LA PREMIÈRE MULTIPLICATION DES PAINS
Il TIMP^TK APAISÉE. U PROMfiiSK D8 L'IUGUARISTII
1. — Jésus à la nouvelle du martyre de Jean- ' mé du lifii où il était *, et s'était
^. , ... i... ^^ Génésareth. (Jue l'insistance du
Sauveur à s'éloigner de ses ennemis ne nous échappe pas, car nous avons là d'imporUnls enseignements à recueillir. Sans doute, possédant la puissance divme, il n'a rien à redouter des tentatives et des coups de force des Juifs : nous venons de le voir, quand, à Naxarelh, U »e fraie au milieu d'une foule furieuse un calme et assuré chemin ; mais il ne veut pas multiplier ces actes H« divinité ne doit pas par son trop vif éclat le change sur la réalité de sa nature humaine ; U agit eo homme passible et mortel, comme devront
« MaU., XIV, 13. Marc, VI, 30.' SI. 31. Luc.,l.\, 10. T. tt.
74 LA PRBMiAlIR MULTIPUCAnON DES PALNS
agir après lui ses disciples. Il fait donc devant la haine et les ambuches de ses ennemis, jusqu'au jour marqué pour son immolation sanglante. Il fuit <' * ' ' rcs des Pharisiens jaloux du nombre > disciples, et de la Judt^o se retire dans la lîahlve. 11 fuira tout h. rhoure la GuliK-e elle-inèmo pour se retirer au delà du Jourdain. Quand Jérusalem deviendra tumultueuse ei menaçante il se retirera vers Béthanie cl Jéricho dans (les lieux solitaires. C'est ainsi qu'il tracera pour tous les siècles, la règle à son sacerdoce, lequel, intrépide à confesser sa foi, ne se jettera jamais de luimême au-devant de la persécution, mais cédera d'abord devant les fureurs de ses ennemis et fuira.
Au bord du Lac où nous le retrouvons, Jésus n'est pas seul : ses apôtres, revenus de lu mission qu'il les a envoyé faire en Galilée, l'entourentde nouveau et leur nombre s'est accru des disciples de Jean-Baptiste qui viennent de se donner à Lui. Les apôtres de retour de leur vùssion s'étaient réunis près de Jésus et lui avaient rendu compte de tout ce qu'Us avaient fait et enseigné. Jésus leur dit : « Venez à f écarts dans un lieu solitaire^ pour vous reposer un peu . lU montèrent donc dans une barque, et traversant le Lac, ils abordèrent en un lieu écarté assez proche de Bethsaide. Non point la Belhsaide, patrie de plusieurs des Apôtres, mais une ville que Philippe venait de bâtir et "m-îI
«>ail ajouté le nom de Julias en l'Ii de
la fllle de l'Empereur Auguste. La rive du Lac ne semblant pas à Jésus assez solitaire il s'enfonça dans les collines avec ses Apôtres, et là se mit à converser avec eux des choses du Royaume de Dieu : entretien si attachant, paroles si ** tes, que
nul ne s'nperçul d'abord de la foule qui i ^<\x avait
U PRENTteB MILTITLICATION DBS PAINS 75
groMÎ autour d'eux '. Ce n'est que levant les yeux que Jésus la vit *, remarque rEvan/?élisle saint Jean ; ici comme s " * it^ cl ne ilif-
férant pa- i .> tMait im-
mense, sortie à la fois de toutes les villes et les campagnes qui bordaient le Lac et grossie de la multitude des Pèlerins qui se rendaient à Jérusalem, car la fête de Pdque était proche '. Ses motifs ne sont pas d'un <-r«î' ' " car si elle accourt avec un i ' vs-
>»iii< ^ pour entendre les eusei^i, «lu
Sauveur, que pour satisfaire sa curiosité en conlem- ' ' "icles. Toufi étaient avidcft de voir srs
- yucrisons *, celles qu'il venait d'opérer ^WT la rive opposée du Lac et que l'Evangile ne nous sp>'>cifie pas . A la curiosité s'ajoutait un motif plus légiliiiK' : de nombreux malades avaient l'ié portt's jusque dans cette solitude montagneuse où Jésus s'i^lait retiré et imr' - -i leur gaérisoo.
