‹ Nos représentants pendant la révolutionChapitre 20 sur 32 · Dans son Histoire de la Convention · texte numérisé non relu

Dans son Histoire de la Convention

2. On a vu, aa chapitre des élections & la Convention (p. 37), qu'il avait été nommé quatrième député suppléant.

et prit la parole plusieurs fois à la tribune, notamment dans les séances des 8 et g janvier 1 798 .

EIxaminons maintenant l'attitude du député dunkerquois,

lors du procès de Louis XVI . Il commença par contester

énergiquement, dans la séance du ag décembre 1792^ la

compétence de TAssemblée : « Les crimes de Louis Capet

» sont connus^ dit-il, mais est-ce à vous qu'il appartient de

» les juger? Quel exemple donneriez-vous en cumulant

» tous les pouvoirs?. . . Que de contradictions dans votre

» conduite ! Vous décrétez, le 10 octobre, la suppression de

» la Haute Cour nationale et, le 3 décembre, vous déclarez

» que Louis sera jugé ! Le 21 septembre, vous décrétez le

)) maintien des autorités constituées, et, le 3 décembre,

» vous usurpez le pouvoir judiciaire ! Vous jugez Louis

» comme roi ou comme citoyen. Vous ne le jugez pas

» comme citoyen, car un citoyen accusé n'est pas jugé par

» une assemblée nationale. Vous le jugez donc comme roi :

» eh bien ! comme roi, c'est devant le souverain qu'il doit

» paraître. Or vous n'êtes pas le souverain. La souveraineté

» ne peut pas plus être déléguée qu'aliénée, car la souverai-

» neté est la volonté générale, et la volonté ne se représente

» pas. Les députés de la nation ne sont que des commissaires,

» et toute loi qu'elle n'a pas ratifiée est nulle. » Ceci bien

entendu n'est que le pâle résumé donné par le Moniteur du

discours de notre député. Un autre journal, le Pour et le

Contre ^, (t. 5, p. 200) l'a reproduit in extenso et il en

occupe plusieurs colonnes. On y suit beaucoup mieux la

pensée et la logique du raisonnement de l'orateur.

Au deuxième appel nominal, Fockedey répondit : « Comme » je crois que la majorité de la nation est composée de bons

1. Recueil complet des opinions prononcées à l'Assemblée conyentionnelle, dans le procès de Louis XVI. Paris, an 1" de la République. 7 toI. in-8«.

9 citoyens et non d'intrig-ants ; comme la guerre ne peut » avoir lieu qu'entre deux partis qui se choquent, je crois » que le recours au souverain est le meilleur parti que vous » puissiez prendre^ je dis oui. » Au troisième appel, il motiva ainsi son opinion : « Louis est la cause de la mort » de plusieurs milliers de Français^ de la dévastation de » nos terres^ de Tanéantissement de nos relations commer- » ciales; mais le principe conservateur de la République » entière, c'est de ne compromettre, par notre jugement, ni » la sûreté^ ni la propriété de ceux qui nous envoient. » D'après ces motifs, et comme législateur, je vote pour la » détention jusqu'à ce que la République ne soit plus en )) danger. » Enfin^ dans la séance décisive du 19 janvier, Fockedej vota pour le sursis.

Après Texécution du roi, notre député prit en dégoût l'Assemblée que^ dans les dernières années de sa vie, il comparait souvent ce à un enfer» et, le 3 avril 1798, il donnait sa démission pour raisons de santé. Fockedej retourna alors dans le Nord, reprit à Dunkerque et à Bergues l'exercice de sa profession, remplit patriotiquement son devoir pendant toute la durée du siège de sa ville natale du 23 août au 8 septembre 1793 et se vit soudainement mis en arrestation dans la nuit du 22 novembre suivant ; il faillit être déporté à Arras où le sanguinaire Lebon ne laissait pas chômer la guillotine, mais il fut bientôt relâché, grâce à l'intervention de Merlin auprès des représentants Hentz et Florent Gujot alors en mission à Dunkerque (janvier 1794.)

Fockedey ne fut pas davantage inquiété pendant la tourmente révolutionnaire et lorsque le calme revint, il reprit avec ardeur sa pratique médicale. En 1806, il tenta de fonder une Société de médecine et de secours publics : divers médecins de la ville s'y firent inscrire, quelques

travaux y furent lus, mais il ne semble pas qu elle ait survécu à Tannée de sa création.

£n 1822^ l'ancien conventionnel quitta Dunkerque et, après avoir successivement résidé à Hondschoote et à Bergues, il vint se retirer vers i85o à Marcq-en-Barœul, où son petit-fils^ Tabbé Hollebecque, devenu depuis supérieur^ était alors simple professeur dans un établissement ecclésiastique bien connu. C'est là que le docteur Fockedej est décédé dans une extrême vieillesse. Il a été inhumé dans le cimetière de Dunkerque et^ il y a quelques années, son nom a été donné à Tune des rues de sa ville natale .

Fockedey avait rédigé des mémoires qu'il a intitulés Souvenirs et dont une partie seulement a été publiée.

BiBLioGR . I . Observations sur ia lettre de M. Macquet, ci-devant curé de cette ville, à la Municipalité, et sur le certificat donné audit sieur par le soussigné, le ao avril 1 791 . (Signé : Fockedey). — Dunkerque^ le 8 mai 1791 , In-4*^ d'une demi- feuille, a. Opinion de Fockedey, Député du département du Nord, Sur le jugement de Louis XVI. Imprimé par ordre de la Convention Nationale. — [Paris) Imprimerie Nationale, S. d. (1793). In-8% II p.

3. Souvenirs dédiés à ma fille unique et chérie, Marie- Anne-Françoise-Jacqueiine Fockedey et à mes petitsenfants, Marie-Eugénie-Louise et Henri-Désiré- Jean- Emmanuel, ses deux enfants, issus de son mariage avec M. Henri-Louis-Désiré Hollebecque, notaire royal et maire d'Hondschoote.

Ces souvenirs restés manuscrits ont été publiés en partie par M. Charles d'Héricault, dans la Revue de la Révolution : t. 3, avril 1884, Documents inédits, p. 97-109 ; mai 1884, id., p. 139-145; t. 4, août i884t id., p. 69-73 ; novembre 1884, id., p. 137-143.

Doc. BioGR.^io^r. Dunkerq. — Notice historique^ biographique ^ anecdotique sur Jean-Jacques Fockedey , docteur en médecine, député du département du Nord à la Convention nationale^ Par J. J. Carlier, Membre correspondant (dans Mémoires de la Société Dunkerq. 1873-1874, i8« vol., p. 174-371). — Dictionn. des Parlem.^ t. 3.

GENECH, comte de Sainte-Aldegonde (Pierre^François- BaLTHAZAR). Voy. Sainte-Aldegonde.

GOSSUIN (COHSTÀNT-JOSEPH-CÉSAR-EUGÈNE). Député à TAssemblée législative de 179 1, à la Convention, au Conseil des Cinq-Cents en l'an IV et en l'an VI, au Corps législatif de Tan VIII à 1802 et à la Chambre des Cent- Jours, né à Avesnes le 12 mars 1768, mort à Paris le 9 avril 1827 (et non le 9 mars, comme le disent certains biographes).

Gossuin était, avant la Révolution, avocat au parlement résidant à Avesnes, administrateur des forêts et domaines du duc d'Orléans et conseiller du roi, majeur héréditaire de sa ville natale depuis 1781. Il embrassa immédiatement le parti des réformes, fut, dès 1 790, nommé membre de la commission chargée d'organiser le département et il présidait l'assemblée électorale de 1 79 1 , lorsqu'il fut élu député à l'Assemblée législative, le 29 août, le troisième sur douze. Dans cette assemblée, Gossuin siégea parmi les membres de la Gironde et ne se signala que par quelques rapports faits au nom du Comité des Douze. Réélu l'année suivante à la Convention, encore le troisième sur douze, il reprit sa place à la Gironde et proposa, le 8 octobre 1792, de mettre à prix la tête du prince Albert de Saxe-Teschen pour le punir d'avoir bombardé Lille et de déclarer que cette ville avait bien mérité de la patrie, mais cette motion ne fut suivie d'aucun efiPet. Gossuin fut, le 20 novembre suivant, envoyé en mission à l'armée du Nord, aussi ne prit-il aucune part au jugement du roi. Il est permis de supposer, étant donnée la modération dont ce représentant fit constamment preuve, qu'il se fût joint à Fockedey, pour réclamer la détention et non la mort de Louis XVI.

