H revêtus de robes resplendissantes el qui leur di
iirquoi cherchez- vous parmi les morts Celui
ivant? Il n'est plus ici, il est ressuscité. Sou-
venet'Vous de ce qu'il vous disait, étant encore en
ii'ililée : m II faut que le Fils de f homme toit livré
>ntr mains des pécheurs et crucifié et qu'il ressus"
cite le troisièmr jour ' •. Elles se retiraient et allaient
rnrnplir leur message, quand, sur la route, Jésus leur
,\!.;.init. Je rou* salue^ leur dit^il *, el elle» reconnais-
270 AfPARlTlOM DK iÉS»'<? A PIRRRE
sanl celle voix divine, retroavant dans la résurrection Celui qu'elles avaient vu mourir sur la Croii, se proslemèrenl, emb^ass^^ent ses pieds el l'adorèrent. Ne craignez pas. ajouta J«'*sus. main allez dire à mes frèresy qu'Usée rendent en Galilée. Là ils me ver ront '. Fidèles au commandement du Maître, cil* allèrent à Ji^^rusalem trouver les Apôtres et leur dirent Comment elles avaient vu et toucb<^ Jésus ressuscil' d'entre les morts. Mais pas plus que Madeleine, pas pin que Marie mère de Jacques et Salomé, elles ne trouvèren; accueil auprès des ApAlres obstinés à ne pas croire. Leur rérii paraissait rrffef fin rf. f>r,- ,-/ ;/. refusèrent d'y croire '.
Une apparition quidûlt^lre émuliounanle entre toules fut celle que Jésus accorda à Pierre durant la mAmf journée de la Résurrection. Pierre était revenu du tombeau avec la foi à son Mattr»' ressuscité, mais quel tr««ssaillement d'amour, quelles larmes de repentir, quH élan de conflance furent les siens, quand Jésus lui apparut, lui donna le baiser de paix avec la pleine assurance du pardon ! Plus tard, dans les apparitions suivantes Pierre sera magnifiquement promu au gouvernement d< l'Eglise, ici nous aimons à nous v*- ' -r une scène (h larmes, de joie, df dévouement «i u- •,
A un autre point de Jérusalem se déroulait une autre spf-ne d'où no ressortait pas avec moins d'éclat la vérité de la résurrection. Nous avons vu les gardes fuir du tombeau, épouvantés des miracles terriflants qui y avaient suivi la résurrection du Sauveur. Ils s'en vinrent à Jérusalem raconter aux Princes des prêtres tout ce qu'ils
> Matt, XXVUI.S.
• Mau.. XXVIir, 8. Lac. XXIV, U.
» Luc. XXIV, U. I Corinlh., XV, 5.
LBS GARDES CORROMPl .a., r, .*. J71
aTnienl vu. (trand émoi parmi les Sanbédriles. Ces malb(»ur«>ux, enracinés dans le mal, ne songent pas nn instant à se rendre à l'évi " " -'S tant d'anlres prodiges, le pt' ,■ Jésus •^ur avait tant de fois prédit, à se jeter enHn anx pieds ' qu'ils avaient mis à mort et qui reparais- 1 de vie. Non! leur unique préoccupation est l'étouffer la vérité, fût-ce sous les plus invraisemblables * iS et le< plus maladroits mensonges. lis se t m Conseil avec les Anciens du peuple, et 'iprès en avoir délibéré ils donnèrent aux légion- -—PS une grosse somme dT argent avec cette con- : dites que set disciples sont venus peneUmt la nutt et durant votre sommeil et Font enlevé '. Et ils ne trouvèrent pour échapper à la réalité de la Résurrection •{IIP r'ite ineptie. Ce sont des endormis qu'ils offrent (uinine témoins! C'est un acte absolument impossible,
'< ' d'ailleurs par les faits, qu'ils opposent an
Mi Im confond! Car enfln prêter aux Apôtres la
\ ^ re pour enlever le corps, c'est
lîiv. - .iii'.dv.-. 1 1 V 1.^ fuyards en béros capables des
p'ii- I : les exploits. Impossible en effet d'approcher
'lure une garde vigilante; plus impos-
as être vu* et entendus, de rouler
l'énorme pierre, de pénétrer dans le sépulcre, d'enlever I les bandelettes et de les soigneusement ^porter le corps : tout cela an roiliea des légionnaires auxquels la consigne la plus sévère a été loti! ■ voulnsset^ ' ' ' iivaient;et,
iii.iiv -quetrof. - ne le vou-
laient pas, mais ils n'y songeaient nullement. Us
• Matt.. XXVIll, 11. ft,IS. 14.
