‹ Nos saint évangilesChapitre 81 sur 124 · I . . XIV · texte numérisé non relu

I . . XIV

380 DBRiniR SÉJOUR DE jftsUS DANS LA PÉRfe

Toute autre est la suite d'une héroïque auraAne. Loi que vous donnerez un festin appelez les pauvres, les infirmes^ les boiteux^ les aveugles^ votre bonlieur sera qu'Us n'ont rien à vous rendre. Votre récompense vous viendra au jour de la résurrection des justes '.

Si la recommandation du Sauveur nous paraît raticable, sachons que les Ages chrétiens iplir. Les rois pieux ont fait cela; les personnages illustres ont tenu à honneur de servir les pauvres. Mais, si malgré tout composer ainsi une liste d'invités nous répugne, que les pauvres dressent ouxmAmes et chez eux leur table, chargeons-nous seul' mont de la garnir, r ' ' <i\s des i lu

Sauveur le grand «■ uimône. I rd

reconnaissons l'éminente dignité des pauvres dans IT -' ^ ' 'ns-Christ. Ils sont les représentants, les II! u Dieu fait homme, fait pauvre, dénué k

la crèche, plus dénué encore sur la Croix. Les pauvres r- Trdent l'image, en portent durant les siècles les -:ics augustes, montrant à tous que la Rédemption d'un monde orgueilleux, cupide et jouisseur, ne s'est opérée que par l'humiliation et la pauvreté. Hauts dignitaires à la Cour du Prince, les pauvres sont nos plus puissants intercesseurs; leur prière est écoutée, leur médiation nous sauve, les aumônes que nous leur versons sont le plus sûr rachat de nos iniquités, et sans témérité Ton peut dire que l'entrée du ciel nous est par eux garantie. Si nous voulons assister au banqn**' éternel, invitons les donc aux nôtres sur la terre.

Cette sublime doctrine, jaillie des paroles de Jésii

« Luc., XIV, la-u.

LA PARABOLR DU PtSTLH 381

Christi n'éUit pour Tantiquité païenne, pour la plup«rtdMJi! it pour les rapaces et

orgueilleux . ^. :.• merle. Pour eux tous

le paurre n'était qu'un objet odieux et méprisable. Ce fut donc avec uno stupi'^raclion mêlée de col^^e qu'ils entendaient les conseils que leur donnait le Sauveur.

urs pensées allaient à un bien autre objet I Eux les privil^iés, U race sainte, les élus de Dieu, ils n'avaient à atla|4>v« après les jouissances de la terre, que celles dtt ciel ; ils passeraient da banquet d'ici-bas au banquet deTéternité. Les invités c'était eux et rien qi)' C'est en ce sens que l'un des convives interpella J Biêtiheureux celui qui mangera le pain dans le Boyaume de Dieu '. De ce bonheur ils ('talent loin«ces misérables qui avaient déjà conçu et résolu le déicide, qui n'abordaient le Sauveur que pour le trahir, qui^ depuis trois an<: —'---. lient les appels de son cœur et repoussaient 11 ' s de ses révélations! Ils s'ex-

cluaient eux-mêmes et Jésus, sous le voile transparent d'une para ^->-v ''-'r montre leur crime et leur annonce leur sort. / ne, dit-il, fit un grand festin et y

apprla tj- de monde. A V heure du

il mvoyn u.. . . iteur avertir les invités qu'ils

ni jKure que tout était prêt \ Depuis les pi

préparait reitp f>tc de l'humanité déchue. U U

..ail récuncili((>, se rassasiant à sa table, et y goûint les plus divines jouiaaaoces: celles de la grâce

•lord, celles de U gloire ensuite. Car, sa table ••tait

1 ><»ée dès le temps de la rie pr^teatcaSTla^^n^me préparait à Israël, en ratoor d^l^dmr de siP^i

' l.>J<., \M. tj>.

