JÉSUS AU TBMPLR AFFIRME SA DIVI.MTÉ
de son pleio gré, laissera le inonde pour retourner d'oi il est venu. Jésus leur dit : « Je suis avec vous poin un peu de temps, puis je retournerai à Celui qm m'a envoyé •. Quelle tendresse, mais aussi quelles terreurs dans les paroles de Jésus-Christ ! c Je suis avec vous ». Voilà rineffable grâce, t voilà le temps fav-rtble, voilà les jours de salut ». Isra(^l pouvait se sutr.r. puisque son Sauveur était avec lui, versant sur lui à flots ses lumières et ses bienfaits, ne cessant de le convier au salut, pleurant sur lui, et l'appelant t sous ses ailes, comme la poule fait pour ses poussins «.
Mais le temps de la miséricorde est limité. Jésus n'est pas toujours avec nous comme Victime, comme Cau lion, comme Sauveur. Il nous laisse ; le voici « à la droite de la Majesté divine » ; il est alors notre Juge, ^< nous n'avons plus à attendre de lui que la sentence qii nos œuvres nous ont méritée.
Elle fut terrible pour les Juifs, l'heure de l'abandoff de Jésus ; elle le serait pour nous pareillement. Vnu me chercherez et vous ne me trouverez pas; car où je suis vous ne pouvez venir *. Il allait à la gloire, eux à la perdition. El dans ces paroles voyons un nouvelle affirmation do sa divinité '. Car pour qii' homme, qui n'est qu'homme, la mort est-elle la port' d'une glorieuse et immortelle existence ? Qui va au Ciel sinon Celui qui y retourne, comme en patrie? Pour tous les autres le tombeau en. richesses et les gloires de la vie présente; pour Jésus Christ seul il fut le point de départ d'une puissance et d'une gloire qui n'ont plus fait, à travers les siècles, qii»-
* Joan., VII 33.
* Joao., VII i
* Joan.. VII I
jéSl > Al I K«ri>. ArMMMK *A DIVIXTTé 247
se furlitivrel sVlendre. C'est à ces sommets divins ijuc l'homme, les Juirs moiDS que tous les autres, ne pouvait suivre Jésus.
Les Pharisiens ne le comprirent m«*me pas et k ces paroles profomles ils donnèrent les plus fausses inlerpré- ' ' ' -r demandèrent entre eu je : « où ira-
L .. ,. . ^.. .. //.s ne le trouvions pas? Serchce vers les gentih dispersés dans le monde ? S'en fera-t-H le ? Leur orgueil peri*e jusque dans leurs moin- , cessions. C'est avec un dédain marqué qu'ils parlent des gentils « dispersés » . A leurs yeux il n'y a dans le monde qu'une seule nation, la leur, qui Forme un tout compact et lié ; le reste des hommes n'est qu'une confusion sans liens ni harmonie. Les malheu- ' :'> «ont à la veille d*<' i jours chassés de
un ruine, et ils s'r ,>**rsé8 et erranls,
chercher un asile chez tous les peuples ; sans cesse à la recherche d'un Messie, qu'ils n'arriveront pas à découvrir l L'une des cérémonies symboliques de la fête dcsTabernaclei donna sujet au Sauveur d'annoncer quelles eiïusioDS de grâces vaudrait au monde sa Rédemption. Plusieurs fois nous lui avons vu prendre, pour si^^iiiiier tctte grâce, l'image d'une eau jaillissante. Or, durant les ' • > -vrs de la fêle, une eau symbolique était montrée •>. Chaque matin.un prêtre allait à la fonlainede >i:<M- puiser, dans un vaisseau d'or, trois mesures d'eau qu'il apportait an TeiD|ilfl au milieu des chants joyeux d<« I'HiIIpI. Si cette eao rappelait celle que Moïse avait ' r du rocher dans le désert, elle était bien plus , tir 1rs Juifs la figure prophétique du fleuve de • i<i> .0 Mesda danlt fiire couler sur le monde-
' Juki V|I '', ,«.
