‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 36 sur 101 · LE DISCOURS APRÈS LA (±SE · texte numérisé non relu

LE DISCOURS APRÈS LA (±SE

communique les flammes de la charité. Et son action dans chaque âme nous montre la mission qu'il accomplit dan- '"P-'^-^f» et dans le monde, l'œuvre immense d'Evan. . et de saintet<^ dont sont tributaires les

gi^nérations qui traversent les siècles. Mais tous sont-ils éclairés et conduits par l'Esprit de Dieu? Non. Le monde est odieusement réfractaire à son action; le monde csl aveuglé par son grossier matérialisme, et ce qui ne tombe pas sous les yeux du corps est non avenu pour lui. Cest rEsprit de vérité que le monde ne peut recevoir parce qu'il ne le voit point et ne te cannait pointa Seuls les hommes spirituels « qui savent contempler ce qui ne se voit pas » connaissent et goûtent sa présence et son action. Vous autres^ vous le cnnnattrez parce qu'il demeurera avec vous*. 11 sera votre lumi^re, votre force et la consolation de rotre exil.

Certes I c'est un don immense que le don de cet « autre >* Consolateur ; mais peut-il nous faire oublier le premier ? Pouvons-nous vivre sans Jésus-Christ ? c Vivre sans ( " . . voilà pour saintPaul

le suprême n annonce qu'il va les

quitter, les Apôtres sont dans une désolation profonde et cette désolation serait la nôtre, si réellement Jésus nous quittait. Mais Jésus, loin qu'il nous quitte, nous est depuisson Ascension, mille fois plus présent qu'aux jours de sa vie mortelle. Sans doute, il nous dissimule sa présence, mais cette présence est maintenant plus intime et plus universelle. Où que nous allions Jésus y est et par la Communion il pénètre au plus profond de notre être. KnU'ndons-lc nous dire : Je ne vous laisserai pas

' J..aii., .\IV, 17.

« Jnau . XIV, 17.

lE DISCOURS APRIbS LA CèXE 155

hfphelina. je viendrai à vous K Non pas au moml qui ne veut pas de lui, mais à nous qui lui ou?roii> notre c<pur. Encore un peu de temps et le monde ne me reverra plu», mais vous vous me verrez, vous me verrez ressuscité parce çue Je vis et que vous aus<r vous vivrez * de U vie nouvelle et divine que je voir Communiquerai ; c'est la vie de foi à la lumière d laquelle nous apercevons la vérité sublime d'un Die t. Père, Fils et Saint-Esprit. Kn ce jou*-là vous connaîtrez çue Je suis en mon Père ', et, par la révélation d'un autre mystère, vous saurez que de même que j«' ne fais qu'un avec mon Père, j'entends ne plus faire qu'un avec vous : Vous connaîtrez que vous êtes en moi et que Je suis en vous *. Je ne pose qu'une condition à ces sublimes choses, mais elle est essentielle, c'est que vous soyez lidMes à éviter tout péché grave, car tout péché grave nous arrache violemment l'un à l'autre. Celui qui reçoit mes commandements et les observe « ' 'le. Or celui qui m'ai'

fji' : y c ; mni dr ntrmr fc

>i je me manifesterai à lui .

Un ap«\tre, saint Jude, était Tri; Jésus mettait^ exclure le monde, <( i: • > tans religion et sans foi, de l'amour et de l'union avd Dieu. Il interrompit le Sauveur. Maître, d'où tir ni qut ntus vuwi manifestez à nous et non pas on monde * ? C'était toncber à l'insondable problème du

> Joan.. XIV. i§.

* Join.. XIV. 19.

> Joaa.. XIV, «).

* Joan.. XIV. m.

• Joan.. XIV, II.

• Joan , XIV, «.

150 Ll DISCOURS APRfcS LA CÊNB

salut des uns et de la réprobation des autres, problème dont Dieu seul garde la solution ; c'était vouloir forcer le grand secret du gouvernement divin : Jésus ne lui répondu pas, mais acheva la révélation du divin amour et de la condition qui lui est imposée. Si quelqu'un m'aime il gardera ma parole et mon Vère l'aimera et nous viendrons d lui et nous établirons en lui notre demeure '. C'est tout le mystère de la gr&ce sanctiflanle, qui a son point de départ dans la foi. Celui qui ne ni aime point ne garde pas mes paroles. Or la parole qui vous est dite n'est point de moi mais du Père qui m'a envoyé *. Rejeter la foi c'est rejeter Dieu ; et comment aimer Dieu et en être aimé si on le '

Apercevant sans doute que ses Apôtres m' plus de bonne volonté que d'intelligence en face d'aussi hautes révt'lations, Jésus ajouta : Je vous ai dit ceci durant le temps que Je demeurais arec vous. Mais r Esprit-Saint, le Consolateur, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rnpprtlera tout ce que Je vous aurai dit '.