Lors de son retour à la Convention, Gossuin fit un rapport très détaillé sur la défection de Dumouriez, ce qui

lui valut d*étre nommé membre du Comité de la guerre, où il rendit de grands services par la part considérable qu'il prit aux travaux de cette commission. On lui doit en outre UD certain nombre de rapports sur divers objets, on en trouvera ci -dessous Ténumération. Le i^^'' prairial an III^ au moment de l'insurrection jacobine, Gossuin commit une bévue dont il eut à se repentir . La salle des séances de la Convention venait d'être envahie par les rebelles, un de leurs orateurs venait de se faire entendre, lorsque Gossuin invita Vernier, président de l'Assemblée, à donner l'accolade fraternelle à cet orateur des insurgés. Malgré les nombreuses protestations qui accueillirent cette motion, le président donna l'accolade, mais, le lendemain, Gossuin s'excusa de ce qu'il avait fait la veille, en disant qu'il n'avait pas entendu l'orateur, n'étant rentré dans la salle qu'à la fin de son discours, après avoir fait partie d'une députa tion envoyée place du Carrousel.

Le 20 vendémiaire an IV, Gossuin fut de rechef élu député parmi les 89 suppléants; par suite d'options, il fut appelé à siéger, comme représentant du Nord, au Conseil des Cinq-Cents, et se vit renouveler son mandat le 24 germinal an VI. Durant ces diverses législatures, notre député prit assez souvent la parole sur des objets d'ailleurs peu intéressants ; son rapport le plus remarquable est sur le projet de code forestier qui, après avoir subi plusieurs remaniements, ne fut promulgué que sous la Restauration. Lors du coup d'état de brumaire, il donna tout son appui à Bonaparte et fut bientôt désigné (4 nivôse an VIII) par le Sénat conservateur pour un siège de député au Corps législatif. Gossuin fit partie de cette assemblée jusqu'en 1802 ; appelé à cette époque (3 pluviôse an IX) aux fonctions d'administrateur des forêts nationales, il les remplit de la façon la plus louable jusqu'à la seconde restauration. £ntre

temps, il représenta le département du Nord, comme député à la Chambre des Gent^Jours, où il avait été éla^ le 1 1 mai 181 5, par le collège départemental.

Gossuin rentra alors dans la vie privée, collabora à divers journaux et notamment à la Bibliothèque historique^ recueil d'une nature toute spéciale, qui s*était donné pour mission de recueillir dans toutes les parties de la France et de publier les faits et gestes de la réaction rojaliste. En raison de cette collaboration^ Gossuin fut impliqué, en 1820, dans divers procès, comme a coupable de s'être » insur^ contre l'autorité du roi et des chambres et » d'avoir provoqué à la désobéissance aux lois. » Il fut acquitté. Nous indiquons plus bas les plaidoyers et discours qu'il prononça dans cette circonstance.

Gossuin mourut à Paris, à l'âg'e de 6g ans ; on l'enterra au Père-Lachaise et ses funérailles donnèrent lieu à une timide manifestation libérale.

BiBLioGR. I. Discours prononcé par M. Gossuin, membre du directoire du déparlement du Nord, lors de sa nomination à la présidence de l'Assemblée Electorale de ce département le 26 août 1791 . — Douai, imprimerie de WagreZt i^gi. In-4*» 12 p.

1. Discours prononcé par M. Gossuin. Président de TAsE emblée Electorale lors de la clôture de ses séances le 7 septembre 1791. — Douai, impr.

Wagret, i^gi, In-4», a p.

3 . Convention nationale. Instruction sur l'établissement des comités de la Convention nationale, conforme au Rapport fait (le 2 octobre 179a) par Eugène Gossuin, président du comité des pétitions et de correspondance, et au décret rendu sur ce Rapport. Imprimée et envoyée aux 83 départements par ordre de la Convention nationale. — Paris ^ imprimerie nationale, I7g2, In-8».

4. Convention nationale. Rapport fait dans la séance du vendredi 9 août 1793, Tan II» de la république française, au nom de la commission chargée de réunir les procès-verbaux d'acceptation de la Déclaration des droits de Thomme et de Pacte constitutionnel,

par Gossuin, député du département du Nord. Imprimé par ordre de la Convention nationale. — {Paris) Imprimerie nationale, S. d. (1798) In-S*.

5. Ck>nvention nationale. Projet de décret sur les divisions de gendarmerie à cheval organisées en guerre, présenté au nom du comité militaire, par Gossuin. Imprimé par ordre de la Convention nationale. — {Paris) Imprimerie nationale. Germinal an III, In-8».

6. Convention nationale. Opinion de Gossuin, représentant du peuple, sur l'éligibilité des défenseurs de la patrie, et autres célibataires, au Corps législatif, prononcé à la séance du 17 thermidor, III" année républicaine, et renvoyée à la commission des onze . Imprimé par ordre de la Convention nationale. — {Paris) Imprimerie nationale. Thermidor an III, In-8».

7 . Convention nationale. Compte-rendu Le a8 brumaire de Tan a de la République une .et indivisible, au comité des inspecteurs du palais national, par Gossuin et Merlin (de Douai) Représentants du peuple. De leurs recettes et dépenses, pendant leur mission dans la Belgique. Imprimé en exécution du décret du 21 nivôse dernier. — (Paris) Imprimerie nationale, Pluviôse an III. In-S", 1 1 p .

(Les dépenses de ces deux représentants s'élèvent à 13.926 1. 10 s.).

8. République française. Rapport et projet de résolution, sur la désertion, présenté au Conseil des Cinq- Cents, par Gossuin, au nom de la commission créée spécialement à cet effet. Imprimé par ordre du Conseil des Cinq-Cents. — {Paris) Imprimerie nationale^ S. d. In-S».

9. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Projet de résolution présenté par Gossuin, à la séance du 25 germinal an IV. — Paris, De l'imprimerie nationale. Germinal an IV, In-8*.

(Pour l'audition devant le conseil du corps et en présence du commissaire des guerres, des témoins militaires).

10. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Rapport et projet de résolution sur la gendarmerie nationale, présentés au nom d'une commission par Gossuin. Séance du i5 prairial an IV. — Paris, De l'imprimerie nationale, Prairial an IV. In-8*.

1 1 . Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Rap[iort

fait par Gossuin sur les faux congés militaires. Séance du 3o frimaire an V. — {Paris) Imprimerie nationale. Frimaire an V, In-8*.

19. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Rapport fait par Gossuin sur la subsistance des militaires hors d*état de continuer leurs senrices par suite des événements de la guerre, au nom de la commission spéciale sur la solde des troupes, composée des représentants du peuple Frégeville, Rouyer, Jean Debry, Savary et Gossuin. Séance du i8 germinal an V. — (Paris), De l'imprimerie nationale. Germinal an V. In-8o.

i3. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Rapport fait par Gossuin, au nom delà commission des inspecteurs, En interprétation de la loi du 4 prairial bd 4 sur l'avancement des grenadiers près la représentation nationale . Séance du 19 frimaire an 7. [Paris] De l'imprimerie nationale. Frimaire an 7. In-8», 7 p.

14. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Projet de code forestier, présenté par une commission spéciale composée des représentants Poullain-Grandprey, Gossuin, Stiévenotte, Brémontier, Panichot, Matthieu, Boyer et Mallarmé. Séance du 16 ventôse an 7. — Paris, imprimerie nationale. Floréal an 7. ln-8».

i5. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Opinion de Gossuin, Sur le projet de la commission du service de Pan 8, relatif à la perception et au versement des contributions. Séance du a3 vendémiaire an 8. — A Paris, de l'imprimerie nationale. Vendémiaire an 8. In-8', 10 p.

16. Corps législatif. Projet de règlement relatif aux séances du Corps législatif et à la police de son palais, présenté par Gossuin. Séance du i5 nivôse an 8. — (Paris) De C imprimerie nationale. An 8. In-8*.

