VI. — I^s indignes p s des Pharisiens, les dis
positions du peuple, , non des disciples récla-
maient de Jésus une parole qu'il leur laissa sous le voile
î ' '. Les Pharisiens qui ^ , ;.'r le Sauveur appri-
rent qu'eux-mêmes, alors que les pécheurs rentraient
• n L'râce par la pénitence, devaient tout prochainement :• 'ter le Messie, 1h inellre à mort et expier peu après l*Mir crime et leur impénitenco dans d'effroyables mas- '^ i'-res. Le peuple ne partageait pa#U haine des Phtri*
;I■^ envers iHxi*, mais profesMit tor le règne Messianique les mêmes erreurs que ses Chefs. I^s miracles ot la Hurhumnine puisMOce du Sauveur le sabjuguaienl &
• c point qu'il croyait tout proche le Jouroù il allait appa» rnitre dans la splendeur d'un règne tempon*!. Son retour k Jérusalem n'avait pas d'autre but selon lui que de fondrr co glorieux empire tant annoncé par les Prophètes '. Comme il <r rendait à Jérusalem tous s'imaginaient que le Hoyaume de Dieu allait paraitre; c'est pourquoi il leur proposa cette nouvelle Para-
> Luc. XIX. 7.
> Ue., XIX. tl.
474 rAHAIiOLh llK'- MINES
bnle, qui«meltaDt loules choses au point, conservait au premier Avènement son caractère d'humillK'*, de souffrance et de labeur, el allribuail au sproad s i le rayonnement de la gloire et le terrible app - - la Justice. Quant aux disciples il leur importait de savoir que, durant l'intervalle des deux Avènements, ils devaient se livrer au plus ariif travail pt faire flilMiMncnl valoir les dons de Dieu.
Cet homme de grande naissanct- qui part au loin pour se faire investir des pouvoirs royaux, qui revient pour les exercer, qui récompense ou punit ses serviteurs actifs ou paresseux, qui rend d - rte
de ceux qui l'ont rejeté : t . uUe
la terre, après son Ascension, que pour y revenir à la fin du monde « plein «' ' ' ',' »,
Un homme de gra: illaeiipays
lointain pour prendre possession d'un royaume ri lite '. • De grande naissance * assurément iis ! Comme homme il est du sang royal de David, et bien que sa vie expiatrice l'ail voué à Thumi» lialion de la pauvreté, il voulut cependant prendre rang parmi les rois de la terre, « roi immortel des siècles » qu'il était, « Dieu de Dieu >, • vrai Dieu de vrai Dieu ». S'il jette souvent sur sa gloire divine un voile qui en atténue le trop éblouissant éclat, cet éclat pcrre néanmoins de tout lui-même, doses paroles comme de ses œuvres, de sa surhumaine doctrine, comme de ses innombrables miracles, de sa puissance sur le monde, sur l'enfer, sur le péché, sur la mort. ^ chacun de ses pas il affirme sa divinité, appuyant chaque arflimiiiu.n sur d'irrécui^ableB preuves.
1 L»"- MX H.
PARABOLE DKS MINES Va>
Mais cororoenl peut-on dire de J<^i<U8- Christ qu' « il ->n est allé dans un pays lointain ' >, lui qui nous est
;: "i' ' ' ''■''* qui ne cesse d' « habiter
( de sa puissance, de sa
sagesse et de sa bonté. 11 est avec nous sans y être ; il
n * — "^;^;c présent mais ne se montre nulle
|. >in par son impénétrable invisibilité,
iniiniment présent par l'union quUl contracte afoc ses tidèles.
Si nous nous restreignons au peuple Juif, auquel .1' -us s'adresse, son éloignement c'est sa visite au monde
r pour en faire la conquête. Si nous élargissons le
' de sa Parabole, la région lointaine où il se rend Il • M iritrr pie le Ciel où il va « siéger à la droite de i'ii 11 .vuu l'in: », en attendant qu'il en descende pour • lercer ses pouvoirs do Juge et de Roi.
