Ville de Carie qui a eu des évéques au V* siècle
BiBLioGR . I . Question soumise à nos seigneurs des États généraux . — S. 1. n. d. In-4*.
(L'évéque d*Ypres y défend son élection.)
ARENBERG (Auguste-Marie-Raymond, comte de Lamarck et prince d'). Député de la noblesse du Quesnoy en 1789, né à Bruxelles le 3o août 1763, mort dans la même ville le 20 septembre i833.
La maison souveraine médiatisée d'Arenberg* a encore, dans notre parlement actuel, un représentant dans la personne du député de la première circonscription de Bourg-es, mais c'est un membre de la branche cadette. Celui dont nous allons parler appartenait à la branche aînée^ fixée depuis longtemps en Belg-ique.
Propriétaire par succession * du régiment de Lamarck qui s'illustra, au service de la France, dans nos luttes aux Indes contre les Anglais, le prince d'Arenberg avait été grièvement blessé, en 1782, à la tête de son régiment; comme il possédait de vastes propriétés dans la Flandre française et dans le Hainaut, il posa sa candidature dans le bailliage du Quesnoy, lors des élections aux États-Généraux, et y fut élu, le 20 avril 1789, par Tordre de la noblesse. Il fit d'abord partie de l'opposition modérée, et cela se conçoit; n'avait-il pas écrit quelques années plus tôt à M. de Mercy-Argenteau cette phrase caractéristique : a II faut trancher le mot, le roi est incapable de régner. » (Corresp. du Comte de La Marck, t. I., p. 126). Cependant, il restait attaché par principe au parti de la cour et il ne tarda pas à y rallier des membres du parti avancé, tels que Talleyrand et Mirabeau. Ce dernier même mourut peu de temps après dans les bras du prince, qui fut un de ses exécuteurs testamentaires et qui a laissé sur lui d'intéressants Mémoires publiés en i854.
!• De son grand-père maternel, le comte Louis de La Marck.
Il est hors de doute que la mort imprévue du célèbre orateur de la Révolution brisa l'existence politique du prince d'Arenbcrg* ; son passag'e n'a pas marqué dans l'Assemblée constituante et son nom même ne fig'ure au Moniteur qu'en raison de l'intérêt qu'il prit à la Révolution brabançonne. On peut lire, dans le numéro du 24 décembre 178g de ce journal y une lettre qu'il écrivait de Paris, le 10 décembre, au Comité de Gand, et où il se prononce nettement en faveur de la république bel^e.
Maréchal-de-camp dans les armées du roi, en France, le prince n'en prit pas moins, en 1792, du service en Autriche, avec le grade de général-major, ce que le Moniteur (i3 juin 1792) constate avec une certaine amertume ; il y fut môme employé par le baron de Thugut dans diverses négociations contre Bonaparte. Il se fixa à Bruxelles en i8i5, lors de la formation du royaume des Pays-Bas, et fut pourvu du grade de lieutenant-général qu'il conserva jusqu'à sa mort.
Dès le mois d'avril 1792, un correspondant du Moniteur^
dans les Bouches-du-Rhône, recommandait c< d'avoir les
» yeux sur le régiment de Lamarck », et rappelait à ce sujet
que le prince d'Arenberg avait tenu à Mirabeau « son ami
» en révolution, un propos dont les patriotes qui l'ont
» recueilli n'ont pas perdu la mémoire » . La conversation
roulait sur la guerre civile : a Un temps viendra, dit M. le
» comte de Lamarck, qu'un régiment à soi vaudra beaucoup
» mieux que la propriété d'une terre ...»
IcoNOGR. Son portrait a été gravé par Sauvaige, d'après un tableau
de M"' Dubos, in-8'. Doc. BiOGR. Z>/c/ion/i. des Parlent.., t. i.
AUBÉPIN ou AUPÉPIN (CLAUDE -EMMANUEL -JOSEPH). Député au Conseil des Cinq-Cents en l'an V, né en 1747, mort à une date inconnue.
Toutes les recherches que nous avons faites sur cet homme politique sont restées infructueuses ; nous savons seulement, d'après le Calendrier de Flandres^ que dès avant 1786^ il était conseiller du roi et maître particulier des eaux et forêts au Quesnoy ; il y résidait encore, lorsqu'il fut élu, le 24 germinal an Y, député de notre département au Conseil des Cinq-Cents. Son rôle, dans cette Assemblée, fut absolument effacé et, à l'expiration de son mandat, il fut nommé conservateur des bois et forêts à Bruxelles, où il a fort probablement terminé ses jours.
