‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 50 sur 101 · LA DIVINE MORT · texte numérisé non relu

LA DIVINE MORT

\. — I> l'ilate, en se retirant, eut prononcé la

formule < « <• ibis ad Crucem >.' c tu iras à In

• Joan.. XIX. IJ.

> Joaa.. XIX, 13, U.

> Joan.. XIX, 14, 15.

* Jmq.. XIX. 16.

LA VOIS DOULOUHICSB 220

crois », et commandé au Licteur : <• i, Lictor, expedi crurrtn », » « va " n.ircla croU •, les I '

naires s'oroparèi- . el avec la m^me i

cruelle qulls venaient de déployer dans les casernes du Prétoire, lui ' 'renl le manteau de dérision dont on l'avait al! .1 remirent ses vAluments', lui

laissèrent peut-être la couronne d'épines, jetèrent lour> doment la troiv sur ses épaules déchirées, lui passèrent au <-tju la lahlelte «m «Hall écrite sa condamnation, aiiu'tii rent et mirent à sa suite deux criminels qui ihîvaitMit être cnicidés avec loi'; puis le sinistre cortège s'ori;anisa. En tête le centurion à cheval qui ouvrait la marche et contenait la Toule ; quand elle se ruait par ruriosilé ou fureur sur le condamné. Après, les quatre [•'U'ionnaires qui poussaient plutôt qu'ils ne conduisaient J»>us au supiiUro. Ces misérables qui s'étaient fait un jeu de torturer leur Victime dans les cours de l'Antoniu no ce>sirfnt assurément pas leurs outrages et leurs coups !•> i(in;r 'i*' la Voie douloureuse, et Jésus se plaint dans U-s l'saumes ili.s coups de lance dont ils pressaient sa marche chancelante. Eussent-ils ressenti quelque pitié, U'H i'ouiifes et les prèlrw, mêlés au cortège et exhalant plus que jamais leur rage sanguinaire, ne leur eussent pas permis de la faire paraître. Il fallait exténuer de coups (:•■' ' .■ leur avait livré. La populace suivait,

c«i !.taaUsée par Us Pharisiens et qui avait

tant de fols et avec tant de fureur poussé le cri déicide : " Cruciilez-le l Crucifies-le • l Elle accablait Jésus de ses oulrages les plus grossiers, et, passant des uutraget aux voies de fait, jetait sur lui des ordures ou

> MaU., WVII. M. Marc.. W. .«O. Joao., XIX. I«. ' l^oc.. XXIIUM.

f30 LA VOIB DOULOUREUSE

des pierres*. Hélas! Est-ce tout? Le cortège est-il complet? Non. Pécheurs, nous y étions tous, et cVkI la multitude pécheresse de tous les si^^los qui poursuivait et frappait Jésus 1

La roi;' ' -110 de l'Aiiioni;! an (;.il\;tiri'.

cinqceni . maisquVlU-rul hifitilriKMiiinrf

par la piété chrétienne : la Voie Douloureuse ! Jésus, brisé de coups, cxlénué par la sueur de sang et la flagellation, succombant plus encore sous les émotions de la douleur où il permettait à son àroe de s'abîmer, s'avançait avec peine et en chancelant sous le fardeau de sa croix. Les inégalités du terrain, la rapide descente et la rude montée qui lui faisaient franchir le Tyropœon, les brusques détours des rues, l'étroitesse de ces rues où se ruait la foule, entravant sans cesse sa marrhe : tout lui était obstacle, tout lui devenait douleur nouvelle, jusqu'au moment où il franchit la porte judiciaire, sortit de Jérusalem et gagna le Golgotha *.

Pleurons sans doute nos larmes pieuses en suivant Jésus. Mais cependant ne faisons pas que pleurer. Caria ▼ue du Sauveur sortant de la ville chargé de sa croix appelle notre foi vers de sublimes mystères. Sa marche n'est pas que douloureuse, elle est triomphale aussi. « II r^gnera par le bois », avait chanté le P ' La

Croix c'est le sceptre royal de Jésus, c'est li i de

ce Conquérant qui sort de l'étroite enceinte de Jémsalem pour conquérir le monde. La Croix, dit saint Augustin, est le support où repose le Luminaire qui doit éclairer tonte la terre. Jésus sortant de Jérusalem avec

* Lac. XXIII, iT.

• Jotn., XIX. 17.

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M Croix, c*est le Soaverain Juge qui avec elle apparaîtra pour juger loua les hommes.

Ce n'est pas t dans Jérusalem >, c'est hors de son enceinte, que Jésus s'achemine pour mourir. Le bouc émissaire, charg»* des péch»''S d'IsraPl, était chassé hors des murs ; les victimes étaient immolées hors du Camp : toutes Qgures qui annonçaient l'immolation du Sauveur du monde hors de la Cité déicide. Elle est ivprouvée, elle n'est plus digne de posséder en elle la divine Victime. Et nous aussi nous devons t sortir » ; sortir du monde, du péché, de nous-mêmes, et suivre Jésus où il meurt pour nous sauver, hors de la ville déïcide, hors de Jérusalem. Car si à l'heure actuelle l'emplacement du Calvaire est dans les murs, il n'en était pas ainsi au temps de la Passion, quand la troisième enceinte n'avait pas encore été élevée.