Av irit («■ ••> <on!- iti r\r\ il rassemble ses fidèles, les
tbn liens lic luuit; u l'ireet de tous les siècles, et leur
dititribue, à portion inégale, ses biens qu'ils devront
valoir. // apprla dix de ses v . leur
n'i dix mines et leur dit: t fm valoir
j'uyçu'à ce que Je revienne '. » Grand enseignement I
;.Ti • ! i mécoimo dans le monde, trop peu conna
1 1 • des Cbrétiens. Quine se croit maître en
toute propriété, sans charge, sans redevance, des biens
qu< Dieu seul possède et que Dieu seul peut donner?
Uni songe à une responsabilité quelconque 7 Elle existe
cependant, et elle est grave dans tes étemelles consé-
quence^t. Car »i I>ieu nous dispense tee dons c'eai, comme
l'eiiivcigiu' J< BiiH-Cbrist, à charge de les faire valoir. Si
• Lue.. XIX. t1
• Uc, XU. ta.
476 PABABOLE DES MINES
nous \'0itnMi> nous rendre comple de ce qn ces « Mines ■ de la Parabole, ces sommes <•■ francs, dix fois rép<''t('*es, songeons à tous les biens que nous dépari la Providence. Aux uns elle donne les qualil«^s de l'espril, un verbe puissant, une plume alerte, une science profonde, un génie transcendant. A d'autres elle distribue Ter à pleines mains, et leur communique tout ce que l'or renferme de puissance. Ceux-ci par 1p prestige de leur nom, par la hauteur de leurs charges, dominent sur un grand nombre et peuvent les entraîner dans leur orbite. L'industrie constitue de véritables rois auxquels obéissent des ouvriers sans nombre. Le Pouvoir public et les fonctions gouvernementales mettent en possession des plus efficaces influences. Dans une sphère plus restreinte mais non moins sacrée, dans la famille, un père et une mère ont reçu de Dieu les plus riches créances et deviennent ses plus nécessaires débiteurs. « Faites valoir, »• dit le Maître ! Usez pour ma gloire, pour ma cause, pour mon Eglise, pour mes pauvres, pour mes œuvres, pour mes institutions diverses, des facultés dont ma Providence vous a fait possesseur. Que celui qui tient une plume puissante s'en serve pour le bien commun. Que l'homme d'oiuvres se dépense pour le peuple, que le riche soit libéral, que le patron sache chrétiennement conduire un atelier, que le noble entraîne à son exemple les plus humbles, que les agents du Pouvoir ne se servent de leur puissance que pour la défense et l'exaltation du bien, que le père et la mère de famille ne reçoivent les enfants que Dieu leur donne que pour en faire des Chrétiens sur terre et des Elus au ciel .
Tel est l'ordrw formel de Dieu, telle est l'essentielle condition du salut. Faire valoir ses dons pour le bien
PARAROLR DRS MIMES
t pa^ tint tint* Vf-rtu qu unt^ tnMii;.iu<iii -t |..è- i , :i.i>int^ <i une élite, c'esllacharge imposée à tous. Et ainsi, quand les nations sont chré* liennes, se font les choses. Chaque rouage dépense sa force pour le mouvement commun, et le corps entier prospère grâce à l'harmonieuse coopération de tous ses membres. Ainsi l'Eglise traverse les siècles soutenue par l'action généreuse de tous ses enfants.
