‹ Nos saint évangilesChapitre 37 sur 124 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

170 r,0!«rBSSIOIf DB fût DB PIBRRB. SA PRIMAUTÉ

invisible, a remis à Pierre, le chef visible, ses divins pouvoirs : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bfttirai mon l^glise ».

El cog pouvoirs sont sans limites, embrassant le ciel et la terre, le temps et l'étemilé. A toi Je donnerai les clefs du rntjaume des cievx '. Quel monarque ! Quoi potentat ! Quand le roi fait son entrée, on lui remet les clefs de la cité en signe de sa domination : Pierre recuit les clefs du ciel. La clef ouvre la demeure et sans elle la demeure reste inexorablement fermée. Sans les pouvoirs donnés à Pierre et par lui à ses ^ s, l'Ame reste sans grâce, l'intelligence sans vij... . ..,.. rieure, la

conduite sans direction, le péché sans rémission, la vie t^ans issue. A lui de juger si la faute mérite ou non le pardon, si le coupable reste dans les fers ou sort de sa prison éternelle. A lui de donner le royaume des cieux ou d'en exclure. Toute juridiction spirituelle sort de la sienne; tout pouvoir a sa source dans le sien : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans le ciel, rt tout ce que tu délieras sur fa terre sera aussi délié dans le ciel ».

Comment douter qu'une telle paissance ne porte ombrage et ne rassemble contre elle d'implacables ennemis ? Aussi l'histoire entière de l'Église n'est-elle, en partie double, que celle des assauts furieux qui lui ont été livrés et des victoires qu'elle a remportées sur ses a&i&iW&nls. Les pu issanr es de r En fer ne prévaudront pas contre Elle*. L'étemelle équivoque entre Elle et ses ennemis est que ceux-ci s'obstineront à la regarder comme une société humaine, à l'instar des

> Malt.. XVI. 19.

* Mail., XTl, t0.

CO!fPBSSIO.N Ui: KOI DE PIERRE. SA PRIMAUTÉ l'I

autres, facile à dt^lruire, faible à se d<^feDdre, tandis qu'elle est l'œuNTe d'un Dieu, œuvre impérissable comme le Dieu qui Ta fondt'e, la pénètre, la dirige, lui communique sa furce el lu revêt de sa puissance. Quelles sont les puissances infernales, ou, selon le texte Ëvangélique, les " portes de l'Enfer », c'est-à-dire les grands, les puis- ■^aols, qui, eo Orient, d<'libéraienl à l'entrée des villes? Ce sont les démons d'abord. Acharnés à détruire Jésus- Cbristet toniKUvre. ils soiil instigateurs; puis ce sont les tyrans, le» oppresseurs <ouronnés, les pouvoirs publics, ;ui ne cessent de la t«-inr sous un Joug inique. Les héréliquesqnisortentd'elleetliii rendent pour la hainel'amour, fuiiicause communfavi;csespires ennemis. Dans son sein même r£glise porte des éléments de destruction qui ne sont pas les moins redoutables ; ce sont les vires de %f* propn»* enfants. Quand les vices prévalent dans une it»nne, les « portes de l'enfer » lui livrent -... ,,...-, M -'Ttiix assaut. Mais de même qu'elle a en «lie la pui^- •:>'.•• ri'poim^pp l'ennemi du dehors qui l'as-

iii convertit les pécheurs

- • ufants.

Le temps h«u1 devait donner à res choses leur magnifique ép^i:

répandre .. ,..., ^. ....... ..,.:.:

■Teo^ les yeux trop faibles pour la receroir Et œ n'était pas seolement 1*˧Um, la primauté de Pierre, la diffusion de rfirangile dans le monde entier et sa permanence à travers tous les siècles qu'il était inopportun « "Ux de trop vite annoncer aux foules; c'était

• lit la divinité de Jésns-Christ dont il falUit

voiler, pour quelque temps encore, le trop aveuglant éclat. L'heure n'était pas à la gloire, nais à l'humilialion de la croix. Avant d'apparaître dans sa force divine,

172 i£sU8 PRÉDIT SA PASSION

JésDS-Cbrisl devait passer par les faiblesses de sa passion. Or on ne pouvait encore sans dangor, à des Ames iropn^parées, montrer comme Dieu Colui qui allait mourir sur une croix. Si nous songeons qu'après m^me les miracles du calvaire, celui de la r^'surrection, ceux innombrables qu'opéraient les Apôtres, les prodigieuses conquêtes de r^glise naissante, la mort d'un Dieu restait « scandale pour les Juifs et folie pour les païens », si nous songeons que les ApAlres eux-mêmes ne supportaient pas l'idée que Jésus-Christ pût souffrir et mourir, nous apprécierons la sagesse du Sauveur quand il défendait à ses disciples de proclamer à la foule qu'il était le Fils de Dieu. Mourir d'abord, puis après être exalté, acclamé, adoré comme Dieu par tous les peuples : telle était l'économie du mystère de la Rédemption. Jésus défendu sévèrement à ses disciples de dire que lui, Jésus, était le Christ '. Celle défense, étrange au premier aspect, doit maintenant cesser de nous surprendre.

III. — Alors pour la première foi Jésus découvrit ft ses disciples qu'il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des Anciens, des Pontifes et des Scribes, et mourir, et qu'il ressusciterait le troisième Jour. Et il leur parlait ouvertement *, sans néanmoins compléter sa révélation par lr- '":'-• horribles de ses humiliations: les soufHets, les < les fouets, les moqueries sanglantes du Prétoire, le cruciflemenl, les suprêmes avanies du Calvaire. Remarquons le moment choisi par Jésus-Christ pour sa for-

Mall.. XVI, «). Marc., VIII, 30.

Malt,, XVI, 21. Marc., VIII, 31. Luc, IX» 22.

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