Co, oir ces malades et ces infirmes sans que
le Cu;ur Divin fût pris de pitié ? Sorti de la barque et voymU rr"- v''- '■■fie Jésus en eut fjitié et guérit tous les I. se trouvaient parmi elle. Leurfoi
avait ('-té aM»rz rnanife.>>tée par leur empressement.
D'une HUln> piii*' plus touchante allait sortir un plus érlaiani mirarlr. Lij<>ur baissait* ; les douze s'appro- • ri lui dirent : « ee lieu rst d^serty
l , /• I i-Ètt iitfi'' cê'lli' itiiil I liiiifi' 'ifîrt
• MaU. XIV. 1 1 VI, )|,M. L«r.,XI, 11. Jowt. ?l, t,4.
• Jo«n., VI. 5.
* Joao.. VI. 4.
« Lac, IX, 10.
* Mau.. XIV, 14.
* Lu*- I\ M.
76 LA PnBMltoE MULTIPLICATIO?! DKS PAIRS
quelle aille dans les villages et les hameaux dalen» tour chercher un abri et de quoi manger » . Admirons le mépris que fonl la Toule el les apiMres, des solliciludes de la vie malériellc. Tous suivent Jésus, le contemplent, lYcoutenl, sont absorbés par les charmes qui jaillissent de sa personne divine ; nul ne songe plus m^mc aux détresses de la faim, l'esprit domine le corps, les biens surnaturels priment les plus U'gitimcs aspirations de la nature. Grande leçon pour nous que les satisfartions matérielles encbalnent et que les biens célestes laissent siindifTéreuts et si oublieux ! Hélas ! qu'arrive-t-il ? A l'encontre de cette foule qui, pour avoir c cherché d'abord le Royaume de Dieu et sa justice », reçoit comme surcroît un rassasiement divin, nous, en cherchant d'abord nos p&tures terrestres qui nous affament au lieu de nous nourrir, nous n «ns des divines satiétés que nous eût données Jl . ' .i?t.
Nous pourrions nous étonner des circonstances qui précèdent le beau miracle delà multiplication des pains, si nous ne Savions leur signiOcalion et leur but. Que font ici les questions que Jésus-Christ pose à ses Apôtres ; la lion pins singulière encore quil leur fait de ti > ux-mémes ces dix mille personnes, hommes, femmes el enfants ? Après qu'il lui eurent dit : t renvoyez cette multitude afln qu'elle aille acheter de quoi manger ». Jésus réplique : Ce n'est pas nécessaire, donnei-leur, vouSy de quoi se nourrir * . Eux alors de répondre : Comment acheter de quoi nourrir unr telle foule ? Deux cents deniers n'y suffiraient pas*. Pois, non content d'avoir interpellé les
> Marc., VI. 35. 36. Ldc, IX, 13. MtU., XIV. 15 * MaU.. XIV, 16. Marc, VI, 37. Luc, IX, 13. » Luc, IX, 13. Marc., VI, 37. MaU., XIV, 17.
LA PRKMtftRK MULTIPLICATION DES PAINS 77
T ' î ' ' !>pe : OH trouverons-nous
r tout ce mondé ? Ce à quoi Philippe répond comme les autres : Avec deux cents di. ' ait pa^ nthne un mor-
ceau '.1 ,1 soin, ainsi qu'il le fait
toujours d'érarler de Jésus toute suspicion d'ignorance ou 'V '• : ce n^estpas^ dit-il, r/u'en posant ces
qut ignorât ce quil allait faire. Mais il
disait cela pour les éprouver *. Qu'est-ce à dire « les éprouver ? t Eveiller leur attention si souvent endormie ou fugitive, les rendre attentifs à la merveille quUl allait opérer, graver par là plus profondément le souvenir du miracle. Et jugeons si ces précautions étaient nécessaires, puisque, en dépit d'elles, nous verrons tout à l'heure le peu d'impression que ce miracle a fait sur eux et la faible attention qu'ils y ont prêtée.