» I^c, XIV, 16-11. «ait., XX1\I. ^-T\^

pnOY îfflMTWiE

UDEND'

382 LA l'ARABOLB DO riSTlR

crainte, les snaritéft de la Loi de grâce : la rédemption

des p' ' -, •• • • ' ■ ■ ,„j

pour. . ^ ur,

les plus nobles vertus pour la volonté ; repas divin, table savoureuse, où l'être entier reçoit sa nourriture et avec elle les forces de la virilité. Les apprêts furent longs et s'étendirent à de nombreux siècles. llais,enOn,« l'heore vint B et Dieu envoya à son peuple « son S »,

son Fils incarné, revêtu c de La forme de »,

devenu par obéissance son serviteur fidèle. Jésus, depuis trois ans, ne cesse de répéter 1 invitation de son Père et de convier le peuple Juif nu banquet. Les Juifs refusent, et pour que leur refus soit plus insultant, ils n'opposent que les plus futiles prétextes. Mais, la nation entière ne doit pas tire comprise dans la réprobation que méritent ses chefs. Ce sont les Pharisiens qui sont les grands coupables et demeureront les exclus. Le menu peuple, les humbles acceptèrent l'invitation de Dieu et formèrent l'admirable église de Jérusalem. Jésus le marque dans ces mots de la parabole : Le Père de famille iftdigné dit à son serviteur : va, parcours les places publiques et les rues de la ville et amène ici les pauvres et les infirmes et les aveugles et les boiteux*. Mais, si Jésus était venu tout d'abord pour les Juifs il n'en restait pas moins le Rédempteur universel ; tous les peuples de la terre étaient, apn^s le refos d'israt^l, les invités de Dieu et devaient entrer dans la salle du festin, dans l'Église. Seigtieur, lui dit le serviteur, il a été fait comme vous avez ordonnr et il y a de la place encore. Et le Maure dit : va dans les chemins et le long des haies, force-les d'entrer pour

« Luc, XIV, 18. «l.

U lARABOLK DU FKSTIN 383

rmplir ma maison. Je vous le déclare, ajouta Jésusn de ceux qui avaient été invités nv - ,<stin '.

•Il était transparente, les Pharisiens s'y reconii.ii' i.i • . .1 -us leslaiasaà leur dépit.

^i 1.1 l'di aboie du festin regarde avant tout les Juifs et prophétise leur réprobation, son application est saisissante encore à la foule des < Eux comme les Juifi^ sont invités aux gràc- u\ gloires de la Rédemption. Comme il pressait les Juifs durant sa vie mortelle, il nous pret^'^ nant par les mille voix de son Eglise, h . n

aux ditines invitations ? Tout au contraire, le monde n'offre-t-il pas un désolant spectar' Combien préfèrent les vaines sol i reslre à l'honneur du banquet divin ? Voici les ambitieux. L't// '" P ai acheté uni' villa ''< ' taire que j ■ voir ; Je vous prie n

On n'est pas impie, on ne saurait insulter Dieu qui invite, on s'excuse, mais on a tant d'affaires at bantes I On a fait des achats si importants I On est . dans un tel tourbillon de fêtes I Soins de la fortun».*, gestion de ses propriétés, apprêts de ses luxueuses r - - tiont, tout détourne de Dieo tout rend impossible

• nue. Voici les âmes abaissées et chamelles, tout

s dans la vie des sens, comment goâteraicul-elles

•Ms de Dieu f Un autre dit : « je vitns d'achetrr

unq j bwufs^jer: <ayer ; jf VOUS m

/rric.e^... ..- //loi*». Quanti wo se détuurne de mi

fln, deseend des hauteurs d'une vocation céleslv pour se

* \jxe.,\{y,nu-u

• 1.UC.. XIV. 18. MaUn XXII. s.

« Luc, XI?, 19.

384 TOUT OUITTBn POUR JÉSUS

coaQner daos les atlrails des sens, pour se repallre des saliélés matérielles, il devient, comn ' ' ' niéà

tout horizon supérieur. « Quand > pal-

miste, était comblé d'honneurs, il ne le sut pas comprendre ; il se mit au niveau des bétes sans raison et devint leur émule b. Voici eniin les voluptueux, ceux dont les plaisirs de la chair ont déprimé l'Ame, lareliennenl captive et l'empêchent de répondre à l'invitation de Dieu. Je viens de me marier^ dit un troisième, il m'est donc impossible dy aller*. Singulière logique 1 Comme si le mariage institué par Dieu emp^chait d'aller à Dieu ? Mais si le mnriage n'est pas un obstacle, l'abus du mariage, l'inlidélité dans le mariage, l'exclusive salisfaction des passions en sont un.

