‹ Nos saint évangilesChapitre 33 sur 124 · GUÉRISON D'UX SOURD-MUBT · texte numérisé non relu

GUÉRISON D'UX SOURD-MUBT

vers le ciel ; comprenons noire misère et déplurons-lA BienUM le miracle s'accomplira aussi en nous : Aumti'> les nreilles du sourd s'ouvrirent, sa langue se délia et il parlait distinctement '. Notre Arap s'ouvrira h li prière, elnous entendrons la voix de Dieu.

D'autres leçons précieuses nous sont données par la fin du récit évangélique. Quand Jésus défend au sourdmuet qu'il vient de guérir de faire connaître le roiraclf. il nous enseigne d'une part la réserve cl l'humilité qui doivent accompagner nos actions ; qunnd d'autre part le miraculé publie partout la grâce qu'il vient d'ol>t«'nir et célèbre son Bienfaiteur avec l'effusiondo la reconnaissance et de l'amour entraînant avec lui dans les mém* transports ceux qui avaient élé témoins «i ison,

nous apprenons que les dons de Dieu du.. ... :e par nous publiés et glorifiés. Si l'humilité les cache, la p connaissance les produit au dehors. Jt^sus leur defen dit d'en rien dire à persan nr ; mais plus il le Iru dé fendait 1 plus ils le faisaient connaUre. Saisi d'admiration ils s'écriaient: il a bien f" choses! Il a fait entrndre les gourds et / muets "■.

Tel est le peuph*. Quand aucune inlluenrc |tcrveiso ne le travaille cl qu'il est laissée son sens droil et à sa nature généreuse; il sait reconnaître et confesser la vérité ; ses admirations sont enthousiastes et son dévoumenl est à toute épreuve. Mais, hi'las, aulant le peuple est droit el généreux par nature, autant il est facile à égarer. Les sophistes le savent, et leur parole venimeuse tourne au mal le bien qui faisait son admiration et pro-

• Marc. vil,».

'■•re.,VU.M,B7.

MUITITUDB DSS GUÉRISONS 141

oquajl ses acclamations chaleureuses. Le même peuple qui éclatera en Hosannabau jour des Rameaux, fera r> t '' (le Fi la te de ses sanguinaires cla-

ni .es de Judée et deGaliléeonl cédé

aux influences des Pharisiens et des Scribes et Jésus ne Irouvr ■ ' - - " '!ps le sympathique accueil des deux i . I^ur froideur ou leur hostilité

Téloignent, et il n'y fera plus que de rares et courtes apparitions.

II. — Tout différent est encore le peuple de la Décapole. Ce qu'il connaît de Jésus et ce qu'il apprend du miracle du sourd-muet le remue profondément et le porte vers Jésus. Tous les malades prennent assurance et se font porter à la rencontre du compatissant Sauveur. Apri^s que Jésus eut gravi une montagne et s'y fut as>is, dr grand f s f miles de peuples vinrent à Lui, amenant avec elles des muets, des aveugles, des boiteux, des infirmes^ et quantité de malad- ^ f osés à tes pieds et il les guérit *,

I r neur n'est pas toujours identique à

o même. Parfois il recherche les infirmes pour les guérir ; parfois il attend qu'on les lui amène, et c'est, dan» les deux cas, son cœur qui inspire et dirige ses

les. Quand il veut nous montrer l'empressement de et sa suif de nous ««^courir, il prend les de> ii : c j'irai et je le gui rirai >, ou bien encore : « venez, allons à Lui • . D'antres fois il lui plaît de lais* ter libre carrière à notre inilialive ; il se retire, il se cache dans la solitude de quelque montagne, afin que la foule ail le mérite de le rechercher et d'aeconrir à

• Malt. XV, ». ao.

142 lCD1.Tm;DB DK8 GUéRISONS

Loi. Ce mérite était, dans la Décapole, pins grand qu*ailleur», car ce peuple païen n'avail que pou connu le San veur et n'avait pas, comme les Juifs, été prévenu d'innombrables grâces de lumière et de salut. (Quelques miracles, ont suffi à établir sa foi ; et sans soni^er à la fati gue du chemin et aux obstacles qu'oppose une cunlr< montagneuse, il amène d'un coup tous ses inilrmes • ton» ses malades. Ne nous étonnons pas en voyant Jésos 8*abstcnir de sa question ordinaire : « avez-vonfoi? » La démarche de celte foule témoignuit assez d sessenlimenls d'absolue conflanceen Jésus. Aussi c*r d'un mot, d'un acte, d'un mouvement de sa volonté qn le Sauveur guérit cette multitude de malades. Tand qu'avec d'autres, il procède lentement et par am«*liorutions successives, comme nous le lui verrons faire tout à l'heure sur un aveugle, ici tous sont instantanément guéris.

