Notons enfin
Lettre à Dugué d*Assé sur le jugement des chouans. (In Revue rétrospective, 2* série, t. i", p. 149).
IcoNOGR. II existe un nombre très considérable de portraits de Merlin. Voici d'abord ceux qui figurent au Musée de Douai : Portrait en pied peint par Hilaire Ledru, en costume de procureur général à la Cour de Cassation (donné par son fils le général Eugène Merlin). — Buste plus grand que nature, marbre par David d'Angers. — Voici maintenant les dessins, gravures, etc.: Lithogr. par Bazin jeune, in-fol. ; Lithogr. par Julien Boilly, in-fol. (iSaS); Dessin de Hesse, lithogr. par Delpech, in-fol.; Reproduction en médaillon par le procédé Collas du buste par David d'Angers, in-4*' (i833) ; Lithogr. de Gérard Fontallard, d'après le tableau d'Hilaire Ledru, in-4" ; Dessin de Bonneville, profil à gauche, in-S** ; Dessin du même, profil à droite, en costume de Directeur, in-8<^; Lithogr. de Delpech, profil à droite, in-S®; Grav. de J. N. Joly, d'après un dessin de Mayer, in-8*'; Lithogr. de Julien, in-8''; Lithogr. non signée, de 3/4 à droite, in-8'; Lithogr. non signée, de 3/4 à gauche, gr. in-8*, avec 4 lignes en bas ; Grav. de Massard, d'après un dessin de Godefroy, in-80 ; Profil à gauche dans un ovale, in-8"', a lignes en bas; Grav. de Voyez, d'après un dessin de Perrin, in-8° ; Profil à gauche, médaillon, à Paris chez Basset, in-8«; Profil à gauche ovale, in-i8, 3 lignes allemandes en bas ; En costume de Directeur et en pied, à Paris chez Chereau, in-fol.; Dans la Gai, Douais, de Duthillœul, lithogr. d'après le tableau de Ledru, buste seul, in -8°.
Doc. BiOGR. Les Crimes politiques de l* ex-directeur Merlin depuis la révolution (Signé : L. Auguste) . De V imprimerie d'Auguste, rue Percée. S. d. In-8», 4 P- (Pamphlet qui n'a rien de bien violent). — Arch. hist. et litt. du N, de la F., 2« s., t 4, P» 49- — Duthillœul, Gai. Douais., p. 283. — Bull. Comm. hist. du N., t. 12, p. 108. — Dictionn. des Par le m., t. 4- — Vi^ de Afer/i/i, par Paulmier (Paris, i83g, in-8"). — Barreau de Paris. Merlin. Eloge Historique, prononcé à la séance d'ouverture des conférences de l'ordre des
avocats, le 28 novembre i839y par M. Auguste Mathieu. Extrait du Droit. (Paris. Bruneau, iSSg, in-8'). — Extrait de la « Biographie Universelle », Merlin, Philippe-Antoine. Par MM. Faustin Hélie et Cuzon (Paris, H. Pion, 1860, |çr. in-8*). — Merlin [de Douai) y discours à Vaudience solennelle de rentrée de la cour d'appel de Douai, du 26 octobre j888, prononcé par M. Dagallier, substitut du procureur général (Douai, Crépin, 1888. In-8», 35 p.). —Le premier président Pollinchove et Maître Philippe- Antoine Merlin^ écuyer, secrétaire du roi, avocat aa Parlement de Flandres. Épisode de la vie d'un légiste [Par F. Brassart). S. l. n. d. (Au bas delà I" page : 29* aunée, 1889. Flandre wallonne, D, 48 p.
MONTMORENCY, prince de Robecq (Anne-Louis-Alexandre de). Voy. Robecq.
MORTIER (ANTOINE-CHARLES-JOSEPH). Député du tiers-état du Cambrésis en 1789, né au Cateau le 18 août 1780, y décédé le 4 août 1808.
Fils de Charles-Mathieu Mortier et de Anne-Marie Deudon^ et père de l'illustre maréchal Mortier, il était cultivateur et « marchand mulquinier » au Cateau, au moment des élections de 1789. On a beaucoup discuté sur cette profession de mulquinier, qui veut dire sans doute marchand de molequin, sorte de batiste ou linon^ d'après Hécart (Voy. à ce sujet un article d'A. Leglay dans les Arch. hist, et lit t. y I" s., t. I, p. i5i). Quoi qu'il en soit, le 17 avril 1789, les électeurs du tiers-état du Cambrésis députèrent Mortier aux
Etats-Généraux. Il y siégea dans la majorité réformatrice, vota silencieusement avec elle et rentra de même dans la vie privée après la session. Il avait sig-né la Lettre,.., à leurs Commettans {Bibl. génér,, n» 17).