Mais sises enfants la soutiennent, elle aura toujoui':> des ennemis qui la combattront. Si le Christ a des sujets il a des révoltés qui le repoussent : les Juifs d'abord puis durant le cours des siècles tous ceux qui, héritant des haines juives, participent à leur rébellion. Or ses concitoyens le haïssaient. Ils envoyèrent après lui ' ade disant : « Sottx ne • pas de
/ ^. / ' ». Nous connaissons ceti -«^ade et
ee cri de révolte. Mille ans avant la venue de Jésus- '■ lerreDa\" .1 :« Les nations '•peuple?' imploté; les rois de la terre sont debout, les princes se rassemblent contre le Seigneur i-l co: * . n Christ: «brisons leurs liens ! rejetons leur j< M U? nous! ■• Les Juif» ont commencé cette guerre insensée faite à Jésus-Cbrbt, et de son vivant même ont député ces ^af-'- -- ambassades. La première aborde Pilate : « N >*ns pas d'autre roi que César ! » Une autre un pru aph-» : t Non, non. pas lui, mais Barabbas » I F.t quand l'ilate leur d«m)in<i*> : * Que ferai-je donc d« votre rot • ? Le peur pousse sa clameur * ! • iw„. J. Hus-Christ sorti de su. , i.^ Ju^.. s'acharnent de nouveau contre sa roynuté, ils veulent étein*
I Lac. xn. 14.
47R PARABOLE HRB MINBS
(Ire jusqu'à son nom, étouffer son souvenir, Uk chassent, I><Ts«''culont, mettent à mort ses Disciples. Après eux, los rois se lèvent. Home est debout dans sa formidable masse, armée de la plus universelle puissance qui fut jimais; elle non plus ne veut pas de Jésus-Cbrist pour roi ! Après Home le génie humain avec ses Philosophes et ses doctes ; après eux les hérésies ; puis Mahomet^ puis les empires persécuteurs, puis la révolution, puis l'apostasie des peuples chrétiens, puis l'ai -i :
Et ainsi deux cit«'*s se partageront l'intervaUi -..- les deux Avènements de Jésus-Christ : Tune où on Tadore et lui obéit, l'autre où on le repousse et le hait.
// revint '. C'est de ce simple mot que la Parabole annonce la seconde venue sur la terre du Fils de Dieu ; veniif. louif de u'I ' ' ^ance OÙ se conclut l'his-
luirc liiiinaïuf, uu , -usés les bons et punis
Ips mauvais. // revint après avoir pris possession de ntme. Sans doute il le possédait dès le premier - sa Conception ; il naquit à Belhlécm rui du inonde, maître des nations, dominateur des siècles : mais, comme à son premier Avènement il vint comme -sauveur et non comme Juge, il n'est censé occuper le trône que revenant an monde pour le juger.
Le jugement commence par sa propre maison, parles lidèles de son Eglise, ceux auquels il distribua ses l)iens à charge de les faire valoir. Le plus grand nombre s'est acquitté du devoir imposé et reçoit sa récompense. // fit appeler les serviteurs à qui il avait distribiude l'argrnl pour constater le profit, retiré par chacun. Un premier se présenta et dit : «« Seigneur ^ avec votre Mine j'en ai gagné dix autres. — Courage ^
' I.ijf. \I\ i:.
PARABOLE DRS MUIKS 479
bon serviteur, lui dit ieroi^ parce que tu as été fidèle dans drs affaires de peu (f importance, je t'accorde le gouvernement de dix villes. Un second vint et dit : Seigneur votre Mine en a produit cinq autres, — Et le roi dit de même : « prends le commandement de cinq villes • .
Ce gouvernemeot de « cinq et de dix liUes » nous ourre lar les joies du ciel de lumineuses perspectives. Rien ne nous empêche tout d'abord de croire que nous serons, comme les anges le sont maintenant sur la terre, |»r^sés aux ouvrages de Dieu, associ^^s à ses enlrsprisês, et appelés au partage de ses pouvoirs. Mais une Joie certaine dans un avenir assuré, c'est, pour l'Elu, d'être entouré des conquêtes de son lèle. U a employé ses talents, oo ses richesses, oo sa position élevée, ou ses loisirs, ou ses travaux, à sauver les âmes: Ces Ames f<Mrroeront éternellr' ^iel sa
coaronne de gloire : gloire immense pour , •■, pour Tapôtre* pour l'écrivain, pour l'homme d'œuvre, pour l'épouse, pour la mère, pour la palroune, pour la sainte, dont les eiemples ont partout répandu la divine contagion de U sainteté. N'ayons garde d'oublier la conlemplative, que le monde qualifiait d; ' ' • t d'oisive, cl qui du fond de son rlullre ^> trnTniliiift
plus à la gloire de Dien et le salut d« plus infatigables ouvriers dans les enlr< saintes.