i48 if^m AU TKMPLF. AnrKMB SA DlVi:«ITfi
Aussi l'émolion du peuple fui grande quand Jésus, debout dans le temple, d'une voix éclatante, lui apprit que l'antique prophétie se vérifiait, que la réalité succédait h la figure, que le Messie n'était autre que lui-même et que de Lui nllnlt jaillir l'eau véritable dont Israël et le monde seraient inondés. Le dernier jour de la fête qui en est le plus solennel, Jésus debout dans le temple, s'écriait : <• Si quelqu'un a soif qu'il vienne à moi et qu'il boire! Celui qui croit en moi, comme dit C Ecriture,des fleuves d'eau vive couleront de ses entrailles. En disant cela, il parlai/de V Esprit-Saint quesesdiscipies devaient recevoir '.
Si Ton compare le monde antique avec le monde chrétien, on se rendra aisément compte de la puissance et des eiïets de la divine irrigation. Le pro» mier, brûlé du feu des passions, aride, inculte, sans vertus, sans force pour le bien, couvert des ronces et des épines de tous les vices, nous apparaît comme ces régions désolées d'où la vie se retire et qui ne sont plus que des solitudes de mort. Après Jésus-Christ ce désert est devenu un oasis verdoyant, où croissent les plantes 'Ii> |ilus sublimes vertus. Mais ce monde nouveau, cette ( réution délicieuse, ne pût apparaître que quand le Sacrifice du Calvaire fut con>ommé. Car le péché devait disparaître pour que l'Esprit de sainteté pût faire son apparition et féconder de ses eaux une humanité nouvelle. C'est ce que l'Evangéliste nous fait remarquer qii.in<l il ojoule : VEsprit n'était pas encore donné pa/cr que Jésus n'était pas encore (jlorifié *. L'ancienne Loi ne fût pas sans grAcc, les Ap«Mres eux-mêmes, ovant la Pentecôte, furent doués richement, mais rien de
> Joan., VII. 37, 38. 80.
• ioao., VIL 39.
JÉSIS Al TKMILK AFTIRMK SA DIVINITÉ ±49
t'iut cela n'est comparable à Teffusion desgrAces qui se K'pandireal dans le monde entier, dès que le Christ <i «lans la gloire de sa Passion,
il.- litre .
L'annonce/! <ies choses avait vivement impres-
sionné la ' . ' 'rirent leur
rours. C ' ' ; ' /if lea uns.
'>s/ fc Christ^ ajoutaient les autres '. Mais, comme . ipinvi-* -^Tie toujours, txê lueurs de bon sens •itKht ~ par l'ignorance et la mauvaise foi.
Or tains disaient : « le Christ vient-il de Galilée? L' Ecriture ne dit-elle pas qu'il sera de la famille de barid, f/uil sortira de Bethléem d'où est bavid * ? » Klail-ce ignorance, oubli, mauvaise foi? Mais ces Juifs eussent dû se rappeler les événements de Bethléem ; comment y était né Jésus^hrist, quels prodiges avaient éclaté à («a naissance qui avaient jeU* Jérusalem entière dans le trouble, et comment les Mages avaient provoqué au ftujf>( du Divin Knfnnt de Bethléem la réunion du >^ et sa \ sentence. Tous eussent dil
><i- ^choses cl ..« .. .... unanimes dans leur acte de
foi. Aa contraire. U foule resta misérablement divisée.
' igé au sujet de Jésus, et gr.Arc \ ces
-- !.•> divisions les ennemis du Sauveur
.ilMindonnaient ni U volonté ni Pespoir de le perdre. /' roait aussi per»
, - . -. -, . , . 1 !»• !»*« am'la l't
iiU ne mit la main sur lui*.
' étaient ■' il
\és parle - I »
> Joan., VII. 40.