DoG.BiOGR.Z)<c//o/i/i. des Parlem.^ t. i.
BAILLION (JEAN-ANTOINE-JOSEPH). Député au Conseil des Anciens en Tan Vil et au Corps législatif en l'an VIII. Né au Quesnoy le 11 janvier 1766, y décédé le 2 mai i8i5.
Baillion appartenait sous l'ancien régime au corps des officiers du génie, avec le litre d'entrepreneur des ouvrages du Roi ; il ne tarda pas à embrasser les principes de la Révolution et fut élu maire du Quesnoy. Le 26 germinal an VII, il fut envoyé au Conseil des Anciens par les électeurs du Nord. N'ayant jamais pris la parole dans cette assemblée, il put adhérer librement au coup d'état de Bonaparte, ce qui lui valut, le 4 nivôse an VIII, un siège au Corps législatif impérial. Baillion ne brilla pas davantage dans cette Chambre, mais la souplesse de son tempérament et la docilité de ses votes le désignèrent suffisamment pour que le Sénat conservateur le maintînt^ le 8 mai 181 1, dans ses fonctions de député, qu'il occupa silencieusement jusqu'à sa mort.
IcoMOGR. SoD portrait a été ^avé, mais sans signature. Nous en possédons un exemplaire.
Doc. BiOGR. Z)ic//o7i/i. des Parlem.^ t. i.
BALZAERT (HenRI-BERNARD DEUTTRE DE). Voy. Delattre.
BARBOTIN (Emmanuel). Député da clergé du bailliage da Quesooy, en 1789, né à Wavrechain-sons^FauIx le a5 mars 1741* mort à Prouvy le 25 février 181 6.
L*abbé Barbotin était curé de Prouvy, lorsqu il fat élu, le 18 avril 1789, député du clergé du bailliage du Qaesnoj aux Etats*Généraux. Il 7 siégea d'abord dans la majorité réformatrice de TAssemblée, sans y avoir laissé d'ailleurs aucune trace de son passage. Cependant, il refusa de prêter le serment à la constitution civile du clergé et se sépara dés lors complètement de ses anciens amis et collèg'ues et vota avec la minorité.
Pendant toute la durée de la législature, l'abbé Barbotin entretint avec un religieux, chargé de desservir sa paroisse, pendant son absence, une correspondance qui a été mise au jour en i883 et publiée par extrait dans les numéros de janvier, février et mars de cette année du Contemporain, La Semaine religieuse du diocèse de Cambrai en a donné aussi quelques extraits (année 1887, p. 646-648).
On ne sait ce que l'abbé Barbotin devint ensuite et l'on
no retrouve sa trace qu'en 181 5, époque où il fut nommé
curé de Prouvy. Il mourut dans ce ministère un an après. IcoMOQR. Son portrait a été dessiné, in-S*.
Doc. BioGR. Dictionn. des Parlem., t. x .
BESSE (Jacques-Joseph). Député du clergé du bailliage d'Avesnes en 178g, né à Trélon le 2g août 17479 mort à une date inconnue.
L'abbé Besse était desservant de Saint-Aubin depuis 1786, lorsqu'il fut élu, le 17 avril 178g, député du clergé du bailliage d'Avesnes aux États-Généraux. Le i4juin 178g) l'un des six premiers de son ordre, il vint se joindre au tiers-état. Plus tard, le 27 décembre i7go, il prêta le serment à la constitution civile du clergé. Le 16 août i7g7, Besse fut élu député du clergé constitutionnel du Nord, par
8 1 voix, en vue du concile national qui se préparait à cette
époque. On le perd depuis ce moment complètement de vue .
IcoNOGR. On coDnaft deux porlraits de ce député : Tun dessiné par Labadye, in-8*; l'autre gravé par Soyez, d'après le dessin précédent, in-8*.
Doc. BiOGR. Z>ic/io/in. des Parlem.^ t. i.
BÉTHUNE (Jacques-Laurent). Député au Conseil des Cinq-Cents en Tan VI, né à Catillon^ en 1783, mort à Paris le i4 janvier 1799.
