LA TEMPÊTE APAISÉE
n'est jamais plus proche que quand tout semble désespéré. Ainsi le voyons-nous agir avec ses Saints. Job subit les (le^ni^^cs infortunes, Jacob les pins extrf'mes d('*lressi*s, Alir.iljara la terreur du sacrifie* d'Isaac, quand Dieu, subitement, d'un coup, finit leur épreuve fi leur rend le bonheur. Ici de même. Il a fallu que Tépouvanlc des Apôtres s'ajontftt aux labeurs et aux dangers qui venaient de remplir toute leur nuit, pour que Jésus se faisant rcronnaltre à eux ramenât la confiance et la joie dans leurs Ames, t Ayez confiance, leur dit-il. Cest moiy cessez de craindre ' .' »
Dès qu'il eut reconnu son Maître, Pierre ne piH se contenir, et son amour ne supportant ni l'éloignement, ni le retard, Seif/nenr, cria-t-il à JésuSy si c'est vous, ordonnez f/ue J'aille à vous sur les flots *. Ne voyons ici ni présomption, ni vaine gloire et désir de paraître, l'amour seul à fait jaillir de son cœur ce cri et (•
ration, où la foi se montre comme l'amour. <> Or*: •
dit-il, vous êtes Dieu, vous pouvez tout, et ce n'est pas de « marcher sur les flots » qui me préoccupe, mais • d*aller à vous. » Jésus se rendit au désir de son Apôtre, non [pas seulement pour satisfaire son ardent amour, mais pour donner à Pierre, aux Douze, àTÊglise, un mémorable enseignement.
Viens, dit Jésus. Aussitôt, Pierre s'élança du bateau pour rejoindre son Maitre '. Le début fut magnifique du fermeté et de miraculeuse puissance. Pierre foula les flots sans trembler : C'est le Chef visible de l'Église, c'est ' î ' armé de î ' '' ' l qui
affronte les temp< rend, à i sdu
» Joan., VI, ». Marc.. VI, 50. Mail.. XIV. 26-r . * MiU.,XIV. 28.
» MaU., XIV. A».
LA TEMPÊTE APAIStS 87
monde, rers le Dien qui le convie el l'attend . Mais, F'ierre invincible avec Jésus, ne saurait l'ftlre livré à lui int'ine; il est homme, il est faible, si Jésus n'étend pas N'r> lui une main lul^laire. Voyant la violence du
ffU, il fut prvi de peur et commença à enfoncer: <■■■■:- f-il, sauvez-moi^ ! » Que la nature
i- -••surlevif! Souvent, après être de-
meurés victorieux dans de grandes et terribles lulteiî, nous succombons à de t • '- ' r -=;. Moïse a supporté les terreurs do . . . , les péripéties d'une vie d'épreuves : le premier succombe à un moment de drftanr* . ' nd à un regard imprudent. Pierre a bravé le ^ -londant en fureur : il dtTaille à un
<)up de vent ! Mais cette défaillance a des causes et un iiul. Il enfonce afin que, naturr" — --' présomptueux, U »oit ramené au sentiment de > -e.ll apprendra
de même qu'une foi sans défaillance peut seule nous soutenir, et que sans la foi nous aurions beau être près de Jésus. n<Mis péririons même an sa divine présence. Une <! lison regarde les Douze. Ils n'ont pas vu
•ans u.. ...., i dépit leur compagnon marcher sur les
flots et, sans eut. aller au Maître ; sa mésaventure éi -la mauvaise flamme de jalousie
'!' .-*. .. .. -..^uroer. Quand Jésus sauve Pierre,
«*st avant tout la nécessité de la foi qu'il lui rappelle : A iin<tant. 7 'm7; n \homme
dr peu di I ., ... ,,...,..... Ut douté*?*
A ce» deux premiers miracles s'en joignirent d'autres qui en '' admirable : .. : . u. c. Le^
> MilU.. \1V. 3031.
• MaU . \IV.31.
