GONFISSION DE POI DE PIHIRB. SA PRIMAUTÉ
Bi ce Messie n'esl pas veau 7 Et quel autre répond à la croyance des siècles sinon Jésus-Christ ?
Comment expliquer la vie, la foi, la législation, le culte du peuple juif, si on en exclut le Messie-Dieu, dont son histoire entière n*est que Taltentc et l'annonce ? Ce qui suit la venue de Jésus-Christ dans le monde n'est pas moins inexplicable pour qui nie sa divinité : sa vie toute de merveilles, sa mort toute de puissance, sa résurrection, son invincible survivance, ses triomphes, ses conquêtes, sa main-mise sur le monde, la fondation de son universel empire, sa victoire sur le temps «t ' forces humaines conjurées. S'il n'est pas Dieu, < ment expliquer des œuvres dont un Dieu seul peut être l'auteur?
Quand la question est posée et elle ne peut pas ne pas l'être : « Jésus-Christ est-il Dieu ? • que deviennent ceux qui nient et quelles explications donneront-ils aux énigmes dont Thistoire humaine est remplie ?
Devant des intérêts si vastes, devant une affaire ob se joue la destinée même du genre humain, ne nous étonnons pas de la solennité que Jésus-Christ a donnée à la question et à la réponse, alors surtout qu'il s'agii'^'tit de la foi de ses ApAtres et que de cette foi devait découler la foi de tous les peuples, dont les Apôtres allaient être les Docteurs.
Aussi choisit-il, avec une divine sagesse, le temps, le lieu, le mode de son interrogation. Ce n'est pas au début de sa vie publique et de la vocation de ses Apôtres qu'il leur demande leur solennel acte de fui ; c'est après d'innombrables preuves de divinité, après d'incessantmiracles, après de surhumaines révélations, après les avoir investis eux-mêmes durant leurs missions depoavoirs que la terre ne saurait départir, après leur avoir
CO!«rPBSSIO?( DE FOI DB PIERRE. SA raiMAUTt 165
m ■'-' nies circonsUnccs comment il ne faisait
qi, 1 son I*t*re, leur prouvant par ses actes
cette inetfabie Consuhstantialité. En un mot il ne les amène à confesser sa Divinité qu'après leur en avoir donn^ d'innombrables preuves. Et où se fera cette solen- D< >8ion de foi ? Loin des Juifs, loin des perfides
mM..u»w.^as et des infloences funestes des Scribes et des Pharisiens. La manière mAme dont il pose la question leur est une facilité nouvelle à y répondre. 11 écarte les bruits du Tulgaire, les fausses et ridicules appréciations des foules sur sa Personne, et, ces erreurs rejetées, il lande leur propre sentiment, bien supérieur
saL. c aux vaines opinions des autres.
Jésus adressa cette question à ses AptUres : que dr f Je suis, il/oi, ie Fils de CHotume? Ils
rtj.' 1 nt : ■ tes uns prétendent que vous êtes Jean-
Baptiste : les autres que vous êtes Elie ; d'autres eti 'IIS êtes Jérémie ou Cun des anciens
/'' , /7i du tombeau '. Telles étaient les
1 meurs en circulation dans la Judée et la Galilée. I' .int!*- '•'«} par Jésus-Christ, il était
i>{> ->il>.< iiu'un homme ordinaire ; et
mme d'autre part on ne Yonlait pas reconnaître en iuileMes<ii> ' •'-tait de choisir une upi' dJaire, pot. . •• qu'elle fut. C'était ■
revenu à la vie, ainsi que l'aTail dit lféro<le en tremblant, ■inii que le donnait à croire une similitude de doc- et de prédication. CVUil Kiio que l'on savait ^'ardé . par Dieu et que l'on attendait comme le prt*curseur du grand Roi. C'était Jérémie dont on semblait entendre les graves enseignements et les tristes prophéties. C'était
I Lac.. IX, 18, 10. Marc, VIU, 21. ». lUll., Wi, 13, i4.
i66 coirrESsioN m roi oB ponRK. ba raiMAurft
eotin quelqu'un des anciens Prophètes que Dieu destinait à rannonce dos temps n<' l'auvre peuple ! I> songeait à tuul sauf à la plu.s . -t à la plus vrai< des explications. Mais Torgueil Juif, toujours préocrup/ d'un règne du Messie brillant et puisse > dait pas d'un jr-sus « dou\ et humbl> s'élevait pas au-dessus des esprits terrestn^.