Et tous refusent ! et tous se privent follement du bonheur élernel, tous seront exclus des fêtes du ciel ! Sujet poignant de réllcxions profondes et surtout de gé!**'rcuses volontés de repentir et de retour.

II. — Quand Jésus quitta la demeure du Pharisien, il fut suivi et entouré par cette multitude de pauvres et d infirmes qui venaient avec ravissement d'entendre ses discours et sa Parabole >. Eux donc étaient aussi les invités de Dieu, eux que le monde avait habitués à Uni de refus et d'humiliations? Ils n'avaient donc qu'à se présenter au festin du ciel, les porles leur étaient toutouverlea? Jésus les détrompa sur cette trop facile acquisition du * ' ■ " T ', eux comm»' ' s, Iedoi\

acheter. Le . -l qu'à ( •

qui auront lidèlement suivi Jésus-Chrisl et se seront atta-

' Luc, JUV, «0.

» Luc.,XJV,2S.

TOUT OUITTER POUR iéSUS 385

cbés aie serrtr. Or c'est là qu'est loate la difllcullé. S'atlâcher à Dieu c'est le préférer à loule créature, c'est repousser tout ce qui nou3 détourne de lui, c'est traiter en ennemis les êtres les plus chers qui nous feraient le trahir. Le ciel D*est qu'à ce prix. Si quelqu'un venantà moi ne hait pas son père et sa mèrey sa femme et -/•< enfants, ses frères et ses sœurs^ il ne peut être mon Disciple >. Il y aura même des cas où nous aurons à lui donner notre vie, à plutôt mourir qu'apostasicr. Si quelqu'un ne hait pas même sa propre vie, il ne peut pa^ ' , me suivre où je vais, et parve-

nir a. -. ... ....de félicité des deux ".

Le Sauveur pour mieux faire pénétrer ces vérités si

craves les revAtil d'images, sous lesquelles il nous apprit

\ reconnaître et à redouter le pire ennemi de uotre

alut qui est la présomption. La présomption est le

p< rli.- .lu grand nombre. Combien aisément on s'imagine

i]ii»> ia < iQqiièle du ciel se fait d'elle-même, sans guère

lo travail personnel I que vivre sans Dieu, sans piété,

-ails \.Ttu-^ .-Mil"..: -■ . ,' -■ 'n.iUe et sans sacrifice,

|x ui [jMii- m. Il, 1 ,1 iireuse. Détrompons-

nottf . On n'élève pat an édifice sans les matériaux et les

rMsoarcM oéoetiairct.

lifRcila ai. meurtrière

H'iiibreoM et aguerrie.

M^ exigée des i"! '

Minleté per .

le Sauveur i:

I Luc. XIS.».

' Lae..XIV.Ift.llatt.. X. «.

T. n. Il<

On

luit pas une guerre

san

"in<'(» «tuftlsammenl

On ne

la saveur

' ^el

MVi TOUT gtITTER POUH JÉSUS

nécessaire y et s* il a de quoi mener à bonne fin l'entreprise ? Sans cela il faut craindre qtC après les foi' da/ion.s mist s en terre, il soit*obli(/é d'arrêter la construction et alors tous ceux qui vcyarderont se mettront à le railler et à dire : Voilà un homme qui a commencé sans pouvoir achever '. Combien qui après un lit'urt'ux d<^but dans la vie cbrélienne ont reculé, et, abandonnant foi et vertu, n'ont plus exposé à la risée du ciel et de la terre qu'une ruine sans forme et sans nom ? Combien qui, fervents d'abord, apostats ensuite, subiront au Jugement cette effroyable t moquerie • que l)icu et la Cour céleste réservent aux insensés qui, ayant connu le don de Dieu, sont retournés aux immondices du pécbé ; qui d'amis de Dieu sont devenus des adversaires^ de serviteurs fidèles se sont faits des traîtres et des persécuteurs ?