88 LA TKMPftTI APAISAS
autres disciples voulurent alors que Jésus entrât dans la barque, A peine y fut-il monté avec Pierre, le vent cessa et ils se triturèrent aussitôt à la rive où ils se rendaient, au pays de Génézareth *, lout pK>
deCnpIiarnaflm. L'i ■" prodigieux. Ils élaienl ih... . -- , ..^e du
désert de Belhsalde-Juli < denl à peine compris,
« tant leurs c<Bur8, dit suint Marc, ('•taieut aveuglés ' ». Ici au contraire la puissance de J«'>sus leur apparaît dans un tel éclat, qu'à cet éclat ils aperçoivent sa dirinilé : Dvhnrqunnt tous, ils vinrent à Jésus, Vadorèrent et dirent : * Vous êtes vraiment le Fils de Dieu ' » .' Nous avons déjà remarqué que jamais Jésus-Chris i 'arri^te sur les lèvres une semblable [conf. ' f
ce qu'il eût dû faire et ce qu'il eût fait t» V ^ <-
réellement Fils de Dieu. Quand Pierre se jettera à ses pieds en lui disant : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant », il le louera de son acte de foi, lui révélera pur quelle grâce il l'a fait, et y attachera les plus magnifiques préro::/- - Iri, loin de refuser la confession de foi de ses , il y donne, en opérant de plus
grandes merveilles que jamais, une irréfutable confirmation./Mv yw'iV.s /e surent débarqué tous les habitants de (irnézareth renvoyèrent dire dans tout le pay^ dalentour ; on lui apportait les malades le suppliant de leur laisser toucher la frange de son vêtement. Et tous ceux qui la touchèrent furent guéris*. Nous retrouvons la foi et le miracle de l'hémorroïsse. !"•''>= -''ins un plu? •"•'"'^ '•'•^'' î- • ••'"•^* ""••
< Marc.. VI. ôl. Juan.. VI. ^i.HaU.. XlV.l^t. « Marc.. VI. 51
• Marc, VI. M. Malt., XIV, 33.
* Malt., XIV, 3i-35^. Marc, V1,5MM«.S6.
U TRMP^TB APAISÉS 89
miillitude qui reçoit la santé au simple contact du vt^tt^ment du Sauveur. Et si nous rapprochons celle pro-> fusion de prodiu«'s de l'explicite acle de foi des Apôtres apri'S la lemp«'le: « vous ^tes le Fils de Dieu •, il nous est aisé de conclure que ces nouveaux et plus éclatants miracles avaient pour but de sanctionner celte foi. Ils étaient aussi une dernière raistrricorde envers CaphariKiiitii. \ Kl N'ille de sa défection et de son incrt'dulilé. V --\ eucore une saisissante image des grâces Eut i«>s. Combien sommM-nous plus favorisés que
c* - ti.i .'les ! Ils touchaient la frange du vêtement du Sauveur : nous sa propre chair. Ils ne faisaient que « loucher » : nous nous unissons à cette chair divine de la plus ineffable manière. Elle entre en nous, elle se fnil notre nourriture ; elle devient, si Ton peut s'expri- Mier, « l'os de nos os, et la chair de notre chair ». Quel-
•s grftces nous seront refusées après une telle grâce ? ^i la saoté du corpsétait rendue aux infirmes de Caphar-
laQm au seul contact du vêtement, nous qui touchons sa propre chair, c'e^t la vie de Tàme, ce sont les espérances d'une gloire rUernelle. c'est l'assnrance d'une future résurrection, qui nous sont données quand nous commanioos dignement. Allons donc au di -^ i rt>ment, aIlon»>y avec une âme pure, une sai: ir,
une pleine foi. N'imitons pas les Capharnaltes qui, an rr" ' '■datants prodiges et d'innombrables bienfaits, I 'tvec la foi la grâce du salut.