En Tan X, il fut nommé conseiller g'énéral du Nord et en l'an XIII, lorsque le collège électoral du Nord se réunit pour élire deux candidats au Sénat conservateur^ Mortier
fut nommé le premier au premier tour de scrutin. Le
Sénat ratifia ce choix et le vieux constituant s'en alla
siég'er jusqu'à sa mort dans cette haute assemblée où,
seule, la gloire de son fils l'avait fait appeler.
IcoNOGR. Il existe un dessin, non si^né, in-8*, qui nous a conserve les traits de ce député.
Tioc.BiOGR. Dictionn. des Parlem.^ t. 4*
NÉDONCHEL (Màrie-Alexandre-Bonaventure, baron de).
Député suppléant de la noblesse du bailliag-e du Quesnoy en 1789, né au château de Baralle (Pas-de-Calais) le 24 mai 1741, mort au Jolimetz le i3 février i834.
Descendant d'une vieille famille du pays qui arborait fièrement la devise : Antiquitas et Nobilitas, le baron de Nédonchel avait embrassé la carrière des armes et était devenu maréchal-de-camp. Grand-bailli d'épée du Quesnoy, il présida les assemblées de la noblesse de ce bailliag'e, et fut élu, le 20 avril, député suppléant de cet ordre aux Etats-Généraux. Admis à siég'er, le 22 janvier 1790, par suite de la démission du duc de Groy, le baron de Nédonchel le remplaça ég-alement sur les bancs de la droite de l'Assemblée ; ses votes furent toujours silencieux et, à la fin de la session, il sig*na la protestation de la minorité contre les actes de la Constituante.
Le baron de Nédonchel émigra alors, tandis que sa mère et ses sœurs périssaient à Cambrai sur l'échafaud révolutionnaire^ et il ne reparut que sous l'Empire. 11 fut élu, à ce moment (an XII), conseiller général du département du Nord, fonctions qu'il occupa jusqu'en 1825, et la Restauration lui donna, en 1816 (10 juillet), le g^rade de lieutenantg-énéral, mais ne l'appela pas à un commandement actif. H en fut dédommag-é, en 1828, par la croix de commandeur de l'ordre de Saint-Louis, qui lui fut décernée à l'occasion du voyag-e du roi Charles X dans le département du Nord. Il
était ég-alement membre de la Lég-ion d'honneur depuis 1822.
Icomogh. Le portr. du baron de Nédonchel a été dessiné par Labadye, in-8*; et ^ravé d'après ce dessin, par Courbe, in-8«.
Doc. BioGR.Z)fc//o/in. des Parlent., t. 4*
NEVÈLE (Pierre-Antoine-Charles, comte Herwyn de). Voy. Herwyn de Ne vêle .
NICODÈME (Paul-Joseph^. Député de Valenciennes en 1789, né à Cambrai le 17 mars 1783, mort à Valenciennes le 28 janvier i8o5.
Appartenant à une famille connue à Valenciennes depuis plus de trois cents ans, Nicodème avait rempli pendant assez long-temps l'office de consul des marchands ; il avait publié en 1776 un ouvrag-e, V Exercice des commerçants, qui eut en son temps de la vog'ue; il était échevin en charg'e à Valenciennes, lorsqu'il fut élu par ses concitoyens député aux États-Généraux, le 18 avril 1789.
Nicodème, qui avait adopté les principes de la Révolution, prêta le serment du Jeu- de paume, et fut bientôt appelé à faire partie du Comité des finances ; mais, oubliant toutà-coup les graves devoirs de son mandat, et s'aveug*lant sur son âge, il s'amouracha, s'il faut en croire Dinaux {Arch. hist, et litt,) d'une de ses jolies concitoyennes, Rosalie Levasseur, qui avait brillé naguère d'un vif éclat sur la scène de l'Opéra. Toujours sur les pas de la charmante cantatrice, il lui offrit un jour, comme dans une opérette, son cœur et sa main ! Rosalie repoussa avec ménagement cette étrange proposition, car nous devons ajouter que si, sans parler de son âge, Nicodème avait un physique assez grotesque, son originalité de tempérament et d'allures n'était guère plus séduisante.
Son portrait circulait partout, et M. de La Place,
doyen des gens de lettres, y avait ajouté un distique :
Q Tout député dira de Monsieur Nicodème :
» Que n'en voit-on souvent de même I »
avec des armes parlantes ainsi composées ; un nid sur un arbre, un code tenu par deux quadrupèdes, et un g'rand M pour terminer le rébus. Le bon député avait été enchanté de cette plaisanterie; il en riait tout le premier, mais la g-alerie riait encore plus fort.
Nicodème ne manquait ni d'esprit,, ni d'instruction, mais son originalité était unique. Il avait fait lui-même son èpitaphe comme suit :
« Cy-git Paul Joseph Nicodème, Que Cambrai vit naître en carême.
