‹ Nos saint évangilesChapitre 31 sur 124 · POAMSIIIIS RT SCRIBES DE NOUVEAU CONFONDUS · texte numérisé non relu

POAMSIIIIS RT SCRIBES DE NOUVEAU CONFONDUS

lui seront i^palées impures, el il devra s'en abstenir. Ptii -i trop matériel pour servir Dieu « en esprit »,

qu ■ •• au moins dans la chair I Nous pouvons voir

dans le cours de Thistoire judaïque combien Israël s'attacha à ce cAlé exl<^rieur de la l.oi el avec quelle forro les justes de l'Ancienne Alliance y demeurèrent lidMts. Même aprè» la Hésurrection, nous entendons l'Apôtre Pierre se récrier, quand, dans une vision, Dieu lui propose de manger des viandes prohibées. Ce fut donc une tAche tr^s rude pour Jésus*Cbristetson Eglise d'amener r&me Juive de ses sollicitudes matérielles aux soins plus nobles et plus divins de la conscience, de lui persuader que le mal pour l'homme n'est pas dans la qualité el le choix des viandes, mais dans l'accomplissement des volontés de Dieu, dans la recherche du bien, el dans la fuite de tout ce qui y est contraire. Ecoutez donc fous et comprenez ! Ce n'est point ce qui entre dans la bouche qui souille F homme ^ mais bien ce qui tort de la bouche. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ' /

Nous avons déjà surpris cette formule sur les lèvres du Sauveur. RUe signifie que le peuple trop mal disposé pour porter la vérité entière, n'en doit recevoir k l'heure présente qu'une faible partie. Mais toute faible qu'elle fût les Pharisiens l'avaient saisie et avaient vu dans les paroles de Jésus leur propre condamnation. De là, chez eux un redoublement de haine et de colère. Quand la foule se fut éloignée et qu'ils furent seuls dans la maison, Pierre parlant au nom des douze, dit à Jésus: « Savez-vous que les Pharisiens, en entendant vos paroles, se sont scandalisés * ? Si le scan-

• MalU. XV. 11. lUrc., Vil, 1».|6.

• Hau., XV, 11. Marc, TU, 17.

PUAmSICVS ET SCRIBES DE NOUVEAU CONFONDUS 125

dnledes fubles mérite et obtient qu'on l'éloigné, ainsi que 1. '(» Sauveur, le scandale pbarisaïque

iiu„ ,... .J...SUS, devant la col^^c et les murmures

de ses ennemis répète à ses Ap<)tres la formidable doctrine du mi'pris de la grâce et de la damnation assurée où il mt'ue. Dieu veut assurément « sauver tous les hommes » et il leur ouvre à tous les voies du salut ; mais, Dieu qui ne peut être vaincu par TopiniAtre refus des pécheurs, se réserve le nombre prédestiné de ses Elus ; ceux qui se mettent en dehors de lui se perdent : T ' irUe que mon Père, n'a pas plantée, sera

" . Et si repousser le Christ est un premier

rime qui rend le salut impossible, que sera-ce d'en-

' > autres dans la même révolte? Si C aveugle

Il voulant marcher sans guide que sera-ce,

il se fait lui-même le guide d'aveugles comme lui? I. ■■ - ','5/ Ce sont des aveugles et des conducteurs (l '<. Si un aveugle se fait le guide d'un

autre aveugle, tous deux tomberont darv< la fosse •.

Si nous allons au fond des paroles de saint Pierre: « Savez-vous que vos paroles ont scandalisé les Pharisiens •? nous y devons voir plus qu'un avertissement à son Maître. Pierre et les douze ne se détachent qu'à grand peine des erreurs pharisalques relatives aux « Traditions des Anciens ». I^s reproches des Pharisiens les ont^émus et leur conscience faussée s'alarme des paroles du Sauveur. Il leur faut la lumière : Ex pli- 7 V cette parabole, reprit Pierre*. Jésus voulut

t rd les frapper et les rendre attentifs par la

sé\>re gravité da ses paroles. Quoi! Leur dit-il^ vous

• Matt.. XV. 13.

