‹ Nos saint évangilesChapitre 19 sur 124 · Jésas continuait ses missions dans la Galilée · texte numérisé non relu

Jésas continuait ses missions dans la Galilée

allenianllcs miracles avec les ensoignemenls, tonjotirs

•nivi des foules, mais toujours aussi épié par ses

i.M.,r.nr..c La secoude année de sa Vie Publique s'écoule,

ne s'approche et avec elles les derni^res

' ^. Us en sont, nous venons de le

^ , .. .es plus impies; lesvoici qui arri-

•>nt aux voies de fait. C'est à Nazareth qu'ils les tenle-

' \azareth^ et f selon ia coutume,

l'entra dam la Synagogue ^ le jour du Sabbat *. S'il

^<- riiun(r.iil de temps à autre le maître du Sabhftl comme

iie-« .(uiics prescription!» de la Loi Mosaïque, le plus

rdinairement il les observait La Loi ancienne devait

jusqu'au dernier moment être traitée avec l'honneur

> Malt. XII. 4U0. Mare., 1U,S»4448.

< Luc. IV. 16. Marr.. VI. M Malt. XIII, M.

60 JÉSUS CUASSÉ DE NAZARETU

que réclamait sa divine origine, et d'autre part Jésus voulait enlever à ses ennemis tout prétexte à le faire passer aux yeux du peuple comme l'adversaire de Moïse et de Dieu. Dès qu'il entra, le serviteur de la Synagoguo lui présenta les Oracles d'isaïe, Jésus ouvrit le livre et le passage qui s'offrit fut celui-ci : L'Esprit du Sri' (fiieur est sur moi. C'est pourquoi il m'a marqué de son onction ; il m'a envoyé ivangrliser les pauvres, guérir ceux qui ont le ccettr brisé, annoncer la délivrance aux captifs, rendre la vue aux aveugles, affranchir les opprimés, proclamer tan du pardon du Seigneur, annoncer le Jour de sa justice *.

Le passage était saisissant. Qui le Prophète désignaitil î Qui pouvait-il désigner sinon l'universel Sauveur, dont la venue bienfaisante devait délivrer Israi^l de tous ses maux et lui procurer tous les biens? Aucun jnsti*, aucun des princes, nul des prophètes, ne pouvait revendiquer de telles œuvres. Jamais durant le cours de son histoire le peuple Juif n'avait ren*' " nos-

tolat nicet ensemble de bienfaits, i UM*

dans l'assemblée. Quand Jésus remit le volume au Serviteur de la Synagogue et s'assit, les yettx de toute Passistance se fixèrent sur Lui.

Et lui dit la grande et décisive parole. Le Sauveur annoncé par Isaïe n'était autre que lui-même, puisque lui et lui seul, durant le cours des siècles, réalisait rc que le Prophète avait prédit : lAf passage de l'Ecriture que vous venez d'entendre, dit Jésus, s'accomplit aujourdhui >.

Quel autre que lui fut « oint » de la Divinité et en

» Luc IV r-».

« Luc. IV, ».8i.

JÉSUS CHASSB bK NAZARETH 01

donna de si éclatantes et de si irréfutables preuves? Dans les autres prophètes, Dieu déposait quelque parcelle de sa puissance, mais quel Prophète, put se montrer Dieu dans ses actes ? Pour la première fois les « pauvres », les petits, les humbles, les déshérités, étaient enfouies nombreuses appelés à la lumière ; oubliés jusqu'ici, maintenant ils formaient le plus constant auditoire et recevaient les premiers la divine instruction. Po\ir la première fois aussi, avait retenti dans le monde la parole qui « guérit les cœurs brisés » : « Venez à moi vous tous qui souffrez » 1 Pour la première fois la Madeleine^ repentante avait versé sur les pieds du Maître ces larmes douces et fécondes qui appellent les joies du pardon. La veuve de Naïm avait retrouvé son bonheur à jamais perdu, Jaïre les joies paternelles, cent autres, mille autres, dans la guérison de leur corps, l'allégresse de leur Ame. Que de captifs, t«nus dans l'affreux esclavage du démon, avaient vu briser leurs chaînes ! Que d'aveugles étaient revenus à la lumière ! Que d'opprimés avaient secoué le joug qui l«'s écrasait! Kt une œuvre plus divine encore que les iiitr«s s'accomplissait en Israfl, pour la première fois : î' '•' du pardon » était an- >Mc le paralytique de Delà, comme la pécheresse de Magdala, comme la ' ''''•re, entendaient tomber des lèwesdu lise parole : < Vos péchés vous sont nsmis », « allez, ne péchez plus • !

Ainsi s'accomplissait l'oracle d'Isale; nuisi sniinm a la foi d'Israî^l une nouvelle preuve que les tempn du Messie étaient venus, et que le Messie était sous leurs yeux.

L'assemblée fut d'abord prise de joie et d'admiration T. u. «. .

62 JÉSUS CHASSÉ DK NAZARETn

en écoutant Jésus. Une telle puissance s'unissait à tant (le charmes qu'il lui ' en-

thousiasme : ToMi rt.^ ,, /' "hie

et étaient ravis des paroles de grâce qui tombaient dr s'.