272 APPARITION DE JÊSOS AUX DISCIPLES O'RMMAOS
ploiiraient leur Maître et, avec lui, leurs espérances déçues et restaient enfermés dans une désolation morne et inerte. Aussi les Juifs étaient les premiers à ne pas croire à la fable qu'ils mettaient en circulation, mais il fallait à tout prix tromper le peuple et lui donner \*i change sur le miracle de la îlésurrection. Que lirent-ils ? Ils employèrent ce quia perpétuellement réussi : l'argent et le mensonge. Les soldats prirent targerU et firent ce qu'on leur avait dit '. Ils le prirent d'autant plus aisément qu'on les mettait à couvert du c<ité de PUale. Si leur avaient dit les Sanbédrites, Pilote vient à savoir quelque chone, nous le f/agnerons et nous vous mettrons àVabri de tout châtiment *. Tour le peuple on sait avec quelle facilité on lui fait croire les plus invraist'i " ■ ■ ■ - cboses. Cette fable, mnlinue l'Evangile, se réi parmi les Juifs et aujourd'hui encore on la
colporte *. Les Evangélistes disent tout, sans jamairien di ' . D'ailleurs que pouvait celte fabledevanl
une it\ '\ alors que la Judée, l'Orient, le monde,
furent bienU^t remplis de l'Evangile, et en adoration devant rHomme-Dieu ressuscité?
Une quatrième apparition nous fera pénétrerau vif dans l'étrange incrédulité des Apôtres et des disciples : élrangren effet, après la multitude des «euvres par lesqii' " Jésus-Christ avait prouvé sa Divinité, après les prt'j ties si claires qu'il avait faites de sa Passion et de sa Résurrection, après le témoignage des premiers témoins oculaires qui venaient de le revoir plein de vie. Maitelle est la fragilité de la nature, telle aussi sa stupeur instinctive quand elle est en face du surnaturel et du
' Malt.. XXVIII, 15.
« MalU, XXVIII, 13. 14.
> ll.iii. v\ V III i*;
ArPARITION HK JKSUS AUX DISCIPLKS Ii'EMMAOS 273
il vin. Disons aussi que le plus profond dessein de la Divine Sagesse étail d'employer la longue incn'>dulit<^ des Apôlres comme fondement solide à notre foi. i'rumpls à
roire. nous eussions suspecté leur adhésion au Mystère; ils nous fussent apparus comme hommes de peu de raisonnement et de critique; au contraire leur refus de croire
blJL^e les preuves à se multiplier et nos propres hésit ti MIS à se laisser vaincre par l'évidence.
Df u\ de ces Disciples incrédules avaient pris, vers le soir, la route d'un bourg nommé Emmaûs. Leur langage, met à nu l'état de leur âme. Leur amour pour Jésus a fait naître en eux une tristesse mortelle après le drame sanglant du Calvaire. A cette tristesse se mêle une amèrc d 'ni qu'ils aimaient ils le regardaient
( ir d'un puissant empire et le libérateur
']ui les arracherait au joug des Romains; et voilà que l'impuissance l'avait terrassé, la mort avait brisé tous les espoirs qu'il avait fait naître, et il ne restait plus d'une si brillante carrière qu'un sanglant souvenir ! Qu"il '■'" f^ : . que sa Passion eût été un holocauste volontaire, :t la Rédemption du monde : ils n'en avaient
is la moindre idée. Us avaient néanmoins à leur acquit
qu'ils cheminaient loin de la foule, à l'écart, et que leur
àme était comme leurs paroles pleine de Jésus. lis s'en-
trftiuntent de ce qui venait de se passera A un endroit
■ ruule, Jésus les aborde et se met à marcher à leurs
, mais sans se faire reconnaître. Ne voit pas Jésus-
t qui veut I lU ne méritaient pas encore d'en avoir la
— y.i vivifiante et um force supérieure tenait leurs
/rujcvoiirs*. Il plaisait d'ailleurs au Sauveur dVclaircr
» Luc, XMV. t . 1
» M»ix.. Wl. ti 1 V . XXIV. 15.
tl^ APPARITION DB JÉSUS AUX DISCIPLES o'bMMaOs
peu à peu leur inlelligencc et de disposer leur r4Bur. De quoi vous efUrelenez-vous ainsi durant le chemin^ leur dnnnnda-t-il, et tr ' /s vient d'être tristes? — Etes-vous si cumfji / étran/er dans Jérusa-
lentt répondit l'un d'eux^ C/éopas, que vous fie sachiez ce qui s'y est passé ces Jours-ci'/ — Quoi donc? fit Jésus. — Mais Jésus de Nazareth, répartent-ils ; ce Jtsus qui fut un prophète puissant en œuvres et en parole> devant Dieu et devant tout le peuple. Et voici qu'il a été livré par nos prêtres et nos princes^ condamné ù mort et crucifié '. Voilà bien ces lourds cerveaux et cv> épaisses inlelligeaces ! Ils sont disciples de Jésus, il> ont tout vu, tout entendu, la Divinité du Christ a jaiili de tout Lui-même, plus lumineuse que Téclat dus et il n'est pour eux qu' c un prophète t. 11 leur a pii i,.i qu'il devait être livré, soulTrir et mourir, et de cette annonce faite d'avance ils ne savent pas conclure à In p indépendance de Celui qui se livrait vulontaircmeiil u . . mort. Bien plus, ils sont au courant des apparitions qui vit • remplir la journée presque entière. // // n
bui , . j lies femmes qui sont des nôtres quinuu> otU effrayés. Elles sont allées dès C aurore d son tombeau, n'y ont plus trouvé son corps ^ mais, ainM quelles nous l'ont redite elles ont vu des Aiiqc< qui leur ont affirmé qu'il était vivant^.
r ' M, quelques mois vi'
U" Uicle à la foi en JcM
dans les intelligences Juives; c'est un Jésus Iriomphateui élincelanl de gloire qu'il leur faut; la i folie de ! les déconcerte. Nous espérions qu'il serait le I. jj-
I Luc, XXIV, 17-».
