XXVII. 74. Marc.. XIV
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pour le torturer plus àPÛM. En traversant la cour il jeta sur Pierre un regard douloureux ' : Le troisième chant du coq se faisait ent(>ndre.
Ce regard, ce chant, le souvenir de ce que luiavaii dit Ji''sus : Avant le chant du coq tu m'auras n/ii, trois foiSf bouleversèreul Pierre jusqu'au plus profuini de son (tre; l'épouvante, le remords, la douleur, le repentir, firent irruption dans son âme. Intrépide maintenant, il fendit la foule, força la soKie. et une fois dehors éclata en sanglots et fondit en larmes*.
Dramo navrant ! Mais plus encore leçon salutaire pour les Chrétiens de tous les siècles. Car, n'en doutons pas, si Dieu a permis de telles chutes dans de tels hommes c'est qu'il veut donner au monde un exemple ><
devons sans cesse méditer. D'où vient la Pierre ? De quelle conversion est-elle suivie 7
D'où elle vient? De la présomption d'abord. Pierre à une admirable générosité, à un amour que rien n'arrête, a toujours uni une présomption dangereuse. Rien ne Jui paraît impossible, et l'idée de la fragilité hum ' du besoin absolu que nous avons de la grâce d. semble lui avoir échappé. La même présomption, qui naguère lui faisait dire : « je suis prêt à affronter pour vous la prison et la mort », Tempéche de voir le danger que lui ménage la demeure de Calphe. Par une étrange contradiction, la peur se joint à la témérité, il se met à suivre l'escorte qui entraîne Jésus, mais de loin. Or l'on est perdu, quand on ne suit Jésus que de loinl Une demi vertu est an rempart trop faible contre les assauts de l'ennemi. L'ennemi de Dieu était alors le Pontife, le
' Lur.. XXII, Cl.
• MaU.. XXVI. 75. Marc.. XIY, 7i. Lac, 1X11, «1.
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Pharisien, le Prince des prMres, el, plusieurs fois nous avons constaté chez les Apôtres une terreur vnine à l'endroit de ces chefs réprouvés de Dieu. Pierre pas plus que les autres n'avait l'énergie de braver un Pouvoir lié contre Jésus-Christ, et, quand il pénètre dans le, [•«uuis el 86 mêle à la cohorte ennemie, il s'abandonne à une perte certaine. Ce n'est jamais impunément que l'on fraie avec les impies. La foi m«^me de Pierre esl- • 11e demeurée dans sa force et son intégrité premières? On ec pourrait douter en lisant dans le récit Evangé- '; ;iip, qu'il était là attendant comment les choses tourneraient \. Pouvait-il l'ignorer après que le Sauveur eût annoncé si clairement sa mort, les humiliations et les supplices qui l'accompagneraient? Mais lierre s'était trop habitué à devenir raisonneur, parfois même contradicteur en face des afQrmations les plus formeUes de son Maître.
Préparée ainsi, la chute de Pierre était imminente et elle fbt terrible. On a peine à concevoir un pareil changement dans un Apôtre si souvent admirable. C'est lui qui a donné à Jésus les plus chauds témoignages dV moar, lui qui a, an nom de tous les autres, confessé mafniQquement la Divinité du Christ : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant » ; lui dont le dévouement a précédé sans cesse tous les autres. Et le voilà qui, à la parole d'une femme, d'une servante, tombe jusqu'au plus bas du crime d'apostasie el de reniement, après en avoir parcouru les trois degrés, allant delà négation au serment, du serment au blai^bème. Il ne connaît pas Jésus ! Il ne connaît pas c ce mlférable homme • dont ou lui parle I Et il le Jure avec d'épouvantables imprécations i
• MatL, XXVI. M.
202 OUTEAGBS KT MAOVAIS TRAmCMKNTS CBn CAlpfOI
Hout-on tomber plus bas ? Mais Dieu qai vooUdt, dans la chute de Pierre, nous montrer comment les hautes vertus peuvent s'écrouler, voulait aussi nm: - - ' moins de la conversion la plus admirable. . menc« par son regard. Sans ce regard de Dieu, sans sa grAce, tonte conversion est impossible. Mais air - ''■' il que le pécheur s'émeuve de ce regard et coi àcettegrAce. C'est ce que Pierre fait admirablement. Sa conversion est prompte . 11 ne s'attarde pas, ne demeure pas cbex Calphe, il fuit, il s'enferme dans son repentir. Sa conversion est intime. C'est au plus profond de son ^tro que la contrition se inoutre et agit, ci les flots de larmes que répandent ses yeux ne sont qii' les si^'nes extérieurs du changement de son âme. Kniiii sa conversion est efQcace. Pleurer ses crimes est bien, les réparer est mieux encore. La vie nouvelle de Pierre, in.p « la grotte des pleurs >, consacrée aux
pic ressuscité par une triple confession de
dévouement et d'amour, consommée plus lard par le ini aura été qu'une perpétuelle réparation de sn
fan )• demeurera, pour toute la suite des siècles,
le modèle des pénitents.
V. — C'est en allant à d'épouvantables supplices que Jésus avait c regardé » Pierre et l'avait converti. Les Sanbédrites après l'avoir souffleté eux-mêmes et lui avoir craché au visage ', le livrèrent à une bande de forcenés qui, pendant le reste de la nuit, se ruèrent sur la Victime pour lui faire endurer toat ce que la plus sanguinaire malice peut inventer d'uvunies et do cruautés. Après avoir frappé Jésus à coups de bâtons et de poings,
> MaU.. XXVI. 67. Mare.. XJV. 05.
NOUVKLLB COMPARUTION .M TRIBlffAL DB CAtPflB %3
Us lai arrachèrent la barbe', l'accablèrent de soufflets,
le couvrirent de leur* crachais, lui bandèrent les yeux,
" -ni de coups, en lui disant: Christ, prophé-
fjui fa frappa * / L'oulrape succéilail aux
ble>sures et les blessures à Ponlrage. Il s'est donné
!'rophète? Eh bien nous allons voir! •< Christ,
j. t» donc qui te frappe I > Et ils lui firent subir
des outragea de toutes sortes, en les accompatjnaut
des / '■ -^minables blasphèmes*.
Qti m sein de ces fureurs et de ces supplices
: 1! ' l'iit? Il n'est pas malais»^ de le dire.
J. -u- ,M.ail, Jti.u& t'U^'ifi*'^ ^^ ^hre, J<!'sus savourail l'Apre volupté de souffrir pour nous. Chaque goutte de san^' lavait nos crimes, chaque coup expiait nos voluptés criminelles, chaque outrage guérissait nos orj^ueils, chaque défonnalion de sa suave beauté rétablissait en ;ie que le démon ava ut
— ,-:- iiiasphème nous réapp: ué-
diction et la louange: nous étions, comme l'avait an
!-is par S'- ■ -».
M L... ....... : - lans ses hu: . i aiso
de ses gloires futures et c'est ce visage indignement terre devaient contempler dan»
I et do l'amour.