Conseiller au tribunal royal de Bouchain sous l'ancien
régime, Béthune fut élu, en 1796, juge au tribunal civil du
département du Nord, puis, le 24 germinal an VI, député
du Nord au Conseil des Cinq-Cents. Son rôle dans cette
assemblée fut absolument négatif; il appartenait au parti
modéré . Il mourut pendant la session .
Doc.BiOQR.Dictionn, des Parlent., t. i.
BOUCHETTE (FRANÇOIS-JOSEPH). Député du tiers du bailliage de Bailleul en 1789, né à Bergues le 26 août i735, y décédé le 9 septembre 1810.
Avocat à Bergues depuis longtemps déjà, Bouchette accueillit avec un grand enthousiasme la lettre de convocation aux Etats-Généraux. Des idées de réforme avaient germé dans son esprit depuis qu*il était question de réunir cette grande assemblée. Il s'appliqua sans retard à étudier tous les vices de l'ancien régime et à tâcher de leur opposer un remède efficace. Aussi, lorsque la municipalité de Bergues, imbue des vieilles idées, voulut faire adopter son cahier de doléances, qui n'était guère autre chose qu'un panégyrique de ce qui existait alors, avec quelques timides réformes, Bouchette y fit une opposition très vive et, dans un mémoire qu'il écrivit à ce sujet, n'hésita pas à taxer ce
1* Les registres de i'état-civil de cette commune manquent pour celte époque.
- escahier « d'inconsUtationnel, calqué sur de fanx principes», ajoutant qu'il a ne coupoit pas le mal dans sa racine et étoit par conséquent inadmissible. » Il se mit alors à parcoarir les campagnes et parvint à faire adopter le cahier nettement réformateur qu'il avait personnellement préparé.
L'administration municipale de Dergues ne se tint pas pour battue ; elle publia sur ces faits un Mémoire ^ dans lequel elle accusait Bouchette de « séduction », non seulement sur les membres du tiers-état de Bergues, mais encore sur ceux de toutes les paroisses de la chàtelleDie ; elle joignit à ce mémoire le cahier de doléances qu'elle avait élaboré et qui n'est resté qu'à l'état de projet. Bouchette répondit au mémoire par un écrit intitulé Réponse (iafrà, n* i), qui porte l'épigraphe a Veritas otiam parit », et où il se justifie des accusations portées contre lui par le Magistrat de Bergues.
£luy le 10 avril, député du tiers-état du bailliage de Bailleul, Bouchette alla se ranger dans la majorité réformatrice de l'Assemblée constituante. Il n'y prit qu'une fois la parole, à l'occasion de la discussion sur le monopole du tabac. Le discours qu'il prononça dans cette circonstance^ en faveur de la liberté, a été imprimé.
Rendu à la vie privée en 1791, Bouchette reparut bientôt sur une autre scène plus modeste. La première municipalité de Bergues ayant été suspendue par arrêté (a4 octobre 1792) des commissaires Belgarde, Del ma s et Duhem, Bouchette fut nommé par eux maire de Bergues par intérim, mais il fut maintenu dans ces fonctions par le suffrage populaire aux élections des 18-19 novembre 1792. Cependant, les
1 . Mémoire pour les officiers municipaux de la Tille et chàtellenie de Bergues concernant T Assemblée du Tiers-État de ladite Tille.. . Lille, imp. E.-J. Henry, imprimeur de MM. du Magistrat et des Etats, rue d'Amiens. S. d. (28 mars 1789). In-4*. Si p.
représentants du peuple en mission, Duquesnoy et Carnot, le suspendirent à son tour par arrêté du i5 avril 1798 et le mirent en arrestation. Relâché peu de temps après, Bouchette renonça à tout jamais aux honneurs parfois si périlleux ; il reprit sa profession d'avocat et plaida, devant le tribunal civil du Nord, à Douai, divers procès pour
lesquels il rédigea des Mémoires qui ont été imprimés.
BiBLioGR . I . Réponse au Mémoire pour les Officiers municipaux de la Ville et Chàtellenie de Berlues, concernant l'Assemblée du Tiers-État de ladite Ville. (Du 6 avril 1789. Sijçné : Bouchette.) — LiUe^ imp, Léonard Danel, rue des Manneliers. S. d. (1789). In-8«, i4 ?• a. Dénonciation des ouvrages du port de Dunkerque, par M. Bouchette, député du département du Nord. — Paris f imp. nationale^ ijgo, in-8".