1 7 . Défense et profession de foi de César-Eugène Gossuin, prévenu d*outrages à la morale publique et religieuse, pour un article inséré dans le a* Cahier du II* volume de la a Bibliothèque historique > ; présentés aux jurés qui doivent prononcer sur cette question . — (Paris) Imp. C. F. Patrie. S. d. (1820). In-8\

18. Plaidoyer prononcé à la cour d'assises du département de la Seine, le 3o juin 1890. par M. Mocquart, pour M. Gossuin, éditeur de la « Bibliothèque historique >> prévenu d'attaque formelle contre l'autorité constitutionnelle du roi et des chambres, et de provocation à la désobéissance aux lois. — Paris, Brissot'Thimrs, J820. In-8«.

ig. Discours prononcé à la cour d'assises du département de la Seine, le 3o juin i8ao, par M. Gossuin, prévenu d'attaque formelle... pour un article intitulé : « Le Despotisme ministériel o, inséré dans le i*'' cahier du i4* volume de la « Bibliothèque historique 9. — Paris, Brissot-Thiuars, i8so. In-S".

IcOMOGR. Son portrait a été gravé et figure dans une série inachevée des membres du Conseil des Cinq-Cents; nous en possédons un exemplaire.

lyoc.BiOGTi, Diciionn. des Parlem,^ t. 3. — Discours prononcé sur la tombe de M. Gossuin^ ancien député, ex-administrateur général des forêts^ le la avril 1827 (Par M. Toulotte). {Paris) Imp, de Cosson, S. d. (1827). In-8*. (Ce discours a été reproduit dans les Arch. hist. et litt. du N, de la F., i^* s.^ t. b, p. 66-67.)

GOSSUIN (LOUIS-MARIE-JOSEPH). Frère du précédent, député du tiers-état du bailliage du Quesnoy en 1789 et de 1818 à 1821, né à Avesnes le 18 mars 1769, mort à Vichy (Allier) le 18 aoilt 1821 .

Lieutenant-gcénéral civil et criminel du bailliage et siège royal du Quesnoy avant la Révolution, Gossuin fut élu, le 19 avril 1789, député du tiers-état de ce bailliage aux Etats-Généraux. Il alla siéger silencieusement dans la majorité réformatrice de cette assemblée et fit partie du Comité d'aliénation des biens nationaux. A la fin de la législature, il retourna à Avesnes et resta dans Tombre pendant quelques années. En Tan YI, il fut nommé receveur général des finances du département de TEure, passa au même titre dans le Nord et occupa ces fonctions jusqu'à sa mort. Il s'était rallié au gouvernement de la Restauration et avait reçu de Louis XVIII la croix de la Légion d'honneur.

Le 26 octobre 18 18, iJ fut élu député du Nord par le collège du département et alla siéger à la droite de la Chambre. Il y vota, en 1819, les lois d'exception et se prononça pour le nouveau système électoral sous l'empire

duquel il fut réélu, le i3 novembre 1820, député de Tarrondissement de Cambrai. II passa alors dans l'opposition libérale et mourut pendant la session d'une attaque d'apoplexie.

IcoMOGR. Son portrait a été dessiné par Labadye et gravé par Courbe, in-8«; il en existe encore un autre, dessin anonyme, in-8*.

Doc. BiooR./>iWf onn. des Parlent., t. 3.

GUIOT (Florent). Député au Conseil des Anciens en l'an IV, né à Semur (Côte-d'Or) le 27 juillet i755, mort à Avallon (Yonne) le 18 avril i834.

Après avoir représenté le tiers-état du bailliage de TAuxois aux Etats-Généraux, Guiot fut élu par le département de la Côtc-d'Or à la (Convention ; il y vota la mort du roi et fut envo}'é en mission dans le département du Nord. 11 séjourna chez nous depuis germinal jusqu'à la fin de thermidor et on l'y vit successivement à Lille, à Bergues, à Dunkerque, etc., réchauffant partout le zèle révolutionnaire des municipalités. 11 fut très satisfait en particulier de l'esprit public de Dune libre (Dunkerque) et fit part de ses impressions, le 4 messidor an III, en écrivant à la Convention ; il ajoutait : « Une règle sûre pour moi de juger du patriotisme d'une » commune, c'est d'y trouver le peuple avec une physio- » nomie confiante et gaie. ;)

Le 22 vendémiaire an IV, Guiot fut élu député du Nord et affecté au Conseil des Anciens où il s'associa à tous les votes de la majorité gouvernementale. Il fut réélu au même Conseil par le département de la Côte-d'Or.

Doc. BiOGR.Z)<c//on7i. des Parlent. , t. 3.

HARCHIES (Charles-François, marquis de). Député de la

noblesse du bailliage de Bailleul en 1789, né à Ypres (Belgique) le 28 janvier 1763, mort à Aubencheul-au-Bac le 23 janvier 181 2.

Fils de Jean-Charles-Aug'ustin de Hurchies, écuyer, seig'neur de Drincham, de Contes, de Delettes, du Péry, de Ruisseauville, capitaine aide-major au régiment de Rohan- Rochefort, et de Marguerite-Françoise de Moucheron , Charles- François embrassa aussi la carrière des armes ; il était capitaine au régiment de Bresse-Infanterie, lorsqu'il fut élu, le g avril 178g, député aux Etats-Généraux par la noblesse du bailliage de Bailleul, dont il faisait partie en sa qualité de seigneur de Drincham .

Il passa complètement inaperçu dans l'Assemblée constituante et son nom ne figure même pas au Moniteur, A l'époque de la Terreur, il émigra en Ecosse, revint en France sous l'Empire et mourut à Aubencheul-au-Bac, le jour même de l'anniversaire de sa naissance. De son mariage avec Anne-Henriette-Angélique de Stappens, native de Lille, le marquis de Harchies avait eu deux fils qui moururent jeunes et une fille, Henriette- Judith, qui épousa, en 181 7, Alfred-Marie-Charles Leroy, comte de Walanglart, d*où postérité.

L'un des descendants, selon toutes probabilités, de Jacques de Harchies, gentilhomme du Hainaut, qui fut créé chevalier banneret par le duc Philippe de Bourgogne, en i452, Jeau- Charles-Augustin de Harchies avait obtenu le titre de marquis par lettres-patentes^ données à Fontainebleau, en octobre 1770, et, d'un second mariage contracté à Amiens, le II octobre 175g avec Jeanne-Charlotte-Xavière de Cerf, il avait eu un autre fils^ Louis-François-Gabriel-Joseph, né à Saint-Omer (Pas-de-Calais) le g août 1 760, décédé à Ypres le 8 septembre 1822. Avant la Révolution, ce dernier était capitaine au régiment de Larochefoucauld-Dragons ; il devint, sous l'Empire, bourgmestre d'Ypres, membre du Sénat conservateur (i8i3-i8i4) pour le département de la Lys, chambellan de l'empereur et comte de l'empire, puis^

après Tabdication de Napoléon I**", membre de la première

chambre des Etats-Généraux du royaume des Pays-Bas.

Bien que la famille de Harchies soit complètement éteinte, nous avons tenu à donner tous les détails qui précèdent, (et que nous devons en partie à la g'racieuse obligeance de M. Xavier d'Arg-œuves, de Saint-Omer), parce qu'il nous a paru utile d'apporter un peu de lumière à la biographie de ces deux hommes politiques et de rectifier les notices qui les concernent dans le Dictionnaire des Parlementaires, de MM. Robert et Cougny, généralement mieux informés.

HENNET (FRANÇOIS-AUGOSTIN-POMPÉE) . Député du tiersétat du bailliage d'Avesnes en 1789, né à Maubeuge le i5 décembre 1728, mort à Paris le 2 mars 1792.

La famille Hennet était connue à Maubeuge depuis la conquête de cette ville par Louis XIV. L'un des ancêtres de notre député avait acquis, le 18 décembre 1692, la charge de prévôt héréditaire que le grand roi y avait créée après 1 annexion, et cette charge était toujours restée dans la famille. C'est ainsi que Hennet se trouvait prévôt royal et garde-scel à Maubeuge, lorsque les électeurs du tiersétat du bailliage d'Avesnes l'envoyèrent comme député aux Etats- Généraux, quoiqu'il appartînt à la noblesse. Il est juste d'ajouter que Hennet méritait bien le choix que les électeurs avaient fait de sa personne : n'avait-il pas en effet présenté, en 1764, au procureur général du parlement de Flandre, un volumineux mémoire dans lequel il faisait connaître tous les abus judiciaires de sa province et indiquait le plan des plus sages réformes ?