Vint un troisième qui parla ainsi : « Seigneur^ voici votre Mine : je tai tettue enveloppée dans un litige^ car je vous craignais ; t-oia êtes un homme >(vère, vous reprenez ce que vous n'avespoi déposé,
» IJM..XIX. 15-19
480 PARABOLE DBS MINES
VOUS moissonnez ce que vous n'avez pas semé '. C'est ici rt'iroïsle et le paresseux. Dieu lui avait donné comme aux autres des dons, des talents, des biens à l'aide desquels il pourrait ^tre utile à ses semblables : il a mieux aimé vivre pour lui seul, jouir, pour son propre intérêt, d'une forlune qui lui était donnée pour venir au secours des autres. Sa haute position eût pu s'il l'eût voulu, grandement servir les plus nobles et les plus saintes causes : il a mieux aimé se faire une vie de paresse et de plaisir. Il savait cependant le danger, qu'une pareille vie fait courir à une &me ! Il le savait puisqu'il le dit : « Je voas savais un homme sévëre » . Il savait qu'il y a deux époques tout opposées : l'une de grâce et de miséricorde, l'autre de stricte justice. Durant la vie, la bonté et la ; de Dieu sont sans limite : une fois
au seuil de 1 1 ce n'est plus que l'inexorable red-
dition des comptes, et le Jésus si infiniment clément et tendre que nous avons connu sur la terre est devenu le Juire « sévère », rendante chacun selon seso'uvres. Le serviteur égoïste et Uche savait un autre mystère de la grâce et l'exprime pareillement : a Vous reprenez ce que vous n'avez pas déposé ; vous moissonnez ce que votis n'avez pas semé ». Sans doute I El ce n'est pas là l'une des moindres bontés de Dieu envers sa créature intelligente et libre. Alors que sa grAce est tout et que c sans lui nous ne pouvons rien faire », il veut néanmoins que nous apportions à notre salut un appoint personnel, une part qui viendra de notre négoce et de nos semailles. Ne 'fier celle pari, n'avoir ni néf;oçié ni semé : c'est .aie et le point de départ de la ruine. Si bien que donner pour raison de notre inertie ce qui en est la plus
* Luc., XIX. 90. «1.
l'AHAROLK DUS MINK - 481
fi ' ' ' * ' " - iiii d'un*» s»»n-
l« . .; il tint servit f'nr,
lui dit te roi ; tu es Jugé par tes propres paroles ; tu Sfwais que je suis un homme sévère reprenant ce que Je n'ai pas déposé, moissonnant ce que Je n'ai pas semé ; pourquoi n'as-tu pas mis mon argent à ta banque afin qu'à mon retour je le reprisse avec Us intérêts ? Que peut répondre de raisonnaiile rhommc, U famille, le corps social, qui ont abusé des dons de Dieu cl auxquels Dieu, par représailles, retire «es dons T Le roi dit, s'adressani à son entourage : nierez lui sa Mine et donneZ'la à celui qui en a lix. — Seigneur^ lui objectat'On^ il en a déjà dia:. -~ Je vous le déclare, reprit le roi^ il sera donné à ceux qui ont et ils seront dans fabondance, mais à celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera été •. Formidable jugement de Dieu, et que doivent méditer, non seulement 1«>h individus, mais les sociétés et les nations ! Les dons de Dieu ne restent jamais sans occa> pants ; inalilisés par les uns, ils passent à de plus fldèles êlacb^v«>nt d'<-' ' cax que leur active coopération mettait déjà d.i iidance.