3. Réclamations contre la franchise de Dunkerque, par M. Bouchette, député. . . Paris ^ imp. nationale, ijgo^ in-80.
4. Appui de Tupinion de M. Delaville Le Roulx, contre tout système prohibitif de la culture, fabrication et vente libre du tabac; par M. Bouchette, député du département du Nord. 5 février 1791. — Paris, imp, nationale^ 1791* In-8«.
5 . Mémoire concernant les terres adjacentes des Mofires, qui ont été possédées par la ci-devant abbaye de Sainte Bertin à Saint-Omer. (Signé : Bouchette). — Douay, imp. de Deregnaucourty an VI. In-4*, 11 p.
6. Mémoire pour les héritiers du citoyen Denet, cessîonnaire des droits de défunt d'Hérouville, concessionnaire pour le dessèchement des Moëres et terres adjacentes. Contre la commune de Warhem. Par devant le tribunal civil du Nord. (Signé : Bouchette). — Douay, imp, de Dereynaaœurt^ an VI. In-4«, i5 p.
IcoNOGR. Nous connaissons quatre portraits de Bouchette : un dessin 10-4° non signé; un autre dessin par Isabey, in-8'; le même, gravé par Courbe, in-8*; enfin, le musée de Bergues possède un portrait peint à l'huile et non signé de ce député ; cette toile a été offerte au musée par la famille Outlers.
DoG.BiOGR. Z)/c/<onn. des Parlent., t. i.
BOYAVAL (CharLES-LOUIS-LAURENT). Député à la Convention et au Conseil des Anciens en Tan IV, né à Prisches le
II janvier 1786, mort à Avesnes le 7 septembre i8i4- Boyaval était cultivateur à Avesnes, lorsqu'il fat élu, le 6 septembre 1792, député du Nord à la Convention, le douzième sur douze ; il appartenait au parti plutôt modéré, ce qui ne Tem pécha pas de voter la mort de Louis XVI, mais ce fut un conventionnel tellement obscur que le Moniteur n'indiqua pas son nom dans la liste des votants. (Jette omission fut réparée quelques jours plus tard. Boyaval fit ensuite partie du Conseil des Anciens, où il fut élu par le département du Nord, le 23 vendémiaire an IV; il y siégea silencieusement jusqu'en Tan VU, fut ensuite commissaire du Directoire dans notre département, se rallia à Bonaparte le 18 brumaire, fut nommé juge suppléant au tribunal civil d'Arras le 7 messidor an VIII, puis inspecteur des forêts à Trélon le g novembre 1799 et revint mourir
à Avesnes,
Doc. BiooR. Dict. dett Parlem.y t. i .
BRACQ (Martin-Joseph). Député du clergé du Cambrésis en 1789, né à Valenciennes le 7 septembre 1743, mort à Ribécourt le 22 décembre 1801 .
D'une vieille famille valenciennoise^ frère de Charles Bracq qui s'est acquis une certaine notoriété dans les lettres, Tabbé Bracq, après avoir pris ses licences en droit et en théologie à l'université de Douai, était devenu curé de Ribécourt et y exerçait son ministère, lorsqu'il fut élu député de son ordre aux Etats-Généraux par le bailliage du Cambrésis. Immédiatement remarqué à cause de son patriotisme éclairé, la chambre du clergé le nomma commissaire pour aviser, de concert avec le roi, à l'abaissement du prix du blé ; peu de temps après, il votait, dans la même chambre, pour la vérification des pouvoirs en commun. Bien que modéré et appartenant au centre de l'Assemblée constituante^ il prêta le serment à la constitution civile du clerg'é.
On Itti offrit plus tard, parait-il, les fonctions épiscopales^ mais il les refusa.
Lors de la séparation de rAssemblée, l'abbé Bracq reprît
possession de sa care, mais la suppression du calte l'en fit
bientôt sortir. 11 se rendit à Cambrai, où il fat nommé
conservateur du musée en formation , vers lequel affluaient
les œuvres d'art trouvées dans les monastères de la région .
Après la Terreur, ses anciens paroissiens le choisirent pour
juge de paix, et il venait d'être réélu à cette paternelle
magistrature, lorsqu'il fut frappé par la mort.
IcoKOGR. On coonaft trois porlrails de Tabbé Brscq : deux dessins
îo-8* et in-4*, non signés, et on portrait graré par Courbe, d'après Pcrrin, in-8*.
Doc. BiOGR. Dici. des Parlem.^ t. i .
