‹ Nos saint évangilesChapitre 34 sur 124 · NOUVELLES AHAQUES DES ENNEMIS DE JÉSUS NOUVEAU MIRAGE · texte numérisé non relu

NOUVELLES AHAQUES DES ENNEMIS DE JÉSUS NOUVEAU MIRAGE

I. — Après avoir congédié It peuple y Jésus mnnta aussitôt dans une barque avec ses disciples et aborda nu pays de Dalmanutu, non loin de Magdala ».

Des pharisietu et des Saducéens vinrent le trouver et commeiuièrent à disputer avec lui '. Avant toute parole, la composition de leur troupe découvre leur hostilité. L'Évangile nous montre, mùlés aux espions de Jérusalem, des saducéens. Entre eux et les Pharisiens ' violente et une « diver-

K iduite, et l'union ij it entre

eux maintenant est une union de haine et d'bosUlité contre le Sauveur. Les Saducéens, ■ et

Jouisseurs, raillaient sans pilié le fomi.i i la-

risiens, et ceux-ci concevaient pour les premiers le mépris que m' ''Ur impiété et l'anit '<'ur

valait leur s' envers Hérode. « > iste

marque ce dernier trait en les nommant des « Hérodiens ». Tous ensemble formaient le parti acharné à déshonorer et à perdre le Sauveur aux yeux du peuple.

Le piège qu'ils tendent est habile. Nier et amoindrir les miracles de Jésus-Christ, il n'y fallait plus songer. Les attribuer à Belzébuth était par trop monstrueux ; en face d'innombrables guérisons, et, récemment, de la

t Marc.. VIII. 10. Mill., XV, 89.

'Marc, VIII, 11. MaU, XVI. 1,

XOt'VEAU MIRACLC 151

niuUiplii*«ltuu des pains les foules étaient demeurées asles. ('oiniii * " un tel éclat ? Com-

1 t re descendrt' .. . lU niveau d'un pro-

phète et d'un thaumaturge ordinaire ? En abandonnant un terrain trop périlleux et en appelant le Sauveur sur un aulrt' moins favorable. Pour le mettre à l'épreuve, Us lui demandèrent de leur faire voir un signe dans le Ciel. Moïse en avait donné d'éclatants; Josué avait arrêté le soleil ; Elie avait fermé le Ciel, d'autres avaient fait retentir la nue des fracas delà foudre. Que le Sauveur op»"-^ ••• ' -le merveille semblable, il leur sera aisé de la m< n moindre que celles accomplies par

leurs Pères et Jrsus bien inférieur aux Prophètes d'au- Irefoi-*. Ainsi s*? détruira le prestige -V"'» <"i!- 1"< .nitr<w mirurles ont auréolé le Sauveur ' .

Mais que peut l'astuce humaine devant la bage^be d*' Dieu Y 11 fut aisé au Sauveur de déchirer leur toile fragile. Mais il ne le tlt pas sans que son cœur fût abimé d'une douleur poignante. Tant d*incn'dulité devant les marques si saisissantes de sa Divinité : Tant d'ingratitude derant set innombrables bienfaits ! Tant de roériwnftgté aux prises avec son incomparable maosuétade ! // géviii dans son cœur % dit saint Marc. Sa patience ne le trahit pas, et doucement, tendrement, il s'efforce '" nemis. Pour(]uoi lai demander

de nù>' t ^ .11 des prodiges opérés, loos

l'Ancienne Loi, dans le Ciel, parles Prophètes ? Là tout était terreur : maintenant c'est "' île la miséricorde, le tempe de la I^i de grâce <i ir. Qnuui MoIie

terrifia Pharaon et TEgjrpte, quand Ktie ferma le Ciel et y enchaîna pour trois ans le rœée et leplttie. Dieu chA-

• Matt.. XVI. 1.larr..^lll. H.

* Marc.. VIII. II.

152 IfODTBLLKS ATTAQUIB DK9 BfNianS DB JÉSUS

liait des peuples endurcis, et la Loi de crainte réfr^^nait des Tolonlés rebelles, courbait sous le joug d'irrt^ductibles révoltes. Toute autre est la I>oi de grftce apportée par Jésus-Christ. Elle aussi a ses • signes » qui en montrent la divinité ; mais ces signes sont bien plus des miracles de bonté que des éclats de puissance. C'est en guérissant les malades, en rendant aux infirmes Tusage perdu de leurs membres, la vue aux aveugles, la vie aux morts, en nourrissant les multitudes d'un pain miraculeux, que le Rédempteur du monde signe la divinité de son origine et de sa mission.