Assurément, Jésus-Christ eût pu cn'erde rien la nourriture qu'Use proposait de donner à la multitude. Que fait-il autre chose, depuis le grand mot de la ('réation: Dixit et facta sunt ? S'il ne lui coûta qu'une parole pour tirer du néant tout l'univers, que sera-ce pour lui de produire de rien quelque nourriture ? Or, il lui plut, non de créer, mais de m multiplier, » et c'est de quelques pains et deux poissons qu'il flt jaillir, comme d'une intarissable source, l'énorme quantité de pains et de poissons qu il fallait pour nourrir dix mille personnes, au moins, si nous comptons en su^ hommes, les femmes el les enfants. /
vaut de painSf leur demanda Jésus ? Allez et voyez. Quand ils i*en furent assurée, fun deuxy André,
• Joan., VI. 5.
• Joan., VI. 6.
7H LA PRKMIÉRE MULTIPLICATION DKS PAINS
frèrt de Simon Pierre^ vint lui dire : - Hya ici un
sons
Après ce qu'ils savent de leur Mallre, après ce que Jésus vienl de dire, qui annonce si clairement un miracle , An«ln' nVn a pas mArae la plus confuse espi'Tance : Qu'est-ce que cela pour tant de monde^ dit-il naïvement ? '
Aux apprêts immédiats du miracle peut-être le comprendront-ils mieux, et maintenant que Jésus-Christ prend l'allilude du maître et du tout puissant, ils sauront quelle œuvre divine va se produire. i4/)por/^5-mor les pains et les poissonsy dit Jésus^ et faites asseoir le peuple^ par compagnies, sur le gazon. L'herbe^ en ce lieu, était abondante; les disciples firent asseoir le peuple par groupes de cent et de cinquante. Il y avait-là cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants *. Tout est pesé dans les œuvres divines, tout y a sa raison d'être, et c'est à dessein que Jésus emploie le ministère de ses Apdtres. Outre, que cette coopération était propre à graver en eux le souvenir d'une grande merveille, elle leur esquissait l'avenir. Plus tard, eux et leurs successeurs et tous les prêtres, et durant tons les siècles, et à toutes les générations, devaient distribuer, non plus le pain matériel, mais le « i^uin du ciel, » le « Pain de vie, » le Pain qui donne et entretient la vie divine à T&me et dépose dans le corps les germes d'une future résurrection. Avant cet avenir, coopérer au miracle, c'était les honorer devant le peuple et affermir l'autorité. Tous coopèrent même
< Jean., VI. 8-9.
* JoaD..Vl. 9.
• MaU-, XIV, «8.
LA PREXII^:RE MULTTPI.ICATION DBS PAIVS 79
Judas! Jésus voulait ainsi montrer au monde que refBcacilé de se? 1 — '"~ -et la vertu dosa grâce, «lécoulant immédiai lui, ne se perdraient pas en passant par les mains d'indignes ministres.
La ' ' tait assise, sans savoir encore de quelle mi>- 115e faveur elle allait être l'objet. Ainsi
devons-nous demeurer dans le calme et le repos de l'esprit et du ccpur, quand quelque besoin nous presse, et que nous attendons la paternelle intervention de la Providence.
Pour la foule de Betbsalde l'attente ne fut pas longue. Jésus prit les cinq pains el Us deux poissofis; il leva les yrttx au ciel y bMit les pains ^ les rompit et les donna à sr s disciples pour qu'ils les distribuassent au peuple. Il partagea de t/ième tes poissons et en fit donner à tous autant qu'ils en voulaient*. Jésus lève vers son Père un regard de filial amour et aussi d'invocation pieuse : c'est l'affirmation de sa nature bamaine. Il avait à nous convaincre à la fois des deux parties qui composent l'ineffable mystère de son Incarnation : qu'il était vrai Dieu et qu'il était vrai Homme. Et si nous suivons attentivement ses paroles el ses actes nous y voyons une continuelle attention de nous faire apparaître cette double nature dans l'unité de sa Per- •oni' Dans les circonstances les plus ordinaires,
il f(ui . . ^- u est vraiment llomme, né dans le temps. Inférieur à son Père, el comme tel le priant, le suppliant, loi rendant grâce, implortnt iOD latistaoce. Tout au contraire, dans les grandi têtes, c'est en Dieu qu'il agit, par lui-même, de sa propre autorité, sans invo« calion, sans prière ; ainsi quand il remet les péchés,
• Uc. IX. 16. Marc.. VI. 41. Mâtt.. XIV. 19.