11 .1 .' bon mouvement fut court. Soit que de reniroeux propos de Pharisiens aient tourné les jugements de la foule, tnes les Naiaréens fussent

revenus à 1( liants et grossiers, bienlAt

d'injurieuses paroles se tirent entendre. Ce ne fut d'abord quf l'oxpression d'un étonnement qui de lui-mAme /•lail d»''jà une insulte. Car il sufllsail pour croire de comparer avec la prophétie d'lsa!e ce qu'ils savaient si p('!, ' '-la vie et des œuvres de Jésus. Mais,

iria .liés à rejeter l'évidence : <foM t'i>/i-

nenty disaient^ls^ à Celui-ci toutes ces connaissatices ? Queile est cette sagesse qui lui a étr donnée ? Que penser des miracles qu'il ne cesse d'accomplir ? De ces hésitations au scandale il n'y avait qu'un pa? ; ils le franchirent vite. N* est-ce pqint là le fils du charpentier Joseph? Sa mère n'est-ce point la femme qui a nom Marie? Ses frères ne sont-ce pas Jacques. Joseph, Simon et Jude ? Ses sœurs ne demrurentelles pas toutes avec nous*? Ainsi ces malheureux perdaient la foi où tout concouAit à la leur rendre plus facile et plus inébranlable. Car enfin, cette « sagesse » qu'il ne tirait pas de la terre, d'où lui venait-elle sinon du ciel, et si elle lui venait du ciel, < ^

croire quand il s'afDrmait le Fils de Im ';

le pas reconnaître Dieu, quand les miracles qu'il neces-

Mirr., \», i. I 'V ^2.

Hall., XUI. M Marc, VI, i-3. Uc. IV. H.

Jfers CHASSÉ DB NAZARETH 63

9^ïl d'opérer n'avaient d'aatre aigniâcation et il'autr*' but que de prouver sa dtrîaité? Les Nazaréens trouvent dans robscnrilé de sa première enfance et la pauvret»'» de sa vie sujet à le mt'priser et à rejel«'r sa parole ? Mais eux-mêmes vi-rx-renl David qui fut p&tre, Osée qui gardait les troupeaux. Moïse dont le berceau fut si humble, la vie, si errante, la pauvreté si profonde. N'est-il pus admis de tous que venir de rien et être le tlls de ses œuvres constitue la plus vraie noblesse? Mais dans la Synagogue de Nazareth, où la passion rëgne seule, ne demandons pas la logique et la saine raison.

11. — La plus dénaturée des passions, la jalousie, s'ajoutait aux autres mauvais instincts des Nazaréens. Ils avaient su de quels éclatants miracles Jésus avait rempli CapbarnaQro, tandis qu'eux-mêmes n'en avaient de plus en plus ' Jésus

' j , , j>eu de miracles a . de leur

incrédulité *. Il leur en avait accordé quelques-uns, car sa bonté était inf ' voulait d*autre part enlever

tant prétexte à lei: minations, mais quelques-uns

it, car ils n'en méritaient pas davantage. Or r « laii 1 a la blessure d'amour-prop -ute

vive, et qui leur fit élever sans «1 , . ute

acrimonieuse. Nons le déduisons des paroles

J''sii ' ' ■' ' ■■- dit-il, roi/A ' 'ir/uerez

le I çuéri'ctoi / .'. Le»

grandes choses accomplies à Capharnattm et dont ,...., ■•• nns oui ;■ ' ' /---^ i- /..,... .. ..y ,

dire ou . po-

' Marc-. VI. 5.

• Lac, IV.tS^II.

64 JÉSUS CHASSÉ DB NAZAnETil

sitions et surtout leur incrédulité les avaient rendus indignes des merveilles de sa puissance, il le ' an-

moins entendre. Je vous le déclare en i . .. . leur dit-il^ un prophète ne trouve pas bon accueil dans sa patrie*. Comment se plaindt - d*avoir été

moins favorisés de miracles quand > mes les dési-

raient si peu et recevaient si mal Celui qui les pouvait opérer? Il leur arrivait ce qui souvent dans leur histoire survint à d'autres dans des conditions semblables. Les étrangers reçoivent ce dont les enfants de la famille n'ont pas voulu : Je vous le dis en vérité, il y avait plusieurs veuves en Israé^l du temps dElie, lorsf/ue le ciel fut fermé pendant trois ans et six mois et qu'il y eut une grande famine, rependant Elie ne fut envoyé à aucune cTelles, mais n une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. Il y avait beaucoup de lépreur en Israël au temps d'Elisée, et cependant le Prop/irte n'en guérit aucun, mais seulement Naaman le Syrien '. Il faut se rappeler ce qu'est l'orgueil Juif, l'incorrigible prétention de se croire la seule nation élue, l'Apre volonté de dominer tous les peuples en les couvrant tous d'un transcendant mépris, pour se faire quelque idée de l'elTet produit sur l'assemblée par ce rappel h la vérité et h l'humilité. Ce ne fut plus des murmures, des oppositions discrètes, mais des cris de fureur, une indicible exaspération; on se lève en tumulte, on se précipite sur Jésus, on s'empare de lui, on l'accable de mauvais traitements, et la foule le pousse devant elle jusqu'au sommet d'une roche abrupte d'où elle veut le précipiter. A ces mots tous les tissistants en-

» »lail..Xm,57-5H. Marc, VI, 4. Luc, IV, ii -4. * Luc. IV. ».M.

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