‹ Nos saint évangiles (volume 2)Chapitre 15 sur 40 · LA VISITATION · texte numérisé non relu

LA VISITATION

« qui a pris la forme de l'esclave » pour nous revêtir des splendeurs de la liberté. Les pécheresses, elles aussi, sauront qu'il les laisse arroser de leurs larmes ses pieds divins ; les pécheurs de toute la terre accourront à T « Agneau qui ôte les péchés du monde * » .

III. — Marie porte dans son sein virginal le Dieu Sauveur du monde. Mais elle sait qu'elle ne l'a conçu que pour le donner. Elle part au pays des montagnes, elle va répandre dans la maison de Zacharie et d'Elisabeth les prémices des bénédictions divines dont elle est, par son fils, la source inépuisable 2. « Elle part sans tarder », dit l'Evangéliste 3.

Ces bénédictions font, dès son entrée dans la demeure de ses vieux parents, la plus magnifique explosion. A sa vue, Elisabeth est illuminée des clartés de la Prophétie, elle aperçoit et confesse le mystère de la Rédemption, elle pénètre le secret de la Maternité divine, et contemple par avance l'immense gloire qui, dans le cours des âges, enveloppera la Vierge-Mère. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, s'écrie-t-elle, et le fruit de vos entrailles est béni ! Et d'où me vient que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ?

La double présence de l'Enfant-Dieu et de sa mère fait éclater les prodiges. L'enfant qui repose en elle est comme elle éclairé des lumières divines. Du fond de son obscure prison sa raison est éveillée, sa foi s'illumine, un

1 Sanct. Ghysost. in Nataiem diem Christ.

2 Luc, chap. III, vers. 39.

8 Jésus qui in utero illius erat festinabat adhuc in ventre matris positum sanctijicare : unde sequitur : « cum festinatione ». — Ce fut dans la ville d'Hébron, distante de Nazareth de cinq jours de marche, que la Vierge Marie se rendit auprès d'Elisabeth, sa parente.

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