‹ Nos saint évangilesChapitre 88 sur 124 · DERNIERS ENSEIGNEMENTS DANS LA PÉKÉ · texte numérisé non relu

DERNIERS ENSEIGNEMENTS DANS LA PÉKÉ

I. — Des l'ii 111-, t'iis interrogèrent J«'*su8 sur le liment où le Higiif (!»• Dieu arriverait '. Deux senlinn iules poussent à faire cette demande. Us voudraient avoir sur la question qui ne cesse de pn' >

Juive quelque révi^lation. Les Juifs sotii i

domination universelle leur est promise et leur est due. Un immense empire Juif s'élèvera qui embr ' i

terre et rourbera tous les peuples sous le joi Messie opérera ce grand œuvre, et, comme le temps du Messie ne saurait tarder, la fondation de cet empire doit être proche : c'est une date plus précise de cette gloire et de cette jouissance quUls demandent au Sauveur. Inlerrogent-ils sérieusement ou ne mélent-ils pas quelque ironie dans leur demande ? On a toujours le droit, avec des Pharisiens, d'émettrece doute. Jésus est humble et pauvre, nul appareil royal ne Tentoure, nulle force ne le sert, sa suite est composée de quelques Galiléens, son armée c'est la multitude flottante et incertaine qui tanUM l'acclame et tanliH le délaisse : est-ce là le Koidu monde, le conquérant des peuples, le fondateur de l'universel empire !

» Luc, XVII, ».

DRRXIERS r«SElGXEIIE!«T8 DA?fS LA T^BÈE -4t5

Jésus, m&lgK- leurs dispositions mauvaises ne dé dairiM pas de les instruire. Le Règne de Dieu doit être manière : l'u; ''e,

^ . : .jmphale; la pi ^ -nd

de la TÎe présente de l'Eglise, la seconde qui se réalisera lors du Second AvJ-nemenl.Le « Règne de Dieu » c'est la pi^issessiun de Dieu, et nous possédons Dieu, dès maintenant, dans l'invisible opération de la grâce. Le Jy ■ ^ répondit Jéfus, n'arrive pas de façon ^,- jiirds; il n'y a pas à dire: « i7 est

ici » ou • U est ià •, car le règne de Dieu est audevant de vous >. La grâce qui nous fait vivre de la royale vie de Dieu ne saurait se voir ; nul ne peut dire : « elle est ici • on « là » ; être ou n'être pas en étal de grâce Ml le secret de chacun.

Tel est le « Règne de Dieu > actuel. Mais, la grâce doit un jour devenir la gloire et s'épanouir soudain avec un v--'----n éclat, quand apparaîtra le Fils de l'Homme I .-er l'Univers, punir les méchants et faire

r les bons. En ce jour du « Règne » glorieux de J. :^u»-«.arisi, il ne sera iMsoin d'aucune recherche, d'auewi regard tourné «ici » ou « là • pour découvrir le divin triomphateur et son empire, tant sa gloire rayonnera du ciel à la terre.

Laissant là les Pharisiens et leur question, Jésus se tourna vers ses dieeiplet pouf compléter sa révélation •or la manière doDl s'aceomplirt son Second AvèneneoL Qollt écartent d'abord toute pensée que ee fMMi retour toit proehcin. Bieo étt tièelef doittot s*éeoQ]«r, bien des douleore ètrt tobiei ptr tes fidèles, parce que Lui-même doit commeoeer par beaucoup

iKi DKRNIERS KftSRIGKEMEirre DANS LA PÉRÉB

souffrir avant d'entrer dans la gloire. Ce n'est pas le règne triomphal qui attend les apôtres, ce sont les jours de ppr8<^culioi)s ol dp martyres qui leii ' r

ceux où ils conversaient doucement - r

leur Maître. Viendra un temps où vom désirerez voir un seul Jour du Fils de l'homme et vous ne le verrez point '. Longtemps vous languirez dans Teiil ; durant de longs siècles l'Église gémira, après vous, dans les m/^mes angoisses et les marnes douleurs.