80 LA PRKHIÈRB MH-TIPLICATION DRS PAHIS
quaad il ouvre le eiel au Larron repentant, quand il V ' T * iennc et lui substi^ ' n " ou i le la plupart de 6< ,M,se
sa doctrine et ses commandements. Ici, nous le voyons à la fois dans sa double nature : c'est commr- T- .'il nour-
rit l'immense multitude, c'est comme . ^u'avunt
de la nourrir, « il lève les yeux au ciel et rend gr&ce. »
Cette prière et celte action de grâce qui accompagnent le miracle nous flxent à jamais sur l'importance et la justice de notre c Benedicile » et de nos « grâces »> avant et après nos repas.
D'autres leçons encore nous frapperont. Dans cette foule fraternellement unie quoique composée d'<'16menl8 si divers ne reconnaissons-nous pas l'Assemblée des fidèles? Et dans ce repas servi par^un Dieu ne retrouvons-nous pas la maternelle sollicitude de la Providence ** La nourriture est frugale, car le chW*tien doit repousser avec horreur les excès de la gourmandise et les honteuses prodigalités de la table. Elle est servie par Jésus-Christ après la longue attente que les entretiens spirituels et la vue des œuvres divines ont remplie. A ce mystérieux banquet, riches et pauvres, petits et grands, humbles et dignitaires sont confondus dans l'égalité d'une même position et l'unité d'une même nourriture. Enfin, ce n'est pas tumultueusement et en désordre que se distribue le bienfait du Seigneur, mais tous c sont assis par groupes » et harmonieusement.
Merveilleux spectacle! Les cor! ■ ifnt
que pour se remplir; ainsi coule un». ice,
qui reçoit plus d'eau de sa fécondité propre qu'elle n'en laisse s'échapper de son sein. Quelques morceaux de pains s'étaient, par la vertu divine, sous la main des Apôtres, ï ce point multipliés, que non seulement la
LA rnKXIÉRB MULTIPUCATIO.I DES PAPIS 81
foule élail rassasiée, mais que les corbeilles demeurnienl pleines. Et c'est pour une plus entière constatation du miraclo que Jésus-Christ donne à ses Ap«Hres l'onir** suivant : Pnnr que rien ne se perde^ recueillez les restes. Ils ramassèrent ce qui restait des cinq pains dorge et des poissons et ils en rempli mit douze corbeilles '.
Le miracle était éclatant. Il l'était d'abord par son universalil ?♦" ■ linaire, les miracles du Sauveur n'avîiitMil qu'un : .rp, deux au plus. Iri, c'est toute iiiu>
immense multitude qui en est X la fois la spectatrice et l'objet. Mais de plus il est entouré d'un tel luxe de crédibilité, qu'aucuoe hésitation, bien moins encore un doute n'est possible. La fouie à nourrir est innombrable, le lieu est désert et aride^ la nuit tombe : rien ne laisse à l'incrédulité la ressource de prétendre que des vivres ont été subrepticement fournis.
L4I foule, d'ailleurs, est ici un incorruptible témoin. Klle a si bien vu le miracle et l'a si dûment constaté qu'elle est prise d'uniniiescriplible enthousiasme, nici) des fois elle avait acclamé le Sauveur, jamais avec autant de force et one telle unanimité : ils n'hésitent pas« Jésus est bien 1er -. •, •-.,,,-.,/
vraiment, c'etl là le Prophète qui doit venir * »,
Comme Hh ne ronroi vent le Messie que SOI)
de la pui^Han<-(! matérielle et tout raaréolt*
et d'une domination terrestres ils forment incontinent le
projet de l'enlever et de le proclamer Roi *.
