LE BAISER DB JUDAS ET L'ARRESTATION
se troubler ni rougir : Judas alla droit à Jésus : Salui. Maftre, dit-il, et il le baisa •. Jésus répondre à voix basse : Mon ami, qu • / ^
ICI... ? Quoi l Judas, tu trahis le Fils de f Homme par un baiser * ? LMorernal signe avait-il été donné trop précipitamment et au milieu d'un trop grand tumulte ? La troupe hésitait entre Jésus et ceux qui l'entouraicni et c'est Jésus qui vint à eux comme il était venu à Judas. 11 vint, mais en Dieu. 11 lui plût, après l'humMe manifestation de sa nature humaine durant sa prière et son agonie, de Faire briller, avant de souffrir, sa nature divine dans un double miracle. S' étant présenté devant les satellites il leur dit : t Qui cherchez-vous » ? — Jésus de Nazareth, s' écrièrent-ils. — Cest moi ! répondit Jésus. A ce mot: • c'est moi!» tous reculèrent et tombèrent à la renverse • et comme les autres Judas qui se trouvait au milieu d'eux ♦. Ce miracle qui devait les convertir, les endurcit ; ils se relevèrent, mais sans oser toucher encore à Celui dont la terrible puissance venait d'un mot de les terrasser. C'est Jésus qui de nouveau se présenta à eux : < Qui cherchez-vous » — Jésus de Nazareth. — Cest moi^ vous ai-je dit Et puisque c est moi que vous cherchez, laissez allf / ceux-ci % désignant ses Apôtres. Jésus devait seul s'immoler pour le salut de tous et devenir la- le de ceux qui croiraient en lui. Ainsi s'accomjr i. / propre parole : « de tous ceux que vous m'avez donner je n'en ai perdu aucun *. » A la Cène il parlait du saint
« MatL. XXVI, 40. Marc, XIV, 45. Lac, XXII. 47.
• Lnc . XXII. 48. MaU., XXVI, 50.
» Joan.. XVm, 4, 5,6.
• ioan., XVIU.5.
• ioan., XVIII, 7.
•Jcao., XVIIl, 8,t>.
l'arrrstatiûn dk Jésus 189
(]• '<'stle corps lui-même ella vie lemporel!>
qu . ,t.
SoD arrestation devenait imminente, car on s'étu approche di^ hti^ les mni ' ' ' / îrn t levées po ur sr s/r df s(i pt r^onnt •. L ùon et la colère g '
renl les ApAlres : t Seigneur ^ si nous frappions », s ' ' t-ils^? Pierre, pln^ * 'Vintqoe les autres el .j - les dernières pi ^ de Jésus, s'était
pourvu d'un glaive, n'attendit pas la réponse de son Maître, dégaina, et, frappant un valet du Grand Prêtre, Malcbus, lui détacha d'un coup l'oreille droite •. Un second miracle montra de nouveau Jésus, non plus seulement daus l'éclat de sa divinité, mais dans celui de sa mansuétude. Désignant le blessé : « laissez-le venir, dit-il, et lui ayant touché l'oreille il le guérit *. A Pierre qui s'était mépris, mais paramour, sur ses intentidi-i, il se contenta de rappeler l'entière spontanéité de la Passion qu'il allait souffrir et comment, étant Fils de Difii, il n'avait que faire du glaive humain pour If <i< f*ndre. Ke glaive appelle le glaive et lui et ses raart\ vi'nli»nl mourir purement pour Dieu. Vierre, >■ /t
rprr ddiif le fourreau. Car tous ceuj- (/ui y ut
r< f„-e périront par Cépée, Ne faut-il pas que je bov / / V^re m'a donné ? Penses-tu que je
n ^^ j ■ prier, et, à l'heure tn^me, il m'en-
verrait plus de douze légions d'anges ? Mais alors iront les Ecritures où il est dit
• Mail.. XXVI. 80. Marc. XIV. 46.
• Luc. X\ll.«.
• Matt . XWI.SI. Marc. XfV. 47 Inr, XXII, 80. Joan.. XVIII. 10.