Mais enfin viendra la délivrance, enfin le Fils de rilomme réapparaîtra. Et son Second Avènement n'aura rien de l'aspect du premier, quand humble et obscur il fallait s'enquérir des routes qu'il suivait et des régions où il faisait son séjour. Comme réclair brille (tune extrémité à l'autre du ciely ainsi apparaîtra le Fils de l'homme en son jour*. Instantanéité et splendeur : tels sont les deux caractères du Second Av." ihment. Le Premier fut préparé longuement, et ccsi après de longs mois dans le sein de Marie, que le Sauveur du monde parut à l'existence. Tout, au contraire, son retour sera instantané, rapide comme l'éclair, splendide comme lui, et comme lui embrassant dr son éclat le monde de l'une à l'autre de ses extrémités.

Telle est la prophétie du dernier jour, que le Sauveur appelle « son jour ». Les autres jours sont au i à l'iniquité, au sein desquels vivra pour lutter <l'Eglise militante. Son Chef lui aura ouvert le chemin, car avant de revêtir sa pi ' a puissance, il passera

par la souffrance et l ii . lun. 11 sera expialeur

« Luc. XVII, 2i.

«iLuc, XVII, Î3-U.

MAiwAiir.. ulviiMf.B. Vli\tii>iir. 417

avant d'être c Koi de gloire >, noa« montranl ainsi que > nul ne sera couronné s'il n'a tout d'abord vaillam- ,!;, ri- <•: \[ii». Le Fils de Chomme doit auparC' latiî ùcuuL.'up souffrir et être rejeté par cette génération '. Quelle est • cette génération »? Tout d'abord l'< Juifs qui repoussèrent et r :ii Jésus-Christ.

t'uis, la génération humaine t Lière qui, durant

le court des siècles, persécutera le Christ dans son Corps mystique qui est l'Eglise.

II. — Vaincus et humiliés tant de fois par les réponses Tictorieuses du Sauveur, les Pharisiens revinrent à la charge. Telle est la haine : elle méconnaît toute prudence et affh)nte tout danger pour se satisfaire. Cette r<>i>- c'est avec un piège habUemenl dressé qu'ils aboril'iii Jésus, espérant comme ils l'espéraient toujours trourer dans ses paroles de quoi le rendre méprisable et odieuiàla foule, et justiciable de»; - ' '^^ , hé-

drin. Maître, lui disent-ils, r.</-i7 /y me

de renvoyer sa femme pour quelque motif que ce snit *. 11 s'agissait du Divorce, tellement entré dans les mœurs Jnires, si cher à leurs dissolutions, que s'élever contre c'était encourir une universelle animadversion . Jésus s'était déjà prononcé contre le divorce, les Phari' siens ne l'ignoraient pas, mais Us feignent l'oubli pour pouvoir en poser de nouveau la question et do nouveau trouver à incriminer le Sauveur. Le piège est habile. Car. ou Jésuii condamnera le Divorce al le voilà en opposition n n il le i ft le

voilà en opp f»" »•"' . ..u^ilère et

* Luc. XVII. «i

• MalL, XIX, S. Marc, X.. 1

418 MARIAGB. PIVORCC. VtRSUirrÉ

cbatt4) doctrine émise naguère par lui. S'il le condamne la foule s'irrile contre lui. s'il le permet, c'en est fait de son pn'slijre de sainteté .

« Menlilu est iniquitas sibi ! « Jésns ne s'arrête ni à Moïse, ni aux coutumes de la nation et à la consécration des siècles, il va droit à Dieu, à son œuvre, à sa législation souveraine, à sa volonté sainte. Qu'a-t-il fait du mariage? Comment l'a-l-il conçu ? Quelle loi a-t-il fait présider à l'union de l'homme et de la femme? Pou importe ce qui a pu, depuis l'origine, se produire d'abusifs nenls. C'est à la source qu'il faut chercher

la Lu-r •-. du fleuve, non dans son cours que les sco-

ries oui ixxrchàT^é. N*avez-vous pas lu, reprit Jésus, qu'à Voriginr Celui gui créa la race humaine fit un seul homme et une seule femme et leur dit : c à cause de cela C homme quittera son pire et sa mère pour s* al '/ son épouse et ils seront deux dans une

seui ''?». Voilà le mariage dans sa forma, sa

pureté, sa législation primitive. Dieu de trois manières diiï' re l'indis"- '''■': par la création,

par I union, li nomme d'abord ;

puis de lui il tire celle qui sera sa compagne à jamais, indiquant par cette création même combien il veut que leur union soit indissoluble. 11 marque de plus cette volonté par le sentiment de mutuel amour, qu'il insinue dans leurs deux coBurs, amour si vif, si puissant, si exclusif, qu'il refoule tous les autres amours, quelque saints et ardents qu'ils puissent être : u L'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à son épouse ». Ennn leur union, quand ils la consomment, est telle, qu'ils ne sont plus deux, mais un « dans une seule

> MaU., Xrx, 4.5, 6. Mare., X, 6,7. 8.

chair». Et si - i lier un membre et mutiler son

corps est un a< , ible, briser l'union des époux par

orce est une inipiét»^ contre les vues et la volonté

a uni *.