Quel est le roi qui voulant déclarer la guerre à un autre roi ne se demande auparavant daivi le loisc de la réflexion, s'il peut, avec dix mille homnn tenir tête à un ennemi quiluienoppose vingt mille- ? Comment, chétifs mortels, nous mesurer avec le monde cl l'enfer, si nous ne demandons pas à Dieu des forces suffisantes? Comment nous combattre nous-mêmes, si nous ne prenons pas les précautions voulues,. si nous ne nous armons pas de tous les secours que la prière et les Sacrements s'offrent à nous fournir? Mais il est une autre guerre plus désespérée encore. Il est un autre Ko! plus puissant et plus redoutable. Oserons-nous affront* I>i(u ? Nul 'US à Lai dans la détresse où

nuu» mft iis-nous sa Justice ? Allcn-

> Luc. XJV, IK.

* Luc, XIV. 3l-3»^.lf«tt, X.37.

TOUT vriTTKR POUR JBSI 8 :i87

Irons-nous »a sentence? Ce serait folie. Mais que faire ? !•• uiandons-luila paixarant que ne s*engage la guerre ; ' oasamnt Llienre où la mort nous tral-

h iinàl. S'a n'rst pas en forcfn, ce roiy/an'

di.i que i adversaire est loin encore^ lui envoie des ambaitsai' ■- ' —-■• rf- -^'rforier la paixK iésui r^\ient à ;lel pour laquelle il a

énonré ses deax paraboles : A insi donc, celui d'entre fnn< fftti nr rftwnceroit pas à ce qu'il possède^ qui iiM II! !! i;'i >::rssous des choses de ce monde, qui ne -• i ;\' lit pas de re qui l'entraîne au péché, ne saul'.-if ,'(it mon disciple*, ni parvenir avec moi dans la «':'.• d<»s Cieux.

\.< ^ I 11 veor achève son enseignement sou^^ une iroi-

«!• uw- wiwige. 11 veut nous montrer que pour Mre à lu^

1 faut rons«*rver dans sa plénitude et sa force, son

[.rit. ^.1 li.MtriMf, ses exemples et la pratique géné-

'•ii^f tic M> vciius. Celui-là ne sera jamais son dis-

ipjp qui. ayant laissé se dissiper toute la saveur de Tes-

••n potir ne retenir qu'une vn.- ''S

-,-. que ce qu'est un sel affadi et iu .,...: . 1. d

n/ Ao/i, mai-t si le sel s'affadit^ arec quoi lui rendra^

^ nir au fn

,■ ' I ^ it'inmenl '

le pécheur, le « fumier •, a son emploi dans Téocnomie

*■ " f-e dont la terre et le ciel

tien sans cbrisUanisme,

•■ haptiiié iwins |>lii!i in^me un souvenir des obligations

;iie le baptême lui impoMÎI.

• Uc, XIV. «.

* Uc. XIV. SL ' Uc, XIV.

nSR NÛI'VKLLES PARABOLES

NOIVELLES PARABOLES

La doctrine si nouvelle de la dignité des petits et des pauvres, leur place prépond«''ranle dans 1.- V me de ivieii <'l les /'frards dont les entourera la fai, vrais

enfants de Dieu, eut sans doute dans le Hérée un grand relenlissemenl, car nous voyons le Sauveur entouré d'une multitude toujours plus avide de l'entendre. Le contre-coup naturel est la haine redoublée des Pharisiens. Ils trouvent la condescendance de Jésus envers les misérables un nouveau grief et ils vont partout répandant l'accusation de promiscuité scandaleuse avec les pécheurs : Lr.s Pharisiens et les Scribes éclaiaienf en tutinnures el disaient : t Cet homme reçoit les pi cheurs en sa compagnie et fait table commune avec eux • . t

Heureux murmures qui nous valent les plus tendres effusions du Divin Cœur ! Jésus, loin de repousser les attaques, les présente comme son plus beau titre et l'objet direct de sa venue sur la terre. Qu'est-il venu faire au milieu des pécheurs, sinon s.t' " «-urs?

En trois Paraboles nous l'apprenons -nt.

La première est celle de la « Brebis perdae ». Si Vvn de vous, dit-il, a cent brebis et f/uil vienne à en perdre une seule^ ne laissera-t-il pas dans le drsvri les quatre-vingt-dix neuf autres, pour aller à hi T' ' ' ' de celle qui ' ' '' "' f/»il

1(1 r»:' Tel est i>i ' noire llt';-

« Luc, XV.I-f.

« Joan..XV. 4.