• Luc. XXII. SI.
• MaU., XXTI, M, 39, M. ioao., XVUI. II.
190 l'arrestation de jésus
Les Ecrilures disaient de lui ces deux ineffables choses : qu'il mourrait pour sauver tous les hommes, qu'il mourrait vol. i»'nt, et qu'iW*tait « le Dieu fort».
El à ce monii u; c'est comme Dieu tout puissant
qu'il agit. 11 est Dieu quand il renverse ses ennemis. Que Tait-il à travers tous les sièclei^'' ' ' ** It-il que joncher le monde des ruines et des d* , . Puissances persi^cutrices ? C'est le Dieu terrible qui dira, au dernier jour, ce formidable mot : « c'est moi ! » devant lequel toute la multitude des pi^cbeurs tombera terrassée. 11 est Dieu quand il s'affirme comme le maître des anges; Dieu encore quand il défend à ses agresseurs de toucher à ses Apùtres. Sa vulunté, à cette heure d'une apparente faiblesse, se montre souveraine partout.
Cette mAme domination il la rappelle aux Princes de» Prc^lres qu'il voit mMés àla tourbe des valets. Pour me prendre, leur dit-il, vous êtes venus comme à un I nlettr avec des épées et des bâtons. Cependant, fêtais tous les jours au milieu de vous enseignant dans le temple et vous ne m'avez pas arrêté. I*ourquoi, sinon que, Dieu, ma volonté enchaînait la vôtre? Mais maintenant que je lève la défense agissez, c'est votre heure et la jir's^mirr 'h< ténkbres.Et tout ccci orrive pour accom' iJLir ( f nui t>l écrit dans les Prophètes '. Et ces Prophètes que j'ai envoyés tant de siècles avant pour annoncer mes souffrances sont une nouvelle preuve de ma Divinité .
Mais s'il était Dieu pour donner à ces souffrances un prix infini, il était Homme pour les pouvoir subir. Alors les hommes de la cohorte, leur commandant et les satellites des Juifs, se jetèrent sur Jésus et legarrotèrent. Selon l'ordre du Divin Prisonnier et en dépit de la rage
• Lac .XXII, st. Marc. XIV, 48, 49. Mat(.. XXVL SS, 86.
L'ARRESTATtON DK JÉSl'S 191
que venait d'accrollre le coup de force de Pierre ils no touchèrent à aucun des Apôtres. Seul ils voulurent nrrtMer un jeune inconnu, probablement un habitant ou un voisin de la villa, qui, réveillé par le hw en toute hâte et voulait suivre ou même dt; ..- Les satellites le saisirait, mais il s'échappa nu^ laissant son léger vêtement entre leurs mains '.
Quant aux Apôtres, pris de frayeur, ils abandonnèrent leur Maître et s'enfuirent dans toutes les directions. Ln parole du Prophète, redite par Jésus, se réalisait sur eut : « je frapperai le Pasteur, et les brebis seront dispersées » . Nous devons sans doute dans la fiiite des Apôtres et l'abandon de Jésus voir l'une des plus lamentiÛee chutes de rbumanilé. La faiblesse des Apôtres s<> conçoit à peine, leur sommeil, leur invigilance, le peu eas qu'ils ont bût des exhortations de leur Maître, une ur et une obséquiosité senrile devant les Pouvoirs publics, plus que tout le reste, un manque de foi ont causé I» . "' i *n. Mais Dieu, qui se sert dumal pour opôror !•■ . > emplissait alors un sublime mystère. 11 con-
venait que Jésus fôt seul ; seul Rédempteur, seul Expiateur. f>> ' N.ittant. Aucnne autre figure ne devait, m HP ii> . détourner les regards et partaf^er l'at*
: •> Kgo tkilus. . . et non est vir mecum », ainsi il dit le Prophète. Et quel sens mystérieux s'ati ce Jésus chargé de chaînes I Le genre humain tout entier est devenu le prisonnier du démon, et il marche à la mort chargé des chaînes de ses prévarications. Sur If chemin de l'étemelle perdition, le Verbe Itii ariii' le rencontre, s'émeut de son sort, s'empare de M - lt< ns, et va pour luisouffriret mourir !