BREUVART (JEAN-LÉONARD). Député du clergé du bailliage de Douai en 1789, né à Sus-Saint-Léger (Pas-de-Calais), le 10 juillet 1739, mort à Lille le 5 septembre 181 4.
Après avoir fait ses études théologiques, Tabbé Breuvart débuta dans le ministère ecclésiastique comme professeur de rhétorique au collège d'Arras; en 1769, il était élu membre de l'Académie d'Arras (16* fauteuil) et justifiait cet honneur en publiant deux opuscules : Tun est une dissertation sur des psaumes, l'autre, un examen des cames pour lesquelles les anciens croyaient que la plus triste mort était de mourir dans l'eau.
En 1778, il était nommé curé de Bruilles-lez-Marchiennes et devenait, sur sa demande (3o mai 1778), académicien honoraire d'Arras. En 1784» enfin, il était appelé à Douai comme curé de la paroisse Saint-Pierre.
£lu député du clergé du bailliage de Douai aux Etats- (iénéraux, le 3 avril 1789, l'abbé Breuvart passa d'abord toat-à-fait inaperçu dans l'Assemblée nationale . 11 prêta le serment civique le 3 janvier 1791 et parut plusieurs fois à
la tribune. Le 12 avril 1790, il avait déjà pris part à la discussion relative à Faliénation des biens du clei^ et avait prononcé un discours (qui a été imprimé) plein de bon sens ; l'abbé Breuvart s*y élève contre la vente des biens du clergé: « Les peuples, dit* il entre autres choses, auraient » 80 millions de plus A payer tous les ans ! Un impôt si » onéreux ne serait propre qu'à leur rendre odieux, et les » ministres et la religion même; et croyez que nous ne
» tarderions pas à en voir les tristes effets » Il prit une
seconde fois la parole dans le courant du mois de novembre ou de décembre suivant, d'après le Courrier de la Scarpe, journal paraissant alors à Douai, mais il n'est pas fait mention de ce discours au Moniteur, Breuvart y défendit la municipalité douaisienne, comme il le fera bientôt encore, mais, dit le Courrier de la Scarpe^ il n'a demandé la parole et ce ne Ta obtenu que pour exciter encore contre lui » l'adversion des bons Patriotes. — La motion de M. Breu- » vart, ajoute-t-il, n'a pas eu plus de partisans^ que celle » qu'a faite en chaire son digne Vicaire. »
Enfin, il reparut à la tribune^ le 7 mai 1791^ lorsque la municipalité de Douai fut décrétée d'accusation et renvoyée devant la Haute Cour d'Orléans pour n'avoir point publié la loi martiale^ lors des troubles qui afflig'èrent cette ville à ce moment. « C'est justice que je réclame, s'écria Breuvart, » pour les malheureux officiers municipaux de la ville de » Douai. L'urg-ence des circonstances vous fit décréter, » avant d'avoir reçu leur procès-verbal qui fut remis à » votre président le lendemain de votre décret, vous fit, » dis-je, décréter qu'ils seraient conduits à Orléans, pour » leur procès y être fait par la Haute Cour Nationale, parce » qu'ils n'ont pas publié la loi martiale lors des troubles » de leur ville infortunée. Mais j'ose vous assurer, » Messieurs, que si vous les eussiez entendus, vous auriez
» été convaincus de leur innocence, comme le sont tous
» leurs concitoyens. J'ai reçu moi-même plusieurs lettres
» de Douai et entre autres une de M. le Commandant de la
s) Garde nationale (M. de Comerford), qui attestent qu'il
» était impossible de publier la loi martiale sans exposer la
» ville aux plus g'randes horreurs et que le moindre
» mal qu'il en aurait pu résulter aurait été le mépris de
» cette loi dont on se serait moqué. ... » Ce pathétique
discours fut interrompu par des murmures et l'Assemblée
déclara qu'il n'y avait pas lieu à délibérer {Monit.y lo
mai 1791).
Peu de temps après, Breuvart disparaissait et se retirait
en Allemag'ne. 11 ne rentra en France que lorsque les
passions furent calmées. A l'époque du concordat, il fut
nommé curé de Saint-Sauveur, à Lille, où il mourut.
BiBLiOGR. I. Discours de J.-L. Breuvart, curé de Saint-Pierre de Douay, membre de l'Assemblée nationale, prononcé dans la séance du la avril 1790. — Parist imprimerie nationale. S. d. (1791). In-8% 12 p.