MOIVELLBS PARABOLES .'^9

«K'mptiou. Les cent brebis, c'est l'ensemble de toutes s»s rr^'alions, les invisibles comme les visibles, le ciel

.,„,„.. . lerre. Une de ces citations se perd par lapr<^-

du Paradis terrestre. Dieu semble abandonner

iirv9 pour se donner à celle-là, car tout Lui est

.■ ;iu « désert », là où n'est plus l'homme, sa créature

len-aim^e. Il va donc à sa recherche. Le Verbe de Dieu laisse sa gloire pour descendre sur la terre, et dans une carrière de labeurs et de souffrances, il poursuit ses recherches jusqu'à ce que parvenu au Calvaire, brisé et ext^'nué, il retrouve cette malheureuse nature humaine qui s'était perdue loin de Loi. Que fait-il alors? 0 prodige de miséricorde ! il la prend sur ses épaules et il la ne dans les Cieux. Db» qu'il Fa retrouvée, il la ur ses épaules, et il rentre avec elle dans (a maison^ tout joyeux ^ La « maison » c'est le ciel, et quand l'hamanité fut rachetée, sanctifiée, r ' \

Dieu et sa destinée étemelle, ce fut dans >ti

entière un immense cri de joie. Les anges firent éclater d '-^ norts d'allégresse et s'associèrent à la ' * !i- \ ^pieur JU-ntréàla maison il appel/' ,is

i ses voisins : t réjouissez-vous avecmoi^ leur dit-il, parce que Je viens de retrouver la brebis que f avais perdue ». Et Jésus-Christ ajoute : Je vous l'assure, il 1/ 'ii/i'i plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui l 'tii f,- Hileuce que pour quatre-vingt-ff' ■'"■'•' ••"' • i>ui n''.iit pa% besoin de pénitence *. C» r(.'.»«s . . -MTonl <!»• n»)iiH étonner, si nous prvi aux \iriij«4 sur<imii«TUe«, aux extraordinaires !.. ........ ~.

(1> Inaiiroup <]<• t <in\ertis. Quelle admirable amante ne

• Luc. XV. M.

390 NOrVELLES PARABOLES

fut pas Marie-Madeleine ? Quel merveilleux ouvrier ne fut pas dans l'Eglise Augustin revenu à Dieu ? Quelles oeuvres, quelle carrière de saintet^^ a Tourni la multitude des pénitents 7 D'ailleurs une conversion, telle que le SaQTenr vient de nous la décrire, n'est-ellc pas le triomphe de la puissance et de la bonté de Dieu, la plus éclatante victoire de son amour ? Cessons dès lors de nous étonner de la grande joie des cieux .

La seconde Parabole, celle de la «drachme retrouvée » , nous fait apparaître la même miséricorde do Dieu, en nous montrant mieux encore, quelle est l'excellence dt notre être et combien nous sommes précieux à Celui qiii nous a créés. La « drachme* est la pièce de monnai< à l'effigie du roi. Notre gloire propre est d'avoir éi. créés à refligif même de Dieu. Nous portons en nonson image, et dans notre intelligence, notre cosur, nolt • volonté, dans notre âme entière, se rétro vivants reflets de la Divine Perfection. Tels n<- -;

à notre naissance, mais tels nous ne restâmes pas. Dès son berceau, l'humanité créée si belle et si grande, ?<• perd par son péché; et tandis que les neuf chœurs des anges restent glorieux et purs dans le ciel, l'homme sur la terre s'égare dans la nuit épaisse du < ' *^/ unr femme, dit Jèsus-Cfiri'it, pnssrde dix <> > ^, rf

qu'elle vienne à en perdre une seule, n'allume-t-elle pan sa lampe, ne cherchP't-elle pas partout juytjn''i ce quelle la retrouve ♦ ? Dieu se peint sous les traii cette femme, quand la brillante multitude de ses anges, « ses neufs drachmes », ne lui font pas négliger la perte de la dixième, de l'humanité pécheresse. Il l'aime d'un tel amour que lui-même se mettra à sa recherche, Lui-

I Luc, XV, «.

NOUVKURS PARABOLES 39t

lAme la retrouvera el la saurera. Et par qui la sauve-t- .' Par soD Fils. Cette lumière qu'il allume el dont il fai^ uriller la « maison >, la terre, le monde, le cid, c'est Jésua-Cbrist qui dit de Lui : c Je suis la lumière du monde •. C'est à cette lumière que nous sommes retrouvas; c'est la foi en Jésus-Christ, la connaissnnrp do ««"S n'vrlationt, la pratique de ses vertus, Tadoption d«> t cràce, qui nous remettent dans le trésor de Dieu.

