‹ Nos saint évangilesChapitre 21 sur 124 · UC IL4IITYRK DE SAIYT JEAN-BAPT1STS · texte numérisé non relu

UC IL4IITYRK DE SAIYT JEAN-BAPT1STS

m^aera ud arte aassi inconsidéré. Et c'est à la flllo d'une i" '■ ' ■ ' Il la perversité, îi une fille toiito

j. ,i-ne de sa inJ-re pour sa luXureel

sa rniauté î Voyez encore ce prince, ce chef d'un Étal, f • ' ^ ^nblic, livrant pnr serment les intérêts sa- . a Fût-ce la moitié de mon royaume, je te

le donnerai ! »

Il vit bicntiH à qui il s'était livré ! Une seule passion le dominait, toutes dominaient l'exécrable femme. Lui v.'iMTait le Précurseur, tout en le tenant dans les fers : // ne faisait rien dimportant^ remarque l'Evançile sans le consulter '. Laissé à lui-môme il l'eût certainement épargné. Quant aux deux femmes, la mère et la flUe, si leur luxure ne respectait aucune pudeur, leur cruauté ne connaissait aucune limite, et elles mont !ir volupté suprême était de voir cou-

li . . . uuvir une vengeance. La jeune fille

sortit et alla consulter sa mère : t Que demanderai-

Je ? » — i* La tt'te de Jean-Haptiste, répondit Héro-

diade • ». La réponse était atroce, et la jeune fille eut

iû trembler d'épouvante, fuir une pareille mission, se

*u-er à une >■ •• si épouvantable. Tout au ron-

nre, non »• u :.l '«lie ne montre aucune émotion,

mais M course vers la salle du festin et son empressement ■ ' a joie ■tngu : :iler sa demande accentue atrocement sa cruauté: En toute hdte " ' . ' ^ • , ',■ dit

fonniei la tête de Jean-itaptate' ».

• Marc. vr. ».

• Marc..Y|.i4. Matt.. XIV. 8.

• Marr..Vl»«S. Malt., XIV, m .

70 LK MARTYRE DB SAINT JKAN-BAPTISTR

Scrulerons-nous jamais assez ce que celte scène renfenne d'épouvante? Ce que ces paroles de jeune fllle indiqu<-ul de perversité? Elle est si douce, si coni palissante, •t délicate, la jeune fille I La vue d'une douleur l'émeut jugqu'ai; ^ ; à Taspect lugubre (V

tombe • ; c'est à elle que roii <

mande de pardon pour un coupable; à son cœur tendre et bon que Ton abandonnera une cause désespérée. Ici c'est une jeune fille qui, non seulement demande, mais réclame la tète d'un innocent 1 Et c'est en public qu'elle affronte une semblable honte I Durant les joies d'un festin qu'elle fait couler le sang ! Du jour de fôte qu'elle assombrit et souille par la vue d'un supplice ! Cette if^v — - 'ante, il la lui faut entre les mains, « ici mi^me, dans ce plat •, pour qu'elle en contem-

ple mieux les suprêmes convulsions. Elle et sa m^re redoutaient le Précurseur vivant, toutes deux pourront savourer à l'aise la joie de son supplice.

liérode s'affligea '. C'est l'altitude des lAches qui, moins cruels que les instigateurs du crime, n'ont ni la Ri^nérosité ni la force de les arrêter. Une fausse honte à cause de son serment, peut-être les regards n et les lazzis des convives, à coup sûr la pa:: . .. , a Tencbalnait aux volontés de sa concubine, firent tomber ses derniers scrnpules et eurent raison de ses rogrels. // appela un de ses gardes et lui donna Pmdre d'apporter la fêle de Jean dans un bassin . Le garde décapita Jean-Baptiste dans la pri porta la tête dans le bassin^ et la remit à „ fille f qui elle-même la donna à sa mère^.

t .Malt., .\IV, 9. Marc. VI, io.

