‹ Nos saint évangiles (volume 2)Chapitre 33 sur 40 · LA VEUVE DE NAÏM · texte numérisé non relu

LA VEUVE DE NAÏM

III. — Jésus-Christ quittait sans cesse Capharnaiïm pour aller par la Galilée entière prêcher le Royaume de Dieu. Voici que nous le retrouvons sur la route qui mène à Naïm, à neuf lieues environ de sa ville d'adoption. Un miracle plus éclatant encore 'que les précédents allait justifier la profession de foi du Centurion et achever d'enthousiasmer la foule. Elle était nombreuse cette foule ' qui ne cessait plus de suivre partout le Sauveur, et quand on approcha de Naïm elle fut renforcée d'une J autre multitude qui sortait de la ville : c'était un cortège funèbre qui suivait, avec les pleurs et les lamentations d'usage, un jeune mort que Ton portait en terre. On allait mettre au tombeau un fils unique et sa mère était veuve. Un grand nombre d'habitants raccompagnait 2. Comment la douleur de cette mère n'eût-elle pas été navrante ? Elle restait seule, sans consolation, sans appui, sans espérance, privée à la fois d'un époux et d'un fils, et abîmant son âme dans son double deuil.

Certes ! Il en fallait moins pour faire jaillir du cœur de Jésus la compassion la plus tendre et provoquer sa puissance. Ne pleurez plus ! dit-il à la pauvre mère. Sur des lèvres . humaines cette parole n'eût été qu'une impertinence : Dieu seul peut calmer une douleur et tarir des larmes, car seul il possède le secret de la consolation véritable, ou plutôt Lui-même est la vivante Consolation. Et quand les larmes coulent sur un chevet de mort ou sur une tombe, Dieu seul, pouvant rendre la vie, a le droit de nous dire : « Ne pleurez plus » ! Cette vie il allait la redonner au fils de la veuve,

i Luc, VII, il, 2 Luc, VII, 12.

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