■ ' 'rist, sans cette lumière révélée, nous de-

. vables dans l'épaisseur de la nuit, perdus pour liieu, pour le riel, pour l'éternelle destinée ;

inf" *>'^s à nous-mêmes qui ne connaissons plus ni

n 1^. ni n'Mr«» foi, ni notre valeur, ni le trésor

^l . « La Lumière luit dans les

' ' cherche à travers le monde et

, '-rdues dont il veut faire son

élrraei Irriiur. tl quelle recherche! Quels -efforts !

Quelles œuvres! Evrrtil itomum, il bouleverse tout. Le

monde, à sa venue, à la pK'dication de son Évangile,

lire en des commotions violentes; les trônes sont ren-

...'•* <t'.iiiirf>5 pouvoirs s'élèvent; Rome païenne dis-

rèinie sur les mines. Et ces commotions

lie de purifler de ses souillures une

,. ivait dévastée. La femme de la para-

•le M « bouleverse • pas seolement sa rotisoo, elle la

ï r eietUaoMde la Réd< i

idnt, flunitlM, loeiétt-

•over au milieu du désordre et des décombres les

âmes •; il avait égiréet. Il les retrouva: avte

elles il Hglise, la soeiélé des élos ; il prépara les

gloires de son règne. Qê sont les derniers traits de la pare-

!>' ' ' '' ■ ■ ' '' frnme qui a retrouvé sa <'

/ ^ fl se» voisine f rt

392 PARABOLE DE Lr.>rAM iHimik.) K

« f{éjonissez-vous! fai rHrauvé la drachinr que /avais perdue. Ainsi, Je vom le déclare : les anyes de lUni seront dans la joie pour un seul pêcheur converti '.

Les deux paraboles précédentes font l'esquisse générale des miséricordes divines sur l'humanilé pécheresse, une troisième, plus tendre, d'une suavité inlinie, la parabole de VEnfcuit prodif/ue^ nous peint dans le détail la merveille d'une conversion. !■ 'rosi re-

présenté sous la figure dun adolescent. a tendre

père, comblé dansja maison paternelle de toutes les jouissances et de tous les honneurs, mais déjà gagné par des aspirations d'indépendance cl les infernales voluptés du non serviam. Un homme avait deux fils: I^ plus Jeune dit à ^ ' r ; t Père, d" / la

portion de bien gui ' revenir ». L > fit

la part de cliacun cTeux *. Tel est le début d'une vie d'incrédulité et de vices. L'homme se fatigue des biens surnaturels dont il jouit près de Dieu, et rêve une vie libre et sans contrainte. Il veut ses biens personnels; son intelligence pour se soustraire au joug des K'vélations divines, son cœur pour le livrer aux amours impurs, su volonté pour lui créer un domaine souverain, sa vie entière pour y secouer le joug de la vertu. Et son Père lui cède? Oui, sans doute, car Dieu respecte avant tout notre libre arbitre, sans lequel aucune épreuve n'est possible cl aucun mérite n'est réalisable.

Peu de jours après, ce Jeune fils ayant réuni tout ce qu'il possédait partit pour une région lointaine '.

» Luc, XV.ft-lO.

« Luc, XV, n-IJ.

» Luc. XV. 13.

PARABOLE Dl L'E;VFA!<rT PRODIGUE 303

Ah ! oai, elle est lointaine la région où nous vivons sans Dieu, sans notre àme, sans nos destinées étemelles, sans aucune communication avec le Père que nous avons quitté! Qu'ils sont loin, ces hommes qui vivent sans une pensée pour le ciel, sans une prière, sans un Sacrement, sans une pratique religieuse ! Les voilà dans une région étrangère, où Dieu n'est pas et où sont tous les ennemis de Dieu, où La religion n'est plus même un

<" -"-, quand elle ne devient pas un objet d'insulte

..ae.

