‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 28 sur 101 · LE MERCREDI SAINT · texte numérisé non relu

LE MERCREDI SAINT

I. — Jetas aTait, comme le marque l'ETangéUsle, acbeîé tous ses discours ; il avait révélé au monde les grandes Térilés, découTert les mystères dn royiome de Dieu, appris aux hommes leurs destinées, déchiré le voile qui esche rsteuir, et, dans une dernière révélation, montré quelle serait la On des siècles, Is gloire de

■ MaU . XXV. 4fl.

> MaU.. .WVI. l-i.

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Bon second Avènement, les récompenses éternelles des bons et les châtiments des pécheurs. U se tait; il se prépare, il va mourir. Aussi fuyant le tumulte qui déjà remplit pour la PAque la Cité Sainte, il gagne la cime du mont des Oliviers et redescend, an versant opposé, vers Bélhanie.

Le peuple le chercha vainement dans le Temple. Le lendemain, dés le matin^ tout le peuple se portait vers le temple pour l'entendre '. Il ne devait plus le revoir que traîné comme un criminel, couvert d'opprobres et de sang, cloué à la croix.

Où passa-t-il tout le jour du Mercredi Saint? Le silence de l'Evangile nous réduit à des conjectures, mais nous ne saurions guère nous tromper en cherchant Jésus dans la solitude de la montagne, ou auprès de sa mère, ou dans Taimante demeure de Béthanie, ou surtout au milieu de ses Apôtres. Plus que jamais, avec plus de larmes, « avec ces vibrantes clameurs de l'âme », dont nous parle saint Paul, il prie, bien moins pour sa rédemption que pour la nôtre ; il prie le Dieu « qui le peut arracher à la mort » et surtout en arrachor le coure humain tout entier.

n passe sans doute dans ces oraisons divines de longs instants. Mais il n'a garde de priver sa Mère des dernières heures qu'il lui est donné de lui consacrer avant le drame du Calvaire. 11 la sait plongée dans un océan d'amertume ; calme, intrépide, comme elle le sera au pied de la croix, mais l'âme abîmée dans cette inénarrable douleur qui en ont fait la « Reine des Martyrs » . Son Fils la console et la fortifle, il touche son cœur en lui rappelant comment par leur douleur commune le Père

* Luc. XXI, ».

RKTRA1TB DE JÉSUS ii'7

sera mairnifiquemeni glorifié, le inonde sauvé d'une l 1 table, les Elus recueillis, le Ciel rempli de ses

^,..,>. .. ..^ phalanpes, TEglise fondée sur la terre, le Royaume de Dieu partout établi et partout victorieux Ce que nous savons des discours du Sauveur à ses Apôtres, et comment il les préparait à sa mort, ne fut sans doute qu'un faible écho des sublimes paroles dont il m.ignilia l'âme de sa Mère.

Marie d'ailleurs n'inquiétait guère sa sollicitude : il •iavail la force invincible que Lui-même déposait dans celte Bienheureuse âme. Mais ses Apôtres ! Chaque fois qu'il leur avait laissé entrevoir l'issue ignominieuse et sanglante de sa vie, il avait trouvé leur cœur ou fermé, W C' ', ou en révolte, et un jour, après cette ré-

rélai: i>le, il lui avait fallu reprendre durement

l'incrédulité et les refus que Pierre lui opposait. Et si une simple allusion à un drame lointain encore les avait |elés dans un pareil trouble, qu'était-ce maintenant que is atténuation et sans voile il venait de leur dire : « La Pâque, vous le savez, sera célébrée dans deux jours et le Fils de l'homme, trahi, sera crucillé » 'f Longuement, avec force, avec tendresse, avec un insatiable besoin de leur montrer son amour, il les prépara à l'heure terrible de sa passion et de sa mort, faisant éUnceler à leurs yeux les splendeurs de sa Résurrection en même temps qu'il les mettait en garde contr»' i<' -. »n.lal<. do sa Croix.

D'autres douleurs s'offhiicnt à lui. Ses uni lin-

nie, Marie, Marthe et Laiarc, n'ignoraient ci août

pas ce que le Sauveur annonçait si ouvertement à ses Disciples. Us savaient donc que pour la den - ils

le possédaient parmi eui, que ses paroles <les

paroles tuprèmM : qntUe plume saurait retracer ce

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qu'eurent dt- poignant pour eux les effusions du dernier adieu ? Mais qui aussi saurait peindre le? « - - ■ ndresses de Jésus et l'onction de ses dcn. .?