^Luc, X\IV,tl-».
' ur Whraèiy et voilà déjà le troisième jour que tout t terminée Soit encore qu'ils n'aient eu dans les pieuses femmes qu'une contiance umoindiie, mais ils suveul que deux d'entre eux, Pierre el Jeun, oui vu les mêmes choses et fait le même récit. Quelques-um des nôtres se sont rendus au Sépulcre^ ont trouva les choses en CHat où le> femmes les avaient vues ; mais Lui ils ne Cont pas trouvé*.
A ce moment, le bon Mallre vient au secours d'une >i grande misère intelleclueMe. 11 les caléchisera patiemment, mais il commence par secouer leur torpeur. 0 intelligences fermées! O cœurs rebelles aux enseignements des Prophètes ' / Celte exclamation poussée, Jésus leur ouvre le plan entier de la Rédemption : comment le monde prévaricateur devait payer à Dieu la dette de lu souffrance et de la mort; comment le Fils de Dieu s'éluil chargé de cette dette; comment il devait, comme homme, conqaérir sur la croix sa gloire éternelle, et comment nous la conquérons nous-mêmes pur la Toi et les œuvres, '♦•nces fermées !... Ne fallait-il pas que le nffrit pour entrer dans sa gloire \ et nous y • r avec lui? Et qui nous prouve la réalité d'une l>. î i-lion? Oui noua prouve que Jésus-<
••- I . , a souffert, qu'il est mort, qu'il u . icbetés en Dieu t Sa préexistence dans tons les siècles, sa action dans î ipaoage d'un I' / /lètes^ en commençant par Mohe^ Jésus leur expliqua ut ce que les Ecritures ont raconté du Christ*.
ik
276 APPARITION UB JÉSUS AUX APÔTRES HÉUII18 AU CfoACLP.
Sa parole iUuminail el échauffait, préparant Tacle de foi qui oHt tout ensemble un acte de l'esprit et de la volonté. Les deux Disciples ne pouvaient plus quitter TEtranger qui les captivait en les sauctiliaut, et quand^ à l'entrée du bourg, Jésus feignit de continuer sa route ils le contraignirent de demeurer avec eux. lise fait tard, le Jour est sur son déclin^ lui dirent-ils, demeurez avec nous * . Oh 1 qu'il fait bon, quand Tombre de la nuit pèse sur notre foi, que les dangers de l'obscurité s'approchent, ou que l'aflliclion nous plonge dans de désolantes ténèbres, qu'il fait bon avoir Jésut. avec nous Jésus entra donc avec eux. Pendant qu'ils étaient n table il prit le pain et le bénit, puis Fayant rompu il le leur présenta. Alors leurs y» rirent et Ha le
reconnurent '. C'est l'effet de I'Ll, ue ; elle achève d'illuminer nos &mes et Jésus se révélera toujours aux cœurs purs qui le reçoivent. S'éloigner de la Table Sainte, c'est perdre peu à peu les traces du Seigneur, ne plus le voir, ne plus conserver avec lui que des relations ! - et froides, et, à î " ' r
étrangers. • isloire de tant de > . '-
quants; c'est l'histoire plus frappante encore de l'hérésie qui a répudié le Sacrement et « vit sans Christ en ce monde ».
Jésus ne resta pas plus longtemps avec les Disciples ; il disparut à leurs regards '. Mais ce qui resta de lui est ce qui nous reste d'une bonne Communion : la piété et le zèle. Ib se disaient Cun à Faulre : « n'est-il pas vrai que notre cœur était brûlant en nous-mêmes lorsqu'il nous parlait en chemin et quil nous révélait le sens
• Luc., XXIV, tO.
» Lac. XXIV, 30-31.
» Luc, XXIV, 31.
I PARITtOn DE JÉSLS AUX APATRES RÉUNIS AU CÉMACLB 371
* Ecritures*? Mais la piélé ne va pas sans le zèle ; i" ' éprise de Jésus duvienl apôtre, elle ne pt... ..... pour cUe-nn'^me la joie qui la remplit,
il loi faut la faire partaf^er à d'autres. Sur Cheure mhnr ih se (• la route de Jcru-
salem pour y i'
11 faisait nuit quand ils rentrèrent. Les onze étaient r, * ' n et avec eux d'autres Disci-
p. I i'iu fermées par crainte des
tifs. K peine enirés, vraiment, s'écria-t'On, le Sei- <jn nseité et il est apparu à Simon. Et
m ./• racontèrent ce qui leur était arrivé en
hemin et comment ils avaient recoimu Jésus à la fraction du pain •. Mais leur récit qui eut dA conflrmer la foi commune ne (it que réveiller la défiance :
hi ne les crut pas *. yen le milieu du repas qu'ils prenaient tous ensemble, Jésus apparut. Cest la dernière de» apparitions du jour même où le Sauveur res- •uscila, et elle est plus solennelle, plus significative que les autres, à raison de ceux à qui elle est accordée, du dogme qui t>\' précise, des pouvoirs qui y sont
ransmis. C'est à ses Apôtres, sauf Thomas. ' 'is
Itparalt, à ceux qui fonderont l'KgUse, qui t . .:^e-
•nirunirers, qui annonceront partout la Hésurreclion,
ut pour la prouver les plus étoonanles
^us les trouve abattus et tristes, tremblants
de leurs ennemis, Qottants encore et mobiles
foi. U importe de les fortifier et de les
Ce qui les trouble en ce moment et les jette dans
* Lue.. XXIV. 3»<u.