» Objet des caprices du sort, A Vaienciennes il est mort, o
A la fin du second vers, il piquait un renvoi et mettait ces mots : sur la paroisse Saint-Auberty le ly mars iy33; au quatrième vers, il piquait un second renvoi ainsi conçu : à Vaienciennes^ le
Il mourut, en i8o5, juge au tribunal civil de Vaienciennes .
BiBLioGR . I . Au Roi et à Nosseigneurs de son Conseil, trèshumbles et très-respectueuses représentations des négocians et marchands de Cambray et du Càteau pour qu'il plaise à S. M. réunir le comté du Cambrésis àlajurisdiction consulaire de Vaienciennes. — Valenciennes^ ij68. In-4'.
« P. J. Nicodème, dit A. Dinaux [Bibliogr, Cam- » brés.)^ est auteur de ce mémoire, qui eut dans M la suite son plein et entier effet. »
2. Cause sommaire du sieur Paul-Joseph Nicodème, négociant, demandeur par requête du a4 octobre 1770 contre le sieur Marc Débaralle apprêteur de toilettes, défendeur, par devant Messieurs les juge et consuls, établis par le Roi à Vaienciennes. — Cambra ij Sam. Berthoudy 1770. In-4'', 22 p.
3 . Exercice des commerçants, contenant des assertions consulaires sur l'édit du mois de novembre i563, le
titre XVI de l'ordonnance du mois d'avril .1667 î ensemble sur l'édit du mois de janvier 17 18, portant établissement d'une Juridiction consulaire en la ville de Valenciennes : avec les Déclarations interprétatives, et des arrêts de règlement. — Paris ^ chez Valade^ 1776. In-4% 724 p. avec la table. (Ouvrage dédié à Mgr Hue de Miromesnil, garde des sceaux de France, et signé à la dédicace : P . - J. Nicodème . )
4. Discours sur l'établissement de la Place au change, appelée Bourse, à Valenciennes ; prononcé au nom du Bureau de commerce de cette Commune aux Assemblées des Négocians et des Citoyens Commis saires des Corps administratifs de ladite commune. Par P.-J. Nicodème père. (Et Projet de décret pour l'établissement et le règlement d'icelle). — S, l. n, d. (Du a messidor an III). In-S*», 18 p.
5. — Rapport sur le commerce de Valenciennes. (Le faux-titre porte : Rapport fait au nom du comité de commerce de la commune de Valenciennes , au citoyen Pérès, représentant du peuple près les armées du Nord , de Sambre - et > Meuse , et Déparlemens Frontières, et aux Citoyens composant la Municipalité et le Conseil général de ladite Commune ; sur Tétat des Manufactures et du Commerce de cette Ville avant le bombardement. Les malheurs et le dépérissement que le bombardement leur a fait éprouver. Les moyens de leur rendre leur ancienne activité, et sur la possibilité et l'utilité de rétablir la Navigation intérieure et de la rendre transversale. Le 8 pluviôse, l'an 3"** de la République Française, une et indivisible. Par P.-J. Nicodème.)
— Valenciennes^ impr. du citoyen Prignet père, près la grande place, n" 47- S. d. (An III). In-S», a4 p.
6. Observations sur la bière de Valenciennes ; par Nicodème. — Valenciennes In-8*.
IcoNocn. Son portrait a été dessiné par Perrin, in-S"; et gravé par Beljambe, d'après ce dessin, in-S».
Doc. BiOGR. Arch. hist. et litt. du N. de la F.^ a* s., i 6, p. 4^3.
— Dictionn. des Parlem., t. 4^
NOLF (PIERRE-LOUIS-JOSEPH). Député suppléant du clerg-é du bailliage de Lille en 1789, né à Wazemmes le 17 mai 1746, mort à Landas le 28 juin i8o5.
