‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 33 sur 101 · LE DISCOURS APRÈS U CÈNE · texte numérisé non relu

LE DISCOURS APRÈS U CÈNE

VOUS pronoDcerez sur les damnés la terrible sentence de réprobation.

III. — Ici, se place le Discours après la Cène, que Jésus commence au Cénacle et achève dans le trajet du Cénacle à Gelbsémani. Nulle part ailleurs, le Cœur Divin ne se révèle plus délicieusement, ni la lumière n'est plus éclatante, les révélations plus bautes, la vie surnaturelle et les destinées futures mises dans un plus vif relief. Le cbrétien nous y est montré tout entier : dans son attente, dans sa grandeur, dans ses luttes, dans ses triomphes gr&ce à l'Homme-Dicu Rédempteur.

Jésus quitte ce monde. Sans doute, comme Dieu il sera toujours avec nous. Il y sera même comme Homme, mais, si caché, si retranché dans un perpétuel silence, qu'il peut appeler départ cl absence sa présence dans le Sacrement. Mes petits enfants^ je ne suis plus avec vous que pour un peu de temps. Vous me chercherez. Aux Juifs Je disais : où Je vais vous ne pouvez venir. Je vous dis, quant à présent*, vousmêmes ne pouvez me suivre où je vai». Il allait à la mort et à la gloire. Les Juifs déicides et impénitents ne pouvaient le suivre ni dans sa mort sainte ni dans sa glorieuse résurrection, eux qu'une mort funeste et une éternelle perdition attendaient, liais les Apôtres, après s'être séparés de lui par une fuite sans courage, devaient >indre dans l'héroïsme du martyre et les ^ les du ciel. Mes petits enfants ! Mot de tendresse ; mot de doux et condescendant reproche, car s'ils l'aiment, ils n'auront cependant pas la force de le suivre ; ils le • chercheront » par le cœur, ils s'éloigneront par la faiblesse de la volonlé.

• Joan., XII1.33.

LE DISCOURS A. y ''^B 145

Uuc leur laisse-l-il corami ^ isalion à sa présence sensible, comme baume, comme joie, autant que comme devoir? L'amour. Mais un amour nouveau, tel que l'Ancienne Loi ne le pouvait produire, tel que l'Esprit-Saint i répandu dans les cœurs » le peut seul enfanter, tel encore que l'exemple do Jésus-Christ le guide, tel que la virginale sainteté de l'Evangile l'épure et le soliditie : l'amour fraternel dont Dieu nous fait un essen- ••. Je vous donne un commandement nonf/ue vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés *, d'un amour prévenant, gratuit, pur, efficace, condescendant, pardonnant, tel que le monde ne l'a jamais pratiqué ni même soupçonné. C'est mon amour à moi, le signe qui me distingue et distinguera mes fldëles, le drapeau sous lequel mes troupes combattront, yoilà le signe auquel tous connattronl que vous êtes mes disciples; c'est t amour que vous garderez les uns pour les autres*.

Pierre écoutait, non sans quelque impatience. Un mot

du Sauveur blessait son cauret déflailsa présompturtiso

conflanee. Lui ne pas pouvoir suivre son Maître ! C'«i.tii

à ses yeui chose impossible. Seigneur, interrompit-il,

où donc aile 2' vous ? — Où je vais, répotuiit Jésus, tu

ne peux me suivre maintermnt ; mais tu me suivras

plus tard *. Jésus faisait allusion à sa ;

pr/'^onle et à la force future avec laquelle u ...!....< ....i

ifleroent. Pierre n'accepta rien. Et pourquoi,

il,nr pui^'je vous suivre fr nnt? Je

u; rais pour Vous. Pour Vou* j> . ' •'' "J^'r

> Joan..XItl. 34.

* ioan., \lll. 35.

* JoM.. Xlll. ».

T. lU. 5

144i LE DISCOURS Ai'H(:S LA •.» M-;

en prison et à la mort* ! Pauvre Pierre ! S'ilcoanaissait sou cœur, il méconnaissail sa faiblesse ; il ne crm môme pas à la terrible annonce de sa cbule. M pour moi, reprit Jésus ! Pierre^ en vérité, en vérU' . te le dis, le coq n'aura pas achevé son chant que l" m* auras /roi<i fois renié ' /

C'était l'beurede prémunir, non pas Pierre seulement mais tous les Apôtres, contre les embûcbes, les trabiso!! ' liles sanglantes, dont leur vie seMi:

L« ^ s'y applique, leur signalant d'aboi

que jouerait Satan durant tout leur apostolat et la dur«'< de l'Eglise. L'enfer doit leur livrer une gueri • cable, susciter contre eux les puissances, faire i hérésies, les tourmenter de toutes manières el les rédui ' >is aux plus douloii / "" "^ ■ /

Si II '(là t/ue Saiati a .

au crible comme on fait du froment*. ïx quelle sera.

dans ces moments de troubles et de danr ' — ' '

l'espérance de TEglise? Pierre et son Sièg' La Papauté sera douée d'infaillibilité et les erre u briseront contre sa foi, comme les coups de force cw„,, • son immuable puissance. J'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas, et une fois converti affermis tes frères *.

Le secours d'en haut est assuré, mais Dieu n'en veut pas moins que son Sacerdoce s'arme de et de force. Tant que les Apôtres ont possédé .« ... M .. tre au milieu d'eux, ils n'ont eu à songer ni à leur

« J'.in . \m.,;7.

» Juan.. Mil. ;{H. MaU., XXVI, 3344-35. Marc., XIV, »-30-31. Lur., \M1 .i.;-3i

* I. , Wli ,1.

• Lu. ., \\i ,:.

LB DISCOURS APRèS LA CÊKB iV

entrelien iii à leur sauvegarde, Jésus pourvoyait à lout leur ouvraillouledemeure, suscilailloulegénérosilé.Mai il se retire, et les siens auront à se pourvoir eux-m'e( eux-mêmes se dt'fendre. Quand Je vous ai ew sans bourse^ sanx sac et sans chaussure, avez-vous manqué de quelque chose? — De rien, répondirent tr^ Apôtres. — Maintenant, reprit Jésus, que celui qn a une bourse la prenne, et de même aussi son sac, qu< relui qui n'a point dépée vende sa tunique pour s'en /irof urrr une * . L'Eglise vivra dans une guerre perpétuelle et aura souvent besoin de protecteurs armés puui sa défense. Quant à elle, son glaive, c'est sa patience . son arme c'est la force invincible que Dieu a dépost* dans son sein ; et celte patience et cette force ne cessi*ront de se montrer dans les persécutions qu'elle subira à l'instar de son Divin Fondateur. Je vous le dis, il f(i 'que se réalise en moi cette parole d*

CL', : * il a été mis au rang des scélérats ». 0/

Uâ oracles qui me regardent vont s'accomplir san ^ retard*. Le Sauveur annonçait les cris de la i' réclamant Barabbas, et son cruciflement entre larrons. Ainsi derait virre son Eglise, toujours déshonorée par la calomnie, toujours assaillie par la - ' Les Apôtres, comprenant qa*une Intte était offrirent deux épées. Jésus n'insista pas, leur dit : i C'est assex' » et contioom son discours.

La suite est aisée à concevoir. A peine les ApAlrc» «'taicot-ils revenns de l'émotion que l'annonce d'une trahison d'an des leurs leur avait causée, que la chute de Pierre, les arerlissenents da Sauveur sur la vie di>

' Luc .1111, i%ie.

» I.ir

« Lu. V , ^

Page 1