* Uc. \XIV, M.
* Marc., XVI. 13.
2^8 APPARITION DK jéSUS AUX AH<>TRES RÉUrtlS AU CÉNACLE
Tefft'oi c'est la venue de Jésus les portes ciosfs <. C'est donc un fantôme qui leur npp.-iraJt ! DofU leur trouble et leur effroi ils croyaient voir un esprit. — Pourquoi de telles pensées viennent-elles dans r*cœurs? fiegardez mes pieds et mes maitis, c'est biri moi. Touchez et considérez qu'un esprit na nichait, ni os comme vous voyez que fai*. El il leur montrait ses mains, son côté et ses pieds. Tout d'abord, ils éclatèrent en transports de joie. Ils semblaient comprendre que si le Corps ressuscité du Sauveur <^t»it doué de qualités et de puissances nouvelles, s'il avait dépouillé les faiblesses d'une cbair mortelle, il n'en restait pas moins son vrai Corps. Ils touchaient ccU< cbair, ils contemplaient ces blessures. CV i
Et pourtant rbésilation renaissait, les oL^ ..... ui :. talent à leur pensée et faisaient fléchir leur foi. Jésus condescendit à de nouvelles preuves, Avez-vous^ ici, leur dit-ily quelque chose à manger? Un morceau de poisson rôti et un rayon de miel se trouvaient sur la table. Il en mangea, puis pretiant les restes, il If s leur distribua ^ Non certes qn'il fut accessible à In faim, mais il prouvait ainsi plus amplement la réalit< de sa cbair. Mais il lui fallait plus encore qo'assurer d éclairer leur foi, il voulait leur appliquer le suprême bienfait de sa rédemption qui est la rentrée en grâce de l'homme coupable, sa réconciliation avec Dieu, sa sécurité présente et ses assurances d'avenir. Par deux fois il leur dit : La paix soit avec vous * / La paix, signe de pardon qu'il accordait à leur incrédulité pré-
* Joan., XXI, 19.
* Joan , XXI, 10. Marc.. XVI, 14. Joan., XXI, 10. > Luc. XXIV, 41, 41, 43.
* Lac XXIV, 36. Joaa., IXl. 19.
^t»t•ARlnO^« IHI JBSrS AIX AI'ÔTRK» »r.i ,.< a. v.r.NA.ur. J79
<I«'nle, la paix qu'il faisait passer dans leur &me en
iDt le trouble et la tristesse, la paix devant les
le la puissance divine saurait
• j . inoignant aux siens tant de
ollicitude et de tendresse, ne voulut pas, néanmoins,
" re que leur incrédulité lui
Un la dureté de leur coeur
parce qutls rCavaierU pas vêulu croire ceux qui
Caviif iscité*.
La iitoment le plus solennel de Tappari-
on, quand Jésus institua le Sacrement de pénitence,
(innt 11 (ionna à ses Apôtres et à leurs successeurs
ra>inu:<i-iration. Pour montrer qu'une telle puissance
Devient que de Dieu seul, qu'une telle grâce ne peut jaillir
que de l'R- - * V" -*r4ce. qu'une telle mission ne peut Atre
que le pr< :it de sa propre mission sur la terre :
Comme mon Père, dit-il, m'a envoyé., moi-même je
>/>; puis il souffla sur eux et ajouta : recevez
^'lint. Les péchés que vous remettre* seront
rmt^. i'eur que vous retiendrez seront retentis •.
Quelle diu'nilé d'une part ! Quelle grâce de l'autre !
L'homme est investi de la puissance divine, le 'pn^tre
>t un dieu sur la terre. Comme Dieu, avec Dieu,
.. ouvre le ciel, il le ferme ; il ferme l'enfer, il le
laisse b^ant, selon qu'il absout le pécheur ou refuse de
l'absoudre. Ce qu'aucune paJSMOce au monde, aurun
monarque, aucun potentat M possède, le prêtre l'a
!itre les mains, et c'est lui qui dans l'absolue vérité du
mot es{ Inrhitre de la vie et de la mort. Mais, quelle
trrhce au>si ! l/amnif«tie est en permanence sur notre
' M-irr.. XVI. U.
» MjII . XVVIII. IH. Jo.tti., XXI. îl. îi ti
280 NOUVKLLK APPARITÎftl» Ï»R jftsrS AU CÉNACLK
terre pécheresse, le Sang divin est versé à flots sur les Ames par le minislt'^re sacerdotal, et désormais ceux-là seuls périront qui voudront pt*rir.
