BIOGRAPHIE
AOUST DE CUINCY (Eustache-Jean-Marie, marquis d'). Député de la noblesse du bailliage de Douai en 1789, député à la Convention, né à Douai le 23 mars l'jii, mort à Guincy le 17 février i8o5.
Fils de Jacques-Eustache-Joseph et de Marie-Reine de la Rosière, dame de Saint-Lég^er, le marquis d'Aoust appartenait à une vieille famille normande dont une branche était venue s'établir à Guincy en 1704, dans le château illustré par les Blondel et le Banc poétique. Il suivit d'abord la carrière des armes et servit comme lieutenant au « régiment du Roi-infanterie », puis, mécontent de certains passe-droits, donna sa démission. Devenu prévôt de Cambrai, il se retira bientôt dans ses terres, d'où devaient le faire sortir les événements de la Révolution. Très chaud partisan des réformes et fortement imbu des idées égalitaires du temps, tout au moins à la surface, le marquis d'Aoust parvint à se faire élire député de la noblesse du bailliage de Douai aux Etats-Généraux et alla siéger immédiatement parmi les membres de la minorité réformatrice de son ordre.
II appuya de toutes ses forces la réunion des trois ordres, puis g^arda un silence prudent^ observant les événements avant de prendre Tattitude nettement révolutionnaire à laquelle il se décida, lorsqu'il vit que sa fortune et ses biens se trouvaient en jeu.
Ne pouvant être député à TAssemblée législative, par suite de l'interdiction qui pesait sur les anciens constituants, le marquis d*Aoust se contenta d*étre administrateur du district de Douai, se fit affiliera divers clubs politiques et notamment à la Société des Jacobins, et fit paraître à Lille un petit journal subversif, le Père Duchêne^ dont un seul numéro nous est parvenu. (Voy. Nos Journaux^ n* 563.)
Le 6 septembre 1792, Daoust (ci-devant marquis d*Aousf) fut élu député du Nord à la Convention, le onzième sur douze, et n- hésita pas à siéger parmi les membres de la Montagne. Dans la séance du 3o septembre 179a, les députés Salles et Bellegarde ayant, à propos de la lecture d'un rapport du général Moreton-Chabrillon au ministre de la guerre, accusé la municipalité de Saint-Amand d'avoir reçu sans résistance les troupes autrichiennes, Daoust donna des détails sur ce qui s'était passé, faisant ressortir (( la lâcheté de cette administration » et demanda que des commissaires de la Convention fussent envoyés dans le département du Nord pour y prendre les mesures extraordinaires que « nécessitait l'incivisme de la plupart des municipalités ». Délég-ué comme commissaire dans le département du Nord avec ses collègues Duhem, Delmas, Doulcet, Gasparin et Lesage-Senault, il se rendit ég-alement dans le Pas-de-Calais, sur l'ordre de la Convention, et ne rentra dans cette assemblée qu'au moment du procès de Louis XVL II y vota la mort du roi en ces termes : a La » mort de Louis ou de la République. Louis a trop vécu, » sa mort est une justice. Les républicains ne connaissent
» d'autres principes que d'être justes ». Il repoussa l'appel au peuple et le sursis.
Daus les derniers jours de Tannée 1793, Daoust fut rayé de la Société des Jacobins comme ex-noble et revint à Cuincy à la fin de la législature. Sous le Directoire, il devint président du district de Douai, puis, sous le Consulat, maire de Cuincy et conseiller d'arrondissement (Douai).
(( Daoust, dit Duthillœul, était un homme d'un esprit » cultivé, aimant l'étude des sciences historiques et d'une » urbanité dont tous ceux qui l'ont connu se plaisent à » faire l'éloge ».
BiBLioGR. I. Lettre de MM. Merlin, Pilat et Aoust, députés à l'Assemblée nationale, adressée à l'Assemblée électorale du département du Nord. (Signé) Merlin, Pilat, Aoust, députés de Douay à l'Assemblée nationale. A Paris, ce I" juillet 1790. — (A la /|« p.) Réponse de M. le Président de l'Assemblée électorale du département du Nord, à MM. Merlih, Pilat et Aoust. (Signé) Coppens, Président de l'Assemblée électorale.... Douai, le 6 juillet 1790. — A Douay, De C imprimerie de Wil/ervat, imprimeur du roi. S. d. In-4®. 4 P ^o^ clï* C'est un compte-rendu laudatif de leur mandat.
a. Comptes-rendus par Duhem.... Daoust, etc. (Voy. Bibliogr. Duhem^ n« 10.)
3. Discours prononcé par le Citoyen E.-J.-M. Daoust, Président de l'Administration Municipale du Canton de Douai (extra-muros), le jour de la Fête consacrée à l'anniversaire de la mort du dernier Roi des Français. Le a pluviôse an 5 de la République Française. — A Douai, de Vlmprimerie du Citoyen Wagrez^ Place de la Révolution» S. d. In-8*. 6 p. C'est naturellement une apologie des régicides. Parlant de Louis XVJ, d'Aoust en fait le portrait suivant : « Sans talent, sans élévation dans
■ l'esprit, sans grandeur d'âme, il renchérit
■ encore sur l'cgoTsme de Louis XV, son grand- » père. Grossier, faible, perfide^ hipocrite et » cruel, il ne savait que s'enivrer de l'énorme > pouvoir qui lui avait été transmis comme un * héritage, et qu'il croyait, stupidement, l'Être » Suprême intéressé à lui conserver. ... «
looMOOR. Nous ne ooonaiwoos aucun portrait de cet homme politique. Peut-^lre l'eu trouTe-t-il un au châleaa de Cuincy .
Doc. Biooa. DuthilloMil, QaUrU Douaiâ., p. 7.— Ann, staiitt. du N. pour j8o6t DOL uècrol., p. 409-4 io- — ^<mw* ^ '^ Fiundre WaU.^ t. 6, 1866, p. 63. (On y dit par erreur que d*Aous( est mort en 18x9.) — DidioHn. de» Purlem,, t. i.
ARBERG ET VALLENGRIN (Charles-Alexardre, comte d'). Député du clergé du t>aiUiage de Bailleol en 1789. Lieu et date de naissance inconnus, mort en son chAteau, près de Lièfjipe (Belgique) le 10 mai 1809.
Charles-Alexandre d'Arberg, évoque dTpres, n'a figr^ré jusqu'ici dans aucune biographie ; on ne le rencontre même pas dans la Biographie nationale de Belgique, publiée jusqu'à la lettre m; une seule ligne lui est consacrée dans les Ypriana^ notices^ éludes et documents sur YpreSy par A. Vandenpeercboom (p. 4i3); la Séries episcoporam, de Gams, n'ofFre guère plus de renseignements.
D'abord évèque d'Amyzon * in partibus, Mgr d'Arberg fut appelé au siège d'Ypres, le g avril 1786 ; trois ans plus tard, le i4 avril 1789, les électeurs du clergé du bailliage de Bailleul l'élurent pour leur député aux Etats-Généraux. L'évéque dTpres se rendit à Versailles et assista aux premières séances du clergé, mais, lors de la réunion des trois ordres, dans la séance du 20 juillet 1789, malgré sa résistance, Mgr d'Arberg fut invalidé comme étranger et remplacé par l'abbé Van den Bavière.
Mgr d'Arberg résigna, le 8 avril 1801, son évêché, qui fut supprimé la même année et se retira dans le château qu'il possédait près de Liège. Il avait passé en Angleterre et en Westphalie les plus mauvais jours de la Révolution .