11 n'v ;i>.iii 11» i Jrsus leur échappait.

î.es Phariauiis t-p : .. ^amoins le reprendre, et,

lô voilant le vrai motif de leur question qui était de I! sauveur en opposition avec Moïse, ils repri-

r' L iiiment alors se fait-il que Moïse ait commandé de donner le libellé de répudiation à la / Leur espoir manifeste

. ^ se pour avoir permis le

livorce. Ici encore Us furent déças et l'accusation qu'ils •%amieot an Saareur leur ** ' '*•. Le coupable

l'eal pas Moïse, les coupa: ahi eut-roèroes

|u*il faut les chercher. Leurcruauté est telle et si vio- ' Mire, qu'une femme gardée par son mari ible exigence de l'indissolubilité était une victime Touée à la mort. Le Juif n'eût pas reculé devant rassasttoat pour se délivrer d'une épouse devenue dieme. Que 81 alors Moïse, sons une inspiration venue l'en haol ? 11 choisit un mal moindre pour en éviter de |It><; grands. Il ne • commanda • pas le divorce, comme • !<«ai«>nt déloyalement les Pharisiens, il le toléra, e| irant de formalités qui devaient, en en gênant >..,',... v«;ion, le rendre plus rare Crut à cause delà (fui été de votre ccMtr que Mnlae e»otr.t a permis de vos frmmen, mai» au commentenunt il

• MâU.. XIX.,7.

•MaU . MX., t). Marc. .\. S.

iJi) MARIAGE. DIVOKCK. VIHGIMTÉ

!.•>- l'ti.irisiens tentateurs sont confondus, mais le rtMe du Sauveur ne saurait se borner à cette yictoire. Il est Dieu, il est Législateur suprême, c'est au monde entier et à toute la suite des siècles qu'il s'adresse, révoquant la tolérance des âges antérieurs et rétablissant do son autorité absolue le mariage dans ^ "* tion originelle. Telle que Lui, Fils de Dieu, Di< k son Père, a institué primitivement l'union de Tbomme et de la femme, telle il la rétablit, dans la même indissolubilité, dans la même sainteté. Et moi Je vous déclare que quiconque renvoie son épouse^ sinon pour cause d'adultère, et en époufir une autre est lui-m^me adu Itère j et quiconque épouse la femme renvoyée commet un adultère •.

De ces paroles divines il ressort : p — = •' ment que l'époux, sous l'empire de certaines i ves, peut

se séparer de son épouse. Mais, deuxièmement, que le lien subsiste, le mariage étant indissoluble. Si donc, du vivant de l'épouse séparée de lui il épouse une autre femme, il est adultère. Autre cas d'adultère s'il épouse une divorcée.

Le Pouvoir, dans les nations Catholiques, pourra par un abus de force, inscrire le divorce dans les Lois, il n'en

créera jamJil« l*» l<'i'iliniîl('. On ne IrinV-rc p;is rutUre

Dieu.

Est-ce .i tiirt' (jue rin«liï..-«oluljililé dan> le

deviendra pas parfois pour les époux une 11 >

souffrances? Il n'est que trop bien expérimenté qn pour des raisons di ver-' - pour la plupart dans la

diminution de l'esprit t «l là prédomiuence des

passions, l'union se fait une chaîne douloureuse que

• Hall.. XIX. 0. Mar. .. X, 11. Ji. Luc. XVI. 18.