Aveugles ceux qui n'aperçoivent pas l'ordre nouveau qui s'inauf^re dans le monde ; aveugles volontaires et qui ne peuvent alléguer aucune excuse à leur aveuglement ; car si Dieu nous laisse, à des signes certains, connaître quel temps demain nous prépare : combien plus a-t-il donné des deux Avènements de son Verbe fait chair les marques les plus assurées ? Si, sur des aspects différents du ciel, nous prédisons à coup sûr la sérénité ou l'inclémence du lendemain, combien mieux encore pourrons-nous savoir les temps prédestinés de la double venue sur la terre du Fils de Dieu? Le soir venu, vous dites : il fera beau demain, car le ciel est rouge. Le matin : il y aura de tarage aujourd'hui ; car le ciel brille d'un feu sinistre. Quand vous voyez monter un nuage de C occident ^ vous dites aussitôt : c'est la pluie gui vient, et elle vient. Quand \le vent souffle du midi vous dites : c'est la chaleur^ et la chaleur arrive. Hypocrites^ vous discernez si bien ce gue pré' sage la face du ciel et vous ne savez pas reconnaître les siqnrs des temps où\vous êtes ' /

i Luc. Xll,S4-&7. MaU,. XVI, 1, S.

NOUVKAU lORACLB 153

Us savent pri^ire la «< st^n^nil«'> • ; ils reconnaissent à coup sûr l'arrivée prochaine de la a tempête». 11 y a pou ' l'ie deux dilTi-rentes phases qui rempliront et

flôi son histoire. Au premier Avènement de

Jésus- Christ, c'est la sérénité d'un beau jour, ce jour de ^rAce et de salul que nous vaut la Rédemption. Le soir s'est empourpré du sang divin, la divine Viclime a terminé sur un sanglant Calvaire la journée de sa mission : le lendemain Jésus-Christ est sorti, comme un radieux Soleil, des brumes de sa sépulture, et le jour qui a suivi a été pour le monde le jour de la plus délicieuse sérénité. Les &roes ont été illuminées, la grAce a coulé sur elles à flots intarissables, le péché a été efTacé, la mort vaincue, l'eofer fermé à jamais. Et telle a été cette première apparition du Fils de Dieu dans le mond(>, tant de prophéties l'ont annoncée, tant de signes l'ont fait connaître, qu'aurune Ame droite n'a pu s'y méprendre.

Le second Avènement ne sera ni moins annoncé, ni moins attendu. Le matin vous dites : te ciel brillr d'un f 're : la tempi^te sévira aujourcThui \

Venu c:. ur, une première fois, Jésus-Christ doit

revenir dansli* monde en juge el en vengeur. Et si les liïairés, ou «s, s'obslinf'ronl.

', lors de son j Avènement, h. iné-

connallre sa prochaine venue, son Eglise, ses fldèles. •et saints l'attendront dans la roortiflcation et la pri- « Des signes apparaîtront dans le Ciel », et nul, > i repousse la lumière, n'ignorera le jour terrible du dernier Jugement.

MaiSf hélas beaucoup d'hommes s'endurciront alor^^, comme le Sauveur voit soui ses yeux les Juifs s'endur-

> Uc.. VU. M.

154 NOUVtLlKS ATTA0UB8 DKS miKHIS DE jfe(US

cir, et cet aveuglement lui arrache un {douloureux soupir. Gémissant dans son cctttr, quoi ! s'écria-t-il^ celte race mauvaise et adultère cherche un signe ! Il ne lui m sera pas donné d'autre que le signe de Jouas >. Us ont ox^ronnu tous les autres : l'accomplissement des prophéties, le jour prédit par Daniel où le sceptre de Juda leur a échappé, une doctrine plus haute doctrine humaine, des roiracl' iimom-

i l opérés d'une manière toutt- ule des

i'rophètes et des Thaumaturges, plus que tout le reste l'aspect m^me do Sauveur et le perpétuel rayonnement de sa divinité : désormais ils n'ont plus qu'un dernier « signe > à attendre, « le signe de Jonas », n sépullurc. sa résurrection, qui en si '■ ' i<'t-

leront eux-mêmes dans une >ii.

