V. — Son t'iilrée à Ji-riclio fui île; la foule
l'acclamail, toutes les portes lui t-i, vt-rles. il l»*s
délaissa toutes pour s'approcher d'une demeure honnie des Juifs, mais où uneAin< >i\ salut. Elle était
au dernier degré de la per ime ! Non seule-
ment Zachée était en exécration, aux Juifs comme chef des Collecteurs de l'impôt romain, mais ses fraudes, ses exactions, sa scandaleuse fortune, chargeaient sa conscience d'un écrasant fardeau. Quelle espérance de salut restait à un tel homme ? L'espérance qui ne trompe pas, mais qui du fond du crime peut mener au sommet de la perfection et du salut. Zachée avait dès longtemps entretenu dans son Sitae un vif désir de voir et connaître Jésus, or, voir et connaître Jésus, c'est s'acheminer sûrement vers le salut. Jésus était entré à Jéricho et traversait la vif te. Or un homme du nom de Zachée, chef des publicains et fort riche, cherchait à voir Jésus et à le connaître. D'où naissait ce désir sinon d'une grâce qui déjà touchait soî; - •"••• "? pr/'parait en lui une éclatante conversion ' ?
Mais deux obstacles le séparaient de Ji&ui> : la foule et sa petite taille *. La foule lui cachait Celui qu'il aspirait à connaître, et sa taille l'empêchait de dominer la foule. C'est l'histoire d'innombrables Ames au milieu du monde. Elles se sentent attirées vers Dieu, leur vie de plaisirs et de dissipation leur pèse, elles conçoivent le néant des biens terrestres et une voix secrète leur dit
> Luc. XIX, i.f.
« Luc, XIX, 3.
COKVKRSION DE ZACHÉB 471
riheur vrai est en Dieu. Mais la foule ! Mais ces
. :;ruyanles où elles se Irouveal engagées ! Ces
le tous les jours I Ces dissipations éleraelles ! Pau-
vr. - lin.-;. • l»*» soûl Irop faibles el de trop petite taille
puur dumiuiT ce inonde qui leur ravit la vue de Dieu.
Zacbée eut une intoilion admirable. Trop petit pour dominer la foule ; il s en sépara, prit les devantg et se grandit de toute réiévation d*un arbre, d'uo sycoiiore, qui tient à la fois du 6guier el du mûrier el atteint :i Orient une taille élancée. Se mettre sur le cbemin <i'' J<»us. désirer le voir, se séparer des foules tumultueuses, et surtout gravir les bautenrs de la foi, s'aider de l'aiiire du salut, de la croix ; c'est rendre possible la pluH difflcile des conversious. Zachèe courut donc en avant et monta sur un sycomore afin de bien consid> .y ' t passer par là*,
Ht nos efforts pour aller à Dieu,
surexcilenl la divine munificence. Pour un pas que nous
'v f<^sus en fait cent, en fait mille. Zacbée ne
• le voir et lui se fait son b6te, son sanclifica-
■ur, son salut. Arriva en cet endroit, Jésus itva les
-•■ '. rf rayant vu : • Zachée, lui dit- il, hdte-r ■ '-
ndrr, car c'est chez toi que je dois loyer ai.
dhui '. LVlonneroent, cbex le Publicain, se mêlait à la
Joie, mais son obéissance fut plus grande encore. Il des-
tendit en toute hâte et^ rempli d'allégresse^ reçut
J. . ', nous donnant ainsi l'esemple
'!• -, ..: -4.^- laquelle nous devons nous rendre
.1 >\ ij I :^ de Dieu, (jue d'Ames ont compromis ou perdu leur salut pour n'avoir pas ubéi au& sollicitations
t Lac. MX i
* Lar.. XIX. 3
• Lac.. UX, ft.
472 i,ii> » r.n7>iw.S ire /Ai.iir.r.
de la grâce ! On témoigne <i*un certain désir d'ôlre à Dieu, mais quand Dieu appelle, on tarde, on hésite, on laisse Tinspiratlun se dissiper, Jésus s'éloigne. Reviendra-t-il? Qui peut le dire î
Quand il entra chez le Publicain un étonnant mouvement de grâce s'était produit dans cette âme. La conversion y était profonde, entière, héroïque. L'acte le plus difncile pour le riche s'y accomplissait avec une facilité admirable : la restitution, qui chez un grand nombre tarde jusqu'au moment de la mort, qui chez certains ne s'opère jamais. Elle fut chez Zachée d'une générosité sans limite. Zachée^ debout devant le Seigneur, lui dit : Seigneur^ ooici que je donne la moitié de mes biens aux pauvres et pour tout le tort que fai fait Je rends le quadruple V
En retour, la muniQcence divine ne connut plus ellemême de limite- Zachée, tout à l'heure Publicain, était reçu nu plus pur et au plus noble rang des enfants d'Abraham, enté sur le tronc sacré, devenu l'un des plus beaux fruits de la foi du Patriarche, Tune des plus riches conqu^te8 du Dieu Rédempteur ; Jésus se tour^ nant vers Zachée : aujourd'hui, lui dit-il, cette maison a été sauvée et celui-ci est vraiment un enfant d'Abraham, car le Fils de f homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu '.
C'était le mystère de la R^'-demption du monde, du salut des pécheurs, de l'appel des gentils, de la prodigieuse diffusion de la grâce aux jours du Messie, qu'annonçait clairement la conversion du Publirain de Jéricho ; mais c'était aussi le mystère que rorgiitii Juif
« Luc, XIX, 8, » Luc. XIX, 9. 10.
PARABOLR DF.S MINES 473
ivpoussaa If plu> olisti nt-ils bosoin de
gr«U'p. fiu, 1rs purs, i' - is de Dieu 7 El
qui était et pouvait ^tre juste sur la terre en dehors d'eux? Aussi pour eux Zachée rfsla un <^lre impur et digue de tous les mépris, et Jésus qui, délaissant les Lévites et les Prêtres, couchait sons le toit et partageait la table d'un Zarhée, ne pouvait Aire qu'un ami des pécheurs et un adversaire de Dieu : Les Juifs se répandirent en murmures contre Jésus gui allait loger chez tm pécheur •.