• MaU., XV. u.

• MaU., XV. IS.

136 LA CHANAlfÉBfNB

aussi votis êtes saits intelligence • .' Esl-co, dans riiommc, la matière inerte, sans volonU^ n qui le peut rendre coupable ? N'est-ce pas i gente et libre qui seule peut, en transgressant la Loi Divine, couoftvoir en elle-mAme et faire jaillir d'flltm«^rne h* J)«c1h''? Ne comprendre Z'vous pas ^u'nm' chose extérieure entrant dans r homme tte saurait le souiller, pane qu'elle n'entre pni/U dans son cœur, tnais dates les entrailles, et quelle st rejette ensuit i avec ce qu'il y a d'impur dans les aliments ■

Ou'esl-ce donc qui souillera rhomme ? Le p.ciif. i.i qu'est-ce que le péché? Toule pensée, parole et act» contraires à la conscience, que l'&me conçoit d'abord en elle-même, et qui font ensuite irruption au dehors? Ce qui sort dr la bouche vient du co'ur et voilà ce qui souille l'homme. Cest du cœur que viennent les mauvaises pensées^ les adultères^ les fornications, les homicides^ les larcins, l'avarice^ les méchanceti^s^ les fourberies, les impudicités, tœil envieux^ les blasphèmes, l'orgueil, P extravagance. C'est-là ce qui souille rhomme. Mais manger sans se laver lesmains^ non! Cela ne saurait souiller l'homme *.

U CHÂNANKENNE

\insi l'esprit allait se substituer à la matière, la réalité à la flgure, la Loi de grâce à la Loi Mosaïque. Au lieu de l'étroit coin de terre de la Judée, c'est de la terre entière que l'Evangile devait faire son domaine et

> MM.. XV. i6. Marc-, VII, 18.

> Marc.. 19, M. Matt, XV, 17-21.

* Malt. VII. l»-l».90.Sl.».e.

LA CUANANÉENIVB 127

la haineuse incrédulité d'Israi^l hàUit l'heure de cette provi: ' " ' ition. Nous entendrons plus turd le« A, [ aux Juifs leur IncréduliK'* et

motiver par elle leur conversion vers les nations païennes. Jésus leur indique lui-m^me ce chemin de la gentilité. Jésus partit de là et se rvfugia dans le pays de Tyr et de Sidon *. Il donnait à ses Apôtres Tordre formel de n'évangéliser que la terre Juive ; lui-m^me allait dire à la Chananéenne qu'il nVlait envoyé qu'aux brebis d'IsraSl; mais, quelle loi peut arrêter Celui qui seul fait les lois? D'ailleurs, si Jésus n'allait pas dans les contrées païennes pour pr«'-4her l'Evangile, mais pour raellre entre lui et les < les Pharisiens une solitude éloignée, il ne pou-

\ , .-air ni à sa sagesse, ni à son cœur de repousser

!• Il : -les qui viendraient spontanément à LuL

Elles ne tardèrent pas ! Jésus s'était retiré dans une maison hospitalière avec l'intention de nétre connu de personne; mais il ne put demeurer caché '. Les pnl(>ns de cette contrée savaient qu'un grand Proph^te illustrait la Judée ; un bon nombre d'entre eux lui avaient déjà vraisemblablement amené des malades ; le bruit de sa venue se répandit, et, avant que les foules s •branlassent, vint à lui une mèreéplorée. Une femme ' hananéenne, dont la fille était possédée d'un esprit ••■' " ■ ■ ■ r* trutetavec

. ^ . ^ ^ o ur, /ils de

havid.ayez pitié de moi! Ma fille est cruellement tourmrntée dudémon * •.Peui^ i.-s

«*l aussi parfaites nous ap|' i l.a

• MalL.XV. II. ltere..VlLt4.

« Marc., VII. M.

> MaU.. XV. U. Marc.. VII. Marc. TU, t^-M.