Pharisiens et Saducéens n'étaient venus que pour dresser des pièges et perdre Jésus-Christ : Jésus-Christ abnndonne ces incorrigibles : Et il les renvoya '. Les mots qui suivent dans l'Évangile renferment, sous leur simple apparence, une grande tristesse : Jésus remonta (lajf< une barque et retourna de Vautre côté du Lac *. 11 laissait les villes où tant de fois il avait prftché 'e Royaume de Dieu, opéré des miracles, appelé au salut les Ames obstinément rebelles. Acclamé d'abord, aimé, <l«''siré, suivi, par ces populations Galiléennes, il s'en voyait maintenant délaissé, sinon haï. Nazareth avait failli le lapider ; CapharnaUm l'avait rejeté avec mépris et ^ol^^e, lorsqu'il fil, à la Synagogue, la promesse de l'Eucharistie ; Belhsnîde, d'où venaient ses premiers apôtres, s'était laissée, comme les antres cités du bord

I Matt.. XVI. 4.

> Marc., VIII. 13.

> Marc.. VUI. 13.

NOUTRAU MIRACLE 155

tin l.ar. . iiu.iiii. idans les complots dos Pharisiens : Le Messie, Sauveur du inonde, vériO.iil les paroles de saint Jean : « H est venu chez les siens et les siens ne l*ont point reçu », et en toute vérité lui-même pouvait dire qu' « II n'avait pas où reposer la lAte ». Nul ne le voulait plus recevoir et la présence des « Hérodiens » parmi les p>'"'^'""n«* de Jénisalem ne laissait que trop redouter . onp de force tenté par Hérode.

Il sViiibarqua donc sar le Lac pour gagner la rive orientale, celle qui conQnait aux terres des Gentils. Durant la traversée un nouveau sujet de peine s'offrit à sa Sainte Ame. Plus il faisait d'efforts puur forliiier la foi de ses apôtres et Gxer solidement dans lear souvenir ses instructions et tes miracles, plus, ce semble,

it.leur attention se dissipait,

t ^.1 -i . , .-. : appanls prodige» et des plus

saisissantes leçons s'en allait en fumée. Deux fois ' lit, par nn éclatant miracle, nourri .1 • i^es

1 i«'S. Tout récemment il venait de eu ; len

Pharitiens, en déjouant leurs pièges et en leur faisant ^^gne du Messie et la venue des temps nou- |iour renouer la trame de ces graves enseignements, que Jésus, dès le début de la traversée, intet} ' " -i les Douze: Faites grande a/tmtiùn^

stiy> . */!/«, préserves'vous du Irvain des [Pha-

riiiens, des Sadducéens,et de celui d'Hèrode '. Rapy~ -^ ; du miracle de la multiplication des pains et de ae développée à rencontre des perfides provocations de ses ennemis, ces paroles signifiaient : « Attachez-vous à Celui qui est le vrai Pain de vie, et renoncez absolument aux malsaines doctrines dont les Pbari-

> Mut.. Vlil. 15 MaU. XTl, 6-

156 IfODVKLLBS ATTAOUBS DES BflOEiaS DE iftSUS

siens el leurs alliés essayent de nourrir, ou pluUM d'emfoisonner vos Ames. » Les Apôtres ne virent là qu un reproche à leur négligence. Avant la traversée^ iùt avaient oublié de s approvisionner de pains^ et ils pensaient en eux-mêmes et se disaient l'un à l'autre : «' C'est parce que nous avons oublie les pains ». » Dans in Siiinlo Ame de Jésus toul était réglé et soumis à la raison comme la raison l'était à Dieu. Aucun de nos mouvements primesauliers el irréfléchis ne pouvait se produire en lui ; toute émotion, sans troubler l'intime, ne se manifestait que pour une cause juste, et si nous entendons parfois sortir de ses lèvres quelques véhémentes objurgations, ou même des accents d'indignation et de colère, nous savons qu'ils sont réclamés par le devoir et divinement retenus dans une sérénité que rien ne trouble jamais. Ici il fallait frapper les Ap<>tres trop aisément oublieux et indifférents, et par la vivacité du ton et l'Aprelé du reproche réveiller en eux une foi endormie. Us semblent avoir totalement oublié le double miracle des pains, ils se troublent, ils s'inquiètent en se voyant sans les provisions ordinaires, comme si le Dieu qui a nourri au désert des multitudes entières ne pouvait pas, sur le Lac, pourvoir aux besoins de leur petite troupe ! Un peu d'attention et de clairvoyance leur eût fait comprendre que Jésus, en parlant du « levain » des Pharisiens, ne se souciait pas d'une nourriture matérielle, mais élevait leur ftmc à de plus hautes et de plus urgentes préoccupations. La véhémence du reproche qu'il leur adresse a une cause plus directe encore : Jésus les trouve secrètement attachés aux abusives traditions des Pharisiens. Ils y ont été façonnés dès leur

• MaU.. XVI. 7. Marc.. VIU. 16, 14.