Mais, qu'advient-il fatalement à l'homme qui prive son âme des jouissances surnaturelles ? Quand tout ce qui a nom : Dieu, âme, ciel, éternité, a disparu de sa pensée et de ton c<Bur, il lui reste les aspirations véhémentes de sa nature faite pour jouir et qui veut jouir à tout prix. Comme les nobles pâtures de l'âme lui sont enlevées, il n'a plus que les grossières satiétés de la matière. Il recommence le cycle fatal de TEden, alors que le tentateur, après avoir séparé l'homme de Dieu, le !'une volupté sensible, d'un fruit dé- . < Mange ceci est bon > ! Le malheureux •• fhiit empoisonné. Il se repaît des voluptés ' ?uê dans la vie •!' «léi . ' iiour une région l< c, U y dissipa toute sa fortune dans une vie de dé' hniichei '.

Kt après f Après visnt la plus donloureasa des flUitti. L'âme humaine étant créée immense et comme infinie dans ses aspirations et ses besoins de jouir, on l'aAune ({uand ou no lui donne que Iss plaisirs bornés et décevants de la terre. Honneurs et voluptés peuvent tromp«>r

• Lue.. XV. la.

394 PARABOLR DE L^EHFANT PRODIGUE

un ÎDsUnl la faim d'une nature créée pour la poHsession d'au bien inflni/ ils ne la rassasieront jamais. L'ambi lieux comme le volupteux, après des satiétés mcnson» gères, est torturée par une faim inassouvie. C'est le supplice do prodigue. Aprh çu'il eut tout dèpemé^ unr ftiminf terrible sévit dan^ la région '. Pli, '"' affamte de jouissances se jette sur les pAlures «i plus son supplice grandit et avec lui la fureur de jouir. Que faire? Se vendre, se livrer sans frein, sans retenue, sans mesure, au démon de la vulupté, à la tyrannie des sens : // alla se mettre au service d'un Maître du pays qui Fenvoya à sa ferme garder les pourceaux '.

Touchons-nous le fond de l'abîme où le malheureux est descendu? Non^ pas encore. Il lui reste de ne pas même obtenir la dégoûtante nourriture à laquelle il s'est r('*duit. // souhaitait, pour assouvir sa faim, qu'un lui doniuït les rebuts que dévoraient les pourceaux, et personne ne lui en donnait^. Quel trait! Voili rhomme, quand il a répudié les nobles joi de

la vertu, et qu'il s'est jeté sur la matière pou: .. ...n; sa honteuse nourriture. La matière ne se pr^te pas aux aspirations de l'être déchu. Il la violente, mais elle prend contre lui de terribles représailles, et, au lieu de Tapaisèment qu'il lui demande, elle amène en lui des malaises profonds et des déceptions douloureuses. Le? cr^^atures ne lui donneront jamais ce que sa nature faite pour le divin et Tinfini réclame avec de poignantes clameurs.

Nous voici, dans ce drame palpitant, arrivés à cette

» Luc. XV, 14.

• Lur., XV. 15.

" Luc, XV, 16.

i'aRabolk de l'eufant ikodigik :i'.)5

phase qu«' >aiiil AiiLiisiiii décrit en deux mois : " i-es- Uufut alui> ufuv cli.<M>: une grande misère cl une grande miséricorde •. La grande misère c'est ce malheureui qui meurt de faim sur une terre 1 ' ' / au milieu des pourceaux dont il a la garde ; la > rde

c'est IHea commençant à travailler son âme et à y jeter

V " 'n vrai repentir.

•é les salutaires désillusions et celles-ci conduisent le Prodifnie aux désirs du retour. Hentraut alors en soi-m^me,ii dit: « Combien de. mercenaire*^ dans la maison de mon père, ont le patn en abon* ioiice .'Et moi, ici, je meurs de faim • .' Heureuse l'ad.

jj,^ '•■■■ '■••' - - r - - ••ncs ceux que les joies

!•! .> I)ieu eldeleurftme I

Tout le lemp9 qu il d« ( i bien en orgies, le Prodi-

tjembln avoir pcrJ.! i<- -ou venir de son père et de

existence d'aulrefuis. Aujourd'hui qu'il souffre il

objets bénis et il aspire à les recouvrer.

>n s'accentue : ce ne sont plus bientôt de

ragues aspirations vers son père, c'est uuo volonté qui

le Iretnpe peu à peu, et d'où flnit par sortir une résolu»

ion généreuse : Je me lèverai et /irai à mon père' !