Cependant, le dernier prévôt de Maubeuge ne fit pas grande figure dans l'Assemblée ; il ne prit qu'une fois la parole, ce fut dans la séance du 3o octobre 1789, où, répondant au discours de Darches que nous avons rapporté^

il déclara se conformer aux instructions du cahier d'Avesnes en réclamant contre la vente des biens du clerg-é. Tenant au surplus pour l'ancien régime, Hennet assista, silencieux et éploré^ à la destruction du vieil état de choses et se contenta de sig-ner, le 12 septembre 1791, la protestation de la minorité contre les actes de l'Assemblée constituante.

Son fils, plus connu sous le nom de chevalier Hennet, devint, en i8o4, directeur général du cadastre, et s'est fait connaître par des poésies et des ouvrages de politique et d'administration.

IcoNOGH. Nous connaissons quatre portraits d*Hennet : un dessin non signé, in-S"; un dessin de Perrin, in-8'; le même, gravé par Courbe, in-S"; un dessin par Levachez, in-8».

Doc. BioGR. />ic/{onn. des Parlent.^ t. 3,

HERWYN DE NEVÈLE ^ (Pierre-Antoine-Charles, comte). Député du tiers-état du bailliage de Bailleul en 1789, membre du Sénat conservateur en l'an VIII et pair de France, né à Hondschoote le 8 septembre 1763, mort à Paris, le 16 mars 1824.

Après avoir fait ses classes chez les Oratoriens et son droit à l'université de Douai, Herwyn était devenu conseiller pensionnaire de sa ville natale. Pendant les loisirs que lui laissaient ses fonctions, il s'occupait d'agronomie et s'intéressait tout particulièrement à la culture des plantes industrielles; aussi fut-il amené à étudier les moyens de rendre à l'agriculture de vastes terrains alors couverts d'eau et appelés les Moëres (mot flamand qui signifie marais). Plusieurs essais de dessèchement avaient été tentés déjà aux XYII^ et XVIII® siècles, mais chaque fois, à peine les travaux étaient-ils terminés, que des événements imprévus les vinrent

1. Il avait épousé, en 1804, M»* Van der Meersch, de l'ancienne famille de Neyèle, dont il fut autorisé alors à porter le nom.

anéantir. Les Moëres comprenaient au total aSio hectares de terrains non-seulement inutilisables pour la culture, mais constituaient en outre de véritables foyers de fièvres et d'épidémies pour la région. Pierre Herwjn et son frère Philippe, dont nous aurons l'occasion d'esquisser la biographie dans notre livre II, se mirent résolument à la besog'ne en 1780, et leur entreprise fut si habilement conduite, qa au bout de sept ans environ, ils avaient complètement desséché cette immense étendue de maréca/^s, en multipliant les dig'ues, les siphons, les écluses, les canaux. La reconnaissance publique ne leur fit pas défaut.

Ëlu, le 10 avril 178g, député du tiers-état du bailliage de Bailleul, Herwyn était partisan des réformes et prit cependant rang parmi les membres de la droite de T Assemblée ; il fut bientôt afiFectc au Comité de Tagriculture et du commerce, où il défendit tout spécialement les intérêts de Dunkerque et la franchise de son port. Il fit sur ce dernier objet un rapport très consciencieux, mais la franchise du port semblait constituer un privilège et ne devait pas trouver grâce, malgré sa nécessité, devant le niveau égalitaire de Tépoque.

De retour dans le Nord, après la session, Herwyn fut nommé chef de bataillon de la garde nationale et commissaire des guerres. Il rendit de grands services dans ces deux situations au moment où les armées ennemies foulaient le sol de Tarrondissement de Dunkerque, ce qui ne Tempêcha pas d'être arrêté, le 9 octobre 1798, par ordre du comité révolutionnaire. Il fut traîné de prison en prison à Dunkerque, Arras, Douai, en compagnie de sa femme qui avait voulu partager son sort, et au bout de sept mois, on les fit comparaître devant une commission militaire qui les acquitta.

Après avoir servi de nouveau comme commissaire des guerres dans les armées de Pichegru etdeMoreau, Herwyn

fut envoyé à Brugpes en qualité de commissaire ordonnateur; il j séjourna quatre ans^ puis devint commissaire du Directoire du département de la Lys. 11 fut bientôt élu (22 germinal an VII) député de ce département au Conseil des Anciens^ appuya avec enthousiasme le coup d'état de brumaire, fut nommé membre de la Commission intermédiaire des Anciens et reçut un siège au Sénat conservateur^ le 4 nivôse an VIII.

Ces hautes fonctions ne détournaient cependant point son attention des grands travaux qu'il avait entrepris dans les M Gères . Il avait eu la douleur de voir son œuvre à peu près anéantie par les inondations qu'avaient nécessitées la défense de nos places maritimes en 1 792 et 1 798 et tout était à refaire. Il s'était remis résolument à la besogne et les Moëres purent être rendues assez rapidement à la culture. Elles n'ont pas cessé de jouir depuis d'une grande prospérité agricole.

Herwyn fut créé comte de l'empire le 26 avril 1808, ce qui ne l'empêcha point, lors des revers de Napoléon, de voter sa déchéance. Le 4 juin i8i4, Louis XVIII l'appelait à la pairie ; le 6 février suivant, il était fait comte héréditaire et devait, en cette qualité, prêter serment de fidélité au roi le 20 mars i8i5. Mais, Napoléon, débarqué de l'île d'Elbe, approchait de Paris ; sa marche triomphale à travers le midi de la France, ne laissait point de doute sur l'accueil favorable qui lui serait fait par toute la nation ; Louis XVIII avait précipitamment quitté Paris dans la nuit du 19 au 20 mars. Cependant Herwyn se présenta au jour dit pour prêter son serment entre les mains du président Séguier. Après les Cent-Jours, le roi, pour le récompenser de son inébranlable fidélité, nomma Herwyn grand-officier de la Légion d'honneur.

A la Chambre des Pairs, où il siégea jusqu'à sa mort, il se montra généreux, lui, le fidèle de la royauté, en ne

votant pas la condamna tioa à mort du maréchal Ney. 11 se contenta d'opiner pour la déportation .

BiBLiOGR. I. Rapport fait à l'Assemblée nationale, au nom du comité d'agriculture et de commerce, Sur la franchise de Dunkerque, Par M. Herwyn, Secrétaire dudii Comité. Imprimé par ordre de rassemblée natioaale . — A Paris, de l'imprimerie nationale, S. d. (1791). In-8«, 3i p.

a. Ck>rps législatif. Conseil des Anciens. Rapport fait par Herwyn, Sur la résolution du 11 vendémiaire, relative à l'exécution de la loi du i4 messidor sur l'organisation des bataillons et compagnies auxiliaires. Séance du 21 vendémiaire an 8. — A Paris, de l'imprimerie nationale. Vendémiaire an 8. In-S®, 11 p.

IcoNOGR. Son portrait a été dessiné par Labadye, in-S»; et gravé par Legrand, d'après le dessin précédent, in-S**.

Doc.BiOGH. Mém. Soc. Agric. Doaai^ 1826, p. 78-75. — Dictionn. des Parlent., t. 3. — Notice biographique sur M. Herwyn de Nevèle, pair de France. Par A. F. Silvestre. Lue à la Société royale centrale d'agriculture {Paris, imp. Al"^* Huzard, 1824. In-8'). Arch. hist. et litt. du, N, de la F., i"-» s., t. 5, p. 248.

KYTSPOTTER (Jean-BàPTISTE-Louis de). Député du tiersétat du bailliage de Baillcul en 1789, né à Hazebrouck le ig juin 1751, décédé dans les environs de Bailleul en i8o5 et non à Hazebrouck en 1806, comme le dit le Dictionn. des Parlent,

De Kytspotter était lieutenant général criminel au bailliage et siège présidial de Bailleul, lorsqu'il fut élu^ le 10 avril 1789, député du tiers- état aux Etats-Généraux par le bailliage de Bailleul. Partisan des réformes, il fit décréter, dans la séance du 28 décembre 1789, la révision des comptes des anciennes administrations remontant à moins de dix ans. Il fit partie de la Commission pour l'aliénation des domaines et remplit les fonctions de secrétaire de l'Assemblée constituante du 3i juillet au 3o août 1790.