128 LA 'cnA!(ANÉB!«NR

Cbananéenne eût pu, comme lanl d'autres, se rendre en Galil<^e ou à Jérusalem, pour implorer le Grand Prophète : son humilité Pa retenue ; elle s'est crue indigne, elle païenne, issue de la race maudite de Chanaan, de Tranchir les frontières d'une Terre Sainte. Maintenant que le Prophète vient le premier vers elle, elle ne saurait plus hésiter ; elle se h&te même, car elle « sort de son pays >, avant que Jésus n'y soit parvenu. Elle sorl du milieu idolâtre pour trouver le vrai. Car nous-mêmes ne pouvons aspirer à la grâce du Rédempteur que si nous quittons la régiiMi du péché. Aussi humble que le Centurion ; lorsqu'il s'efforçait d'éloigner Jésus de sa demeure, la Chananéenne ne peut attendre la divine visite au pays maudit qu'elle habite ; elle « sort donc de sa frontière » et vient au Sauveur.

Elle y vienl, bien différente des Juifs, qui, eux, le repoussent de chez eux. Elle accourt, quand eux se retirent, elle adore quand eux renient, elle implore h grands cris quand ils demeurent dans une froide indifférence . Ainsi nous apparaît-elle comme une saisissante tigure de l'Eglise des Gentils. Au temps où les Juifs jouissent de toutes les faveurs de Dieu, où Dieu leur envoie son Fils unique, où la « Bonne Nouvelle » retentit et où la grâce surabonde, la Gentilité est gémissante sons la captivité du démon qui la souille, la meurtrit, l'aveugle, « la tourmente cruellement » ; elle habite la terre de Chanaan, la terre des superstitions extravagantes, des monstrueuses erreurs, des pratiques abominables, des crimes sans nom. liais bientôt les rôlos changent. Israël s'entête dans son orgueil et sa révolte et force son Sauveur à s'éloigner tandis que les nations idolâtres accourent implorer sa miséricorde. Jérusalem déicide est ruinée et détruite; l'Eglise chrétienne se

LA cnA?(A!<ÊBit?nc 129

forme, se dilate, s'étend dans la terre entière. Comme la Chananéenne, elle est c sortie des frontières » de l'intidélité et elle s'est attachée avec ardeur aux pas de riIomme-Dieu, qui un instant réprouve, mais bientôt Texalte magnifiquement.

Nous avons laissé la Chananéenne poursuivant le "Sauveur de ses clameurs poignantes : Fils de David^ de moi ' / 0 conduite mystérieuse de 1 . . . j . i redoutable de son action ! Lourde épreuve pour cette suppliante ! Jésus ne répondit pas un seul • ' '. Lui que jamais on n'implora en vain, qui nclais-

/ mf-me pas venir la misère, mais qui prenait les devants et allait à elle, lui aux pieds duquel nous voyons la pécheresse pardonnée, Zachée converti, Tadul* 1ère épargnée, tous les pécheurs renvoyés avec de si miséricordieuses amnisties, le voici de glace devant une <IouU>ur sans égale ! Il est évident que quelque grave enseignement nous est donné. Les voies de Dieu sur nous seront souvent pleines de ténèbres ; son étrange -i!» nrr> portera l'angoisse dans nos Ames, et nous nous •l< l'.iiu itis parfois dans de suprêmes efforts pour ne pas (jouter «le lui. Mais lui a son plan ; son silence est divi» : ' ' -nisonné, et si nous savons, comme le chantait -t<-. « supporter Dieu B, l'heure de la gritce et ilu iriuinplM» -iii\r,i iiiiiu>cliatement l'heure de l'épreuve. liniloti> !^>ii!t iiH ni 1 admirable Chananéenne.

Cerl»H, 1.- i,,u|j qu'elle venait de recevoir était rude! A s.i foi, à soocounge, à sa piété, à sa prière, le modèle dett prii res, Jésus avait répondu par le plus froid dédain. Pas un mot 1 Tous en demeurent dans un étonnement

« Mau., x\,ti.