MARUGB. iiMoiu.r. \1RGMITt 42i

le;; époux ne traînent qu'en gémissant. C'est ce point qui semble avoir surtout frappé les Apôtres, comme il continue à serrir de thème aux irs du divorce. Mais dupuis quand l'abus est-il u:. .j....jii pour détruire la règle ? Le mal une raison pour anéantir le bien ? Les préjugés une arme victorieuse contre les plus sages et les plus bienfaisantes institutions ? Imbus encore des préjugés contre l'indissolubilité du mariage, les Ap<Mres s'effraient d'une obligation trop lourde et lu • nt iucunsidén*ment la Virginité volontaire. 6/ /,

liteiU'ibt la condition de l'homme vis-à-vis de sa frmnte, il r<t bon alors de ne pas se marier ' ? En parlntit uin>t ils ne connaissaient ni le prix ni l'héroïsme de la Continence volontaire. Dieu même ne l'impose pas. Durant les longs siècles qui précédèrent la venue du Fils de Dieu sur la terre elle fut à peine soupçonnée, et reeta même chez les Juifs une honte et un malheur. Quand fut versé le Sang t qui germe la Virginité • Dieu n'en fit don qu'à une élite, et telle est la j m ndeur et l'héroïsme de celte vertu que le Sauveur ---^'i jamais que timidement et à mots couverts. le, cette continence est possible, puisque pluiir des caoiet diverses, doivent la supporter. . w.i. .<^. uns c'est U oatore, pour d'autres la barbarie d'un tyran qui les serre des jouissances de la chair, et €es victimes vivent ainsi dans un état de douloureuse v^ntMnité. S'il en est ainsi t»oar eux, comment U grâc« •', les joies surnaturelles, U sainte liberté, l'exemp» Uuu des charges terrestres, l'étemelle perspective dn

i«'l, n*armertient-elles pis les Vierges de Dieu contre les Hullicitations de la volupté et ne leur feraient-elles

ll^u.. MX, 10.

422 JÉSUS ET LKS rcTirs knfants

pas préférer lo célibat au mariage ? Maîk U faut la forc« divine pour résister au flot des p.i ' lacoutinenc*

«est un donde Dieu >. Peu y soiii ..,>,.. .a, peu en cumprennent la sublimité : Tous n entendent pas crt/r parole^ mais seulement ceux à gui il a étd donné. Sans doute on peut vivre dans l'état de continence puisqu'il en est pour qui le mariage est impossible^ soit par le fait de la naissance, soit par le fait de Vhommr et que d'autres la pratiquent en rue du Hoyaume de Dieu * ; mais si elle est possible, elle n'en est pas moins un h<^ro1eme et le partage du petit nombre : Qu'ils la cowprriinent ceux qui la peuvent comprendre '.

m. — Délicieuse sc^ne que celle où l'Ëvangile nous montre Jésus entouré ou platât assailli d'une troupe de tout petits enfants ! Leurs mères les lai apportent ^\' toutes parts, obéissant à la coutume orientale qui faii bénir les enfants par les Habbis et les Docteurs de la Loi, mais suivant bien plus encore l'attrait de leur cœur et leurs aspirations maternelles. Le grand Prophète d'Isra»! se montre si ai cueillant et si affable qu'elles ne redou. lent pas de l'importuner; sa sainteté est si éclatante que la prière faite par lui est un sAr gage d'avenir; et sa main quand elle se pose sur un front, sufQt à guérir toute infirmité et à chasser le mauvais esprit. On amenait à Jésus les petits enfants, afin qu'il les / ' ' leur imposât les mains et priât sur eux *. i tout

cela avec une inexprimable tendresse, il les prcnail dans ses bras divins et les embrassait avec une effusion

• Matt. XIX. II. M > Mali.. XIX. M.

• Malt.. XIX, l.T Marc, \, 13. Lac. XVUl.lS.

JÉSIS rr LES PBTITS ENFA'tTS 423

<i<itii<Mii. Il lit* suivait pas seuiemenl en cela la pente de son coeur, il consultait sa divine sagesse ; il fixait pour jamais le râle de son Eglise au milieu des humbles et des pelils. La Société antique les méprisait et les écrasait, le Christianisme allait les relever magnifiquement. L'enfance devenait une chose inviolable et sacrée, sa culture la plus grande des préoccupations chrétiennes, son scandale et sa perdition le crime le moins facilement pardonné. Si les apôtres et après eux les prêtres devaient revêtir de hautes dignités, occuper des rangs sublimes et te couvrir d'honneurs, il leur fallait d'autant moins oublier les leçons de l'humilité, rechercher le faste et réeUmer une gloire, dont leur Chef divin t'était si complètement dépouillé.

