‹ Nos saint évangilesChapitre 32 sur 124 · LA SECOND]!; MULTIPLICATION DES PAINS · texte numérisé non relu

LA SECOND]!; MULTIPLICATION DES PAINS

I . — Jésus séjourna plusieurs mois dans le pays de Tyr; y fit-il d'autres miracles que celui accordé K la Cbananéennc ? l'Évangile reste muet et nous pouvons croire qu'il s'y adonna surtout à l'ini^lruction de ses Apôtres.

Les miracles éclatèrent de nouveau, plus nombreux que jamais, quand le Sauveur, quittant la région idolAtre, se rapprocha de la fialil/'e. Jésus quitta lés environs de Tyr, et, passant par le pays deSidon, se dirigea vers le Lac de Galilée^ à travers la Décapote *. Dans celle dernière répion demi-païenne, la j' de Jésus s'était déjà manifestée; car c'est là qu i

terrifié les habitants de Gersésa par le miracle des possédés délivrés et du troupeau de porcs pré< ' " i mer. Les possédés guéris avaient dans toi, publié le nom et la gloire de leur bienfaiteur '.

A peine son arrivée fut-elle connue que les frtules s'agitèrent et lui amenèrent d'abord un sourd-muet à

* Marc., VII. ».30. Malt. XV, tt.

* M.irf..VII. 31. MaU.,XV. ».

* Mail., XV. 30-31.

GL'ÊRISON d'U!« SOURD-MUET 137

guérir. Jesui le conduisit hors de la foule y à f écart ^' Plusieurs raisons motivaient chez le Sauveur cet a-parle.

• S.T ■ - 'on constante •'tantde nous instruire,

non; .1 dans ses paroles, mais dans ses actes,

l'ombre et la solitude qu'il réclame ici nous rappellent combien nous devons fuir Téclat et l'ostentation quand nous faisons le bien, plus encore quand ce bien est par sa nature Tooé k la publicité et aux admirations de la foule.

Autant que le lieu où s'accomplit le miracle, les circonstances qui raccompagnent sont remplies de sens profonds et d'instructions pratiques. Jésus mit le doigt dans ses oreilles et toucha sa langue avec de la salive. Puis levant les yeux au ciel il poussa un soupir et dit : • Ephpheta », t ouvrez-vous ' .> / Pourquoi ces gestes? Pourquoi cette intervention de la main et cette -alivc ? Qu'avait besoin de ces inler- I -sance Infinie, « qui dit et tout se fait, qui commande et tout s'accomplit > ? Dans presque tous 'es Jésus opère d'un mot, d'un sipno, " sa volonté. Pourquoi cette nouvelle l't inusitée manière de guérir? N'en douions pas, un profond enseignement se cache sous chacun de ces fr»'>il«'!». Si tous ses miracles proclament ta divinité, rritii-ci précise l'ei^senliclle condition do l'union de la liivitiité nvi'c l.i nature humaine, union d'où résulte une «♦•n!»» ti (ii.'riu; Personne divine. Dans un de nos Sym- ) anlons : « Jésus-Christ est un : non pas

>,■•■ ... .......;»• »e suit absorbée dans la Chair, mais c'est

l'Humanité qui a été élevée jusqu'à Dieu t. De telle

Mir. , VII. .li, .tï.

Marc. VU. aj.

138 GUÉRISON D*U^ SOURD-MUrr

sorte qu'après l'nnion des deux natures nous oe recon- Baissons et n'adorons plus en Jésus-Christ qu'une seule Personne Divine, Tout est donc divin en Jésus-Christ. De son Corps, de chacun de ses membres s'échappe la diviniu'' comme le soleil darde ses rayons à travers un léger nuage. Quand son doigt se posait sur nos membres mutilés ou infirmes, t des vertus s'en échappaient •, et CCS vertus n'étaient autres que la Divinité même a habitant corporellement en Lui ».

Le même Dieu qui avait créé l'homme, le réparait partie par partie, membre à membre, opposant à chaque ravage du péché, sa vertu réparatrice, et cette vertu se répandait dans les plus minimes accessoires. Qu'est-ce en nous qu'un pea de salive? En l'Il -T»ieu elle

renferme une puissance à laquelle au> rmité ne

résiste. Un peu de poussière et la salira : voilà l'aveugle-né guéri. Un peu de salive apposée sur la langue du muet et voilà la parole revenue.

Jésus lève les yeux au ciel >. Ici encore de profonds et ' > myst^re8. C'est du ciel que nous vient

a t' parfait * , du ciel nous tombe la grftce comme

iiiK I séc bienfaisante ; aussi est-ce vers le ciel que nos yj'ux, notre pensée, notre roMir. doivent sans cesse s'élever. Jésus él<»\ ait fréquemment ses yeux vers le ciel, et par là il nous faisait entendre que nous devons aspirera notre Pairie absente, la saluer de loin, y attacher nos désirs en même temps que nos yeux. Ce regard enfin, est un regard tout filial, il marque notre soumission à c notre Père qui est dans les Cieux • et active l'amour qui nous emporte vers Lui.

L'Evangile ajoute : Jéswi poussa un soupir -. Pour-

« Marc, VU, A4.

> Marc, VII. 34.

•U'ÉRlSn?» d'UÎJ sourd-muet 430

•jii ' '• 'iiitir .' T' ■ liii unf double sigiuiiratinu.

J.-i. ■• :islai«»iii i.tnl soupin- à la vue de nos

m ~ , <■{ souvent ces soupirs se n'^solvaient en lorr- ■-,-<. Si l'Kvangile ne nous en marque que

<i iislances, Sainl-Paul nous révèle que les

; • i:> furent comme l'accompagnement naturel etordii.uiie de la vie mortelle de notre compatissant Rédempteur. Ainsi nous est inculquée à nous mêmes la compassion pour les infortunes et les souffrances du pro- ♦-hain. Parmi les crimes de la Société antique Saint-Paul •mple riiisensiliililé ; ce mot de Charité n'y était ni connu, ni m<'^me soupronné. Il fallut les soupirs et les Inrmes de rilomnie-Dieu pour rappeler le monde égoïste ; dur aux tendres émotions de la fraternité. Mais les Unnes et les soupirs de Jésus contieum^nt une autre leron : Voyons-y la profondeur de notre mist-re et apprêtas à pleurer sur nous-mêmes et sur les maux que le pérhé t accumulés sur nous . Les moindres sont les maux du corps, mais combien plus déplorables sont ceux <lc l'âme I SU est triste d*Mre isolé du commerce de -•«* 54>mbUlile« pnr !♦• mutisme et la cécité, combien plus i î*é|»«ralioii d'avec l)ieu mérite-(-elIe nos gémisselentsT Car telle est la déformation que le péché op^ro Ame. Cette malheureuse ni ne V 'U, ni

'i, ni ne lui parle. Le monde m > • s'est

formé pour elle, elle n'y pénètre plus par aucune issue, t la Voilà honteusement et misérablement ** •'-n >n« In iiuiic et fétide prison du la vie i> •*.

ae animal ne perçoit plus rien de ce qui est de ' Dieu. >» Quel remède à de pareils maux? : *i^ en élevant ses yeux au ciel et en poussant M «inupir. nous le fait ronnallre. A son exemple détalions nos regard» des choses lerrattres pour les élever

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