130 LA'CRAKAIfÉBflfB

profond, les ApcMres comme la foule ; cV«t la première fois qu'ils sont rais en face d'une i^' atlilude do

leurMatlre. Kt nous-m^ines commei.i (.',.,, ,ns-nuii8Con. cevoir qu'int'puisablcen palieuceel en miséricorde envers les Juifs dont il n'oblicnt que haine, mépris el insulte, Jésus paase sans daigner jeter l'aumi^ne d'un mol à une malheureuse dont la piété, la foi et la contiance égalent la douleur ? Et que dut-il se passer dans l'Ame de la suppliante ? Quelle stupéfaction ! Quelle révolte ! Quel combat ! Quelle tentation violente de fuir Celui dont elle attendait le salut et qui ne lui rend que Tinsulte de sou silence I

Une âme orgueilleuse se fut cabrée : mais que ne produira pas de force et d'héroïque en t;U)le humilité? La Chananéenne est pr nble.

Le silence de Jésus n'a fait que la rendre plus respectueuse • -lintive, sans abattre en rien sa vaillance. > . iU8 s'adresser directement au Prophète qui la rebutait, elle chercha des intercesseurs, ^e s'adressa aux ' ' 'liassent pour elle, et que les an r,^ qae, dans son indignité , elle n'a vai t pu mériter . Les Apôtres émus de compassion se prêtèrent volontiers à son ardente supplique, mais on entrevoit dans leurs paroles l'embarras où les menait l'attitude glaciale du Sauveur. En d'autres temps, ils eussent fait appel à son cœur, ou, cmrrr.r ': • amis du Centurion, ils eussent plaidé des ciro^i utléuuantes et fait valoii des mérites ; ici, ils se contentent de demander la grAce implorée pour faire cesser d'importunes clameurs. Qu'ils étaient loin de saisir la secrète pensée de Jésus et de concevoir ses plans 1 Ils s'approchent donc : Accordez-lui, disent'ils, ce qu'elle demofuU^ et renvoyez-lày car elle nous poursuit de

LA ciiAitAfféiomc 131

■■< cris I. Un nouveau refus suivit celle nouvelle «1. ' leur dit: je ne fitii^ envoyé que pour

it ... ,. . durs de la maison d'Israël '. Non pas,

certes^ que le Sauveur du monde ne fut pas envoyé pour tons les hommes et que T ise ne dill, comme la

Synagogue, contenir en ' ^ l les Juifs; mais ilvuulait dire que le dessein de Di«;u son Père était qu'il se donnât d'abord à Israël, puis d'Israël que son Evangile et sa Rédemption se répandissent dans tous les peuples. Ce fui, sans doute, avec tristesse que les Apôtres, sortant A*' I ' ' , firent part à

la ; Peut-être lui

donnèrent-ils le conseil de se désister d'inutiles espérances et de nouvelles supplications.

Et elle? L'admirable femme trouva des forces soprémes là où tout la devait décourager. Loin de s'abattre, elle se relève, c elle espère contre toute espérance », elle devient audacieuse dans sa cuniiancc, et il semble qu'une lumière intime brille en elle qui pn-cise sa foi j-r— •" Pour elle, tout à l'heure, Jésus n'était qu*UD I , c Fils de David »: maintenant, il lui

appâta . un Dieu. Tout à l'heure, elle suivait de

loin, m... ...... oiit elle ose affronter sa présence. Rien ne

nous doit arrêter, el notre indignité moins que tout le r* h1 il s'agit de nous confier en Dieu el d'aller

eu ..,., lits nous jcler à tes pieds. C'est ce que nous

fait entendre TEvangilo, quand, au moment, où n'ttn fc' 1 de la maison, il nous dit qi:

éta^ f. .,.i: :/rophénicienne d'origine *. A i .... Utrie déjà détestable et impie par elle-même, elle

' Mati.. XV. o.

> H«it.. XV. u.

• Marc.. VII. iS-M.