Ces sentences sont rigoureuses : d'antres sont terribles. Quant âmes ennemis, dit enfin le Uoiy ciujc f/ui n'ont pas voulu que je régnasse sur eux nnenez-les et égorgez-les en ma présence *. Les Juifs
lit ouvert In '■■•'•'~ te série de ces ex'^-'- - ■
>!• iiiu>lles.Moi: teansaprèsleurri .
< Knlevoz-U* ! Knievrft-io ! Crocifies-le! • il >ii ni
avec se^ léj^ions, mettait à sac Jérustleni . i . ••! A*-*
» Luc, XIX. un.
• Luc, Xl\,i4. IS,M.
* Lue., XIX. 17.
■48Î LE BF.PAS DAIHFU A URTHAME
Juifs la pins effroyable tuerie qui fùl jamais. A chaque apostasie d'une soci^^té ou d'un peuple correspond, à travers les siècles, de sanglantes expiations. Et quand, h la fln des temps, l'apostasie sera devenue g<^n<^rale et le nom Chn'lien persécuté par toute la terre, alors, terrible dans l'appareil de sa toute puissance, apparaîtra le Hoi- Jésus, < tuant de son souffle l'Anté-Cbrist • et perdant pour jamais la multitude de ses ennemis.
VII. — Après ce grave enseignement, le Sauveur quitta Jéricho, s'engagea dans les gorges sauvages et le> sables arides qui séparent cette ville du mont des Oliviers et de Jérusalem, et le samedi, six jours avant la PAque qui cette année tombait le vendredi, il s'arrêta au village de Bétbanie. Là il avait ressngcilé Lazare, là )i d ' talent les deux sœur? quv Taimaient si tendrement •! auxquelles il lui plaisait de donner ses demiera instants. Bétbanie qui veut ■ '" Héissine*' '
nait comme balte, h < i-ait obéi!>
qu'à la mort et la mort de la Croix. » Et avant les humiliations du Calvaire il était bon que le souveii delà résurrection de Lazare jetât sur sa [)i\ nouvel éclat.
Un habitant riche et connu, parent ou ami de Lazur et de ses soeurs, le comprit peut-être, car dH ><>\\ arrivée il l'invita à un repas. Sût jours avant la Pâque Jésm arrivait à Béthanie où Lazarti était mort et avait été ressuscité du tombeau, Simon h lépreux Citmita à souper * . Un lépreux guéri par lui devenait son hôte, et lui-même, dans quelqn ' •-' couvert d'horribles plaies, devait réaliser la ;
» Joan.. \n 1. M.v ^^ • r. Marc XIV, 3.
LE RRPAS U Ai'ir.. A BÉTiLAinB 483
a Isale : t Nous l'avuiis coDsid^^ré et ne l'avons point riM-onnu, il nous apparaissait comme un lépreux... » Marie In <i')nc6 pénitente se sou?enait sans doute des hideuses lèpres du péché dont Jésus avait di'livr*'* s<in âme et sa présence chez an lépreux miraculeusement guéri loi représentait les merveilles de sa propre guérison. Aasai la retrouyons-DOiui ce que nous Tavons ^-ue toujours, méditative et silencieuse, absorbée en Jésus et ne eemblant plus vivre que de sa cou 0I
son amour. Marthe dans la demeure d<- . '^
voisinage, la parenté, ou l'amitié, ont fait u propre se multiplie pour les soins du Laure
•s vivante démonstration de la •! ussance
le rHorome-Dieu. Mais si Lazare représente les glorieuses espérances de la résurrection, il ne faut plus voir en Jétns qoe les douleurs ezpintrices de la mort. Dans six Jours l'Agneau flguratifsera immolé et l'Agneau véritable, « l'Agneau de Dieu », la Réalité substituée aux flgares, la Victime prenant la place de tontes celles qui ont innondé l'ancien rulte de leur sang, le Sauveur du muode expirera sur la Croix.