~ ne quittera pas la terre sans nous laisser un uuiMi-me don, sans lequel les précédents nous deviendraient impossibles : Je vous laisse ma paix. Je vous donne ma paix S Qu'y a-t-il de sOr et de quoi jouit-on quand on est en guerre ? Or l'état de guerre où le Sauveur trouva le genre humain était pins que tout autr<désaslreui et ruineux. En guerre avec nous-mêmes et en guerre avec Dieu, il ne nous restait plus la moindr*; espérance de salut, et c'est en faisant cesser celte doubJi-

I Jean.. XIV. 33.

' Joan., XIV, î».

> Joao.. XIV. :5-16.

» Joaa.. XIV. t7.

LR DISCOURS APRivS LA CÈHK 157

hostilité, en nous donnant une double paix, que Jésus nous sauve. Il nous sauve de nos passions qui nous tyrannisent ; il nous sauve de Dieu dont la justice nous accable, il nous sauve des angoisses de l'avenir. Et ainsi désormais en paix avec nous-m^roes sous la domination d«» la vertu, en paix avec Dieu, qui nous rend son amour, tranquillts pour notre avenir éternel que la Rédemption tious assure, nous vivons dans la plus délicieuse sécurité. Mais sachons«Ie, cette sécurité n'est qu'en Dieu. Je ne vous donne pas ma paix comme le monde la donne '. L'or et les plaisirs du monde, en attisant les passions, en entraînant au péché, en obstruant la roule <lu I i«-l, donnent bien plutôt la guerre que la paix.

I.ts .\pùlres, absorbés par la pensée qu'ils allaient perdre J«'i»us, demeuraient inconsolés. Jésus essaye pur deux voies différentes d'apporter quelque sérénité à leur TM int. Il leur fait entrevoir combien sa mort

f>\-: ^...lique. dans ses résultats, et combien elle est

belle et sainte dans sa cause. C'est par sa mort sur la Cr'»!\ .|ij'i] » sa gloire éternelle et y associera

^es Klus, .ji ifs la résurrection le rendra à leur

étreinte. Vous venez de m" entendre dire : i Je m'en rni II K à VOUS. Si VOUS m' ni -

rd' ^ ' je vais au Père et «1<

Père plu* grand que moi ' décernera à mon humanité.

\ ' <ans doute t'organisait déjà la troupe

qtt irer du Sauveur. Satan s'agitait furieu-

sement et Judas, son émissaire, rddait autour du Cénacle, épiant - - » -• .'stait instante et Jéttus prt»n<.ti-

çait M>- , ^ ,|iii la prédisaient : Je von-> It-

• Joaii.. XIV •:

• ioao.,XU :.'

158 LE DISCOURS APRÈS LA Ctst

le dis maintenant afin d affermir votre foi quand tout arrivera. Je ne m'entretiendrai plus longtemps avec vous, car voici venir le prince de ce inonde '.

Jésus allait mourir : maig pourquoi ? Est-ce, comme nous, pour la juste expiation de ses pécbi^s ? A Dieu ne plaise 1 Le prince de ce monde na aucun droit sur moi *. 11 mourait pour la plus sainte et la plus sublime des causes : pour accomplir lu volonté de son Père dans la rédemption du genre humain, et donner à ce Père par sa mort la preuve de son amour : Cest pour que le monde sache que f aime le p'-'-f "i '•>"■ j'accomplis son commandemetit '.

La première partie du Discours après la Cène est terminée, la seconde commence, non plus au Cénacle, car Jésus vient de dire à ses Apôtres : levez-vous, sortons d'ici *, mais le long des sentiers qui mènent de Sion au pont du Cédron. La foule de peuple et le tumulte dont la Pàque toute prochaine remplissaient Jérusalem rendent peu probable que Jésus Tait traversée ; il fallait à son entretien si profond et si intime la solitude et le silence delà campagne. Il sortit vrais«-t '' l'une des portes donnant sur la vallé*- ,

remonta par le penchant d'Opbel, près de Siloé, à travers les jardins et les vignobles. Montrant une vigne h ses Apôtres il se servit de son image pour leur faire entendre comment Lui seul était le salut du monde, Lui seul l'intermédiaire entre la terre et le ciel^ Lui seul la cause de Télévalion des Ames à la vie môme de Dieu. Dieu

• Joan., \IV, ».

• ioiti., XIV, 30.

s jMo..XlV.3t.

•Jean., XIV. SI.

LE DISCOURS APRF>8 LA CÈKt 150

[descendu dans le monde, il a pris la nature humaine, l^r^hypostaliquementunie, il Ta remplie de sa divitelle sorte que u Dieu habite corporellement » au milieu de nous. C'est la moitié de l'œuvre. La seconde est de nous incorporer à Lui, de nous faire devenir ses membres, de nous communiquer sa vie, et par elle de nous faire produire des fruits divins. Nous sommes en lui comme le sarment est à la vigne, comme la branche est à l'arbre : Je suis la vraie vigne >.