• Marc., XIV. st. 81
192 JÉSLS TRAI.NÉ CIIKZ LES GRANn> IHI THKS AN>K BT CAÏPHK
111. — La cohorte conduisit Jésus i liez Anne, beaupère de Calphe qui cette année-là tenait le souverain Pontificat. Nous ne pouvons pruère nous tromper sur lu route suivie depuis Getbsémani jusqu'à la colline d«- Sion où se trouvait, assez pr^s du Cénacle, le palais des Grands Prêtres. Tenant le Sauveur par des chaînes, le^ satellites lui firent passer le Cédron, s'engagèrent dans le sentier qui longe, au milieu des tombeaux, le flanc du Moriah pour remonter ensuite la pente d'Ophel, puis pénétrer dans Sion par une des portes du Sud. Quand le Divin Captif entra dans le palais qu'habitaient ensemble les deux grands prêtres, les Sanhédriles, au m ceux qu'on avait pu avertir, s'y trouvaient déjà réuiu , réunis non pas en juges mais en bourreaux et décidés non pas à inslri ' cause mais à condamner un
innocent. Tout ■ :ii\ et inique dans ce nocturne
conciliabule. Un tribunal Juif ne pouvait siéger en pleine nuit, et ce n'était piisavec des témoin juges rendus aveugles par la haine, ij' vait être justement instruite ni une sentence légalement prononcée. Mais Dieu poursuivait ^ ' * ' c -
qui se portait caution pour les pn nilé entière, devait tomber victime de toutes les prévarications. Elles s'ouvrirent pour lui chez Anne pour se poursuivre et se ox)n8ommer chez Caiphe . /m cnhortr conduisit Jésuft d abord chez Anne, àfau-pAre de CaijihCy le grand Prêtre de cette année -là •. Il ertt Hr naturel de le mènera Caïphe, mais Anne, dépos>. udu Souverain Pontificat par les Romains, gardait an milieu des Juifs une influence et un prestige qu« sa disgr:\cc n'avait fait qu'augmenter. Beaucoup plus intel-
' Jnan WIII 1i \K \ ne \vi| -.< M-.r,- \ iv '.i
TKAIKÉ nngZ LES GRANDS PRÊTRRS Aîf?fE KT CAlpnB 193
r- ■ ' 'i-, Anne était le type du Magistral rusé, sctj de scrupules, et de plus voleur et ra-
pace. C'est lui sans doute que la vengeresse parole de Jésus avait atteint des premiers, et une haine sanguinaire U> mordait au ca'ur. Mais il fallait donner au moins à cotte haine des semblants de calme juridique et à ses iniquit/'s des raisons et des prétextes. Ce que visa Anne ce fut de faire passer Jésus pour un conspirateur qui. dansrombre,àraide de conjurés gagnés à sa cause, avait fomenté parmi le peuple la révolte contre les Pouvoirs constitués. Delà l'interrogatoire portant exclusivement • >' -''S et sur sa doctrine* ». La Sagesse
inl.:.. lit de déchirer cette toile. J'ai toujours,
répondit te Sauveur^ parlé en publie. Partout où les
Juif'! sf m- /, dans les Synagogues^ dans le
temple, ju ^né. Jamais rien de secret dans
tout ce que fat dit. Pourquoi la question que vous
' ' ni m'ont entendu.
mes qui tant de fuis
l'avaient écouté pour le surprendre, ceux-ci, ajoata-l-il,
sdirnt I rijur j'ai dif '. <"< ' . à de si péremp-
l>.ir«'> iiuK'i» > . i .jiii f,ii>.i •uscmenl justjci*
de toute accusation de complut ténébreux ? Anne com-
' -»^ tut. les ^' ' 'iles confondu» so turent, et un
inalnisf . '.issemblée, quand un valet y
: ( |inr.i!»Mi)-iit 'in«"--i'-ii. Ksi-ce ainsi que tu parles
ti'i (,1'ind l'rt'tre, it'ttria't'il ? Et il lui donna un
snif fl, t '. 1^ Fils de Dieu souffleté par un misérable !
