une autre instruction que saint Luc nous donne au chapitre xii et que saint Matthieu a fait entrer dans son troisième grand discours.

Mais quand il s'agit de tirer la conclusion de ce grand discours eschatologique et d'exposer 1 es conseils de vigilance donnés par le divin

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Maître, on constate plus de divergences entre les synoptiques. Ces conseils sont très courts dans saint Marc ^xiii, 33-37) et dans saint Luc XXI, 34-36). Saint Matthieu les développe beaucoup plus longuement en les empruntant à deux autres discours, que nous trouvons dans le ch. XVII, 26-36 et le ch. xii, 39-46 de saint Luc.

A ces conseils de vigilance, saint Matthieu ajoute deux paraboles qui exhortent à se tenir toujours prêt pour le retour du Christ, et à faire, en attendant, fructifier les dons reçus. Ce sont les deux paraboles des vierges sages et des vierges folles (xxv, 1-13) et des talents (xxv, 14-30). Il est difficile de croire que ces diverses paraboles aient été prononcées, du moin& toutes, en la circonstance présente. Et les deux paraboles ébauchées, du père de famille qui veillerait Vil connaissait à quelle heure les voleurs viendraient/?er/(0(^t domum suam, et de Fintendant fidèle ou infidèle, paraboles que la comparaison avec saint Luc nous montre em-^ pruntées à un autre discours, laissent à entendre qu'il pourrait bien en être de même des deux autres, plus développées, des vierges et des talents.

Il en est probablement de même de la description du jugement dernier (xxv, 31-46) qui n e paraît pas venir comme règlement de compte général de toutes les bonnes et les mauvaises actions des hommes, mais simplement comme couclusion d'un discours sur la charité.

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L'examen des cinq grandes instructions du premier évangéliste nous a révélé en chacune d'elles des additions, rattachées au fond de ces discours, mais tirées de paroles que le Sauveur a prononcées en d'autres circonstances. Or ceg additions se retrouvent toutes dans les chapitres X à XVII de saint Luc, avec leur véritable contexte. Cette remarque nous amène à reconnaître, pour ce procédé de saint Matthieu dans la composition de ces grands discours, une raison qui a échappé jusqu'ici. C'est que, étant donné le plan du premier Évangile, saint Matthieu ne pouvait faire entrer ces enseignements complémentaires qu'en les rattachant à des discours delà période galiléenne ou au grand discours eschatologique de la dernière semaine. Toutes ces additions proviennent, en effet, de discours qui n'ont pas été prononcés en Galilée et qui sont antérieurs à la dernière semaine passée à Jérusalem. Pour mieux comprendre la nécoi^sité où se trouvait le premier évangéliste d'employer ce procédé, il est nécessaire de dire un mot du plan quadripartite de la catéchèse primitive, conservé dans les synoptiques^ Quand on examine les synoptiques, on constate que la vie publique de Jésus-Christ est divisée en quatre parties: le baptême, le séjour en Galilée, le voyage à Jérusalem et la dernière semaine dans la Ville sainte. Cette division quadripartite était celle de la première catéchèse orale.

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Nous avons eu l'occasion d'exposer les raisons, la nature et les conséquences de cette division, adoptée par la catéchèse et par nos évangiles synoptiques, dans plusieurs articles de la Revue pratique cV apologétique, 15 juillet 1916 etsuiv^ Après avoir retracé en quelques mots ce procédé de composition de nos évangiles, nous voudrions en faire l'application particulière aux cinq grands discours de saint Matthieu.

Cette division sommaire de la vie du Christ formait le cadre le plus naturel dans lequel des esprits simples pouvaient commodémentranger les principaux faits de son ministère avec ses enseignements. Les disciples n'étaient ni des philosophes cherchant à se faire un système de la doctrine de Jésus-Christ, ni des historiens curieux de renchaînement des faits et de précision dans les circonstances de temps et de lieu. Ils étaient avant tout des témoins qui simplement affirmaient ce que le Christ avait fait ou dit.

Dans la grande quantité de faits ou de miracles qu'ils avaient vus, et de paroles qu'ils avaient entendues durant les trois années de leur vie auprès du Christ, ils n'ont pas eu la prétention de tout noter; mais ils ont choisi quelques faits, quelques miracles, un ou deux de chaque espèce, et quelques-unes des paroles

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