II- — A Jérusalem, durent ce mftme jour, de hideuses choses se passaient. Judas n'avait pas suivi son Mallro et les Apôtres quand ils sortirent du Temple et se retirèrent sur le Mont des Oliviers et à Béthanie. L'affreux projet de trahison secouait son àme ; il errait dans le temple plein d'un trouble infernal ; Satan était entre (Ions Judas, surnommé fscariote, f un des douze*. Il

ri^ta sans doute l'oreille aux propos que tenaient les prêtres touchant la prochaine arrestation de Jésus, et comme de telles paroles n'allaient que trop bien à ses propres desseins, naturellement il s'y mêla ». Depuis des siècles, David avait prophétisé comment le traître s'aboucherait avec les ennemis du Sauveur. Judas alla

imver tes Princes des Prêtres et leur dit : t que

luleZ'Vnus me donner et Je vous le livr^^rait*.

Sur un autre point de Jérusalem, au sud de la colline de Sion, dans le palais des Grands Prêtres, une autre scène se déroulait. Tout ce que la ville renfermait de dignitaires ; Pharisiens, saducéens, prêtres, scribes, hérodiens, anciens du peuple, s'y étaient rassemblés en tumultueux conciliabule. Plusieurs fois déjà la mort de Jésus avait été résolue, mais il s'agissait maintenant, non plus d'un projet k longue échéance, mais d'une toute prochaine exécution, et c'est ce à quoi s'attacha la [.'ncriminelle des assemblées. Criminelle parle moment < i elle M tient : c'est hi Pâque, la plus vénérée des fêles,

' Luc, XXII. 3,

» Luc. XXII, 4. PmI., XL, 8.

» Luc, XXII, 4!H). .Marc. XIV, 10-11. MaU., XXVI, 14-15-10.

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el alors que les Ames pieuses s'y disposent par les œtivrp< • ' ,. ces misi^rables la voul profaner par le plus Qiw X (les forfaits. Criminelle aussi dans le nom-

bre qui la compose : tous y sont et aucun ne se refuse à l'iniquilé qui va y <^lre commise. El ce sont des prêtres, l'élite du Sacerdoce Judaïque ! Et c'est dans la salle du palais do grand Prêtre, d'où la justice et la sainteté doivent se répandre sur la nation, que se trame le plus diabolique complot.

Quant à la mort même de Jésus, ils ne s'y arrî^lent pas, tant leur sentence est déjà unanime. Mais ce qui les pK'occupe dans cette mort ce sont les précautions à prendre et les danirers à éviter. Ils craignent l'attachement du peuple pour le Sauveur, son irritation si on se saisit de lai avec éclat, et sans doute sa tentative armée pour le ' ' !i secret, à l'écart,

qu'il fau. /. /! sur les moyens

de s'emparer de Jésus par ruse et de le mettre en-

t. Us redoutaient le peuple. Cette peur

oromandait à leur soif du sang et leur fit

prendre la résolution de laisser passer la solennité de la

V' . rément la multitude dans

. que ce ne soit pas durant la fête, de peur qu'il ne s'élève quelque tumulte dans ta foule ' .

Mais Dieu en avait décidé autrement. C'était précisément durant la P&que que Jésus avait résolu de mourir, et que le véritable t Agneau de Dieu > devait se substituer à l'agneau figuratif. Une circonstance, en apparence fortuite, vint tout à coup changer les résolutions. Nous avons vu plus haut le pacte de Judas. Dès qu'il

> Marc, XIV, M. Uc,XXIt,t.

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fut connu du Conseil, il parut à tous si favorable et si bien parer aux difficultés, qu'à l'unanimité on se résolut à en profiter sar l'heure et à précipiter Tarrestalion de Jésus. Les trente shekels n cent francs, furent

comptés au traître, à la r< > <^u'il épierait le lieu et

le moment de livrer son Maître. Dès lors Judas s'entendit avec ies Princes des prAtres et les nv sur les mot/eus de saisir Jésus, loin de la fon /

cherchait une occasion favorable de le leur livrer * .

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