Mais vouSf reprit Jésus, que di' suis*? Vous que j'ai tirés du milieu ■ n
que j'ai instruits des mystères divins ? Vous qui êtes les témoins de ma vie ? Vous qui avez, ]<> inur, con-
templé mes œuvres, entendu mes aftii > - que j'upuyais sur de continuels miracles ? Que dites-vous que je suis ?
Pierre préludant sans le savoir à son futur magistère, répondit au nom de tous : VOUS ÊTES LE CHRIST ! LF FILS DU DIEU VIVANT » !
Magnifique confession de foi ! Magnifique dans sa force, sa netteté, sa plénitude. Rien n'y manque et tous les traits du Verbe Incarné, rédempteur du monde y sont renfermés. Jésns est t Christ», oint par Dieu, oint comme Homme, comme Prophète, comme Roi, comme Prêtre, commeCombattant. 11 est <(oint » de divinité ; la divinité s'est écoulée sur Lui dans son innnit plénitude. Dieu s'unissant bypostatiquement à l'homiuf, « Dieu habitant corporellement en l'homme », Dieu fail homme : voilà Jésus-Christ. Pierre reconnaît ces ineffables mystères quand il dit : Vntts ^tes le Chri<il ! El quand il ajoute : le Fils du Dieu nivarU, il achève sa confession glorieuse. Jésus-Chrisi est Dieu ; il est Dieu
' Mail., \\l, 15. Marc. VIII. .U. Luc. IX, *). » Mail., XVI, 16. Marc, VIII, jy. Luc, 11^,20.
ooNniMiOfi DE roi oi piubs. aa primauté 167
descendu du ciel, l'inriaible devenu visible, rEternel enlré dans Tenceinle du temps; la Parole inOoie in«>- Iruisanl le monde, la Sainteté y amenant la justice, la clémeore, y proclamant Taronistie. « Fils de Dieu ». Pierre confesse la génération éternelle du Verbe ; la pluralité des Personne;! en Dieu se découvre h lui, et le mystJtre de l'adorable Trinity lui est manifesté. Quand il ajoute : « tous êtes le Fils du Dieu vivant *, il voit en
Dif- ' • " " de la vie universelle, il proclame ce que
l'A iios, Jean lÉvangélisle, écrira plus lard :
tluul a fié fait par Lui et rien de ce qui a été fait n'a été f'iW. sans Lui... Km Lui était la vie m.
Mais qui nous donnel'assurance qu'il en est bien ainsi de €♦•! -sion de foi, et que Pierre a en effet reconnu la
di\..... ... Jésus-Christ et eut la perception des mystères
qui en découlent? Les plus fortes preuves nous en sont données. La première est sans doute la clarli'',ln netteté même de ses paroles ; mais une seconde la corrobore et lui donne son entière force. Si d antres, comme Nathauaftl, ont donné à Jésus-Christ ce nom de ■ Fils de Dieu », ce fut sans y attribuer le sens qui s'attache à la ooofesaion de foi de Pierre. Pour eux Jésus-Cbrist était le nis de Dieu; au même titre que les prophètes et les Justes, flif par adoption et non point par nature. Aussi, loin de béalider cette manière, de s'exprimer, Jésus- Cbrist en faisait comprendre rinsiini«;i! ' '"' a parlé, sa conduite est toute ditrém hrureuXf Simon, fiis de Jonas ' / Pourquoi « bienheureux >, tinr>î •'Qlait-daMiB de tous les .4 . U! antre 1116B' lion. Tu aa bien du. 1 némeet autant que toi
Mail.. XYI, 17.