Tant qn'oD ne se « lève * pas, tant qu'on ne secoue pu

. violemment la torpeur qui «oehalDe la Tolooté, les détin

•ont vains, les aspirations InefBeteM, on vil dans ses

projets de retour et oo j nearl. Et se lever n'est même

-une coDferaloD : ily a à parcourir

»fpare nne région lointaine de la

maison paternelle, les habitudes du pécbé de celles de

la verts. Sant Teffort coiirtgeos de celle marohe qui^

Lbc, XV. 17.

Luc, XV, ta.

396 PARABOLE DK LKNFANT PRODIOIK

nu travers de difficullés el d'entraves, mène h m nnovalion de la vie, les premières lenluUves de conversion échoueronl misérablement.

Mais 6*11 faut le courage, il faut à un titre égal l'humilité. L'orgueil est à la racine de tout péch^, l'humilité à la l>ase de tout repentir. Comme le Prodigue l'a bien compris! Quelle humilité dans sa confession ! J'irai à mon pi'rt' et Je lui dirai : « mon père^ j'ai pt'ché contre le ciel et contre vous ; je ne suis plus dif/n détre appelé votre fils. Traitez-moi comme Cff ' vos mercenaires ' ». 11 confesse les deux effets du y qui« dans les Anges apostats, a bouleversé le « et en nous le contriste, mais qui surtout offense Di .. . blesse son regard. Ainsi péchons-nous c contre le ciel et devant Dieu ».

A,V le Prodigue se leva et retourna à son père '. Si une bouche divine, si la Vérité même, ne nous avait pas mis en scène la Bonté de Di> ' ' du pécheur, jamais nous n'eussions {h excès. Dieu est plus pressé de pardonner que nous d'implorer grâce; Dieu nous apparaît dans la Parabole, épiant avec une douleur inquiète le retour de son enfant, allant au-devant de lui, plus prêt à lui ouvrir ses bras que l'enfant à s'y jeter. Comme il éta'r loin^ le père le rit, et, ému de compassion, utomba à son cou et le couvrit de baisers •. il « tomlx' à son cou » 1 11 n'en peut plus de joie et d'amour, il lui faut son (Ils comme son soutien, il tombe, il s'appuit; sur ce pauvre en baillons, amaigri, défiguré par la misère ; c*est son flls I il ne voit plus en* lui que le fils tant

' Luc, XV, 18.19-10.

» Luc, XV. 20.

» Luc. XV, «-«-n.

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heureusement relrouvé. Il est si pressé de ire avec son amour, qu'il prend à peine le temps d'écouler sa confession douloureuse : Mon p^e, fat péché !... Vite, crie-t-il à ses serviteurs, « apportez sa robe première, le vêlement d'un fils de famille, tel qu'il le portait autrefois, et fen revêtez, mettez lui au doigt un aruteau, aux pieds des chaussures*. Rentré en grâce, le pécheur recouvre ses mérites d'avant sa chute ; l'anneau au doigt marque la nouvelle alliance qu'il contracte avec son Dieu, et si ses pieds, meurtris par la marche quand ils étaient nus, sont munis de solides chaussures, c'est qu'il s'engage à parcourir vaillammeDl toutes les étapes de la vertu. Amenez te veau gras, tuez- le, mangeons et réjouissons-nous, car mon fils que voilà était mort et il revit, il était perdu et il est retrouvé ! Et ils commencèrent à se réjouir^. Les' miséricordes précédentes nous stupéit par leur excès : que dire de cette dernière T A le pécbeurcontrit et confessé est-il rentré en gràce« une table se dresse, un festin se prépare, et le mets qui y sera servi n'est autre que la chair vivante, immortelle, adorable, d'un Homme-Dieu !

Les Pharisiens goûtaient peu sans doute la peinture d'ane lella miséricorde, eux si durs aux puhli aux péehears. Ils comprirent cependant qne leu pôle de sainteté était menacé et qne le Christ appelait à son partage ceux que les chefs d'Israël en repoussaient obstinément, il est rraisemblable qu'ils élevèrent no de ces murmures désapprobateura dont Us étaient coutumiers. ear Jésus se tournant vere eux et élargissant le rndre de sa Parabole leur en dédia la dernière parUe.

Uc. XV. tt * Luc . XY.SS-M.

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