Telles furent les apparitions qui rempiircm w jour entier de la Résurrection. Jt'-sus se montra successivement à Marie- Madeleine, aux saintes femmes, à Pierraux disciples d'KmmaOs, aux ApAtros assemblés, tu seul, le plus incrédule de tous, Thomas, n'avait pas vu le Sauveur ressuscité'. Et c'est à lui que, huit iours plus tard, à Jérusalem même, Jésus daignera apparaîtra
m. — Dieu permet non seulement les a(f\'u' qui arrivent à ses Saints, mais même aussi leurs fauir., , il les permet parce qu'elles montrent jusqu'à quel point sa bonté et sa patience se prodiguent, il les fait de plus servira notre instruction. Quelles larmes pénitentes n fait couler l'histoire d'un David adultère, et de quel désespoirs elle a retiré ceux qui ayant grièvement i se croyaient à jamais perdus ! .Xinsi en fut-il de lii dulité de Thomas : nous y découvrons les vices où notre foi peut choir ; mais surtout l'infinie bonté du Sauveur qui nous secoure dans nos pires défaillances. Thomas pèche deux fois dans son obstination à ne pas croire . D'abord il repousse le témoignage d'autrui, ne voyant pas qu'une foule de connaissances et de vérités, dans l'ordre naturel comme dans l'ordre surnaturel, ne n«ii parviennent que transmises par le témoignage. L'adhésion au témoignage enlevée, que nous reslera-t-il des vérités les plus essentielles ? Ou bien prétendons-noti remplir à nous seuls le temps et l'espace pour tout voir toul entendre, tout contrôler par nous-mêmes ? Unf
> Join., XXI. S4.
JIOIVELLE APPAIUTION DK JKSL'S AU CÉNACLK 281
autm prvttMUion déraisonnable de Tbumas esl de n'admellre comme véridique que ce qui se voit et se touche, <*mme si la vérité ne nous parvenait pas par bien d'aues i!»sues. Or, Thomas, surnommé Didyme, l'un '/f's douze, n'était pas avec les autres quand Jésus leur appartit. «< Nous avons vu le beigneur », lui 'firent les A pâtres. Et lui de répondre: Si je ne ' ois dans ses mains Couverture des clous et ne / '/ doigt dans cette ouverture ; si je ne mets
.i // dans son côté je ne croirai point *. Jésus
aira pitié de son infldèle Ap<Mre, mais cette pitié devieo-
•i.»lre salut pour nous-mêmes. Plus Thomas doute et
.: «e rendre compte, plus Jésus satisfait à ses exigen-
< et, plus le mystère de la Résurrection s'illumine pour
\ ' tu comment, deve-
i , pour traverser les
' orps les plus durs, la chair ressuscitée n'en reste pas
: /[ iM<*, ne changeant pas de nature, changeant
1 • mode et de qualité. Huit Jours après,
rs Apôtres étaient encore dans le même lieu. Les
'' 0 étaient fermées. De nouveau Jésus apportât,
ut, au milieu d'eux *. Après leur avoir donné son
alui habituel: • La paix soit avec vous!» 11 s'a-
-r T f mas: « Mets ici ton doigt et vois mes
I ,>ioche ta main rt en f once-là dans mon
et ne sois plus incrédule mais fidèle *. Eperdu,
de lui, transporté autant de joie que de repentir,
mas ne songe plus qu*à une chose tomber aux pieds
il)- Ji sus rt l'adorer comme son Dieu. Sa foi est anienle,
artivnte aussi u piété; il a douté longt«''iM>** miis ^a
< .l<ur) . XXI il, tS.
• )..!„ . \\| it\. 77.
» Jo.n.. X\l, *i. r.
282 LBS AFTAHITID» K^ <.ALII.KK. LA l'HRMIÈRK
foi répare maintenant par sa vivaciu- les coupables lenteur» qu'elle mit à <^clore : <• Mon Seigneur et mon Dieu ', s'écrie-t-il !
Tout heureux fut-on de voir et de toucher, il en est de plus heureux encore, et ces plus heureux, ces privilégiés, c'est nous-m/^mes. Nous possjWlons le Sauveur autant que le possédait Thomas au moment où il se jetait à ses pieds ; nous vivons avec lui, nous le visitons dans sa demeure, nous nous nonrrisons de sa chair et de son sang, il se fait ThAte de nos âmes, il s'unit jusqu'à n'être plus qu'un avec nous. Et ces réalités sublimes sont m '~ [>ar le mérite < '
M Part' ^ ./ un, tu as cru, i
Bienheureux ceux qui croient et ne voient pas*. Qu'il est réconfortant et doux d'entendre notre b >' tude aflirmée par Dieu môme, et d'avoir la penpe< des inénarrables suites de nos actes de foi !
C'est désormais en Galilée que se montrera le Sauveur ressuscité, et il ne retournera plus à Jérusalem que pour son Ascension glorieuse.
IV. — Les Ap<^t^e8, les Disciples, un grand nombre de Galiléens, étaient demeurés à Jérusalem durant l<s huit jours que duraient les fêles de la Pâque. Les fêtes terminées ils eurent hâte de se rendre en Galilée, selon le message des Anges et l'ordre que le Seigneur leur en avait donné. Là ils me verront, avait dit Jésus *. Lh en effet, durant trente jours, les apparitions se multiplièrent *, et bien que l'Evangile n'en rapporte qu'un
> Joan., XXI, 18.
« Jo.in , XXI. ».
' MaU.. XXVIII, 7, 10.