Lors de la séparation de T Assemblée, il rentra dans la vie privée, mais on le retrouve plus tard receveur

des contributions à Bailleul. Il est mort en fonctions.

BiBuoGR. I . Discours prononcé par le citoyen Dekispotler à la fête nationale qui a eu lieu à Douai, le a3 thermidor, 3* année de la République française. — Douai {f) In-8*.

IcoNOGR. Il existe quatre portraits de ce député: un dessin de Lambert, in-8* ; le même, gravé par Alix, in-4* ; un dessin de Labadye, in-8"; le même, gravé par Deslicns, in-S**.

Doc. BiooR. Z)ic/ion/i . des Parlem.^ t. 3.

LAMARCK (Auguste-MàRIE-RàYMOND, comte de). Voy. Arenberg.

LANNOY (Charles-François, comte de). Député de la

noblesse du bailliage de Lille en 1789, né à Tournai (Belgique) le 25 mars I74ii mort à Lille le 26 mai 1792.

Fils du maréchal de camp F. F. de Lannoy, auteur de divers écrits militaires ; maréchal de camp lui-même, seigneur de Wattignies, et descendant d'une vieille famille alliée aux Mérode, le comte de Lannoy fut élu le 7 avril 1789, député aux Etats-Généraux par la noblesse du bailliage de Lille. 11 ne prit la parole à l'Assemblée constituante que le 4 mars 1790, pour demander la suppression du droit de triage.

Il commandait la Légion Nervienne, au mois de juin

1 790, lorsqu'à la suite des affaires de Tournai, il faillit être

arrêté à Bruxelles par ordre des Etats.

BiBLiOGR. Opinion d*un cultivateur du département du Nord sur

la culture et la vente du tabac dans le royaume.

(Sifçné : Delannoj, député du département du Nord).

— S, l. n. d. (1791). In-80, 4 ?•

(Dans cet opuscule, de Lannoy, prône la liberté

de la culture du tabac. L'interdiction, selon lui,

favoriserait la contrebande et il faudrait en

revenir à des peines qui ont porté l'Assemblée à

supprimer la gabelle. La Flandre est en outre,

dit-il, « un pays aquatique et malsain b où l'usage

du tabac à fumer est nécessaire à la santé des

habitants.)

IcoNOGR. Portrait dessiné par Fioaest, et ^ravé par Alix, iii-4*' - Portrait dessiné par Gros, ia-8*; le même, ^avé par Desliens, iaS^.

Doc. BiooR. Diciionn . des Parlem . , t . 3 .

LECLERCQ-SCHEPPERS (Louis). Député au Conseil des Cinq-Cents en Tan VI, né à Lille le 28 avril 1768, décédé en 1812.

Ce député n*a sa biographie nulle part, parce qu'il a été constamment confondu avec son oncle, Louis-Joseph Scheppers, député du bailliage de Lille en 1789^ qui, décédé en 1795, n'aurait pu être élu en Tan VI, c'est-à-dire en 1798. Le Dictionnaire des Parlementaires lui-même n'a pas échappé à l'erreur commune.

Négociant à Lille avant la Révolution, Leclercq-Scheppers, comme son oncle, se lança dans l'arène politique et devint en pluviôse an IV (janvier 1796) commissaire du Directoire exécutif près l'administration municipale de Lille. Le 24 germinal an VI, il fut élu député au Conseil des Cinq-Cents par le département du Nord et alla prendre place parmi les exaltés du Conseil. Il ne parut à la tribune que pour signaler à ses collègues le patriotisme de la ville de Lille au moment du départ de ses deux cents et quelques conscrits en Tan VII, et pour faire un rapport favorable sur l'établissement d'un octroi à Cambrai, dont les finances étaient profondément obérées. Lors du coup d'état de brumaire, il opposa une vive résistance aux volontés de Bonaparte, fut exclu par lui de la représentation nationale et rentra pour toujours dans la vie privée. Cependant sous le Consulat, on le retrouve conseiller de l'arrondissement de Lille. Il avait été nommé membre de ce conseil par arrêté du i^^ prairial an VIII ; il en sortit en l'an XIII par la voie du sort.

BiBLiOGR. I. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Discours prononcé par Leclercq-Scheppers (Du Nord) Sur le départ des conscrits de la comoaune de Lille. Séance

du 16 frimaire an 7. — A Paris, de t imprimerie nationale^ Frimaire an 7. Ia-8*, 3 p.

a. Corps législatif Conseil des Cinq-Cents. Rapport fait par Leclercq-Scheppers Sur l'établissement d'un octroi municipal et de bienfaisance dans la commune de Cambrai. Séance du 119 vendémiaire an 8. — A Paris f de l* imprimerie nationale. Brumaire an 8. In-8«, 10 p.

LEFEBVRE (CHARLES). Député à l'Assemblée législative de 1791, né à Catillon le 6 novembre 1762, décédé à Valenciennes le 16 décembre 18 18.

Fils de Antoine-Michel et de Michelle-Aubertine Adam, Lefebvre était officier municipal du Quesnoj, lorsqu'il fut élu, le huitième sur douze, député à l'Assemblée législative de 1791, par les électeurs du département du Nord. Il siégea dans cette assemblée parmi les réformateurs et vota silencieusement avec la majorité. S 'étant fixé à Valenciennes, après la législature, il y reprit en Tan III (1796) l'étude de Hubert, notaire, et exerça honorablement cette profession jusqu'au 9 septembre 181 5, date où son fils Charles lui succéda. De père en fils, cette étude est restée jusqu'aujourd'hui dans la même famille.

Lefebvre fut pendant quelques années conseiller d'arrondissement de Valenciennes ; il avait été nommé^ le 9 messidor an VIII, juge suppléant au tribunal civil de Valenciennes. Doc. BiOGR. Z>/c/io/zn des Parlem., t. 4*

LEJOSNE (ETIENNE-PhILIPPE-MaRIE). Député à l'Assemblée législative de 1791, né à Douai le 5 août 1765, mort à Santés le 8 octobre i84i .

Frère de Pierre-Amédée-Michel Lejosne de l'Espierre, avocat à Lille, qui fut exécuté dans cette ville comme royaliste, Etienne Lejosne était avocat au Parlement de Flandre depuis 1778, lorsqu'éclata la Révolution. A l'opposé de son frère, il en embrassa les principes avec ardeur et,

dès 1790, il était élu administrateur du district de Douai. Il occupait encore cette situation, lorsque les électeurs du département du Nord Télurent, le 3i août 1791, le septième sur douze, député à TAssemblée légcislative.

« Il ne porta point dans cette assemblée^ dit Duthillœul » (GaL Douais,), un talent remarquable, mais une grande » loyauté et une chaleur patriotique » et aussi, ajouteronsnous, un esprit profondément anticlérical, comme on dirait aujourd'hui.

Son nom, que l'ancien Moniteur s'ing-énie à estropier de la façon parfois la plus burlesque, l'appelant tour à tour Josne, Lejones, LejaunCy figure dans un grand nombre de procès-verbaux de l'Assemblée législative. Dans la séance du 21 octobre 1791, il proposa d'obliger les prêtres non assermentés à résider dans le chef-lieu du département et d'empêcher les religieux de paraître en public avec les habits de leur ordre. Le 3i octobre, il fait la motion de rendre les tribunaux criminels ambulants, c< parce que » autrement, dit-il, ces tribunaux ne pourront jamais » s'accorder avec le maintien de Tordre et de la tranquillité, » car les jurés ne voudront jamais se déplacer. » Le 7 février 1792, il parle contre le cumul des fonctions publiques qu'il considère comme c( scandaleux et digne de Tancien régime. » Le 23 avril, il demande une retenue d'un tiers sur les pensions des bénéficiers. Le 2 mai, il fait supprimer les pensionnats des maisons religieuses, car «on ne saurait » jamais s'imaginer, insiuue-t-il, combien ces maisons » servent à propager l'esprit d'incivisme et de fanatisme. » Le 3 mai y il demande une mention honorable au procèsverbal pour la municipalité d'Orchies qui a fait faire une saisie de numéraire sur des particuliers émigrants. Le 7 mai, il propose d'approuver la conduite de Rochambeau, qui commandait alors 1 armée du Nord. Le 17 mai^ il justifie