132 LA CBAMMfeNNB

ajoutait la solidarité des crimes et des abominations de larace Chananéenne. Mais les tares de sa naissance et les primitives erreurs de son idolfttrie ne faisaient que rendre plus précieuse au Sauveur sa piété, son courage et sa foi, et si sa demande était repoussée c'était pour rendre sa victoire plus illustre. Plus le combat Tut terrible, plus magnifique fut le triomphe. Mais terribi vraiment était le combat! La Chananéenne pénétra dans la maison où était Jésus et se prosternant à SCS pieds: Seigneur, s'écria-t-eUe, sauvez-moi *.

Tout le cœur maternel est dans ce cri I Le mal de son enfant est son mal, et c'est elle que le miracle sauvera quand il délivrera sa fille. Quand elle crie au Sauveur « Sauvez-moi » ! elle rend, dans une expression admirable, ce que toute vraie mère a éprouvé.

Si nous nous attendons à voir fléchir Jésus, c'est qii nous ne pénétrons encore ni son dessein, ni la réserv* d'héroïsme que sa grftce garde encore dans T&me de la pauvre païenne. Un assaut plus terrible que les préc< dents va être livré, car Jésus connaît l'invincible cou rage de la combattante et la sublime issue du combut Laisse t d'abord, répondit Jésus, rassasier les en fants, car il n'est pas bon de leur prendre leur pam pour le jeter au chien *.

Jésus, doux Maître, Sauveur si tendre, Dieu si infiniment bon, que faites-vous ? Quelles paroles viennent de sortir de vos lèvres? Quoi ! Vous insultez une mère ? Une mère plongée dans la plus profonde douleur? Une païenne qui veut croire en vous, qui vous suit, vous implore, est sortie de ses frontières, est venue à vous

1 Marc.. Vil, ».

•Marc, VU^r.MaU., XV,

LA CHANANÉINNE 133

comme à un salut assuré ! Et ces Juifs que vous traitez d* « enfants » sont vos persécuteurs ; bientôt des déicides! Mille fois plus qu'eux cette étrangère n'est- elle pas digne de noire compassion? Que de lois vous avez épargné aux Pharisiens les dures expressions qu'ils ne méritaient que trop bien, et c'est à cette femme si croyante et si bonne que vous les réservez !

Nous disions plus haut combien il importe de supporter eu aveugles les myslérieui^* ' lies de Dieu, de croire

en lui à travers tout obstacl' . , i or en lui contre toute espérance, car nous ne sommes jamais plus près d'être exaucés de lui que quand, en apparence, il nous repousse.

La Cbananéenne avait-elle l'intuition de ces vérités capitales? Oui, sans doute^ car elle grandit dans la lutte, elle saisit l'adversaire corps à corps, elle retourne les coups, elle se fait des armes de ce qui la devait abattre; des expressions mêmes du Sauveur, elle tire d'invincibles arguments. Jamais jusqu'ici son humilité, son courage, sa foi n'ont atteint un pareil sommet. Seigneur y c'est bien vrai! Mais les petits chietis, sous la table de leurs maîtres, mangent les miettes que h% enfantai laissent tomber •. C'est le triomphe de 1 'lie accepte pour elle et pour sa race la

,.ic Jésus lui inflige. Nous bondissons nous

autres sous l'aiffoillon de l'injure, nous ne supportons ; d'une accusation quelque juste qu'elle

[:...- ....:= voulons que notre personne, notre

famille, notre patrie, l'emporte en mérite sur les autres. Nous eussions répliqué que la Phénicie valait bien la Judée, et notre race cette race Juive toujours prévaricatrice et révoltée. Rleo de semblable dans la