* Joilll \\ i<> il
LKS ArPAiUTIo>«. E\ (..Mii.KK. L* PRF3CTÈRE 283
petit nuinbre, il nous laisse bien entendre qu'elles furent nombreuses, et par saint Paul nous savons qu'elles n'étaient pas aor()rd«^«>8 seulement aux Apôtres, mais parfois h la multitude des Disciples * . Parfois aussi à un seul
omme il arriva à saint Jacques le mineur, cousin du "sauveur*.
Nous pouvons dire néanmoins que les principales,
»'lies où étaient données les inslruclions relatives à l'Eglise, et où les pouvoirs étaient conférés, regardèrent les seuls Apôtres.
A peine rentrés en Galilée sept d'entre eux conversèrent longuement avec le Sauveur sur les bords du Lac. La Galilée se pnHait mieux que la Judée à ces
jiparilions. C'était la patrie de presque tous les Apôtres, la [i ' Ue des merveilles et des enseignements de --Dieu, où chaque grève, chaque pli des montagnes, renfermait un souvenir. Et puis l'éloignement des Sanhédritcs rendait aux Ames la s(''curilé et le calme que leur enlevait Jérusalem. La première apparition se fit dans let circonstances suivantes, et elle fut n V i sept des Apôtres : Simon- Pirrrr, Thomas, uii' IH(iym(\ Nnlhaïuirl <lr Ca/ia en Galilée^ les fils de lébèdéeet deux autres * que l'EvangiV — .......... Nous les trouvons tous les sept dans
U!. s h pécher. Au temps du Sauveur
la vie quolidiiMine leur était garantie ; lui disparu, il fallait se pourvoir. N'avait-elle pas aussi une signilication mystique cette pèche des Apôtres? Ne préflgurait-ello pas larapture des âmes que devaient, sur l'ordre et à la suite 'î^ Pierre, accomplir ce* < p^rhours d*hommes .. ' s*/.
' I «'.oriolh.. XT, 7.
' I lonnlh ,XV, 7.
< JuAll . \\l. I. t.
284 LRS APPARITIONS EN GAlILÉR. LA PRKMIÈRE
mon leur du : je v,i ' ' \'
toi, répondirent le
surgissent de celle scène si simple. S'ils semblenl abandonner leur apostolat pour un labeur matériel, ne voyons là ni désillusion, ni abandon, ni incroyance : c'est le légitime usage d'un devoir et d'un droit. Sans doute le pri^tredoit vivre de l'Autol, mais si des circonstances surviennent qui le privent des ressources de l'Au tel, le prMre peut et doit se créer par im travail quelconque le nécessaire à sa vie. Saint Mathieu, une fois apôtre de Jésus-Christ, ne retournera pas sans doute h son comptoir d'iniqiiilé, mais nos pi'cheurs pâli' demanderont à un métier honorable une légitime sul> ; tance. Ainsi le prêtre, pour subvenir à ses besoins, et sans négliger le ministère des Ames, s'adonnera pour vivre à quelque labeur permis. Saint Paul ne muntrailil pas au clergé d'Ëphése avec une noble flerté ses mains qu'un dur travail avait durcies?
Voyons mieux encore qu'une leçon de travail dans ces AptMres péchant sur le Lac de Galilée : il nous apparaissent comme un glorieux symbole du ^ " r tholique. Ils vont en haute mer, ils quiti avec ses villas charmantes ou ses cités tumultueuses. C'est en se st'parant du monde, de la chair, des dissipa lions et des voluptés que le prêtre peut prétendre à l.i conquête des Ames. Ils sont réunis dans la mémr barque ; l'isolement leur rendrait tout travail fructi; impossible. Que sommes-nous dès que nous strloi. l'Eglise, sinon des unités réduites à l'impuissance ? M m aussi que sommes-nous sans la grAce ? Que pou\oii5noQs sans Jésus-Christ? Apprenons-le des pécheurs
• ioan., XXI, 3.
LES APPARITIONS EN C, KUl(:K. LA PRIMIÉRB 285
rT.!;i.A.-5 ;/< sortirent, montèrent dans la barque, :te nuit là ils ne prirent rien •. Leur travail ne cicviiil fécond qu'à l'apparilion de Jésus. Dis le point du Jour Jésus parut sur le rivage sans que ses disciples le reconnussent'. Durant sa vie mortelle le Sauveur avail aussi rendu iniraculeus<) la pèche de ses Apùlres. mais ces deux miracles diffèrent dans plusieurs de leurs circonstances. Naguère Jésus était, non plus sur li> rivage, mais sur les flots mobiles ; non plus dans la ferme et immuable éternité, mais au sein des fluctuations de la Tie passible. Ils ne le reconnurent pas, note TEvan^ile. Jésus ne nous apparaît pas tel qu'il est durant le temps où nous sommes sur la mer de ce monde. Néanmoins il nous est facile, comme il le fut * ^ ApAtres, de connaître S4 présence et son action. I is est tout dans notre àme^ dans le monde, dans l'Eglise; hors de lui l'impuissance, avec lui la force et la ' ' 'jue nous le «1 tis sans
/' ' Jésus leur a m : mes
rnfanls, n'avez-vous rien à manger ? — Bien, répon- ■ nt-ils. — Lancez le filet à droite de In ' ■■ ft
trouverez '. Pourquoi « à droite »? < lie
tu I meuleuse n'est plus, comme la première, l'image de l'fiflise militanto qui. renfermant en elle bons et aécbantK. le» rerueillc à droite et à gauche indifl'éremment. C'est ici l'Eglise triomphante et la capture des -'"■•''« Eln» qui sont représentés : c'est donc « à la !•> • que nous les devons voir; c'est à ceux qui seniiii « à sa droite • quo Jésus-Christ dira : « Venex !«is bénis de mon Père. • L'ordre donné par l'Inconnu
' Jnan . XXI. S.