Qael merveilleux spectacle fut alors donné I Ceinfirmes, péniblement traînés jusqu'au haut de la colline, gémissant de leurs maux, chancelants et épuisés, se relèvent soudain, joyeux et alertes, rendus à la plénitude de la santé et à l'intégrité de leurs membres. !.• aveugles quittent leurs guides, les paralytiques lem grabats, les boiteux marchent, les débiles usent av* < aisance et force de leurs mains vivifiées, les muets foi retentir l'air de leurs joyeuses acclamations; tous eni'-u renl le Sauveur, lui expriment leur reconnaissanrr .i lui vouent leur amour: Totite la multitude était dan^ l'admiration... Tous glorifiaient le Dieu d^Israél '. Admiration et action de grAces : tels sont nos deux actes en face des merveilles que Dieu ne cease d'opér<

l Malt., XV, 31.

SBCOλr)K MlLTirUCATION DES PAIWS 143

<^MrDoa8« Si nos corps n'ont pas été l'objet de sa grâce

irarnleofie. nos Aines pins précieuses et plus malades

la santé et la vie. Elles aussi sont misé-

. . . - uzles. qu.ind, insensibles au monde sur-

tturel, privées des lumières d'une foi vive et pratique,

elles sont plongées dans le« i ' l'une vie purement

matérielle. Leur mutisme *• m u-, quand la prière

••st éteinte en elles et que jamais elles n'ont plus un

]<> filiale 8ou%'enance à Dieu. I.; v' ' - ' ,<,.

action, rend tout œuvre impossi •

••'Ut être pour les choses du monde d'une activité dévo-

ur Dieu, pour elle-même, pour son avenir

lie demeure inerte, impuissante, stérile. Pas

^^ki acte, dans toute une vie, qui puisse lui valoir, une

^Bi' ise dans les Cieux! Pauvres malades, ionom-

^^i infirmes, faites-vous porter sur la montagne où

Hksos réside et vous attend ! Que de charitables guides

^"tous y mènent, que la foi et la confiance vous y sou*

Ueaaent : vouk entendrez descendre sur vous la parole

rit et qui sauve : On les déposa à ses pieds et

ie$ fuérittous.

III. — Trois jours durant Jésus garda ces foules auprès de lui ', car leurs jn' ""^iiAc corporelles préoccu» paient moins son zèle et int moins sa puis-

sance que la détresse de leur» àtneA. S'il lui était aisé de I|u«'Tir leurs maladies, plus difllriloment il lesappelaità b vie divine, et c'est à leur parler du Hojraume de Dieu, Â iQ Metiie Sauveur du monde, des vertus de la

Is AUianee, qu'il ilé|>ensa les longues heures de bes trois journées. Quatre mille hommes, sans eompter :

t lUrc. VIII, i.

144 SBCOIfDB MULTIPLICATION DBS PAI!<S

les femmes el les enfants, Tentouraient. dévoraient separoles, et, tout entiers nux charmes inflnies de sa vue et de ses entretiens, oubliaient jusqu'aux plus impérieuses obligations de la vie. Les quelques provisiondont ils avaient pu se munir étaient épuisées et la faim commençait à faire sentir ses torlares.

Durant trois jours la faim sévit sans que le peuple songeât à quitter Jésus, tant devenait ' ' M(> Tnllache qui le retenait. Quel exemple à ii' weU' et à

notre insouciance ! l^ moindre difnculté, la gène la plus U'S iiisque cela, les futilités de la vie qu' '

noi. icnt sans cesse du Sauveur; nous 1-

sons même sans motif, et par pure insouciance, oublieux de ses bienfaits, insensibles à ses •' '

désir d'être nourris de sa main. C'est j vérance à le suivre qui décide de notre saiut; nous n'obtiendrons sa grâce que si nous subissons une courageuse attente, comme au désert de la Décapole la foule ne fut nourrie qu'après avoir héroïquement souffert la faim durant de longues journées.

Nous ne voyons pas que les ApAlres se soient, comme ils le firent auparavant, préoccupés de la détresse de ces pauvres gens. Lors de la précédente multiplication des pains, ils viennent d'eux-mêmes au Sauveur el lui demandent de congédier la multitude avant que la famine la réduise. S'ils ne songent pas au miracle possible, au moins ils prennent le peuple en pitié; ici leur insouciance est complète et c'est Jésus qui le? lera le premier. Dieu seul est secoural^le, Dieu . notre appui, en loi seul plaçons notre espérance ; bien insensés sommes-nous si nous comptons sur la créa- 'ture, car si parfaite que nous la supposions ; elle a des heures de défaillance el d'oubli, elle concours que nous