Pour saisissante que fût la ' > > Ap.<iri-.s ne la

comprirent pas. Us voyaient 1 labeur de leur

Maître, augmenté d'une aussi inutile surcharge, sa .immodant mal d'un aussi lui ' -'-.et

■ des mères et des enfants i //«

st mirent à ie* traiter durement et à tes repo Uk pensaient servir leur Maître, ils ne firent qnr «usciter en Lui un vif mécontentement. Jésus s'iudif/na. — « Laissez^onc venir à moi te% petits enfants ; cessez de le* empêcher i. C'était pour les ApAlres le moment de se souvenir de la leçon qu'il leur avait faite plu!«ieur« foin, quand plaçant devant eux un tout petit eiifaut, il le leur ilonnait comme le type inconscient des plus gran<l«*H \ctUx's ^vangéliqnes. Cette leçon il la leur redonne ici. hii^srz-dnnc venir à mot les petits enfants. Car te Hoyaumr des deux appartient à qui leur ressemble. Kn vérité ^ je vous le déclare^ quiconque

> MalL, XIX. 14. IS. Marc X, 14. IS, 16. Uc. XVIll. 16.

424 j^:<5i;s rr if jbunk noiiiiE ri» n

ne recevra pas le llnyaume de Dieu comt/tt ,,,, /,r ,,i enfant ny entrera pas *. Nous devons donner h Dieu par vertu et par grftcece que l'enfanldonneparinstiiK t. L'&me de l'enfant est vide encore de nos mauvaises passions ; la sombre rancune, le souvenir d'une injure sont inconnus de lui, et il retourne joyeux et plein d Uon à ceux qui viennent de le faire pleurer. Qu. mère le corrige durement, il ne Ten aime pas moins • ne la préfère pas moins à toute autre femme. Montrezlui une reine sous le diadème élincelunl de pierreries, il ne lui préférera pas moins sa mère, de quelques haillons sordides qu'elle soit vMue. Ce n'est pas Torgueil et l'ambition qui sont les arbitres de ses jugements, mais les sentiments et la pente du cœur. Quant à iavolupti il ne connaît que celle dont sa vie a besoin, il 1

du lait maternel que ce que sa faim réclame ; i il

repousse lé surplus. Les soucis qui nous rongent sont inconnus du petit enfant. La ruine ne le saurait toucher, car l'or et l'argent le laissent dans une heureuse indifférence, et il ne se complaît pas comme nous dans la recherche et la possession des richesses d'un jour. Lu fascination de la beauté n'a non plus nulle prise sur lui, et il ne connaît pas les tempêtes du cœur. Soyons enfant comme lui, et par l'effort de la vertu répudions les passions qui nous bouleversent et dont le premier Age est exempt. C'est le sens des paroles du Sauveii' quiconque ne recevra pas le Hoyaume de Dieu, comtt> < un petit enfant, n'y pourra point entrer.

IV . — Jésus venait à peine de donner cette saisissantleçon d'humilité et de simplicité qu'il eut occasion d'en

« M*n.. XtX, 14. Marc, X, 15. Liir Wllf 17

JÉSUS rr LE jsuTŒ Boioni Riens 425

donner une autre sur rhéroTsroe du déUcbement el de U pauvreté volontaire. Voici qu'un jeune homme .''- : - ' ■ '- famille, accourut d Lui et fléchissant le ■ ! : Bon Maître, que ferai- je pour obtenir la vie étemelle ' ? C'est une Ggure douce, aimable et pure que nous avons sous les yeux. Dès ses jeunes ann<^es il a suivi les chemins de la vertu, maintenant son ftme s'ouvre à des perspectives plus hautes, la verlu commune ne lui suflU plus et il vient consulter le Doc* teur d*lsraM sur an genre de vie qui le mènerait plus st^rement et plus vite aux récompenses >. Alors

que tous les Pharisiens haïssent et pei.^.v...i Jésus- Chritst, lui fléchit respectueusement le genou devantlul; quand la fouI*» ne son^e qu'au plaisir, lui est épris d'un surnaturel idial. (Ju'il est près du salut, s'il le veut ! D'autant plus près que Jésus vient de lever sur lui an regard d'amour et qall songe à l'associer au apostolique, à en faire son disciple el à lui coni tard le grand œuvre de la conversion du monde. Que et comment verrons-nous de si par un insaccfes misérable ? 11 lui manque d'abord la foi en la divinité du Sauveur. Or

' ' ' ' 'impensable fondement du salut. 11 lui

•- connue des grandes âmes à mépriser

le$i nrhesses périssables ; il n'a pas sur le ■ vrai Bien •

la notion qu'il faut avoir ; le bien véritable n'est pas de

rr momie, il est du ciel et r*e«t Dten.