• M.iU., XIV, «Kit. Marc, ¥1,41 4S. Ut., IX, 17. Joao.,Vt. ti-il
• Joan.. VI, 14.
• Joan., VI, I».
H2 LA PBKMIÉIIE MULTIPUCATION DES PAUVS
Ne leur reprochons pas une nK^prise que partageait la ualion Juive tout cnli^^e aver ses Scribes et ses Pharisiens h sa l^leLes ApiMres «'ux-inimes ne purent être d<^lrorapés que sous les feux illuminateurs de la PenlecAU' ; tanl la rroyaiiro h un r^Kne politique et conquéraiil (lu Missic s'élaii accr<'*dil<'(' cl «'•lait devenue dogme de foi en IsraM. Et d'où venait l'innncible force de cette erreur 1 Du même instinct qui sous nos yeux emporte ^e> foules nourries miraculeusement au désert de bcihsalde, l'instinct du bien-être, de la gloire, du bonheur terrestres. L'idée que, sans labeur, sans fatigue, sans aucune peine, elles seront magnifiquement entrelentif's par leur Koi, les rend ivres d'espérance ,et de 'onvoilise. Le peuple Juif n'a plus cessé de désirer et l'atlcndre un Messie qui fût pour lui la personniflcalion
'•, de la conquêle et de l'or.
i- e Jésus dut cependant détromper la foule,
car il fit fuir ses Apôtres et s'enfuit lui-même. Jésus^ sachant que la foule allait l'enlever de force et le proclamer Roi, pressa ses disciples de s'embarquer 'lu plus tôt et de le procéder sur la rive opposée du l.tn . Lni-méi ^<mt ce temps congédierait la
fxulr ». 11 eut , , . mal à éloigner de luises Apftlres, int ils l'aimaient, tant ils trouvaient insupportable
>», aussi l'Ëvangélisle emploie-t-il le mol :
, 1 . 11 le fallait, car noire vie ici bas doit
tre la séparation momentanée mais douloureuse d'avec
notre Christ bien-aimé. Nous devons, au sein de la nuit,
sur une eau turbulente, par on vent contraire,
tragner c l'autre rive, » c'est-à-dire la rive éteraelle, le
iel. Jésus lui-même, après avoir renvoyé la multitude,
' Jotn.. VI, <s.
LA TRMP^E APAISér. 83
n'enfonce dans la solitude de la montagne ' . 11 fuit la
gloire Ir ' pt les acclamations Irioraphales, il nous
montre ..i, après quelques actions d'éclat, nous
devons nous dérober aux louanges et nous retremper dans le silence et la prière. Mais, la leçon est double, car s'il est des moments où le pri^tre doit fuir la foule, il en est d'autres où il doit, pour la sanctification des âmes, se livrer à elle. Après lui avoir distribut'' la nourriture eéleste, il lui faut se repaître lui-m^mc de méditation et de prière, et la solitude seule les lui donnera. Au moment où la barque s* éloignait avec les disci' ple»,\Jésus congédia le peuple y et, la nuit venue, seul, il gravit la colline pour prier *.
II. — Pendant les heures de la divine prière, les ApAlres luttaient péniblement contre un vent contraire et une mer démontée. La tempête s'était abattue sur le Lac et empêchait à ce point le jeu de la rame qu'après avoir peiné une grande partie de la nuit ils n'avaieut fait que peu de chemin. Ils étaient loin des rêves do gloire, de bonheur et de règne qu'ils venaient de partager avec la foule; leur vie réelle, vie de labeurs et de luttes, commençait pour eux, et cette navigation pénible et dtogereuie sur le Lac de Génésareth n'était que l'image d'une autre bien nr .Ce n'est plus
l'étroite merde Galilt; ^ lunlôt à traverser,
c'est le monde, le] monde entier avec ses gigintesques tempêtes , set peuples soulevés en vagues fu rieuses, et le Ttiseetu de l'Église ail^usement secoué au milieu des réToltes de TuniTers. A la courte nuit qui
M c , VI. 45-40. Mail., \\\,H.