Fils de Louis-Joseph Nolf, fermier, et de Marie-Rose Martinag^e, il embrassa Tétat ecclésiastique et fut ordonné prêtre à Tournai le 7 mars 1770, avec dispense d'âg-e. Successivement vicaire à Brillon, à Saint-André de Lille (i 771), directeur de la maison Saint-Charles, à Froidmont, en Belgique (1773) et desserviteur de cette paroisse (1781), Tabbé Nolf fut nommé curé de Saint-Pierre à Lille, le 29 août 1783. Il occupait encore cette charge pastorale, lorsqu'il fut élu, le 7 avril 1789, député suppléant aux Etats-Généraux par le clergé du bailliage de Lille. Il ne fut admis à siéger à TAssemblée constituante que le 24 août
1789, un mois après l'invalidation de l'évêque de Tournai. Partisan des idées nouvelles, il se mêla à la majorité
réformatrice de l'Assemblée, prit la parole, le 12 juillet
1790, lors de la discussion pour la fixation des traitements du clergé, et demanda qu'il fût décrété que (c dans les » collégiales dont les bénéfices sont inégaux (c'était le cas » pour la collégiale de Lille), le traitement qui était le » moindre, sera le seul qui cessera » ; mais cette proposition fut rejetée. Le 26 juillet de la même année, il donna lecture d'une adresse patriotique de la Compagnie de l'Espérance de Lille ^, à l'Assemblée nationale, adresse dont la teneur et les signatures sont reproduites dans V Histoire de Lille^ de Derode (t. 3, p. ^5-48). Cette lecture fut couverte d'applaudissements. Le 27 décembre suivant, il prêta le serment à la constitution civile du clergé et assista, le 26 mars 1791, à l'installation de Gobel, évéque constitutionnel de Paris.
Dans le même temps, Nolf fut nommé, par les électeurs de Lille, curé de la Madeleine, en remplacement de l'abbé
1. Vulgairement appelée le Royal-Bonbon. C'était une compagnie déjeunes gens de 7 & 14 ans qu'avait organisée le S' Jean Ghevalleau, ci-devant de Boisragon, chevalier de Saint-Louis.
Saladin, qui avait refusé de prêter le serment civique. Il faisait partie de la Société populaire de Lille^ en fut le président en 1792 et dut en sortir le 1 1 frimaire an II, après avoir reçu cong-é en ces termes : ce Les prêtres, les » ci-devant prêtres ont perdu la confiance publique ; nous » t'eng*a(^eons à ne plus siéger parmi nous. »
Le 16 avril 1791, labbé Nolf avait failli être élu évêque du Nord, car c'est lui qui obtint le plus grand nombre de voix (3oo) après Primat, proclamé évêque constitutionnel du département par 342 voix. Nous revoyons encore Nolf assister, le 16 août 1797, comme curé de la Madeleine, au synode diocésain qui se tint dans Téglise paroissiale de Saint-André, à Lille, sous la présidence de l'évêque Primat, dans le but d'élire un député au concile national qu'on cherchait alors à assembler; Nolf n'y obtint qu'un nombre de voix insuffisant pour être élu. Enfin, le 2 août 1800, encore candidat évêque du département, le siège étant vacant par suite du départ de Primat, Nolf n'eut plus que 3 voix sur 64 votants !
Après le concordat, l'abbé Nolf fut nommé canoniquement curé de Landas (28 mars i8o3), mais il n'administra cette paroisse que pendant deux ans.
IcoMOGK. Nous connaissons cinq portraits de Nolf : deux non signêSf in-4* et in-8' ; un portr. gravé par Pitou, d'après un dessin de Duchemin, in-4*; un autre gravé par Voyez, d'après un dessin de Perrin, in-8«; et enfin dans la collection éditée par Basset à Paris, un portrait médaillon, in-ia.
Doc. BiOGR. Dictionn. des Parlem., t. 4- — L'abbé P. F. J. Saladin et Vabbè P. L. J. Nolft curés de la Madeleine à Lille, 178,3-1802 [avec portraits) ; par l'abbé H, Desniarchelier (Lille, Berges, 1889. In-ia, i43 p.) *.
1. M. l'abbé Desmarchelier a corrigé les quelques inexactitudes et omissions de cet opuscule en publiant une Histoire du décanat de la Madeleine.
NOORTLANDT (LAURENT, baron Coppens de). Voy. Coppens.
NOYELLES (Louis-SÉRAPHlN du Chambge, baron de). Député de la noblesse de Lille en 1789, né au château de Nojelles le 21 janvier 1782, mort à Oostkerke (Belgique) le 17 janvier 1794.
Le baron de Noyelles fut élu, le 7 avril 1789, député de la noblesse du bailliage de Lille aux Etats -Généraux. Partisan de l'ancien régime, il siégea à la droite de TAssemblée, puis, trouvant peu rassurante la tournure que prenaient les événements, il démissionna le 27 décembre 178g et émigra. Il n'a pas laissé de trace de son passage aux afiFaires, mais il fut dénoncé, quelques mois plus tard, par de Vitrj, à la municipalité de Lille.
Doc.BionR. Dictionn. des Parlent. , t. 4.
PALMAERT (Martin-LiÉVIN). Député suppléant du clergé du bailliage de Bailleul en 1789, né à Pitgam le 12 novembre 1767, mort à Dunkerque le 21 décembre i84o.