> Jeun . XXI. 4.
' Jo.^n . XXI, 5. 6.
286 LRS APPARITIOtlS W GALILÉK. LA PBniiDIS
avec nne telle nssurance fui une prcmi^^e révélation pour les Apôtres •]iii ne pouvaient pa>< ne pas se souvenir de la première pèche, annoncée presque dans les mêmes termes. Le miracle acheva de dp'?siller leurs yeux. Ils lancèrent donc le filet et ne pouvaient jtt us le tirer, tant il était chargé de poissons. Alors A- Disciple que Jésus aimaiJ dit à Pierre : c Cest leSei ffneur* l * Les deux Apôtres, Jean et Pierre, nous apparaissent sous les traits qui les distinguent : Jean au regard plus perçant, Pierre à l'&me plus ardente, à l'amour plus impétueux. Savoir son Maître si près de lui, sans l'aller retrouver, semble insupportable à Pierre qui se jette à la mer et va rejoindre Jésus au rivage, avaut que les autres y puissent attérir. Simon-Pierre eut a peine su que c'était le Seigneur, qu'il se couvrit dr son manteau {car il s'en était dépouillé) et se jeta à teau *. Chez les autres l'amour et la foi, quoique très véritables, ont moins d'ardour; ils suivent à forc' < rames en trainnnt leur lilel. Comme la barque n'riaii distante du rivage que d'environ deux cents coudées, les autres disciples abordèrent à la rame trafnant après eux le filet plein de poissons *,
Ils avaient reconnu Jésus au déploiement de sa puissance, ils eussent pu le reconnaître à la délicate tendresse de son coeur. Pendant leur labeur en pleine mer. Jésus sur le rivage leur avait préparé leur repas. Par un miracle plus éclatant que ceux de sa vie mortelle, il avait, non plus multiplié seulement une nourriture préexistante, mais tiré du néant les mets qu'il leur présentait : un poisson *et du pain. Sa sollicitude ne leur
• Join.,XXl.7.
» Joao.. XXI. 7.
LKSjAIi'ARmOMS KN GALILÉB. LA PfUEMlftBB iSI
avait pas m(^ine laissé le soin de sa cuisson, mais ils truuvèreul le poisson prt^l à Hre maug<'^. Di's qu'ils furent descendus à terre ils virent des charbons allumés, un poisson dessus et du pain '. Jésus nourrissail les corps dec«s mets miraculeux ; quant aux &mes elles n'ont d'autre nourriture que Lui-môme. Lui-même est « le Pain vivant », Lui-même aussi se représente sous le symbole de ce c poisson passé au feu », lai que les ardeurs de l'amour embrasèrent et qui passa par le feu de sa Passion. Le rassasiement des âmes et leur alimentation viennent-ils de Dieu seul ? Non ; nous croissons en ^'r&ce pour le salut par notre libre coopération, u Dieu qui nous a créés seul, ne veut pas seul nous sauver ». l*-8us avait préparé le commencement d'un repas, c'était I res à le compléter. Jésus leur dit : a Appor-
^ poissons que vous venez de prendre. Sinton- J'ierre courut à la barque et amena à terre le filet rrtnftii o'i ■ >■ trois gros pnissotts"*. Dans
raulrt" p< , u* compte des poissons n'est
pas fait et ne pouvait l'être puisque les apostasies et les conversions modiilent sans cesse le nombre des fidèles : Ici il s'agit des Elus dont le nombre est fixé et connu de Dieu. Si dans la première pêche le filet « se rompait », c'est qu'il fallait prophétiser les schismes et les hérésies dont serait désolée l'KKliM; militante. Dans sa vie triomphante il n'est plus question de ces défections douloureuses, aussi le filet ne se rompt pas. Maigri ce poids énorme le filet ne se rompit point '.
Venez et mangeM \ dit alors Jésns. La Joie était
1 JoaD..XXI. 9.
• J«jao..XXI. 10. > Joan.XXI. II.
• Joait.. XXI. 11
2Hh l-»> AITAlU 1 |ii>> r.y iiM.il.r.i.. l. \ nu Mil. tu
grande parmi ces heureux convives, mais elle était contenue par une mystérieuse terreur. Jésus n'était plus l'hâte de naguère, avec lequel ses Apûtres s'étaient lialii tués à traiter familièrement. Un retlet du monde supérieur donnait à son aspect une majesté nouvelle ; il était du monde d'en haut, et sa Divinité empruntait de sa résurrection un éclat inconnu. Le silence Tut la seule marque de respect et d'adoration que purent donner les -\p«'«tres, sachant bien qu'ils avaient devanlcux IHomm»'- Dieu leur Maître, désirant en même temps en avoir l'assurance de sa propre bouche, mais n'osant pas interroger Ils s'assirent, mais aucun d'eux n'osa luideinatidci : « qui l'tes-vous ? »», sachant bien en effet que t'rtaii le Seigneur, ils l'adoraient en silence, et, lui unissant à sa divine Grandeur la plus condescendante bonté, lefe servait de sa main : Jésus s'approcha, prit du pain et le leur donna^ e/, de même leur partagea le poisson •.