Mil n : 'u!'M>n9 pas, Jé«us désormais se livre à toutes
!• " iiifamus |)-iiir •'«'»;•••• tous nos <■•■"••••;'•• '•• «acrilège
• Joan.. XVIII. iw,
• i..an . XVIII, :o. 11.
> Joflti.. XVill, tt.
i94 JÉSUS TfUINÉ AU TRIBUNAL h'aNNE BT CAIpHB
ne fat pas foudroyé el ne (it que recevoir celle donce et calme réponse : si J'aimai parié, montrez ce que fa dit de mal y si j'ai bien parlé, pourquoi me frappezvous ' ?
Anne n affronta plus la sagesse da Divin Mallre et Irouva plus commode de s'en débarrasser. // ordonna que Jc'sus^ totijinirs enchainé, fût conduit devant le Grand Prêtre Caïphe '. Elre amené devant un pareil juge c'était être condamné, puisque dans un précr'*denl conciliabule c'était ce même Caïphe qui avait donné ce conseil aux Juifs : • il est bon qu'un se homme meure pour tout le peuple * ». Aussi lo:* qui va suivre n'est qu'une sacrilège comédie. Les ., lions que l'on pose, les témoignages que l'on produii les accusations que l'on formule, tout est falsifié, ton! est duperie et mensonge, un seul but est visé : déshonorer Jésus devant le peuple afin de rendre plausible sa condamnation. Les grands prêtres et tout h conseil cherchaient un faux tèmoigixage contre Jésn pour le mettre à mort *. Tout est abominable dans celte procédure. Aucun défenseur n'est nommé ; rien de ce qui est en faveur de l'accusé ne se plaide, nul témoin à décharge n'est produit; des faux témoins et c'est tout. Et encore ces faux témoins ne peuvent so mettre d'accord entre eux . /*/M5/>Mr« avaient apporh des dépositions mensongères, mais elles se contmli saierU '. Un instant on put croire que Ton tenait ! vrai et décisif chef d'accusation. Jésus avait an jour
> Joan., XVill, ».
» Joan.. XVIII, t4.
1 Joan.. XVIII. i4.
* Marc. XIV. W.
• MfTC. XIV, 56. MaU.. XXVI. 50, 00.
jtsos nuint au thibunal d'ajcik kt CAlnos 196
>!e et en trois jours je le referai. » S'emparer de ces ".'S, lesd»! ' ' iir sens elles falsifier dans
~ termes, \ - iliédriles un excelleol moyen
\c faire passer J^'sus ponr on violateur et un ennemi T ' ' , HÏller tontes les susceptibilités et allumer oQtet les colères. Dire en effet au peuple juif qu'on eo Tonlait à son Temple, qu'on se faisait fort le jeter bas cette merveille du monde, dont avant toutes ^ bosea Israël était fier, c'était le blesser dans ses sentilents les plus profonds et exciter en lui d'inexpiables Vinreni donc, après les autres \ deux faux lôins gui déposèrent ainsi : « Nous Itti avons Uendu dire : « je détruirai ce temple bâti de la ... / . fiommeseten trois Jours f en bâtirai unmttre ra pas fait de main d'homme '. Celait tout luire chose que ce qu'avait dit Jésus. J«^sus mettait en (^ne les Juifs eux-m^mes comme destructeurs du ternie qui n'était autre que son propre corps. Ils le meljent à mort et lui s« reMOSciterait. La falsification du >'"-irut à tous et il fut visible que leur déposition radictoire il la fallait abandonner*. Comme ,ui à \'l' • Anne, l'eml^rras régnait parmi les
jnt^es et h ....;...i de Jésus l'accentuait encore davant.-ure *. Aussi Calphe comprit la nécessité de le rompre. " ■ • Kas-tu rien a répon- . ^ , : ■ I 1 Jéttu te taisait tou-
jours. Les accusations se détraisaient asseï «fellet»
I HatL. XXVI«60. Marc. XIV. St. 8».