L'abbé Palmaert était curé desservant de Mardyck, lorsqu'il fut élu, le i5 septembre 1789, député suppléant aux Etats-Généraux par le clergé du bailliage de Bailleul. Il fut appelé à siéger, le i4 janvier 1790, par suite de la démission de l'abbé Van den Bavière. Il ne joua qu'un rôle tout à fait effacé dans l'Assemblée constituante. Le 4 janvier 1791, il prêta le serment à la Constitution civile du clergé.
Après le concordat, l'abbé Palmaert devint curé de
Saint-Eloi à Dunkerque, archiprôtre de l'arrondissement, et
mourut dans ces fonctions, à l'âge de 83 ans.
IcoNOGR. Son portrait a été dessiné par Labadye, in-8'; puis, gravé par Leteilier, d'après ce dessin, in-8*.
Doc. BiOGR. Z)/c//o/i/i. des Parlem.^ t. 4.
PERDRY (Jean-Claude-Alexis-Joseph) dit Perdry cadet.
Député de la ville de Valenciennes en 1789, né à Valenciennes
— sosie 5 mai 1757, décédé dans cette ville le 18 septembre 1812.
Descendant de cette famille Perdrv, qui a diriçé, pendant de Ioniques années, la fonderie de canons de Yalenciennes, Perdrv cadet avait fait son droit et exerçait la profession d'avocat dans sa ville natale ; il était même échevin, lorsque ses concitoyens Télurent, le i3 avril 1789, député aux États-Généraux . Imbu des idées nouvelles, Perdrj cadet se rangea dans la majorité réformatrice de T Assemblée ; il prêta le serment du Jeu de paume et n'ouvrit plus la bouche que pour donner son avis sur la formation des municipalités. <f L'Assemblée nationale, prétendit-il, ne pouvait statuer » sur aucun point avant d'avoir consulté les électeurs et » reçu leur réponse. »
Après la législature, il rentra dans la vie privée. DoQ. BiOOK, Diciionn. des Par Uni. ^ 1. 4*
PILAT (LOUISnIOSEPH). Député suppléant du tiers-éUt du bailliage de Douai en 1789, né à Brebières (Pas-de-Calais) le 23 août 1735, décédé au même lieu le a décembre 1809.
D'une famille très ancienne et originaire de Douai, fils d'Antoine-François, censier (fermier) et d'Henriette Lucas, Pilai, après avoir été cultivateur pendant un certain temps dans son pays natal, était venu, aux approches de la Révolution, se fixer à Douai et s'y était fait recevoir bourgeois. Il prit part comme commissaire à la rédaction du cahier de doléances du tiers-état du bailliage, et fut élu, par le même ordre, le i5 avril 1789, au troisième tour de scrutin, député suppléant aux États-Généraux. Pilât fut admis à siéger, le 23 novembre suivant, par suite de la démission de Simon de Maibelle et, gagné aux idées de réforme, le nouveau député fit partie de la majorité de l'Assemblée avec laquelle il vota silencieusement.
Après la législature, Pilât revint à Douai et fut élu maire
de celle ville, le i4 novembre 1791, par gS voix sur 168 volants, mais il déclara ne pouvoir pas accepter ces fondions, « pour des raisons de famille très graves, offrant de conti- » nuer ses soins en faveur de Thôpital général de cette » ville . » Pilât était, en effet, Tun des administrateurs de cet établissement charitable; il fut aussi, en 1792-1793, conseiller auditeur au mont de piété de Douai. Nommé conseiller général du Nord en Tan 8, il donna sa démission la même année. Plus tard, il s'en alla résider à Valenciennes, et mourut à Brebières, d'une façon aussi subite qu'inopinée, pendant un séjour qu'il y faisait, chez M^^ V^® Pilât, fermière, sa belle sœur.
Nous devons une grande partie de ces renseignements à M. Brassart, le savant archiviste de Douai, et à M. Tabbé Willox, curé de Brebières.
BiBLioGR. I. Voy. Bibliogr. d'Aousty n' i.
IcoNOGR. Le portrait de Pilât a été gravé par Masquelier, d'après un dessin de Perrin, in-8* ; il existe un autre portrait de lui, dessin non signé, in-S".
Doc. BioGR. D/c/fo/iAi . des Parlera , t. 4.
PLICHON (Pierre-François-Joseph). Député au Conseil
des Cinq-Cents en l'an IV, né à Salesches le 28 octobre 1762, y décédé le 17 pluviôse an XIII (6 février i8o5).
Fils d*André et d'Anne-Marie Valez, Plichon était cultivateur à Salesches et adjoint au maire de cette commune, lorsqu'il fut élu, le 25 vendémiaire an IV, député du Nord au Conseil des Cinq-Cents. Il a siégé obscurément dans celte assemblée pendant l'espace d'une année et est ensuite retourné à Salesches, où il est mort quelques années après. Doc. BiOGR./>ic//o7i/i. des Parlem., t. 5.