Mv.L.XIV. ta. Marc. VI, le.Joan.VI. i&.
84 U TBMPÊn APAIS^B
plane sur eux en BaccèderauDe autr> ne
de longs siècles Iravereeronl et quint ......re
que celle de rapparilion du Christ. Jésus lors de son N\ènenienl. Jusque-là les terreurs s «iii
iirs, corame les tempAies aux terop : imju, sans doute, les secourra toujours, mais sans les con- ' (le sa pn*s»'nce visible. C'est pour les pn'-parer à ussi formifl-ible avenir, pour les aguerrir et les former à une inébranlable patience, que Jésus laisse ainsi ses Apôtres aux prises avec les Fi. In Lac,
seuls et comme abandonnés de lui. Un< , le fois,
quand il permit à une tempête de seconer leur barque U •'Uiit avec eux, maintenant quo leur foi et leur courage <>nt du croître il les laisse seuls. Cï'lait, d'ailleurs, dans 1 intention de J<^'sus, un moyen de se faire plus ardemmml d«'sirer d'eux. Ils verraient par la fl ' <!e leur
altaridonnement combien leur Maître leui essaire
cl ( oiiiinent, sans Dieu, nos plus grands efforts sont ^Urilfs et nos dangers impossibles à surmonter. Puis oncore le moment qui allait suivre était solennel entre tous ; le lendemain, dans la Synagogue de CapharnaOm, Jt'sus-Chrisl devait faire au monde Taononce et la promesse de la plus prodigieuse de ses œuvres : l'Eucharistie, la Communion, sa Chair divine devenue la nourriture des hommes, et les hommes, à ce contact, transflgurés en 6lres divins. Les Juifs devaient accueillir cette annonce avec la plus insultante in< le
scandale devait ôlrc immense, la désertion i ..^.le;
les Apôtres allaient être placés devant la plus grave des alternatives : r«lle de croire à l'Eucharistie, ou bien, arec la foule des disciples, d'abandonner à tout jamais Jésus. Combien il importait qu'ils vissent et confessassent sa Divinité, et pour cela qu'ils affermissent leur foi
LA Trail'ÊTE APAISER 85
i la Tue de quelque ?rand miracle. Le miracle de la
les avoir Irçp peu '-- . i ^ ., - élait desliot^e, dans
la pensée du Sauveur, à leur donner une impression ' U, les longues heures qu'il les ahans et aux dangers des Ilots. Les Disciples étaient en pleine mer et se dirigeaient vers '" ' / ■ ■ , ■ • un vent con-
■ -j •■■ - se soulevaient
et battaient la barque avec fureur ; les disciples se
' ' ■ / ramer, et ils n'avaient fait encore que
. u trente stades '.
Sur la montagne Jésus priait : prophétie sublime du
drame qui se déroulera durant le cours des siècles:
Jésus « aseb à la droite du Père » au plus haut
de?» Cieux, vivant pour intercéder sans cesse, » pour
,,»..... ., gQ^ Église, secouée au milieu du monde par
.•^lle tempête, la double gr&ce de la résignation
«■i (lu triomphe. Il prie sur la montagne, mais il ne
•v"«p pas ses Apdlres du regard, et quand, vers la Hn
' nuit, le moment est venu de les secourir, il vient à
•nt, comme il convient à un Dieu de venir,
- sur les flots, foulant d'un pas serein leurs
>. et se frayant un rhemin sûr au sein des ténè-
■ \ veille les Apôtres aperçurent
7' .// w;^. ,. Us flot S ^ non loin delà barque
't semblant la vouloir dépasser. Saisis d'épouvante: '/<•/ • > '^ 'ise
i- .: Avant •... .^ . .. ...cle
.'«>r croître Jusqu'au paruxisme, et notre délivrance
> Juin., M, 10-I7*|ft^l() llarr.M, i7. Mm., \|V U. * HalL. XIV. S-SB.Marc., VI, 4S-4»-50. Joaa.. VI, l»-t».