' J.'.n.. VII. 41,15, Join . VII, 14.
250 JÉSUS At TKMPLE AFFIRME SA DIVINITÉ
Simples et droits autant qae leurs Maîtres l'étaient peu, ces bominos avaient ôié de suite conquis par l'ascendanl de la vérité. Cette divinité qui jaillissait de Jésus-Cbrisi, non pas seulement h travers le miracle, mais avec une égale évidence à travers la parole, leur avait clairement apparu, et comme ils n'y avaient opposé aucun des obstacles qui arrêtaient les Scribes et les Pbarisiens, ils la confessèrent avec un courage aussi héroïque que leur foi. Quand ils parurent devant le Sanhédrin et que le Pontife leur eùl posé la question : < Pourquoi ne C amenez-vous pas • ? » Eux, qui eussent pu rejeter sur la crainte d'un soulèvement du peuple l'insuccès de leur mission, confessèrent généreusement la raison vraie qui leur avait interdit d'arrêter Jésus : Nui homme, dirent- Us, n*a Jamais parié comme cet homme * / C'était dire que la bouche qui proférait de si divines choses ne saurait être une lK)ucbc humaine, mais qu'un f lait au monde par elle. Un pareil témoigna^ i
frapper le grand Conseil, tant il était sincère et bérolqui M.v M pndre d'hommes que la pai>sion avi
s» il de détruire dans lésâmes de leii
l'effet que venaient d'y produire la vue et les paroles (!• rHumme»Dieu. Ils cornu ' ni par l'intimidation : « Quoi! vous vous >* , vrs >vV/i/i/v * / l*uis ils
essayèrent de raisonner, mettant on opposition la négation des Chefs et l'afTirmation sans crédit des foules : Parmi irs Princes des Prêtres et les Pharisien^ en est-il un seul pour croire en lui? Quant à cette populace ignorante de la Loi, ce sont des maudits * /
> Joan.. VII. 4S.
* Joan.. VII. 4U ' Joan.. VII, 47.
« Joan., VII. 4M, 49
JKSIS AU TRUrLR APnRMi: SA DIVIMTH i^l
I ! li' violenre récn ' '-ns leur délibération M. .' , 1 l'un d«'ux, > •', celui-là même qui
avait conféré nne nuit avec le Sauveur et était resté son disciple, essaya quelques timides observations sur l'illégalité de leur procédure ; ils le traitèrent comme ils venaient de traiter leurs subalt, - Vo/re Loi, dit Nicodème, nous prrmef 'lie de lier un homme sans V avoir entendu et sans wn .,ir ce quit a (ait • ? Toute mesurée que fut celte ,,!,., — .;.... ,.)ig irrita les Sanbédrites et leur fil violer la j.ij- aire convenance. Vous aussi, s'écrièrent'
Us, ètr s-rowi Galilèen ? Ce mot dans la boucbc d'un Juif de Jérusalem était toujours uue injure. Ici, l'injure levenail une iniquité. Les Saubédrites, d*abord, men- 1 1 •ni .11 if: rmant qu'aucun Propbète n'était sorti de la • i.iiil'c. Tuus, quand ils appliquaient au Sauveur cette af! rination, ils affectaient d'ignorer son éclatante n.'Ussance à Heltiléem. Aùrz, disaient-ils à Nicodhney les Écritures et vous verrez que jamais un Prophète ne sort de Galilée*. Etd'où donc étaient Elie, Jonas, Nabum. Os*'«- à Jésus,leur>- - devaient contenir la
rclai '■ qu'en avait-; :> Mages et de ce que
le Sanhédrin lui-même leor avait répondu sur la naissance du Chri»t à Bethléem.
Mais que demander à la passion et qu'attendre d'elle? La réponse des gardes et l'embarrassante observation de Nicodème n'eurent pour eff<! ' mt
leurs iojqnes machinttiont. ( //^<
retourna dans sa maison *.