le 6® régiment de dragons, en garnison à Douai, des

soupçons qui pesaient sur sa conduite en Belgique. Le

20 juin, il donne à T Assemblée quelques détails sur ce qui

s'est passé aux Tuileries. «Le roi, déclare-t-il, nous a dit

» qu'il n'avait aucune inquiétude pour sa liberté constitu-

» tionnelle^ et qu'il se trouvait tranquille au milieu du peuple

» français. Voilà ses termes. J'ai invité le roi^ pour sa santé^

» à passer dans un autre appartement, et nous avons invité

» le peuple à se retirer. » Le 3i juillet, Lejosne demande^

ce au nom de la patrie et de l'humanité^ la suppression des

» monastères mâles et femelles. » Le 10 août, il fait décréter

que les propriétés et les personnes sont mises sous la

sauvegarde du peuple de Paris, et demande la fermeture des

loges du Logograplie et à\x Journal des Débais; «cesjour-

» naux, dit-il, tronquent les faits et dénaturent les séances^

« distillant^ avec l'art le plus perfide, le poison de l'inci-

» visme. » Le i4 août, enfin, il dénonce à la tribune un

libelle de Gratien, évéque de la Seine-Inférieure, intitulé :

Inslruction pastorale sur la continence des ministres de

la religion, et s'écrie : a Cet évêque est déjà parvenu à

» fanatiser un grand nombre de citoyens, surtout dans les

» campagnes. Un curé de ce département a manqué d'être

» victime de la fureur de ses paroissiens, parce qu'il a été

» assez vertueux pour prendre une femme. » 11 termine son

discours eu demandant que les ministres de la religion qui

publieront des écrits contraires aux droits de l'homme et

aux lois soient privés de leur traitement. Cette motion fut

renvoyée au Comité de législation .

Lejosne fut secrétaire de l'Assemblée depuis le 6 septembre jusqu'à la fin de la législature.

Lorsque l'Assemblée législative fit place à la Convention, Lejosne abandonna la scène politique et se retira à Santés dont il devint maire ; puis, au moment de l'organisation

des tribunaux en 1801, il fut nommé juge d'instruction an tribunal civil de Lille et remplit ces fonctions jusqu'en i8ag. Il donna alors sa démission et retourna à Santés où il est mort douze ans plus tard.

BiBLiooR. I. On lit dans la Notice nécroioffiqae, imprimée chez Daoel, que Lejoine avait, avant la Révolution, publié un ouvrage qui fut condamné au feu par le parlement de Flandre.

9. Discours prononcé i la tribune de la société des amis de la constitution de Douay, par M. Etienne Lejosne, membre de cette société. Réimprimé par ordre de la Société des amis de la constitution séante à Cambrai. — 5. /. (Cambrai, Defrémery frères et Raparlier). /7p/. In-8*, a3 p.

Ce discours semble avoir été imprimé précédemment à Douai, mais il n'en est point question dans la Bibliogr, Douais, de Duthillœul, d'ailleurs fort incomplète pour la période révolutionnaire.

Doc.BiOGR. Duthillœul, Gai, Douais. ^ p. ai5. — Dictionn. des Par Uni, ^ t. 4. — Notice nécrologique sur M, Lejosne, (Lille^ imp. L. Danel, 18 4s, In 8% i4 p )

LEMESRE (Jean-Baptiste). Député à l'Assemblée léj^^islative de 1791, né à Linselles (et non à Houplines, comme le dit le Dictionn, des Parlent,) le 6 juillet 1748^ décédé à Armentières le 7 janvier 1826.

Fils de Jean-Baptiste, qui fut échevin, puis lieutenantbailli de Linselles (i 770-1 773) et de Marie-Rose Bonenfant, fermiers, il était lui-môme fermier à Linselles et se trouvait en la même qualité au moulin d*Houplines^ lorsqu'il fut élu, le 3o août 1791, le quatrième sur douze, député à l'Assemblée lég'islative. Personnage à peu près muet, il prit une seule fois la parole, le 9 novembre 1791, pour réclamer un rapport sur les causes des troubles qui ag-itaient les colonies. Membre de la Société des Amis de la Constitution de Lille, il en fut exclu en février 1792 sur une dénonciation de Duhem .

Conseiller g-énéral du Nord, lors de la création de cette

Assemblée en l'an VIII, il donna sa démission vers la fin de 1812, mais il conserva les fonctions de jug-e de paix qu'il remplissait depuis Tan XI et qu'il occupa jusqu'à sa mort.

Doc.BiOGs. Dictionn, des Parlera,^ t. 4*

LEPOaiRE (PlERRE-FRÀNÇOIS). Député du tiers-état du bailliage de Lille en 1789^ né à Linselles (et non à Lille coinme le disent toutes les biographies antérieures) le 5 octobre 1785, mort au même lieu le 29 messidor an IX (17 juillet 1801).

Fils de Constantin Lepoutre, fermier, échevin de Linselles (1760- 1766) et de Catherine -Françoise Destombes, fermier lui-même à Linselles, lors de la convocation des Ëtats. Généraux, Lepoutre qui avait été marg'uillier de Tég'lise de Linselles de 1778 à 1776, fut élu député du tiers-état par le bailliage de Lille, le 8 avril 1789. Il fit partie de la majorité réformatrice de l'Assemblée Constituante, mais sans y jamais prendre la parole. Toutefois il signa la Lettre, .. à leurs commettans^ dont nous avons déjà plusieurs fois parlé (BibL génér,, n* 17^. Après la session, il rentra dans la vie privée et fut maire de Linselles de novembre 1791 à novembre 1792.

Le 3o ventôse an VI (20 mars 1798), on célébra à Linselles

la fête de la souveraineté du peuple. L'agence municipale

avait invité seize vieillards à représenter le peuple dans

cette cérémonie et à leur tête se trouvait Pierre-François

Lepoutre, ancien membre de l'Assemblée Nationale.

IcoNOGR. Il existe plusieurs portraits de ce député: un dessin non si^né, in-8*; grav. de Crauz, in-8»; portr. dessiné par Perrin, in-S"; le même, gravé par Guersant, in-8*.

Doc. BiOGR. Verly, Biogr, lill.^ Dictionn, des Parlent., t. 4-

LEQUINIO DE KERBLAY (Joseph-MàRIE). Député au Conseil des Cinq-Cents en l'an VI, né à Sarzeau (Morbihan)

le i5 mars 1765, mort à Newport (Etats-Unis d'Amérique) en i8i3.

Avocat et maire de Sarzeaa en 1789, Leqninio s'était lancé avec la plus grande ardeur dans le mouvement révo* lutionnaire, publiant brochures sur brochures, pamphlets sur pamphlets et répandant partout son portrait où il se donnait le titre orijEU'inal de Citoyen du globe. Elu député du Morbihan à la Législative en 1791 et à la Convention en 1792, il s'associa à toutes les mesures de violence prises par ces deux Assemblées . 11 va sans dire qu'il vota la mort du roi. Envoyé en mission dans divers départements, il commit dans l'Ouest toutes sortes d'excès et fut, après le 9 thermidor, décrété d'accusation. Heureusement poar lui, l'amnistie du A brumaire an IV vint lui rendre la liberté.

Le i*' février 1793, Lequinio avait été envojé dans le Nord comme commissaire, pour surveiller tout particulièrement les frontières et sa conduite y fut assez modérée. Le 3 avril 1793, il annonçait à la Convention la fuite de Dumouriez, puis écrivait de Valenciennes, le 10 mai, qu'il était malade et priait qu'on le remplaçât. C'est Gossuin qui fut chargé de le suppléer. Elu le 24 germinal an VI, député du Nord au Conseil des Cinq-Cents, Lequinio en fut bientôt exclu, comme ennemi de la république, c'est-à-dire comme enragé, par Tefifet de la loi du 22 floréal de la même année. Plus tard, il se rallia à Bonaparte et en obtint, à force de souplesse et de palinodies, le poste de sous-commissaire des relations commerciales à Newport, où il est décédé.