Oui ne voit la conséquence ? Tout ce qui se rattache à Ji- ^us-Christ par la foi, par la grAce, par les œuvres, s'iiève h la participation de la vie divine, devient membre de l'Homme-Dieu, sarment de la vigne, objet de la sollicitude lî ^ Tout ce qui se sépare de Jésus-Christ par l'iii • perd la vie divine, est rejeté de Dieu et destiné à la réprobation. Je suis la vraie Vigne et mon PAre est le Vigneron, Tout sarment t/ui ne frurti/irra pas en moi, il le retranchera et celui qui fructifiera il rémondera pour qu'il fructifie plu *. Ne t'effraie donc pas, ô Ame chrétienne, de- • !i de r£vangile, des tribulations de la vie, des roeurlrissures qui font couler ton sang et les larmes : tu es le sarment delà vigne et le Céleste Vigneron te taille en vue dos fruits plus aliondants à produire. Mais d'autre part ne te rassure pas imprudemment sur Teffet de ton baptême qui t'a incorporée à Jésus-Christ. Sauvée si tu portes des fruits, ta stérilité coupable te perdra.

Autre conséquence à méditer. Sans Jésus-Christ nous ne «^mmcs rien et no pouvons rien. Hien même dans notre être naturel, puisque « sans lui rien n'a été fait de ce qui a été fait ». Rien surtout dans Tordre surnaturel

•.Joan., XV. I.

* ioâD.. XV, 1

160 LB DISCOURS APRÈS LA CË<nt

puisque lui seul « a la vie en lui • el lui seul peut nous la communiquer. Nous aurons beauôlre ce que le monde appelle «« l'honnèle homme ■>. î Tait

pas vivre de sa vi*: *>l ne nuu> . ^ mais

le royaume des Cieux ne sera à nous. Jn suis la vigne, vous êtes les sarments. Si quelqu'un <f' en

moi et moi en lui il portera du fruit en /ice,

mais saiu moi vous fie pouvez rien faire. Celui qui ne demeure pas en moi sera jeté dehors comme le sarment, et il séchera, et on le ramassera, et on le jettera au feu et il brûle ♦. Nous aurons beau nous r<^crier, nous plaindre, nous irriter. Tel est le plan divin et nulle force au monde ne le changera. Dieu ne veul auprès de lui, dans son éternité, dans sa gloire, que des dieux, des èlres élevés par Jésus-Christ à la vie divine. Tout ce qui reste à sa petitesse naturelle, Dieu n'en veul pas. Dieu le rejette, et, rejeté, où tomber sinon dans les llammcs où s'expio \v mépris que l'on aura fait des dons de Dieu ?

D<'mourer et fruclilier en Jésus-Christ : telle est la gloire que Dieu recherche en nous , c'est cela qui gloriflera le Père. C'est aussi la seule cause de Tamour qu'il aura pour nous. De même que mon Père m'a aimé, moi-même je vous ai aimés '. Ainsi tout est amour dans la Rédemption el la vie Chrétienne ; nous sommes en Dieu i me en un océan d'amour. Mais tou-

jours lu lion est posée, et Dieu ne veut de

nous qu'une seule preuve dé notre amour : c'est l'obéissance à sa Loi. Sans elle nous ne lui offrons qu'un simulacre d'amour qui l'offense et qu'il répudie. Demeurez

> J<Mn.,XV. 5, 6,7,8.

> Joan., XV, 9.

LE DISCOURS APR^^ LA CÈlftL 161

dans mon amour. Et vota y demeurerez si vous gardfz mes commandements '. Est-ce une règle qn nous soit personnelle ? Non puisque Jt^sus-Christ luimAme Padopte et s'y rend fldMe : Moi-même, dit-il. Je d' iin-urr dans Catnour de mon Père parce que je f/ardt' sescommaïuiements*. En tout il est notre chef et notre modèle, en tout il doit être notre joie comme nous sommes la sienne, selon sa touchante afllrmalion. La charité fraternelle découle de l'amour de Dieu comme l'eau du fleuve de sa source. Aussi Jésus-Christ unit indissolublement ces deux amours. Et quels motifs il nous propose pour nous porter à aimer nos frères ! Combien f^'aves I Combien touchants ! C'est d'abord sa v.p' '/ commandement, comme il dit :

\'ni irmeut c'est que VOUS rous aimiez

les uns les autres > Mauvais serviteur I tu hais tes sem- MaMes, tu 1' \. lu Jour fais du mal?Qu*t '

jMMjr loi la . i»r Ion Malin; ? Mais qu'est i i

exemple, car il ajoute : Aimez-vous comme je vous ai nin i' ! entre dans le merveilleux détail des mar* <}ii' ir qu'il nous a données. La première est la

ply- > inte. Alors que nous étions perdus et que la diviti'- .lu>ti> ' r>n Init sur nous, il s'est interposé, « il a ()ii^ sur lui 1. .lies », il s'est soumis à notre place 111 'hAiiment qui nous était destiné. Qui eût fait cela T Uui fui mort pour nous ? Sul ne peut donner à ceux qu'il oimf une plus grande preuve d'amour que de m ir eux ^ Saint l*aul s'écriait dans l'extase de

:, '.ii.i.'. ..I v',...! liv^.'- ^ i( m-Tt pour

. \\. lu.

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