IcoNOGR. Le portrait de Breuvart a été dessiné par Perrin, in-8<^; un autre a été gravé par Texier, d'après le dessin précédent, dans le format in-4".
Doc. BioGR. Z)ic/. des Parleni., t. i.
BRIEZ (Philippe-Constant-Joseph). Député à la Convention, né à Douai le 11 juin 1769, mort à Hal (Belgique) le 23 juin 1795.
Procureur au Parlement de Flandre à Douai depuis le i5 juin 1779, P^^'^ avocat en cette cour depuis le ï4 août 1782, Briez se trouva, au début de la Révolution, procureur-syndic du district de Valenciennes . Il occupait encore ces fonctions, lorsqu'il fut élu, le 4 septembre 1792, député du Nord à la Convention, le sixième sur douze. Quelques mois auparavant^ il avait plus spécialement attiré 1 attention sur lui par une lettre datée de Valenciennes du
2i8 février 1792, et adressée à un membre de T Assemblée léjB^islative, où il soutenait cette thèse assez inattendae qa il serait bon d'élire des soldats à toutes les fonctions manicipaies et administratives. Quoique homme de robe, il accepta le mandat dont on le revêtait et alla siéger à la Convention parmi les plus fougpueux. Lors du procès de Louis XVI, il vota la mort en ces termes : <x Je vote poar » la mort. Si au contraire la majorité était pour la réclusion, » je fais la motion expresse qu'il soit décrété que si, d'ici » au i5 avril prochain, les puissances étran|;|pères n'ont pas » renoncé au dessein de détruire notre liberté, on leur » envoie sa tête. y> Il convient toutefois d'ajouter que Briez était partisan d'un appel au peuple sur la sentence prononcée contre le roi et qu'il fit parattre à ce sujet une brochure que nous citons plus bas.
Peu de temps après, il partit comme commissaire à l'armée du Nord avec Dubois-Dubay et Daoust pour prendre les mesures destinées à mettre la frontière à Tabri d'une invasion. Il rendit compte de sa mission dans une lettre du II avril 1793 où il annonçait que l'ennemi avait commencé le siège de Gondé; on y lit notamment : «La nouvelle la » plus importante d'aujourd'hui, citoyens nos collègues, est » l'envoi de deux trompettes de la part du général ennemi » au général en chef Dampierre; nous avons trouvé ces » deux trompettes chargés d'un paquet d'imprimés et d'une » lettre à l'adresse du général. Les imprimés sont une )> adresse aux Français de la part du général autrichien » Cobourg, et un mémoire du traître Dumouriez sur ses » projets liberticides et les motifs imposteurs sur lesquels il » les fondait. » Quelques membres de la Convention demandèrent la lecture de la proclamation de Cobourg, mais Robespierre s'y opposa en disant : « Quoique les proposi- » tions de transaction soient d'abord rejetées avec horreur,
» il est des esprits qui, à force de les entendre répéter, » pourraient s'y accoutumer. » Cependant Briez avait échangé plusieurs lettres avec Cobourg, aussi fut-il censuré et rappelé par la Convention ; mais il put se disculper et grâce à une lettre où il donnait des nouvelles de Tarmée du Nord, annonçant môme un avantage remporté sur les Autrichiens, il fut maintenu à son poste.
S'étant alors rendu à Valenciennes avec son collègue Cochon (que nous ne savons pourquoi, M. Marmottan, dans ses Ephémérides valenciennoiseSy fait naître dans cette ville), il s'y trouva enfermé pendant le siège et le bombardement. Il s'y conduisit avec beaucoup de courage, mais la ville fut obligée de capituler. On trouve dans YAlmanach de Valenciennes pour Tannée 1889 {Impr. V^« Edmond Prignet, Lacour et C**, in-Sa), la reproduction des affiches et proclamations que Cochon et Briez publièrent pendant leur séjour forcé dans cette ville.