Dette grâce leur était cependant prodiguée avec uHure. Au moment même où éclataienl[lM prodiges que nous venons de rnpporier, ils recevaient des bords du lac de nouveaux âges apportés par la foule que Jésus,
avait, la ..,„., uuurrie miraculeusement. Nous avons vu cette foule k la recherche de Jésus. Jésus, après lo
tM) LA TRMréTK APAIS^-B
miraele. l'avait congédiée quand lui-même s'était onfonr* dut lie, mais elle, .ivide dn le voir cl luiu
eut ^!>>jetd'en faire un roi, s'était mise à sa
poursuite pour le ramener et s'emparer de Lui. Elle fouilla d'abord le rivage, emarqué que
la Muile bnrque où les A{* itéssans Lui',
elle retourna an désert. Là ses recherches étant de même ■ •• - g||g çj^ con- '
par qti- ^ il avait gagn-
naDm et elle s'y rendit elle-même, protilant de I)arque> venues de Tibériade. Des barques i-tant v> ■ Tibirimle et ayant abordé près de l'endroit " ^ gneury ayant rendu grâces^ on avait mangé le pain, tous y montèrent rf "' ' ' ' ' r
naùm, après s être <■■ .
rC étaient plus au désert de Beth^
//s le tr< ' ■ ^if en effet sur la nrr ue «lonoirelh, àCapl. ; >.
Nous devons, hélas, constater que cette grande ardeur à poursuivre Jésus avait un tout autre rr ' ' '•
pur amour de sa doctrine et le d«'sir d»tu«ls. Le pain savoureux du désert, l'espérance de trouver en Lui un roi qui les nourrirait sans travail et leur ouvrirait les gloires et les richesses d'un tout puissant royaume, hantaient leur mémoire et enflammaient leurs convoitises. C'est ce rêve d'un bien-être matériel que Jésus songea tout d'abord à détruire, avant de leur proposer le plus ineffable des biens célestes, celui de l'Eucharistie.
' ioan., VI, n.
» ioan., VI, «.Ï4.
* ioan., iV, s.
LA riB SimriATVlIBLLK PAR LA FOI <Jl
lîl. — Ecartant tont d'abord une question oiseusp :
MaitUf quand donc étes-vouf venu ici* ?» Jésus vîi
' * ^ ''■■■- désirs secrets. ^;i vérité, en vérité, j'r
' ous tnr cherchez, non pas à cause (ie<:
miracles que tous aves rf«, maii pour les pains
■/ ^ ares mangés et dont vous êtes rassasiés '-.
' i une disposition funeste dont il fallait ayant
t ;\<r des àines trop chamelles. Comment
.-, . M ,ci.uriii-il8 au désir des biens célestes, ceux « dont
1p nieu *'8l le ventre ?» « L'homme-animal ne peut
idre aux choses de l'Esprit de Dieu », et c'est
. :- .1.- cimes surnaturelles que le Sauveur voulait
él.vfp ç«>s vrais disciples. Travaillez-donc, leur dit-il^
la nourriture qui périt mais pour celle qui
,.. ,..r ,.,, jusqu'à la vie éternelle '.
l* premier mot : travaillez est plein d'enseigne-
)iant pas seulement la fausse attente des
■i.. ... (...piiamaQm, mais fixant un point de discipline
rhr.iiennequi est de tous les temps. Comme les autres,
'{ue les autres, le chrétien doit » travailler ». « Que
u qui ne travaille pas, dit saint Paul, ne mange pas
non plui« M. Le m«'me saint Paul que l'apostolat des
Ames absorbait, d ibeurs du jour et de la nuit,
U's prédications i;. . ..;.Les, les continuels combats,
brisaient les forces, n'en travailUit pas moins de ses
m lins pour subvenir à Mt besoins et à ceu& de ses
disciples.
Les paroles du Sauveur ne peuvent donc avoir ce sens, que la vie chrétienne soll une vie de doux repos.
• Jo«n., VI, ts.
• Jou.. VI.SB.
> Joan.. VI. f7.