Une ombre douloureuse plane sur ce repas d'adieu. Oui eut pu pénétrer dans le cceurde la Vierge-Mère y eût sans doute surpns bien des sanglots étouffée; les Ap<V 1res, bien que fermés obetinément aux aoBonoM de la Passion, n'en avaient pas molas entendu de la bouche de leur Maître les oavraola détail*.
Marie-Madeleine pouTuit-eUe rester seule eo daboiB
H partout an i ' tr?
.;:,..:...,; jdeecomplot» des
paroles de Jésus annonçant à ses ApAtres que s'il rentrait .\ J.niM "ur y mourir? Comment
le croire ^ aurait-il k la supposer
\HA LE REPAS d'adieu A B^IIANIK
pleine «1 inlps pensées daranl c*- ropH^
le I>pr. -elle riiiluition de la niui-t iir>
de la sépulture de son Maître bien-aimé quand elle versa sur lui son parfum précieux ? Ou Dieu faisait-il d'elle l'artisan inconscient du plus louchant mystère et n*est>ce que par les paroles de Jésus que Marie siH ce qu'elle venait d'accomplir ?Afar/f;>ri7 »/;if livre de parfum du nard le plus précieux, et rompant le vas» d'albâtre elle le répandit sur la tête de Jésus t/ui était à table ; puis elle oignit les pieds du Sauveur et les essuya de ses cheveux. La maison entière fui pleine de l'exquise odeur du parfum *.
Marie fait par avance ce que l'heure matinale de la Résurrection Tempéchera d'accomplir au tombeau : elle oint de parfums le Corps du Rédempteur et préfigure j^a mort et sa sépulture. Aussi rien n'a été épargné par elle. C'est le nard t le plus pur •^ <■ le plus précieux », qu'ell< emploie et il ne lui semble pas qu'une forte somme d'argent soit trop donnera un pareil acte de piété. iNaguère, au repas du Pharisien, nous la voyons pénitente convertie, pleine de larmes, abîmée dans sa douleur, n'osant même lever les yeux sur le Sauveur, mais tombée à ses pieds qu'elle arrose de ses pleura et essuie de ses cheveux : ici, la foi, la g^rAr« et l'amour, Tont transfigurée, elle est droite, debout près de son Maître, et c'est sur sa tAte qu'elle répand le parfum. Elle reconnaît le mystère entier de l'Incarnation et de la Rédemption. En oignant sa tête, elle l'adore comme Dieu; en s'inclinanl vers .ses pieds, elle le reconnaît comme homme véritable; en le couvrant tout entier de m)n parfum, elle annonce sa mort et
» lotn., xii, ^. ii,a., XXVI, 7.
LE REPAS d'adieu A BÉTIIANIE 485
confesse que par sa mort il se fait le Rédempteur du
l'i ! -m-t if .ju'une perception confus*? de ces
gruiiM ■> ^Mianl aux assistants, inrrae les
ApdlreSf ils n'y virent qu'une profusion excessive et inutile et ne surent mAme pas, k une heure si solennelle et si poignante, donner à Jésus sur le point de mourir une marque de délicate affection. Un mauvais génie était au milieu d'eux, Judas que l'avarice et le vol achevaient de pervertir et qui ne craignit pas de jeter au sein de cette sc«>ne si touchante et si belle sa note odieuse. L'un drs lUsciples, Judas Iscariote, celui gui devait il' trahir, dit : « ye pouvait-on pas rendre ces parfums trois cents deniers qu'on aurait donnés aux pauvre» ' ? Le dernier des scélérats est celui qui revêt srs crimes des dehors de la vertu : Judas jouait le sen* sible et l'aumAnieux ! Or. de passion en passion, de ehute en chute, Judas en était venu à voler son Maître avant de le vendre à ses ennemis : S'il parla ainsi, ce n'fsf pn^ qu'il s'inquiétât dfs pauvres, mais, c était un voleur, et, trnniil la hnursr. il s'appropriait ce '/u'on y déposait •
Jésus vivait donc (laum(^nf> ^ I >(, nous
nous étonnons de ce que, tm' m; t J > : i- \<iU>ur, 11 ait continué à lui confler la bourse dont il vivait lui el . \ ares, reconnaiMOOs qu'il agissait ainsi pour i le traître par l'excès même de sa eonflince, et aussi pour détourner et apaiser sa passion de l'or on lui (*x\ donnant la irarde. Il aimait mieux donner \ la passion d«< «un Apâtre une satisfaction légitime
• Juan , XII, 4 34.