Sorti de Valenciennes avec la garnison, Briez se rendit à Cambrai d'où il fît part à la Convention des événements dont il venait d'être le témoin, mais atteint d'une maladie grave, il ne put retourner à Paris que dans le courant du mois de septembre 1798. 11 donna lecture, pendant la séance du 25 de ce mois, d'un mémoire sur l'état actuel de l'armée et particulièrement sur la reddition de Valenciennes (infrà n^ a); il terminait cet intéressant document par un reproche au Comité de salut public de n avoir pas pris les mesures nécessaires et concluait à ce que les ordres les plus pressants fussent donnés pour renforcer nos soldats. La Convention rendit alors un décret qui adjoignait Briez au Comité. Ceci s'était passé en l'absence de Robespierre. Lorsque le farouche terroriste fut mis au courant de cette séance, il entra dans une violente colère et menaça le malheureux Briez de toutes ses foudres ; Barère et Prieur l'accablèrent également. Notre
représentant crut devoir dès la séance suivante faire pour ainsi dire amende honorable en déclarant qa'il n'avait jamais eu le dessein d^inculper le Comité, il ajouta même : « Je déclare en outre que je ne me crois pas assez de talents » pour être membre du Comité de salut public, ainsi je » n'accepte point. » La Convention rapporta le décret qu'elle venait de rendre.
Cependant Robespierre ne se tint pas pour satisfait ; il exposa, aux applaudissements de T Assemblée, combien la conduite de son commissaire à Tarmée du Nord avait été suspecte. Il s'écria même : a Je vous le déclare, celui » qui était à Valenciennes, lorsque l'ennemi y est entré, » n'était pas fait pour être membre du Comité de salut » public. (Vifs applaudissements). Ce membre ne répondra » jamais à cette question : Ëtes-vous mort? (Applaadis- » sèment plusieurs fois réitérés). Si j'avais été à Valen- )) ciennes dans cette circonstance, je n'aurais jamais été )i dans le cas de vous faire un rapport sur les événements » de l'armée du siège; j'aurais voulu partager le sort des » braves défenseurs qui ont préféré une mort honorable » à une honteuse capitulation. (On applaudit). Et puisqu'il » faut être républicain, puisqu'il faut avoir de l'énergie, » je ne serais point d'un comité dont un tel homme ferait » partie. » La Convention rendit cependant un peu plus tard un décret proclamant que la ville de Valenciennes avait bien mérité de la patrie.
Briez devint ensuite membre du Comité des secours publics ; il en fut souvent le rapporteur et fit rendre un assez grand nombre de décrets relatifs à cet objet. C'est ainsi que, sur sa proposition, des secours furent accordés au district de Bergues, à celui de Palumbo, à une veuve Masson, à un nommé Huard, à la commune d'Elincourt, à la veuve de Gorsas, aux sections de Paris, aux patriotes
réfug'iés, aax réfugiés belges^ liégeois et autres, etc. ; il fît aussi décréter la restitution des petits engagements par le Mont-de-Piété et une somme de lo millions pour soulager les vieillards, etc.
Elu secrétaire de la Convention le 1 5 prairial (4 juin 1794)9 Briez fut bientôt appelé à remplir une nouvelle mission dans le Nord. Il se rendit à Bruxelles et écrivit de là diverses lettres à la Convention ; il lui fit part notamment de la découverte de l'instrument qui tenait Drouet * enchaîné, de la défaite de Tarmée anglo-batave, de la prise de Heusden et vanta le courage du 11* bataillon des Vosges lors de l'incendie de Saint-Hubert.
Au cours de ce voyage, Briez tomba malade et mourut
dans la petite ville de Hal .
BiBLiOGR. I. Nouveau projet de décret sur Taifaire du ci-devant roi, par Briez, député du département du Nord, imprimé par ordre de la Convention nationale. — (Paris) De l'imprimerie polyglotte des rédacteurstraducteurs des séances de la Convention nationaley rue Aubry le Boucher ^ n* 4J, près la rue Quincampoix, S. d. (179a). In-8% 4 p. (Biblioth. de M. Quarré- Reybourbon).
2. Rapport fait à la Convention nationale par les citoyens Charles Cochon et Briez, représentants du peuple, députés par la Convention nationale aux armées de la République, sur la frontière du Nord, de leur mission près de la garnison et au siège et bombardement de Valenciennes. Imprimé par ordre de la Convention nationale. — [Paris] de l'imprimerie nationale. S. d. (1793). In-8% ii4 p.
Des pages 64 à 96, Pièces justificatives ; puis des pp. 97 à 1 14 : Relation militaire et précis des attaques et bombardement de la ville de Valenciennes. La relation militaire est signée : Dembarrère, capitaine au corps du génie. Tout cela forme un récit très complet du siège.
3. Réponses des citoyens Dubois-Dubais et Briez, représentants du peuple français, députés par la