Celait la troisième appandon aux A poires drjnti^ sa résurrection d'entre h-s morts '. La seconde, ai. Cénacle, avait été marquée i>ar les divins pouvoirs donnés au Sacerdoce C.atholique de remettre les péchés ; la troisième, en (ialilée, vit se constituer le gouvernement de l'Eglise et s'ériger le Pontificat Suprême. IMusieurs fois, durant sa vie mortelle, Jésus-Christ avait laissé entendre qu'il ferait reposer son Eglise sur un fond» ment unique, qu'elle aurait un chef suprême duquel tous les membres, jusqu'aux plus élevés dans la hiérarchie sainte, tireraient tous leurs pouvoirs. S'adressant à Simon : « Tu es pierre, avait-il dit, et sur celte pierre
> Joan.. XXI. 11. 13.
* Joan.. XXI. ii.
'K SOt'VBRAUV PONTinCAT DANS L'ÊGLISE 289
' >. A la C('ue il lui avait donné ji u; riner ses frères dans la foi. Dieu
voulait tout ramener en un seul.
Ce plan divin 1 heure est venue où Ji-mis le it- anse.
Devant U)us les autres il interpelle Pierre : Simon ^
/HsdeJeart, tu' ai mr s- tu plus que ceux-ci? L'amer sou-
V • ir du renieineiil perçait dans ces paroles, et s'acceu-
i mieux encore duns la Iriple interpellation qui cor-
; •>ndait au triple renoncement do Pierre. Mais elles
I • nt surtout l'annonce au clergé catholique que le Sacer- : •- devait, pour se soutenir, être fondé sur l'amour, le liuublc amour de Dieu et des &mes, amour sans lequel aucune fonction sacerdotale n'a de vie, aucun ministère n'a plus de désintéressement et d'héroïsme; amour qui doit surpasser l'amour de tous les autres : o plus his ».
Combien Pierre est changé I Ce n'est plus l'impétueux Apôtre dont la présomption causa la chute, c'e>t M* humble et déliant de lui-même, ne s'en
rap[j .... r usqu'àceque son Maître sait de lui. A cette question : « m'aimes-tu plus que ceax-ci ? » Seigneur, dil-it^ vous savez f/ufj'r tousainw ' ! Il n'ose d'ailleurs pas se comparer aux autres, lui qui naguère disait avec une présomption si voisine de l'orgueil : « Quand tousse scati" ■ ». Le premier reniement
est • V gatives lui arrivent : Pais
mes agneaux. Les agneaux sont les simples fidèles. Pierre m ' ' ide, et les fidèles du
monde t : iie.
l 'armi ces fidèles, U y en aura qui domineront les autres par une position plus êo vue, des influences plus larges, des pouvoirs plus domioataurs : eui aussi seront
• Joaa., XXJ.I5.
T. ut. D
pour Pierre de simples agoeaux, et uui, fùl-il priiir*fiU-il monarque, nu sera membre <lc l'église s'il n'<>l i à Pierre C'est ce que Jésus-ChrL^l fait eiileudre duiiune seconde iiUerrogation. U/ie secoiuie fois Jésus lut dit: « Simon, fils de Jean, in aimes- tu ? Pierre n* pondit avec la m<>me humble conflaoce : < Oui, Sri gnt'ur, vous savez t/ue Jf ""/> ni/ne! — El Jrsti> . < pats mes agneaux ' • .
Restait à établir Pierre ie Clicf universel, uu les autres Chefs devaient obéissance, pasteurs ^ > port aux Qdèles de leur troupeau, simples brebis par rapporta Pi' ra l'Église gouvernée pai
denombn'ii\ , >ous un seul pasteur su-
prt^mc auquel tidèles, prêtres, évéques, seront soumis. Une troisième fois Jésus interpella Pierre."" fils de Jean, m' aimes-tu » ? Celte iusislaut . l'apôtre ; le souvenir de sa faute se dressa devant lui comme une accusation douloureuse, une vive peine passa sur son àme et avec plus d'humilité encore qu'auparavant il s'en remit tout entier au Maître qu'il savait chérir. « Seigneur^ vous savez tout, vous savez donc que Je vous aime » / Pierre était prêt pour recevoir une dignité suprême et porter un écrasant fardeau. Fort du double amour qu'il portail à Jésus et que Jésus lui portait, il entendit les mots d'une toute divine investiture : « sois le Chef, non plus des simples sujets, mais sois le Chef des Cliefs : pais mes brebis ' » /
Dieu a parlé, la cause est entendue, le débat est fini, nul ne peut plus nier la primauté du Siège Apostolique, s'il veut restf'i- ''-iiK le giron de l'Église. Il ••«' <!<• Toi
> JiNin., XXI, 16.
» Joan., XXJ, 17,