> If arr . . XIV. 5«, 87 St. MalL. XXVI. et. * Marc.. XIV. M.
» MaU.. XXVl. es. Mare., XIV. et.
196 JÉSUS traîné au TRIBUKAL D'ANNE ET CaIpOE
mômes, el d'ailleurs Jésus par son silence donnait aux siens pour tous les siècles trois précieuses leçons. Une de prudence : devant un tribunal inique et des juges vendus qui épient nos paroles pour y dresser leurs pièges, se taire est toujours le plus sûr. Une de patience : le temps du martyre n'est pas le temps de la doctrine et de renseignement. Une troisième de constance : rien ne montre mieux l'héroïsme d'une victime innocente que son silence au sein de la persécution.
Mais si le silence de Jésus nous servait précieusemfi. il mettait Caîphe et ses complices aux abois. Que faire alors qu'aucun Chef d'accusation ne tenait plus debout ? Il fallait en venir aux grands moyens, obtenir de Jésus une uflirmalion de sa divinité, puis se servir de celte afllrmation pour le présenter au peuple comme le sacri* lègc usurpateur, non plus seulement des droits mais de la nature mémo de Dieu, crime que la mort seule pouvait expier. 0 profondeur des voies divines ! La ruvc de Caîphe nous vaudra la plus explicite el la plus vibrante ^' * 'hrist n'a cessé de nous afllrmer et
*!' . ,1 il est Dieu, mais jamais il n'aura
proclamé sa Divinité dans une circonstance plus suIcm nelle el avec une plus invincible force. Je t'a'f s'àcneCaïp/tt\,au nom du Dieu vivant, de uou si tu es te Fils de Dieu ». Quelle question I Quelle attente ! Ce ne sont pas ces ' ' ' re sont toul» les générations, tous les siè. . entier, qui
lèvent, qui attendent dans la plus poignante anxiété ^ réponse qui sera faite à Caîphe. Le sort du genre humain dépend de celle réponse : affirmative elle nous sauve; négative elle nous laisse aux misères du présent et aux
' MaU., XXVI. «3. Marc, Xlf , M.
ir HKMfMKM M >M>T PIKHRB 197
ti raveilir. Mais n'ayons crainte! Jésus q tu tant qu'il s'est agi de lui seul, parlera main-
nani qu'il s'agit de son Père et de nous. A Caïphe qui ni dit : « Jf t'adjurr, au nom du Dieu virant, diS' nous ai lu es le Fih de Dieu», Jésus répond: tu Cat /' je le suis ! Et franchissant de son regard divin la <iu:>»' des •'it'^cles, il en appelle des humiliations et des doiiliiirs A>' son premier avènement aux gloires et aux «♦•rr.'ui^ «lu >.'( ond. Je vous lediSy un jour > rez
le t'iL de i Homme assis à la droite de la / ^ ' de ieu et venant sur les nuées du Ciel • . Elle était grave foalet Prophètes, annonçant le second IlaHia, ifaient entourée de formidables net. Le Conseil eût dû trembler : il joua une comédie rilège. Le grand Prêtre déchira ses vêtements et écria : * il a blasphémé ! Qu avons-nous besoin de moins ? Vous venez d'entendre le blasphème : que en semble ? — Tous répondirent : il est digne de
Alors commença une abominable scène d'outrages, dool les Sanhédrites, en crachant sur Jésus et en le soafnetlant, donnèrent le signal, en allendanl que la valt'tatlle enlrainàl la Victime pour en faire son jooel et la rouer de coups "
IV. — Une antre scène plus douloureuse in Sanveur venait de te passer dana la cour du palais. Pierre venait, en trois circonstances différentes, de renier plusieurs et plusieurs fois son Maître.
Comment se trouvait- il dans le palais T Au moment
> Marr.. XIV. «,6». MaU.. XXVI, 64.