B1BLIO6R . I . Rapport des commissaires envoyés aux frontières du Nord, par Lequinio. — S. l. /7P.?. In-8«, 34 P» (Biblioth. de M. Quarré-Reybourbon.) a. Opinion de Lequinio sur la défense de Louis XVI, imprimée par ordre de la Convention. — Doaait imp. A. Wagrez. ijOJ^. In-8°.

3. Discours prononcé par J. M. Lequinio, le 2 Pluviôse an ô'"^ à la Cérémonie de Tanniversaire de la Mort du

Tyran f sur la place publique de Valcociennes, et imprimé par ordre du Cercle ConstitutioDuel de cette Commune. — A Vatenciennes, chez P.A, Defrémery^ ImprimeaP'lièraire^ marché au poisson, n* 14. In-S», 8 p.

Ce discours est une violente philippique contre les rois, bien que ce soit « fort en petit » que l'orateur ait rapidement tracé a la table des crimes des rois ï> contre l'humanité », mais cette table doit être si bien gravée dans tous les cœurs qu'il n'hésite pas à croire que c'est « du fond de leurs âmes » que ses auditeurs vont jurer « une haine impla- » cable aux tyrans, une haine éternelle à la » royauté!

IcoNOGR. Son portrait a été gravé par J.-B. Compagnie, collection Bonneville, in-S». Il figure aussi dans Cent ans de représentation bretonne, par M. Kerviler, a' série, p. 64.

Doc. BiOGR. Levot, Biogr. bretonne. — Dictionn. des Parlem., t. t^, — R. Kerviler. Cent ans de représentation bretonne^ 2* s., p. 65-66.

LESAGE-SENAULT (Gaspard-Jean-Joseph) . Député à la Convention, au Conseil des Cinq-Cents en l'an IV et en Tan VI, né à Lille le 22 novembre 1760 (et non en 1780, comme dit le Dici. des Parlent.)^ mort à Tournai (Belgique), le 3o avril 1828.

Négociant en charbons à Lille avant la Révolution, Lesage en adopta les principes avec une ardeur qui le porta rapidement aux extrêmes. Nommé capitaine de la garde nationale de Lille, puis, le 10 février 1 790^ officier municipal, il se fit bientôt inscrire parmi les membres de la Société populaire et devint administrateur du Directoire du district de Lille. Le 5 septembre 1792, il fut élu, le huitième sur douze, député du Nord à la Convention et il alla y siéger à la Montagne, près de son ami Duhem . Dans le procès du roi, il répondit non, sans motiver son opinion aux premier et troisième appels ; au second appel nominal, il dit : « Un juge >i national, un citoyen libre ne peut pas ne pas condamner » le tyran à mort. Je demande qu'il soit exécuté dans les

» a4 heures. » En avril 1798, Lesage-Senault fat envoyé en mission à l'armée du Nord et après avoir dirige l'enquête sur la défection de Dumouriez, dont il envoya les preuves à l'Assemblée, et annoncé que nos troupes s'étaient repliées sur les places de deuxième ligne, il destitua le général Lavalette et s'attira ainsi l'inimitié de Robespierre qui, nous l'avons vu dans la biog'raphie de Duhem, affectionnait cet officier. De retour à Paris, il prend une part active à la journée du 9 thermidor et c'est avec une certaine joie qu'il annonce le lendemain à Duhem, retenu à Lille, que a les » deux exécrables Robespierre ne sont plus, non plus que » l'orgueilleux Couthon et l'impudent Lebas. » La lettre, dont nous extrayons ce passage, fut portée à la connaissance de nos populations par Florent Guiot, alors en mission dans le Nord^ qui la fit imprimer à Lille^ sous forme d'affiche, avec une proclamation signée de lui. Elle a été rééditée dernièrement. (Voy. ci-dessous Bibliogr, n® 1 1.) Entré au Comité de sûreté générale en septembre 1794^ Lesage-Senault se rapproche alors des derniers montagnards et accentue son attitude. Dans les séances des 27 et 29 décembre suivants, il apostrophe violemment le président en lui criant : « Assassine*nous ! » et s'adressant à Girot- Pouzol qui occupe la tribune, il ne craint pas de lui dire : ce Tu en as menti » ; il se fait deux fois rappeler à Tordre. Dans une séance postérieure, il critique la capitulation du fort du Rhin, puis, en avril 1795, il est accusé dans un rapport de Fémartin d'avoir pris part aux troubles du 12 germinal ; il repousse cette accusation et il est défendu par Bion et Legendre qui parviennent à le disculper. Avant la fin de la législature, il prit la parole en faveur de Duhem, de Choudieu et autres montagnards, et réclama leur mise en liberté qui fut repoussée.

Lesage-Senault fut réélu député du Nord le 22 vendémiaire

an IV, le deuxième de la première liste, et fut désig'né pour le Conseil des Cinq-Cents. Il y conserva la même attitude violente que devant, et prononça dans cette assemblée un certain nombre de discours tous empreints de passion. Parmi les plus saillants, sig'nalons celui dans lequel il dénonça Siméon, qui devint plus tard préfet du Nord, celui relatif aux élections du Lot et celui dans lequel il rappelle les titres de la commune de Lille à la reconnaissance nationale. Le la avril 1796, il s'élève avec violence contre l'impunité dont jouissent les c< écorcheurs » des Jacobins dans le midi de la France, puis il s'élance furieux sur les défenseurs de la contre-révolution : Ton se bat et notre député est bientôt rapporté à sa place meurtri et tout couvert de contusions.

Une nouvelle scène aussi violente éclate le 8 octobre suivant, lorsqu'il affirme qu'il n'y a plus partout que des royalistes, aussi bien dans les autorités constituées que dans les Conseils et même au sein du Directoire. Enfin, le 17 février 1797, il exhale de nouvelles plaintes contie les prêtres réfractaires et contre la faveur qu'ils trouvaient dans le Corps lég-islatif .

Sorti du Conseil au mois de mai suivant, il devint président du Directoire du département du Nord et fut réélu, le 24 germinal an VI (i3 avril 1798), député du Nord au Conseil des Cinq-Cents, le dernier de la liste. Dès son '«irrivée dans l'assemblée, il entreprend une campagne contre tes impôts ; il combat d'abord celui qui frappe le tabac, s'attaque ensuite au timbre et à l'enregistrement, puis il s'oppose à l'imposition sur les salines en extraction. Elu secrétaire le i*' pluviôse an VII (20 janvier 1799), Lesage- Senault occupa ces fonctions pendant un mois, et aussitôt après reparut à la tribune pour célébrer les triomphes de l'armée de Naples et pour réclamer du Directoire un message

favorable à la reconstruction de Landrecies. Quelques jours plus tard, il réclame la suppression des maisons de prêt sur nantissement et se joint bientôt au parti jacobin pour sig*naler Tabus que font les royalistes du mot anarchie et demander la suppression de la formule de haine à l'anarchie dans le serment civique.

Nous touchons maintenant au i8 brumaire. Pressentant la fin du ré^icime révolutionnaire, Lesa|(|^-Senault tente un dernier effort pour le sauver et invoque l'urgence sur la déclaration de la patrie en danger, cette panacée qui a tant de fois réussi. Le lendemain à Saint-Gloud, il fut un de ceux qui s'élevèrent le plus énergiquement contre le coup d'état, mais Bonaparte le fit exclure du Corps législatif et le déporta momentanément dans la Charente-Inférieure. Relâché quelque temps après, Lesage-Senault retourna dans le Nord, vécut à Douai très retiré pendant plusieurs années, puis atteint par la loi sur les régicides en 1816, il se réfugia à Tournai où il est mort.

DiBLiooR. I. Voy. Bibliogr.^ Duhein, n* 7.

a. Voy. id., n* 10.

3. République française. Opinion de Lesage-Senault, député du département du Nord, sur la réunion de la Belgique à la France (8 vendémiaire an IV). Imprimé par ordre de la Convention nationale. — {Paris) De l'imprimerie nationale ^ Vendémiaire^ an IV. In-S'i

Conclut à la réintégration de la Belgique à la France. Ce discours est reproduit, p. x 56- 1 58 de : Recueil des discours^ Sar la question de la réunion de la Belgique à la France^ imprimes par ordre de la Convention nationale (Paris, LaranetAnt. Bailleul, an V. In-8«).