SICOMDE MULTIPLICATION DES l'AINS 145

allendons d'elle, bien des fois noas fera défaut. Ce qui jamais ne nous trompera c'est le Divin Cœur de Jésus et la commis«'ratiou si tendre qui ne cesse d'en jaillir. Jésus savait la détresse de ce peuple qui s'attachait à lui, et s'il la laissait devenir extrême, c'est qu'il voudonner au miracle qu'il allait faire son relief et sa Dite. U vuulait aussi nous apprendre que sa divine nourriture n'était pas aux dédaigneux mondains que gorgent les satiétés terrestres, mais aux heureux faméliques c qui ont faim et soif de la justice ■ et qui, avant toai, « cherchent le Royaume de Dieu » . Tout s'harmonise dans les œuvres divines. C'est après avoir guéri les milides qu'il les nourrit miraculeusement ; c'est à leur faim courageusement supportée qu'il accorde une Mitiété délicieuse. Et tout, en toutes choses, nous vient de la tendre compassion qu'il ressent pour nous. Jésus appela ses disciples ' . Cet appel équivaut à un reproche, et ce reproche s'adresse à une double faute. D'abord les Apdtres sont, comme nous venons de le voir, trop oublieux des besoins de la foule, et eux que leur mission prédestine au plus tendre et au plus dévoué iniulhière des âmes, doivent plus que tous les autres veiller aux besoins du troupeau. Puis, contre toute attente, ils semblent méconnaître la puissance du Sau> veur, ne pins songer au miracle de la première multipliralion des pains, et quand Jésus s'efforcera de les eu faire souvenir, ils n'opposeront à ses allusions qu'un désolant oubli. Dans un moment cet oubli leur attirera de la part de leur Maître ce vif reproche : • Quoi ! N'avci-vou» donc ni sens, ni intelligence I Votre cœur est-il donc toujoors aveugle ! » Mais maintenant au lieu

• Mâu., XV, as.

146 SBCOIfDB MULTIPUCATtON DBS PAtfffl

de reproches Jésus s'efforce de les éclairer et de les toucher au conl«cl de son tendre aeur.

11 les appelle et leur dit : J'ai pilié de cette foule : voità trois jours qu'ils demeurent avec moi et ils n'ont rien fi tnantjer. Si Je les renvoie ainsi dans leurs maisont, ils vont défaillir sur la route ^ car plusieurs sont venus de loin '. Un double sentiment dictait ces paroles. Avant tout la ! mlc

du Sauveur qui connaît et analyse i ^ va

secourir : «* Trois jours >, et durant ces longues heures de jour et de nuit ces milliers d'hommes ont ('CouU' les paroles de la vie éternelle, sans songer ni à leur nourriture, ni à leur repos ; il semble que le monde matériel n'existait plus pour eux et que leur demeure, leur famille, leurs travaux, leur vie ordinaire, n'étaient plus m(''me pour eux un souvenir. Les quelques vivres qu'ils avaient pu apporter s'étaient vite épuisés, la faim s'était fait sentir, « ils n'ont plus, dit le Sauveur, aucune nourriture », et même alors ils n'ont pu consentira s'éloigner. « Depuis trois Jours ils persévèrent à rester nvi'c moi * ». Un autre titre a la commisération de .I1--US, c'est le danger que ces gens, aiïaiblis par un louf: j« une, courront en chemin, car un bon nombre sont venus de loin. Comment laisser une telle misère sans la secourir 1

Avec la compassion, les paroles du Sauveur expriment le désir et la volonté de préparer les Apôtres au inirnol** qui va s'accomplir. Les trouvant si " - 'l

si iii-«M»sil»les, Jésus-Christ veut frapper leii: , <n nirine teiniis que toucher leur cceur. En leur disant:

' Marr.. Mil. ii. Mail., .\V, 32.

* Marc, VULi.

SECONDE MuCflHAUTIOM DKS PAINS 141

piti4 de ce pctiple >, il leur faisait assez enleudre qu'il allait ineilre sa puissance au service de sa com- >D et renouveler le miracle de Betbsalde. Eux

»n''^'"''-'Ml rien, ne comprirent rien. Où trouver, réi> f'ils, assez de pains dans ce désert pour

rassasier une pareille multitude ' .*' Quand la Pentecôte «ara fait planer sur eux ses flammes et ses grâces, ces mêmes hommes nous apparaîtront remplis des plus c'icstfs lurniiTes, et leur force anra raison des résistances du muiidc entier; en attendant, ils sont r« que J«'-su8 les a choisis, lents d'intelligence et de volonté, fermt^'s aux mystères d'en haut, incapables même de se souvenir des raeryeilles sans cesse renouvelées sous leurs yeux. Ao moins ont-ils la naïve simplicité et la loyauté dV; ir, et la franchise des Ëvangélistes n'est pas

une ! :e preuve de leur véracité.