PONCIN (PLAaDE-ÀNTONIN). Député du tiers-état du bailliage du Quesnoy en 1789, né à Bouchain le 7 octobre 1743, y décédé le 9 septembre 1794.
Fils d'Antoine- Joseph Poncin, procureur, et de Marie- Madeleine Dazarin, Poncin avait fait son droit et exerçait la profession d*avocat à Bouchain ; il était lieutenant de maire de cette ville, lorsqu'il fut élu, le 19 avril 1789, député du tiers-état du bailliag^e du Quesnoj aux Etats- Généraux. Il alla siégper dans la majorité réformatrice de l'Assemblée constituante, prêta le serment du Jeu de paume, et fit partie du comité de l'afiH-riculture et du commerce, au nom duquel il fit un rapport qui a été imprimé.
Le 7 octobre 1790, il obtint de l'Assemblée qu'il fût procédé à l'examen de a poinçons inimitables inventés par Chipart », découverte qui devait écarter la fraude sur les matières d'or et d'arg'ent. Le 19 octobre suivant, il fît rendre un décret autorisant Pierre BruUée à ouvrir un canal pour la jonction de TOise à la Marne et à la Seine et fit un rapport sur ce canal dans la séance du 9 novembre 1790. Enfin, le 4 juin 1791, il provoqua un autre décret pour l'établissement du canal de Rhône et Loire, il rentra dans la vie privée après la session .
BiBLioGR. I. Rapport Fait au nom du Comité d'Agriculture et de commerce, sur le canal souterrein (sic) dit de la Picardie; par M. Poncin, Député du Département du Nord, — {Paris) de l'impr. nat. S. d. (28 juillet 1791). In-8», 16 p.
IcOMOGR. Son portrait a été dessiné par Mercier, in -8".
Doc. BioGR. Z>ic//onn. des Parlem.^ t. 5.
PONT (Augustin-Antoine-Joseph Prouveur de). Voy.
Prouveur.
POTTIER (André). Député au Conseil des Cinq-Cents en Tan VI, né à Fontaine-au-Bois le 19 juillet 1756, y décédé le 26 mars 1842.
Fils de Charles-François, ménager, et de Marie-Josèphe Burlion, Pottier était cultivateur dans son pays natal avant
la Révolution. Il ne tarda pas à se signaler comme un fervent adepte du nouveau régime, ce qui lui valut d*être nommé administrateur du département du Nord. Il occupait cette situation en l'an VI, lorsqu'il fut élu, le 24 germinal, député du Nord au Conseil des Cinq-Cents, ce dont se félicitèrent les journaux gouvernementaux de la capitale. Pottier siégea silencieusement à la gauche de cette assemblée et y vola avec la majorité. Il en sortit l'année suivante et revint à Fontaine-au-Bois où il est ;nort dans un âge avancé.
Doc. BiOGR.Z)<c/io/i7i. des Parlent.^ t. 5.
POULTIER d'ELMOTTE (François-Martin). Député à la Convention et au Conseil dés Cinq-Cents en l'an IV, membre du Sénat conservateur en Tan VIII, né à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais) le 3i décembre i753, mort à Tournai (Belgique) le 16 février 1826.
Fils de Charles-Nicolas-Rémi-Thomas, procureur-notaire, et de Françoise-Gabrielle Lambert, Poultier a occupé successivement toutes les positions sociales. Après avoir servi dans la maison du roi, il devint sous-lieutenant au régiment de Flandre en 1770, puis il quitta larmée et entra comme commis à Tintendance de Paris, d'où on le renvoya pour abus de contre-seing ; on le trouve alors acteur au théâtre des élèves de l'Opéra, mais il n'y reste guère et se fait recevoir quelque temps après chez les Bénédictins où il prend l'habit et devient professeur de mathématiques au collège de cette congrégation à Compiègne. Au moment de la Révolution, il quitte la vie monastique, embrasse avec ardeur les idées nouvelles, est élu lieutenant de la garde nationale de Montreuil le 21 juillet 1789, se marie, s'engage dans un bataillon de volontaires et fait la campagne de 1792 comme capitaine au 2® bataillon des volontaires du Pas-de- Calais. Élu député du Nord à la Convention, le 6 septembre
i793# 1^ dixième sur douze, Poultîer alla siéger à la Montagne et s'y fit remarquer parmi les plus exaltés.