* Joan., XII. 4 5^
486 LE nKJA> i>Ai»u,. ^ ..r..„A,,t.
que de Tirriler par la privation^ et ainsi jusiiti*:i dernier moment nous verrons le Sauveur emp toutes les induslries de son zèle, toutes !• ^ us de sa tendresse, à ramener nu salut 1p rn :\ qui
courait vers rahlmc.
11 y courait seul, car si 1 ' - ,|,.s aiilns Di-
ciples est en apparence sein u sien, l»içn autr»-
étaient leurs sentiments. A sa tuitr, d'autres dis ciples firent entendre If '
montrèrent la inâme indir
sans doute, bien peu de cœur, mais font au moins preuve de m<^m • ' ^us leur a tant de fois ; ' ' pauvres, de In ; et de la valeur de ^
qu'ils jugent bon de faire ici l'application de ses enseï smements, sans comprendre la blessure qu'ils font an cœurde Mnrie-Mndeli'ine et l'a/rronl que leur inopportune doctrine fait retomber sur Jésus. Le tendre Sauveur ne songe tout d'abord qu'à Marie. Pourquoi o/yiif/ez-vous cette femme, dit-il? Laissez-la^ ! Dr deux œuvres excellentes, dont l'une s'offre à nous toujours, l'autre est rare et fugitive, n'estil pas naturel c! sage d'accomplir celle dont l'occasion ne se présentera qu'une fois? Vous aurez toujours des pauvres parmi vous y mais Moi vous ne m'aurez pas toujours '. Ltmonde ne devait jouir que bien peu de temps de la présen< e de l'Homme-Dieu. Bien peu de temps
on pour.i ier ses pieds, oindre de parfums sa U''U\
donner à sa divine Personne de touchants témoigna.* v. de foi et d'amour. Retiré dans sa gloire, à la droite de son Père, au plus haut des cieux r.es prosfrniions «i
• Marc . XIV, 44(. MaU., XXVI. 8^.
» Marc , XIV, 6. MaU., XXVI, 10.
» Mail., XXVI. II. Marc.. XIV. 7. Joan.. XII, 8.
LK REPAS K^AIlIEU A BÈTUA.HIK 487
t^uses et si donces, ces onetions si suaves, ne seraient \, 1^ les actes d'une foi qui adore sans voir,
ei ,.. . i|ui se prosterne sans loucher. Alors les
pauvres s'offriraient comine ses représentants visibles et ses inemttres vivants ; alors les largesses iraient à Lui en passant par ses pauvres, sans que néanmoins nous ayons jamais le droit de jeter aux somptuosités du culte, aux ricbeaset du Sanctuaire, le mot de Judas : « A quoi bon cette dépense > ? Nous souvenant sans cesse des mots du Sauveur: c Laissez cette femme l Cest une hfime asuvre qu'f'' *r.;',
Kigurons-nousl'i , toduirece»
antres paroles : En répandant sur moi ce parfum cette fenèmeaoinl laur ma sépul"
turr"». Si Man > jie pressentir le
mystère qu'elle accomplissait, mamlenant elle le contemplait sans obs< , r sans voile. Jéttus allait se livrer à la mort, l* • lies être réalisées, le genre humain racbeté par l'effusion du sang divin, les glaives de Stffléoo pénétrer 1«? cr— ' ' v- -•., rn^^e de Jéfos. Las Ap/^tres, si ob^: h «les anloncetdf la mort, y «'i im .i hiki' r.r, une force nrible par le mot du Sauveur. !■ i.i l.- '••"r' --mii douloureux dans la demeure OL : ^ ii se donnait à l'Ami qni allait mourir.