108 GOMTESSION DE FOI Dl Pinitl. SA PRIMAUTE
lu C8 le nis, le vrai fils de Jonas, et que Jonas est vraiment Ion père : de mftnae je suis le vrai fils de Dieu, et Dieu esl vraiment mon Père.
L'origine que Jésus attribue à la confession de son ApAtre nous en montre encore Texceptionnelle élévation. Nous sommes en face d'une révélation véritable. Ce n'est pas de lui-même, guidi par ses propres lumières, que Pierre vient de confesser la Divinité de Jésus-Cbrist il n*a parlé que sous l'inspiration divine, Dieu lui-mén)< lui a dicté ses 'paroles, qui tirent d'une source si lianii' leur force et leur autorité. Tu es bienheureux^ Simon fils de Jonas parce que ce n'est pas la cJtair et le sawj qui te Vont révélé, mais mon Père qui est dans les deux*. Connaître Jésus-Christ, le • dans sa
Divinité, dans son Humanité, dans lu. ... union qui des deux natures fait une seule adorable Personne voilà donc la < béatitude •, car voilà la vie. t VoirI it vie, c'est de vous connaître, ù mon Dieu, et de coonailn' Celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ ». Et ne connaître pas Jégus-Christ, ne l'aimer pas, ne tenir aucun compte de Lui, c'est le malheur supn^mc, puisque c'est vivre sans la vie, mourir sans l'espérance, demeurer ici-bas au milieu des dangers sans appui, des douleurs sans consolation, des péchés sans rédemption, des ruines accumulées sans nulle puissance pour réparer et reconstruire. N'a-t-on pas tout dit d'un mot quand avrr saint Paul on parle « de vivre sani> Dieu, sans Christ « i ce monde », dans la misère, dans le néant, dans la seul' perspective d'un tombeau ?
IL — Tu es bienheureux^ Simon, fils de Jonas, parce que ce n'est pas la c/iairet le sang qui tel' ont
> Matt.. XVI, 17.
i:0!<KRSiilO!« DE KOl DE PIRRRE. SA PRIMAUTÉ 169
révélé ^ mais bien mon Père gui est dans les deux. Et moi je te déclare que tu es Pierre et que sur cette pirrre je bfllirai mon Église^ et que les puissances de r enfer ne prévaudront pets contre Elle •.
Pierre vieDl d'afTirmer solennellenient la Divinité de Jésus-Christ : à l'heure même Jésus-Christ la prouve, non plus seulement par ses miracles transitoires, mais par un miracle qui embrassera le monde et traversera iam \m siècles, miracle qu'ont contemplé toutes les irénérttions et qu'à noire tour nous contemplons. Un pauvre marinier est devant loi, homme ignorant et simple, Juif gaiiléen sans prestige, nature généreuse, mais faible et pusillanime, roseau pliant au moindre soufOe ; et Jésus-Christ en fait la « pierre >*, l'inébranlable granit sur lequel il fait reposer un édiflce vaste comme le monde, impérissable comme les siècles. Et nous contemplons deux merveilles dans une : une pierre immuable, une Église in " . Tu es pierre : voilà la fMpaut^ ; et cette i demeure quand toutes les
ont de leurs débris le cours des âges. » conquis ' — nde, et, sans appui visiue d«* r- ■< qui maintiennent les
UyoAOMft et les et: !• sa puissance et
tMore sa suprême <^ ...u.. ... i^,.t; courbe les intelli-
geocee, elle fait plier les volontés, «lie commande les dévonemeats, elle • liens d'un
inooncevable amour, i . i,.... ,. '.■ r. ..,«...
lent est à TédUlce. i Où est Pierre, là ti'Blle descendent sur le m<'
découle toute puissance ; dl... . , i i u...
entière toute vie surnaturelle. Jésus-Christ, le chef
' Hall., XVI, I7.i8.