Combien avex-vous de pains, leur demanda Jésus ?

— Srpt et n ■ ' 'Ht-ih^.

C'est If 111' ! il qui fait

croître et mArir les moissons, qni de quelques grains jetés en terre fait sortir d'innombrables épis, qui d'un mot contre la terre de ses fruits savoureux. Lui-même prend en main les quelques pains et les poissons qu'on lui présente, les rompt en f- — its qu*il multiplie was meêïiTe. Jésus fit assen. .pie à terre, prit

h* pains et Us poissons, et^ayani rendu grâce, il tes donna à ^e\discip/es et %es disciples 1rs distribuèrent au priijilr. Tous maïujèrent et furent rassasiés. Des morceatix qui restèrent on emporta sept corbeilles pleinei . Or cens qui mangèrent étaient environ qua-

• MaU.. XV. 33. HaiT.. VIII. 4.

• Malt ^^ " »• - vin, 5.

118 SBCOiVDB MULTIPLICATION DE8 PAIWS

trr mille, sans compter les femmes et les enfants «.

Jésus «eul nourrit le monde de sa grâce et de sa vériU'. De lui seul dous vient la véritable vie que lui seul a la puissance d'alimenter et de soutenir. Seul il est Tanteur de la doctrine, « des paroles de la rie éternelle ». Seul aussi il est l'auteur des Sacrements, qui donnent, aug« mentent, réparent, ressuscitent la vie de la gr&ce. Mais il lui a plu d'associer l'homme à son action ; il a fondé une i-^gli^e, il a créé un Sacerdoce, auquel il donne pour mission permanente de distribuer au monde ce « Pain (lo vie » qui n'est autre que Lui-mAmc renfermé dans le Symbole et dans le Sacrement. Les Apôtres que nous voyons donner à la multitude le pain et les poissons que Jésus multiple divinement préludent à leur futur ministirc uuprt's de toutes les nations réunies, et figurent le Sacerdoce catholique qui leur succédera durant tous les siècles jusqu'à la fln du monde.

Malheur à ceux qui, par leur refus volontaire, sont privés du repas divin ! Malheur h tous ceux que ne rassasie pas la doctrine de Jésus-Christ transmise par les Apfttres et leurs successeurs ! Ils ont rejeté le salut qui venait à eux et outragé le divin cœur qui leur disait si tendrement : « j'ai pitié de cette foule I » Que n'ontils pour leur &me la même compassion que leur Sauveur a pour eux! Hélas! privés du viatique divin, t'puisés par le jeûne, en face du long chemin de la vie, ils vont défaillir et ne pourront regagner leur demeure éternelle qui leur était destinée dans les Cieux ! FidMes, et fervents, ils eussent été rassasiés comme le furent les foules de la Décapole : tous mangèrent et furent rassasias,

> MaU., XV, JB-». Marc., VIII, fr-lO.

SICO(«I>l Mt'LTIPUCATION DES PAINS 149

ElJ^sus les congédia '. Celle immense foule obéit sans retard et sans murmure à l'ordre de Jésu», pleine de reconnais»anee et de joie. Le souvenir de ces trois jours de grâce resta profondément gravé dans ces âmes dociles, et nous poavons, sans témérité, croire que TEvangile fit parmi elles de nombreoses et solides conquêtes.

Tout différents s'ofl^nt à nous les Juifs de Beth- »ald«> en faveur desquels le Sauveur fil la première multiplication des pains. Nous avons vu comment à leur enthousiasme et à leurs acclamations délirantes succédèrent presque aussitôt les murmures et la désertion. Tant qu'ils avaient espéré de Jésus la satisfaction de leors appétits grossiers, ils le poursuivirent et voulurent s'en emparer pour le faire roi. Quand, un jour pins lard, il leur fil l'annonce de la vie surnaturelle, et du c Patn' vivant • qui ne serait antre que sa propre chair, ils murmurèrent, insuli" " ' (. La

Galilée suivait dans sa revoit* i déi-

cide Jérusalem, et Jésus désormais ne trouvait plus de sécurité que dans les terres des païens. Il nera

souvent durant les mois qui le séparrnt u> sa

passion et de sa mort, sans toutefois ner « les

brebis perdues d'israél • .

AoatilAl après le miracle et dès qu'il eût congédié la foule, il s'embarqua sur le lac avec ses disciples et aborda dans la région montagneuse et solitaire où l'on retrouve les quelques mines qui restent de Dalmanula, non loin de la petite ville de Magdala. Le Sauveur retournait moins dans ces solitudes pour y trouver le repos que pour y convertir les âmet et mettre sa puissance au serviee des malades et des infirmes. Hélas 1 ce

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