» M.t! , W VI. «5,6». Marc. XIV, 63,64. » MâU.. WVI. «7 "«r. \IV, «5.
Id8 ut RBNIBIIBIIT DE SAINT l'IKRRE
de U fuite des Apôtres, lui et Jean avaient rebrouss* chemin et s'étaient mis à U suite de la cohorte qui emmenait JésuB : Jean de tout pr^s, Piorrc de plus loin •. Comme Jean avait eu quelques rcliilions avec les gens de Calpbe, on le laissa entrer dans le Palais; quant à Pierre, il resta au dehors', dans la rue. Bientôt cependant, gr&ce à Tinlervenlion de Jean, la porte lui fui ouverte et une servante le laissa passer >, il put s'approcher, mais hélas ! au prix d'un premier renoncement. Car la servante lui ayant dit : «• N'es-iu pas aussi des disciples de cet homme » ? — Non, Je n'en suis pas, répondit Pienre, et il entra *.
La cour était envahie par les gardes, les valets, les gens de la suite des Sanhédrites, et comme la fralchctit de la nuit se faisait sentir, ils avaient allumé du feu cl se chauffaient. C'est vers eux que Pierre se dirigea et assis au milieu d'eux il se < /, attendant
comment tourneraient les chv . .Survint la servanie du Pontife, portiftre de la demeure, qui, ayan^ dévisagé Pierre à la lueur du feu, se prit à dire « Certes oui, tu étais avec Jésus de Nazareth... Ei aux autres : Certainement, il était avec lui » / Pierre nia. « Femme, dit-il, je ne sais ce que tu veux dire, je ne le connais même pas * / »
Le coq se mit à chanter une première fois, pendant que Pierre, pris de peur de plus en plus, quittait le groupe pour regagner la porte. Mais là une autre servante l'arrêta et l'ayant bien considéré, cria aux antres .
' Lnc, XXII, 54.
• MtU.. XXVI. 69. Joan.. XVIII. 16.
*Joan., XVIII. 16.
• Joan.. XVIII. 17.
• Ijjc., XXII. M,86, 37. Marc, XIV, 66,67, 68.
LK HKnSMEKT DB 8AII«T PIEBRB 199
< Cet homme était fwer Jésus de Nazareth* ». A ses
Dé;;alion8 précédenles Pierre ajouta des sermenU. Mais
nie insistait :« fr/ iftit, c'est im de
.. Pierre niait a\ • i .rco et en jurant
avec plus d'éclat. Un valet dit à son tour : « Cest donc
ai que tu es de ces gens là * '^ ■ Nouvelles
1 S nouveaux jurements.
Repoussé de la porte, le malheureux Ap6tre revint au milieu de la cour, près des gens assis autour du foyer. La lutte l'y suivit et avec elle ses lâches défuillunc«s. c ffélais-tu donc pas de ses disciples ? se mit à dire un de ses voisins. — Non Je n'en suispoiîU '.
Près d'une heure durant on le laissa tranquille. Mais ayant en l'imprudence de se m«*ler aux conversations, il réveilla sur lui l'attention. « Assurément, lui dit-on^ tu es de la bande, ton accent te trahit, tu es Galilé^i. Et l'un des valets du Pontife, paretU de celui auquel Pierre avait coupé l'oreille, insista : t Ne t'ai- je pas vu au Jardin avec lui » f » Le péril était plus pressant que jamais, plus que jamais aussi la chute de l'Apôtre se lit profonde. Aux serments succédaient les auathèmes, les blasphèmes ani négations, et toujours pour attester qu : ait pas ce malheureux homme dont
un f, Le coq chantait pour la seconde fois.
A ce moment Jésus sortait de la salie, oh de premiers • •Mirages avaient suivi sa condamnation à mort. On l'entralnnit à l'/fart. pent-ètre dans quelque cachot.
MaU . XXVI. 7J. 71. Marc.XIY. W.
.!..-». H«re XIV, 70. MiU.. XXVI. 73. Joaii.. XVIII.