4. Discours prononcé par le citoyen Lesage-Senault, Président de l'Assemblée Electorale du département du Nord de Tan VI, pour la clôture de la ses-sion. — Douais imprimerie de la Société typographique. S. d. In-8\ 3 p.

5. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Opinion de Lesage-Senault sur l'impôt du tabac. Séance du 19

fructidor an 6. — {Paris) De Vimprimerie nationale^

Fructidor an 6. In-S», 6 p.

Hostile à cet impôt, notre député conseille de surveiller plutôt tes perceptions de l'enregistrement qui ne donnent pas ce qu'elles pourraient produire.

6. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Rapport fait par Lesage-Senault, Sur une pétition de la commune de Merville, département du Nord. Séance du a8 fructidor an 6. — A Parisy de C imprimerie nationale, Deuxième Jour complémentaire an 6. In-8% 4 P-

Conclut favorablement à une demande d'emprunt de lao.ooo francs pour des dépenses locales.

7. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Discours prononcé par Lesage-SenauU sur les conscrits et réquisitionnaires du département du Nord. Séance du 5 ventôse an 7. — (Paris) De l'Imprimerie nationale. Ventôse an 7. In- 8". a p.

Annonce la mise en route des 6173 conscrits du département, rappelle à cette occasion la conduite valeureuse des habitants du Nord pendant les bombardements de Lille et de Valenciennes, les sièges du Quesnoy et de Landrecies et demande une mention honorable au procès -verbal.

8. Rapport fait par Lesage-Senault (du Nord) au nom d'une commission spéciale sur un message du Directoire exécutif du a6 brumaire relatif aux associations de prêt public sur nantissement. Séance du 32 germinal an 7 . — A Paris, de l'imprimerie nationale, Germinal an 7. In-8»

9. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Discours prononce par Lesage-Senault. Séance du 17 floréal an 7. — A Paris, de l'imprimerie nationale, Floréal an 7. In-8».

Annonce le départ des conscrits de Douai.

10. Corps législatif. Conseil des Cinq Cents. Second rapport fait par Lesage-Senault sur les maisons d'association de prêt public sur nantissement. Séance du 5 vendémiaire an 8 . — A Paris, de Vimprimerie nationale^ Vendémiaire an 8. In-S».

1 1 . Une lettre de Lesage-Senault Député du Nord à la Convention nationale sur le neuf Thermidor. — (A la fin:) Dunkerque, Imp. Paul Michel. S. d. (1896). In-i6, i5 p.

Publiée par M. Bonvarlet, de Dunkerque, et tirée à 5o ex. Reproduite dans la Dépêche de Lille du 37 juillet 1896.

IcONOOR. On Toit au Musée de Lille son portrait peint par Wicar. Doc. BioGR. Verly, Biogr, liU. — Dictionn, de* Parlent., L 4*

LOUIS (JEÀN-ANTOINE) . Député au Conseil des Anciens en Tan IV, né à Bar-le-Duc (Meuse) le lo mars 174^9 mort le ig août 1796.

Après avoir été commis de bureau à Tintendance d'Alsace

en 178g, Louis était devenu administrateur du département

du Bas-Rhin. Élu par ce département député à la Convention^

il y vota la mort de Louis XVI et se fit remarquer par son

zèle révolutionnaire. Le département du Nord l'élut à son

tour, le 26 vendémiaire an 4> dans la liste des suppléants.

Par suite des options, il fut appelé à siéger et affecté au

Conseil des Anciens, mais il n*eut pas le temps de se sif^naler,

la mort l'ayant enlevé inopinément au cours de la lég-islature. Doc. BiooR./>ic/io/i/i. des Parlem,t t. 4*

MAIBELLE (PlERRE-JOSEPH Simon de). Voy. Simon.

MALLET (Philippe-Charles). Député suppléant à la

Convention, né à Marcoing* le 4 janvier 1784, mort à Bouchain le 3o juillet 181 1.

Fils de Charles-Philippe et de Marie-Anne Délabre, Mallet était apprenti menuisier lorsqu'il quitta son pays natal à Yàfjçe de 18 ans ; nous n'avons pu savoir exactement ce qu*il devint à partir de cette époque, mais tout fait présumer qu'il prit du service dans les armées du roi. On le retrouve en I7g2) administrateur du département du Nord, et c'est à ce moment qu'il est élu, le 7 septembre, par notre département, premier député suppléant à la Convention . Admis à siéger comme titulaire, le 5 avril I7g3, à la suite de la démission de Fockedey, Mallet ne s'y est pas signalé, se contentant de voter avec la majorité. Il se trouvait à Paris dans un état de misère extrême et sa famille se faisait un devoir de lui envoyer régulièrement du pain et de la viande,

ces denrées étant alors hors de prix dans la capitale. Liors du coup d'état de brumaire, Mallet se rallia au nouvel état de choses et fut nommé plus tard par Tempereur commandant de la place de Bouchaîn, avec le grade de chef de bataillon. Il est mort dans ces fonctions en état de célibat.

Doc. BiOGR.DiWio/in. des Parlem,, t. 4*

MERLIN, dit de Douai (Philippe-Antoine, comte). Député

du tiers-état du bailliage de Douai en 1789, député à la Convention et au Conseil des Anciens, ministre, membre du Directoire, procureur général à la Cour de Cassation, représentant à la Chambre des Cent-Jours, né à Arleux le 3o octobre 1764, décédé à Paris le 21 décembre i838.

Fils d'un cultivateur aisé, il fit ses humanités comme boursier au Collège d'Anchin à Douai, suivit les cours de droit de l'université de la môme ville, fut reçu avocat au parlement de Flandre en 1776 et y acquit rapidement de la réputation. Tout entier à sa tâche, a levé à 4 heures du » matin, nous dit Mignet, il ne quittait son cabinet que » pour aller aux audiences du palais et il ne terminait sa » journée qu'après avoir achevé tout son travail. Ces » habitudes laborieuses auxquelles il a été fidèle le reste de » sa vie, lui permirent d'étudier sérieusement les diverses » législations qui régissaient l'ancienne France, d Dès Tannée 1776, Merlin avait été appelé à concourir à la rédaction d'un dictionnaire de droit que publiait Guyot sous le titre de Répertoire de jurisprudence. Il remplit parfaitement la tâche qui lui avait été confiée et on peut facilement compter pour sa part le quart des articles de cet immense dictionnaire, qui le fit connaître dans toute la France. D'un autre côté, sa clientèle augmentait toujours, il avait fait, en 1777, un riche mariage en épousant M^^i^e Brigitte

Dumonceaux i, et en 178a, son cabinet lui rapportant annuellement, a écrit son beau-frère Dumonceaux (aa rédacteur du Gardien de la Constitution) de i5 à 16.000 livres, il s'était trouvé en mesure d'acheter une charge de secrétaire du roi. Ce n'était ni plus ni moins qu'une de ces e savonnettes à vilain », dont la possession conférait la noblesse au bout d'un certain nombre d'années. La seconde édition du Répertoire de jurisprudence parut en 1 784, et ce fut à la même époque que Merlin fut chargé des affaires de l'abbaye d'Anchin et de presque toutes les clientèles considérables de sa province.

Le 4 Avril 1789^ le tiers-état du bailliag-e de Douai le nomma député aux États-Généraux. Il prit rang- dans la majorité réformatrice de cette assemblée et^ sauf lorsqu'il demanda, en juillet 178g, l'invalidation des évèques d'Ypres et de Tournai j Merlin ne parut pas à la tribune jusqu'au 8 février 1790. A cette époque, il fit son premier rapport sur les résultats du décret du 4 août 1789 relatif à l'abolition des droits féodaux, rapport, qui comme tous ceux qui le suivirent et que nous citons plus bas, est un véritable modèle de science et de netteté. Quelque temps après, il reçut une proposition du duc d'Orléans, depuis Philippe Ëgalité: ce prince lui. offrait la première place dans son conseil et notre député ne crut pouvoir l'accepter que sous la condition expresse que la politique serait entièrement exclue des relations qu'il aurait avec lui. Dans le sein de l'Assemblée constituante, Merlin vota constamment avec les membres qui repoussèrent soit les propositions de déchéance du roi, soit b proclamation d'une république ; il combattit avec énergie la motion présentée par Robespierre ayant pour but de faire déclarer les membres de l'Assemblée inéligibles

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