Mais, un Dieu meurt-il autrement que pour renaître,
pour reprendra dm nooTeUa at indâftmctÛUe via 7 Si l«t
arolas de JésQS avtiaat abattu les Amas, il en dit
rentras qui les ralavèraot. S'il rappaU qu'il davalt
III urir, il annonça qu'il prenait poasaaaioo du monde et
' Marc.. XIV. s. îHJi . .wvi. 10
• Hatt.. XXVI. 11. Miirr .XlV.a. Jmr . XII.
488 LR REPAS d'adieu A RérnAmK
des siècles. Si sa mort le fait apparaître homme, triomphe sur le temps nous le montre Dieu. El qi. merveille il annonce ! Ces douze pauvres gens qui l'entourcnt conquerront le monde, y r^^pandront partout son Evangile, y annonceront partout sa royauK^. Et telle sera la puissance de leur prédication que des génération > sans fm célébreront l'acte pieux de Marie-Madeleine, cette obscure femme d'une bourgade de Judée. Du milieu des ruines de toutes les grandeurs humaines se détachera magniflquement cette humble figure, à laquelle tous viennent de jeter le mépris et Tinjure. Et cela sera parce que Jésus le veut, que Jésus l'ordonne! En vérité, je vous le dis, partout où sera prêché cet Kvanf/ilf dans le monde entier on dira en mémoire d'elle c» qu'elle vient de faire *.
Cette main-mise sur le monde serait d'un Dieu, alormême qu'une semblable conquête eût pu se faire sans soulever de haines et dresser d'obstacles ; mais, combien apparall-elle plus divine encore quand nous la voyons naître, s'étendre, s'éterniser, au travers des plus sanglantes hostilités, des entreprises de mort les plus violentes! Ici même, à Béthanie, le concours des curieux ci des admirateurs amenés par le prodige de la résurrection de Lazare et avides de voir à la fois le miraculé et le Thaumaturge attise furieusement la haine des Sanhédrites et leur fait concevoir un nouveau crime ' : Dès qu'on sut à Jérusalem que Jésus était à Béthanie une grande multitude de Juifs s'y rendirent, non seulement pour Jésus, mais aussi pour voir Lazare qu'il avait ressuscité d'entre les morts *.
« Mare., XIV. 9. MalL. XXVI, 13.
• Matt.. XXVI. 14. !5, 16. Marc, XIV. 1011.
» Joan.. XII, 10. U.
LB RKPA8 d'adieu A BÉTBAME 489
Rien n'est areuglc comme la haine. Les Pontifes ne trouvent d'autre moyen de faire cesser cette popularité
(j :■ - '•"^' • ' - inquiMe que de mettre à mort Lazare
r< ^ '■ Comme si la puissance de Dieu
s'arrête à niturelle et ne peut plus rien sur celle
qa'un crin.. .. .....^el Orje^ Prùufs des Praires, considérant qu'il y avait-ià pour beaucoup de Juifs un motif de ies f/uitfrr pour croire en Jésus, résolurent
^/> f.ilr,- i,i,,nrir LflZOrr lili.itèé'tlif '.
I Joan., XII.IO. II.
TAliLK DKS MAllÈllES
Lfc Mh>>A'ir. L»L jc,A>-D\PiiSTt A JESUS