Deux criminels marchent à la suite de Jésus. Les Juifs l'ont obtenu pour que l'humiliation du Christ soit complète et qu'il paraisse qu'il est criminel autant qn*ceux qui vont partager son supplice. Ici comme daii'^ tout le cours de la Passion la malice des hommes sert les plus profonds desseins de la sagesse de Dieu. Jésu^ porte les péchés du monde et c'est en les prenant sur lui qu'il nous en décharge. Mais c'est la volonté de Dieu que cette substitution apparaisse au grand jour et que le Ciel et la terre en soiful témoins : « il a été compté parmi les criminels », avait dit le Prophète. Le c«Bur compatissant du Sauveur rt'clamait In infamante. Il lui fallait \eê y

qui ne vivait, ne souffrait, ne mourait que pour leur salut. Qui de nom, malheureux pécheurs, te Uitserait aller an désespoir, quand Jésus nous convie taprès de sa personne divine ? Jénu se mit donc m match

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vers te lieu appelé Calvaire^ ou en hébreux Gnl gotha. Après lui marchaient deux voleurs çui allaient subir la peine de mort ' .

Uno autre consolation nous est donnée dans un autre mystère. Sans doute on nous plaçant au seul point de vue humain, Jrsus «lait assez unt^aiiti et assez chancelant pour ne plus pouvoir porter sa croix. Mais Jésus est le Dieu qui soutient le monde de sa seule parole : nul doute que s'il l'eut voulu, de ses douleurs m^mos eussent jailli des forces sans cesse renouvelées, et qu'il nous eut apparu dans la même vigueur qui le fit se relever de l'agonie du Jardin des Olivts et dire à son entourage : € levez-vous, marchons » I Sur la Voie Douloureuse sa volonté est toute autre et aussi son attitude : il laisse k l'épuisement et à la douleur leurs efTets naturels, il chancelle, il tombe, il lui est impossible de marcher plus avant sans un appui. Cet appui, c'est de nous qu'il le veut. Il nous appelle, il nous convie à In com- ' de ses souffrances pour pouvoir ensuite nous

au parlJige de ses gloires. Il nous donnait déjà bon espoir en permettant que deux voleurs Tacconipa- '" -^' ' *' "' "1 t : en nous laissant prendre sa croix, h ' ~i ': ' ' jM i M il joint la joie et la gloire d'une union plus parfaite encore. Dans Simon de Cyrène nous nous voyons tous représentés. Qu'une autre signification ne iiuiis échappe pas. Simon est un païen, tout au plus un prosélyte, il ne songe nullement à faire partie du triste rl^pe, il voudrait fuir, mais la grâce divine le poursuit jeureustment. La gentilité va prendre auprès de l'IIomne-l)ieu la place que la nation déicide a abandonnée; lans 1 Eglise que les Juifs répudient, les peuples païens

» Joan., XJX, i7, ts.

Cu

LA TOIK DOULOURKUSB i33

▼ont entrer. Comme le cortège sortait de la ville ^ les soldats rencontrèrent un certain Simon do Cyrène, Père d Alexandre et de Rufus, qui revenait de sa mt'tairie. Ils lui mirent sur Cépaule la croix et le forc^rt-nt à la porter derrière Jésus ' .

Quelque peu soulagé Jésus put repreadre sa marche. Mais dans <{u«-l «Hat ! Une se souleuait presque plus. Le *anK inondai l s;i face, tout était blessure sur son corps, cl il n'appat-aibsait plus que comme l'avaient entrevu les Prophètes « homme de douleurs. . . qui de la tète jusqu'aux pieds n'était plus qu'une plaie ». Si durs que fussent les cœurs, plusieurs dans la foule se sentirent à la fln émns de pitié. Même d'un groupe de femmes on entendit sortir des gémissements et des sanglots. Ces cris et ces larmes répondaient précisément à la préoccupation instante du Sauveur, bien plus oppressé par la - que loi causait la perte des âmes que par le seii* ie ses propres tourments. Il s'arrêta pour exhaler à ces femmes la seule profonde affliction de son cœur. \ ■ ' ir moi qu* il faut pleurer y

/ ' mr vous-mêmes et sur

vos enfants. Viendront bientôt des Jours où l'on dira : li- ' ' ' ^fes ! heureuses les entrailles

qui non et la mamelles qui n'ont

pus nourri ! Alors ils commenceront à crier aux montagnes : tombez sur nous ! et aux collines: couvrrz-nous ' Car si les hommes traitent aitisi le bois vert, que sera-t-il fait au bois sec ' ? Jésus prédisait le sac de Jérusalem, les scènes affreuses qui composeraient le drame aanirlant, répouvant«> des victimes et

AI J >l rc, XV. il. MaU., XXVII.32.

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