Tel est l'adolescent ^ va s'efforcer d'instruire

et d'amener k la perfii .^c« premières paroles ont

pour but, sous un voile dlKret, de l'élever à la double notion de sa Divinité et du Bien véritable qu'il doit seul

* Lac. Wlll. 18. Mail.. \IX« 16. Mare., 1, 17.

If...

426 JÉSUS ET Lit JBUNB HOMME RICBB

ambitionner. Pourquoi m'appelez-vous bon ? Pourquoi tninterrogez-voui sur le Bien ? Nul que Dieu n'est bon*. La créature peut avoir an reflel fugitif et inconsistant de la bonté, mais Dieu seul est bon pur essence. Appeler Jésus-Christ « bon » ce sera doix implicitement confesser qu'il est Dieu. Quant au t Bien >' sur lequel porte la seconde question, il n'y a au ciel et sur la terre qu'un seul bien qui est Dieu. Vous voulez la vie éternelle, 6 adolescent? Vous en voulez le chemin? Celte vie, ce bien suprême, n'est autre que Dieu, et le moyen d'y atteindre c'est de confesser la divinité du

Christ, de bien comprendre que lui seul est « )•>> l

lui seul est le f Bien ».

La vérit»'*, comme une semence, était déposi c dans l'Ame du jeune homme. A lui de la faire lever. Jésus continua discrètement et par degré l'instruction qui le devait porter i la cime de la perfection. Vo" " z

entrer dans la vie éternelle ? Observez les t- /-

déments*. C'est l'indispensable début de toute perfection, et les commandements doivent être obéis avant qii* le soient les Conseils. Mais quels sont, dit le Jeuh< hommCy les commandements ? Jésus, sans parler du premier qu'observait manifestement son interlocuteur, lui en cite quelques autres. Vous les connaissez : tu m jureras point; tune commettras point d'adultère: tu ne déroberas point; tu ne rendras point de faux témoignages ; /lonnre ton père et ta mère ; aime ton prochain comme toi-même. L'adolescent pouvait se rendre témoignage qu'il avait fidèlement gardé cetle Loi tout entière : Tout ceci. Maître^ je Cai observe

« I.ur , xviii, l'j. MaU., XIX, 17. Jlarc., X, 18. > Matt., XIX. 17.

Ji^St s ET LR Jll'NB BOMMK RICHK 137

depuis 1111 tu enfance. Que me manquc-t-il entore • ?

Ame admirable, si elle n'eût élé, à son ïdsu, enchainée dans Tamour des biens terrestres. Mais c'est c ce reste », ce dernier ht^roTsme qui lui fit défaut et le perdit. A ces mots : « que me manque-t-il encore » ? Jésus tenta da l'élerer au sommet de la perfection : Une seule chose vous manque encore, lui dit-il. Si vous voulez ^tre parfait, allez, vendez ce que vous avez, et le donnez aux pauvres. Vous aurez alors un trésor dans le ciel. Puis, venez et mettez-vous à ma suite *.

C'était la \>\iis sublime des vocations que le Divin Maître daignait lui offrir. Car tel est l'état de complète perfection. Il se prépare par la fuite du monde, s'accentue par le noi' illemenl des biens terrestres, se couronne et ai i vrai sommet par l'imitation de Jésus-Christ.

Jésus sait I)i«Mi '[<.>•■ rriu- p«rT«'clion est coûtease à la nature, aussi, en nu [n«- ii-rnps i^ti'il exige le sacrifice, il annonce la récompense. Etre « parfait » est une bien nuble et bien douce perspective I c Avoir un trésor dans Us deux ê est une garantie d'avenir bien préeieose I Et que peut ambitionner de plus suave le cœur humain que la suite et l'intimité de Jésus ?

Mais il faut être délivré de la tyrannie du monde et

vide de eet convoitises pour comprendre et goûter cet

douceurt et en méoie tempe affronter ces bérobme». I^

j' )in# homme trembla el recnla. La tristettê envahit

, son visage !t assombrit, il se retira, car il

,.*s riche et possédait de vastes propriétés*.

' Matl.. Xrx. 18-19.10. Marc.. X. 19-SO. Loc. XYIll.SOfl. • Marr . \. tl. Lur.. XVIII. «. MaU., XIX. 21. ' «au.. XIX. n. Marc. X. «. Uif , XVIII. «J.

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