» Matt.XV f7. Mare. VII «

T. Il 4--

134 LA at • ' VHP.

(ibananéenne. Elle reçoit ^ lu Sauveur comme un

Màmc m<'rit<'s elle y adh^^c : Etiam Domine, c'mI bien vrai - iir »! Bien plus, ('» n "• d'une Ame

hurii e remercie, elle est h«*i; »'tre comme

« les petits chiens » est pour sa bassesse ao relèvement inespéré. Elle n'esldonc plus étrangère; on ne î ' sera pas comme une immonde, elle est de la n elle a droit aux soins de son maître ; et encore que ce soit les u miettes », et « sous la table >», dont elle se nourrisse, au moins y a-t-elle droit ! Soit, A Jt^sus, je ne suis dans la Maison d'I&raèl que comme les chiens sont dans la demeure de leur maître ; mais me voici assurée de ma place et que vous ne me chasserez pas. Elle est si convaincue de son indignité et de la supériorité des Juifs sur sa nation et sa race, qu'alors que Jésus les avait appelés • les enfants », elle les nonmie ses « malires » et ses seigneurs. QuMls jouissent de toutes les faveurs, qu'ils soient fils, héritiers, possesseurs de tous les biens de Dieu : elle le concède, elle le trouve naturel et équitable. Mais à elle « les miettes •. Que Jésus comble son peuple des grftces les plus éminentes, mais qn'il daigne lui réserver quelque moindre faveur.

\ qui étudie cotte noble et attachante figure un étonnant assemblage de vertus lui apparaîtra. Dans la détresse de cette pauvre idol&tre, dans ses clamei: rentes, l'incrédule, le pécheur, l'homme Hij.^.. Dieu et delà religion, verra Tangoisse et la douleur qui doivent pénétrer l'Ame sans ciel, sans avenir, sans Dieu, livrée au démun et par lui au cbAUment étemel. Mais dans l'ardeur qui entraîne la Cbananéenne à la suite de Jésns, nous devons comprendre comment il faut, << ave< une force qui va jusqu'à la violence ». c ravir 1<'

lioyaume de iu^u ». Pour le ravir, sortons, commD cette femme « des frontières > du péché. Est-ce toujours facilement, d'un seul effort, que nous obtenons le salut? Non pas. A peine convertis, l'épreuve nous guette ; les consolations s'évanouissent, et la plus pénible des tentations s'oiïre à nous : le silence et l'apparent rebut de Dieu. Que faire ? Que devenir ? Dieu est sourd à nos prières; nous « crions vers lui », nous le poursuivons de nos clameurs ardentes, d'autres ol>' .nous sem-

blons délaissés. Regardons la Clia....-...ue et faisons comme elle. Sans la foi qui l'anime et l'absolue confiance qui la retient, sans l'humilité surtout qui comprime en elle toute révolte, elle se fût éloign^'e l'amertume dans l'âme et peut-être le blasphème à la bouche, et faute d'avoir compris et at' n " se fût à

jamais privée des faveurs m.. i . i étaient

réservées. Quand Dieu nous fait attendre, adorons-le dans l'attente. Quand Dieu nous n'' ~-le duns

le refus. Dieu est infiniment sage • l>on, !;'il

nous éprouve c'est pour nous exalter.

Aux derniers mots de la Chananéenn*- J> -^tis s'iiikmiI, Jésus exalte ; l'admiration le saisit : 0 frimne, ta foi est grande ' / Celle admiration dans l'Homme- Dieu était sans doute très véritable et nullement fictive ; le Verbe en prenant notre nature en avait adupté les sentimeols, à une différence près cependant. Chez nous l'admiration eûl éelalé spontanément ; en Jésus-Chriii elle éuitvottlneel réglée. U s'étonnait oomneooas, mais sans que la source en fût l'ignorance cl l'imprévu. Quand il jeta ce cri d'admiration qui termina l'épreuve et consacra la victoire de la Cbtnanécnne, U nous mon-

> MaU., XV. SB. Marc , VII. m.

«36 SECONDE MUtlTPLICATlON DES PAIÎW

Ira la nécessité* et la triomphale puissance de la foi. Avec elle tout est possible, car c'est elle qui, en nous élevant à Dieu, nous ouvre les tri'Ror? dp Dieu, Va, it qu'il te soit fait comme tu veux. Grâce à la parole que tu viens de dire, le démon est sorti de ta fille. A Cheure mhue sa fille fut guérie, et de retour à la maisini, elle la trouva délivrée de V esprit immonde et reposant dans son lit '.

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