Dans le procès de Louis XVI, il répondit au deuxième appel nominal : a Citoyens, si je voulais ressusciter la royauté, » je dirais oui\ mais je suis républicain, et je dis non, » Au troisième appel, il répondit brièvement : a La mort dans les » vingt-quatre heures ; » il avait cependant préparé un lon^ discours pour justifier sa décision, il ne put le prononcer, a le bureau prévaricateur a ayant « subversé la liste des » orateurs » et mis a les royalistes en avant, » mais il le fit imprimer (Voy. sa bibliogr., n* i) et s'y plaignit amèrement de la façon dont on éconduisait les orateurs patriotes. Ce passage est trop curieux pour que nous ne le reproduisions pas, le voici : « Il faut pour parler avoir prêté foi et x> hommage à Monsieur Roland, et avoir baisé la main de M madame son épouse : il faut encore avoir juré haine à Pache, » s'être engagé à le poursuivre dans les comités et à la » Convention. Ces préliminaires remplis, vous vous présentez » devant le président ; Buzot lui fait un signe de tête, et la » parole vous est donnée sur le champ. Quand donc finira » cette a£Freuse tyrannie, qui ôte à ceux qui ne savent ni ne » veullent plier l'occasion de prouver à leurs commettans » qu'ils s'occupent aussi de leurs intérêts, et qu'ils ont des » moyens pour les défendre? Nous gémirons longtemps » sous le despotisme de Roland, il est tout puissant : » comment ne le serait-il pas? il peut disposer de vingt-quatre » millions. Les députés qui forment sa cour sont des gens » avides, gourmands ; Roland a toujours une table abon- » dante et délicate, et la dame Roland en fait merveilleu- » sèment les honneurs. Je crains bien que quelqu'événement » ne renverse un jour et la table et les convives. » Dix mois plus tard, la belle et noble madame Roland ajoutait son nom au martyrologe de la Révolution.
Le 10 février 1798, Poultier s'opposa àramnistie proposée par Lanjuinais et traita ce dernier de contre-révolutionnaire; le 27 juin, au nom du comité de la guerre, il fît rendre un décret ordonnant la levée de So.ooo cavaliers et prit, à partir de ce jour, une part si active aux discussions militaires qu'un jour Pétion, oubliant que Poultier avait été aussi officier^ s'en plaignit et fit censurer c( ce moine jaseur. » Le 25 juin 1798, notre député fut envoyé en mission à Marseille, avec Rovère, puis à Avignon, où, le 2 frimaire an II, il décréta la démolition des fortifications de la ville. A Beaucaire où il se rendit ensuite, il trouva matière à exercer le talent de critique dans lequel il excellait et se plaignit de l'inexpérience des agents du comité de salut public qui apportaient dans les départements ce les idées les plus extra- » vagantes et les plus opposées à la Révolution . » Rentré à Paris, au mois de novembre suivant, Poultier rendit compte de sa mission le 8 frimaire, fit décréter, le i3 pluviôse, au nom des comités de salut public, de la guerre, de législation et d'aliénation réunis, la démolition des châteaux-forts dans Tintérieur de la République, et combattit, le 18 nivôse, la suppression des franchises des ports de Marseille, de Dunkerque et de Rayonne.
Dans la journée du 9 thermidor, Poultier se rangea parmi les adversaires les plus fougueux de Robespierre et, pendant que celui-ci essayait de se défendre à la tribune de la ' Convention, il lui cria : c( Tu auras la parole sur Téchafaud. » Chargé, le 8 pluviôse an III, d'aller surveiller le ravitaillement de Tarmée d'Italie, il vanta dans une lettre qu'il écrivit à la Convention, le 26 germinal, ce l'enthousiasme qui animait l'armée » ; mais, un jour (6 prairial) qu'il s'était aventuré dans les environs de Toulon, il fut pris par des rebelles et ne fut remis en liberté qu'au mois de vendémiaire suivant. Poultier fut alors envoyé dans les
déparlements du Cantal, de rArdèche et de la Haat&-Loire pour y rétablir Tordre ; il revint ensuite à Paris, où il fut assez vivement attaqué et fonda pour se défendre un journal, l'Ami des lois, dont nous parlerons tout à l'heure.
Le a a vendémiaire an IV, il fut élu^ Tun des premiers, député du Nord, et fut affecté au Conseil des Anciens où il fut un fidèle soutien du g'ouvernement du Directoire. 11 appuya, le la nivôse, la création d*un ministère de la police, sut se défendre contre l'accusation que porta contre lui Bérenger, de provoquer dans VAmi des loiSykïégovgemeni des membres du Conseil ; combattit, le 29 vendémiaire an YI, la déportation en masse des nobles ; se défendit, le a3 floréal, d'être lauteur de la Pétition des rois de l'Europe, et sortit du Conseil la même année. Poultier fut alors nommé chef de la brigade de gendarmerie dans les départements réunis du Rhin et, peu de temps après, élu député du Pas-de-Calais au Conseil des Cinq-Cents. Il donna son appui au coup d'état de brumaire, fut compris dans la première liste des députés au nouveau Corps législatif et fut choisi^ le 4 nivôse an VIII, par le Sénat conservateur, pour y représenter le département du Nord.