* Marc., VI, 17, ». Malt., XIV. 9. 10, 11.

ut MARTYRE DE SAINT JBAIf-BAPTISTR 71

Mais Dieu laissait donc faire ? La justice était foulée lUX pieds, rinnoceuce périssait, la sainteté la plus '';to, la plus héroïque vertu tombait victime d'un . lin et de deux femmes perdues ! Oui, et nous pourrions, alors même que nous ne les saurions com- ;-•'-• adorer les desseins de Dieu. Dieu est la sages- , la bonté sans mesure, alors même que Fa conduite nous demeure le plus cachée. Mais combien il nous est d'ailleurs facile de comprendre ici ce que nous adorons ! Par le martyre Dien exalte le Saint Précurseur ; sa couronne dans le ciel est d'un indicible éclat ; sa gloire sur la lerre est sans rivale. C'est maintenant qu'il devient « le plus grand parmi les enfants de la femme », et celte gloire est pour tuule la durée des siècles d'une inépuisable fécondité ; sa confession généreuse, les souffrances qu'elle lui vaut, le martyre qui la couronne, donneront aux prêtres et aux lidMes le courage de proclamer la justice au prix même de Icursang, eldans la vie et la mort du Précurseur, l'Eglise catholique trouvera la forme de ses nobles résistances en face des Pouvoirs persécuteurs. Le nnn licet s'y éternisera. Ouanl à ces Pouvoirs eux-mêmes, qu'ils considèrent ' ' Istoire d'Hérode les châtin)' ' urs

i»ù8 h; martyre de saint Jean . > • ne

connut plus le repos, et tes voluptés oe suffirent pas à dissiper la noire mélancolie et les terreurs secrM !

il se vit envahir. La vue du sang, le spectacle ' tête, dardant sur lui de menaçaols regards, ne quitté* rent plus son imagination épouvantée. Partout il lui semblait rencontrer sa victime revenue à la vie pour se venger et le punir. Jusque là il n'a>ait pas donné à la carrière pul ' -^ 'n J»'«m U plus légère attention : maintenant -es dt»nt cette carrière était pleine

72 IX MARTYRK DB SAUTT JKAN-BAI'TISTB

éveillbrent en lui de nouvelles lerreara. Cest Jean-Baptiste^ dit'U, à ses courtisans, il est ressuscité d'entre les morts ^ et c'est pour cria qu'il fait des vi'- ' Dans son entourage on cherchait à dissiper ces i en y donnant le change. Non^ disaient les uns, mais c'est Elie. — Cest quelqu'un des prophètes, rrprenaient les autres, un des prophètes (f autre fois. Mais Hérode revenait à son idée fixe, et l'obsédant fantôme ne disparaissait pas de devant lui. Cest Jean que j'ai drcapità, c'est Jean ressuscité d'entre les morts. Si parfois ses terreurs se calmaient ce nVtait que pour faire place à des dontes aussi torturants : J'ai fait trancher la tête à Jean, disait- il, quel est donc cet homme qui opère de si étonnants prodiges • ? Apr^s cette veangeance intime, il en vint d'autres du dehors et Thistoire profane nous apprend que la disgrâce que subit Hérode eut Hérodiade pour prcmif-re cause.

Quant à celle-ci et à sa lille la main de Dieu ne cessa de les frapper. Tandis que leur victime recevait, des le lendemain de son martyre, les honneurs de la sépulture cl les hommages d'une ardente vénération, la honte de leur crime crût pour elle en proportion même de la publicité qu'eut la scène de M t ' 1 ■ ' appris

ce qui tenait de se passer, l> l'an f in-

rent enlever son corpsy et, après t avoir enseveli^ le iJi-j, ' w' ' ,1. Puis ils allèrent racon-

le, / -N<5 '. La Galilée enti^^e et

la Judée se remplirent du bruit de ce forfait et des malédictions à l'adresse des coupables.

0 étonnante puissance du sang versé pour la cause

* MaU.. XIV, 1. 3, Marc., VI. 14, t6. Luc, IX, 7, 8. 0.

* MaU., XIV, 13. Marc, VI, », 30.

LA PRKMIÉKE MULnrLICATIOIf DES PADIS 73

(le Dieu ! Durant sa vie, Jean n'avait pu vaincre l'obslinalioD de la plupart de ses disciples à se détourner de Jésus : &prH son martyre ils s en viennent d'eux mêmes et se donnent dociles et aimants au Sauveur. Apprenons de là que la persécution n'est fatale qu'aux persécuteurs, et que les opprimés que Dieu garde, protège et glorilie, trouvent en elle des ressources de puissance et de vie que la paix et la prospérité ne leur avaient I 'vées. Et si nous ne devons pas maudire la persé-

• mais plutdt l'aimer et la bénir, muins encore

devons-nous maudire ceux qui nous l'infligent. Plai> gDODS-les plutôt et prions pour eux.

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