!<OUVKA0 MIRACLE 157

. it alUché aux nourritures k-pales,

a..., j^ ,,' -es par les hommes au mépris du

texte m^roe et de l'esprit de la Loi, une importance sup»"- '■• Il importe de

les «•' ^ // inmefi de. peu de

foi, leur dit Jésus, qu allez-vous vous préoccuper de

' "lin? N^avez vous donc

• -e cœur esl-il aveugle ?

Avez-vous des yeux pour ne pas voir et [des oreilles

pour ne pat entendre ? A vez-vous perdu la mémoire ?

fjunnd je rompis les cinq pains pour les cinq mille

hommes combien de paniers pleins de morceaux

-fésJ — Douze, dirent-ils. — Et quand

' ! point pour les quatre mille hommes,

> OUI bien avez-vous remporté de corbeilles pleines 1

~ f-r' -r Tidirent-ils K Vous avez cm, ou que je

.:i reproche de TOUS être embarqurs sans

I is, ((U que je vous d^^Fendnis tout achat chez

• — tisans des Pharisiens, des Saducéens, ou

-. Comment ne comprenez-vous pas que

Cf Ht^tt poiitl du pain que Je vous parlais quand Je

cous ai dit de prendre garJf mi Ii-m'ui itis pîinrh

tien* et des Snducéens » :'

Aaeane image n'était plu» propre que celle Uu le\ain I caract/n<>er la propagande e(rren<^e autant qa'efOcace des orreori pbaritalqnes. Le levaÎD macule la pâle ri

I à une

grande masse el k la toatever. Son action eal lente mais irrésistible. Comme lui, une erreur qui apparaît

• Marc.. Vtll. 17. 18, 19. 10. fi. Matt, XY1.8, 9. 10.

• MaU.. XVI, 11, 11. Mare., vm. SI.

ISS N0UVKLIR8 ATTAQUSS DR8 RFROanS DB JÉSUS

d'abord légère bouleverse bienli'il toute U doctrine et pour lente et imperceptible que soit son action, elle cause à la fin des dévastations priT ' Fallut-il plus qu'un Arius et un Eutychi^s poiii < rde rCglise, rOrient presqu'entier ? Et quand la foi est perdue, la vérité divine répudiée, l'l%gli?e délaissée et trahie, que reste t-il aux âmes que stérilité et désolation ? Toute blessure se guérit, mais quand l'erreur a tné la foi, que reste-l-il d'espérance ? En une aussi grave question ne nous étonnons ni du ton véhément ni des paroles incisives que nous surprenons dans le Sauveur, toujours si calme et si doux.

Observez-vous^ prf^servez-vnus du levain des Pharisiens ', de leurs doctrines mauvaises, de leurs erreurs. Une double conduite nous est recommandée, quand nous nous trouvons exposés à la contnpon de l'erreur. ■ Obsen-er », d'abord. L'err**ur est astucieuse et se pare volontiers des dehors de quelque vérité ; elle s'offre comme l'émancipatrice de notre raison, ou comme le ! it-nl lie nos fausses croyances ; A l'enten-

dre . 1. ,,..:= (Je Jésus-Christ a cessé de posséder la pure doctrine, nos dogmes sont surannés, l'esprit moderne ne s'accommode plus de la simplicité vieillie de la foi; à des temps nouveaux il faut des croyances nouvelles : « Observons », étudions, scrutons ces erreurs, découvrons ce • levain » qui fermente et corrompt. ï>e tout temps c'est l'ignorance qui a favorisé la propagation des mauvaises doctrines». A ÏVtudc Jésus-Christ nous commande de joindre la vigilance: T' ' .Quand, tous l'image de l'ivraie, il now n croissant, pour rétouffer, au sein même de la vérité, c'est

t Marc. Vltl. iS. Mail.. XVI. 6.

HOUTKAU MIRACLB. GDÉRISOfl d'uN AVBU6LI 159

^ ' ' - - qu'il attribue le ravage ciiust'*

ire à la main nous constaterions

aisément que c'est ^ce à Tinattention et à l'inertie des

chefs de la doctrine, que l'hérésie natt, se développe,

dévaste les /dises na^ëre les plus florissantes.

Sans pénétrer encore jusqu'au sens profond des paroi.-:< de leur Maître, les ApAtres comprirent au moins qu'elles araieot une toute autre portée que celle qu'ils leur avaient attribuée, et qu il fallait fie garder, non du levain qu'on met dans la pâte, mais de la doctrine des Pharisiens et des Saducéetis ' .

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