C'est une figure bien originale que ce Poultier et digne à tous points de vue de tenter la plume d'un écrivain. Ses écrits sont aussi curieux et variés que son existence : nous l'avons vu successivement soldat, commis, acteur, moine, homme politique, nous pourrions maintenant l'envisager comme journaliste, chansonnier, poète, auteur dramatique, mais cela dépasserait les limites que nous nous sommes tracées et d'ailleurs, Poultier n'appartient à notre département que comme député. Cependant, il faut bien que nous disions quelques mots de cet Ami des lois qu'il avait créé et où, si souvent, il a parlé des hommes et des choses du Nord. Nous avons vu plus haut par suite de quelles
circonstances Poultier fut amené à foncier ce journal qu'il intitula : L'Ami des lois ou Mémorial politique et littéraîre^ par Poultier et une Société de gens de lettres et dont le premier numéro parut en l'an III avec cette épigraphe : « Nul n'est homme de bien s'il n'est franche- » iTjent et religieusement observateur des lois. » Il y poursuivit si véhémentement tout ce qui de près ou de loin semblait sentir la réaction^ que le représentant du peuple Diimolard le dénonça au Conseil des Cinq-Cents, dans la séance du i8 pluviôse an V, comme incendiaire et anarchiste. Dans notre bibliog'raphie des journaux du Nord (t. 2, p. 207-210), nous avons indiqué avec quel acharnement il poursuivit l'un des journaux de notre département intitulé V Eclair ou Annales universelles y il agissait de même avec bien d'autres organes de la capitale. Poultier devint bientôt le seul et unique rédacteur de son journal, cela lui prenait beaucoup de temps et souvent il arrivait en retard et tout en transpiration aux séances de la Chambre. Son voisinage devenait alors si incommode, qu'on peut lire dans une feuille publique de l'époque {Actes des Martyrs^ n® 3) le petit entrefilet suivant : c< On assure que quelques » membres un peu délicats du Conseil des Anciens ont fait » prier Vex^capucin Poultier par les inspecteurs de la » salle, de ne pas s'échauffer ainsi qu'il a coutume de le » faire, lorsque, partant trop tard de chez lui, il est obligé » de courir le long du chemin pour arriver à la séance avant » qu'elle soit levée, parce qu'alors, disent-ils, l'atmosphère » devient insupportable autour de lui à dix pieds à la » ronde. »
VAmi des lois offrait cette particularité singulière que les annonces étaient disposées verticalement sur les marges du journal. Son dernier numéro (le 1726®) parut le 11 prairial an VIII, c'est-à-dire peu de temps après que Poultier
s'était rallié aux Consuls^ ou plutdt à Bonaparte qu'il avait connu assez intimement à Marseille. Il a même raconté qu'il y avait fourni des vivres et des vêtements au futur empereur, ainsi qu*à sa mère et à ses sœurs. Toujours est-il que le premier Consul se montra plein de prévenances pour Poultier : en Tan X, il le nomma commandant d'armes à Montreuil avec le g'rade de colonel et lui conféra la Légion d'honneur le 4 germinal an XII.
En i8i4i Louis XVIII rentrait en France et passait par Montreuil^ ce fut Poultier qui lui présenta avec la plus grande déférence les clefs de la place, il fut cependant mis à la retraite quelques jours après. Lors du retour de l'île d'Elbe. Poultier demanda sa réintégration et l'obtint ; il fit exiler à Guéret, dans la Creuse, quelques royalistes de Lille et fut élu, le i3 mai i8i5, député de l'arrondissement de Montreuil A la Chambre des Cent-Jours où il passa inaperçu. Lors de la seconde Restauration, il fut privé de tout emploi, puis, atteint par la loi du 12 janvier 1816, il dut s'exiler et se retira en Belgique, à Tournai, chez son gendre, M. Boillard^ officier au service de la Hollande, qui avait épousé M\^^ Modeste- Rose Poultier .
BiBLioGR. I. Convention nationale. François-Poultier député du Nord, sur le supplice de Louis Capet ; Imprinaé par ordre de la Convention nationale. — (Paris) De l* imprimerie nationale. S. d. (1768). In-8% 10 p. Poultier a reproduit toute la première partie de ce discours dans son journal VAmi de* lois, et dans son 7* discours décadaire, intitulé : Au ai janvier. (Discours décadaires à l'usage des Théophilanthropes.)
a . Convention nationale. Rapport sur le dessèchement des Marais de la Somme, et sur le projet de Sallenj°^ros relatif à la jonction de TOise à la Sambre, par Poultier, représentant du peuple. Imprimé par ordre de la Convention nationale. — (Paris) De l'imprimerie nationale. Pluviôse an III. In-8*, 8 p.