MARS. — SAINTK CATHERINE DE BOLOGNE
de Ferrare et, le jour de la fête de saint Joseph, on l'expose à la vénération des fidèles.
Il y avait vingt-quatre ans que la sainte embaumait de ses vertus le monastère de Ferrare, lorsqu'elle fut nommée abbesse d'un nouveau couvent à Bologne, sa ville natale. Ce fut grande joie parmi ses concitoyens, qui la reçurent avec pompe. Elle vécut à Bologne sept années, qui furent des années de Vjénédiction pour cette ville. Sa présence était un gage d'apaisement. Au seul aspect de la sainte on se sentait porté à cesser les haines et les divisions. Or, c'est dans un continuel commerce avec le ciel que la sainte puisait cette apparence plus angélique qu'humaine ; on la voyait souvent rester de longues heures, prosternée la face contre terre, devant le Saint Sacrement. Dans ses travaux extérieurs elle gardait, autant que possible, le silence, afin de ne pas interrompre le saint commerce de son âme avec Dieu ; elle a souvent affirmé que ses oraisons au pied des autels n'étaient pas aussi fructueuses que celles qu'elle faisait en travaillant par obéissance avec ses compagnes.
Que de fois l'état malheureux et l'aveuglement des pécheurs ne lui arrachèrent-ils pas d'abondantes larmes ! on l'entendait souvent s'écrit r: '< Ouvrez le ciel, ô mon Dieu, à tous ces infortunés : admet tez-les aux joies éternelles de votre royaume, je m'abandonne pour eux à votre justice, ne me réservant que votre grâce et votre amour. Je suis prête à descendre en enfer, à me placer sous le marteau de votre colère comme une enclume qu'il pourra frapper éternellement pour expier les péchés passés, présents et à venir, et sauver ces nomVjreux coupables, »
La sainte abbesse avait combattu le bon combat, le céleste Fiancé la convia enfin au banquet des noces éternelles. Elle expira doucement en prononçant le nom adorable de Jésus.
Dix-huit jours après sa mort elle fut retirée de son tombeau et trouvée exempte de corruption : or, tandis qu'on exposait la défun:e dans le chœur, on la vit saluer trois fois la communauté avec un doux sourire, et un doux parfum se répandit dans l'église et le monastère.
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Modèle accompli de la femme chrétienne, Franc^oise était l'épouse de Laurent Ponziani, jeune seigneur romain, distingué par sa piété autant que ])ar sa naissance.
Pour se rapiJrocher le plus ]:)ossihle de la vie religieuse qu'elle n'avait pu embrasser, l-"rançoise entra dans le Tiers-Ordre de saint Krant^ois, où elle devait trouver tous les secours nécessaires pour s'acquitter de ses obligations d'épouse et de mère. Ses devoirs d'état ne l'empêchaient pas de pratiquer toutes les vertus et les austérités d'une vraie religieuse, et dans Rome elle était bénie des riches et des pauvres.
Par une faveur vraiment extraordinaire, Françoise jouissait habituellement de la vue d'un Archange c]ui, outre son Ange Gardien, avait mission de veiller sur elle. Cet Archange lui apparaissait sous la forme d'un jeune enfant. vSon vêtement était blanc comme la neige et la splendeur de son visage surpassait l'éclat du soleil. S'il arrivait à Françoise de commettre quelque infidélité à la grâce, l'esprit céleste disparaissait à son regard et par son absence la faisait rentrer en elle-même. Il lui arriva même de recevoir de lui des corrections sensibles. L'Eglise, dans l'oraison de la Sainte, reconnaît la réalité de cette présence habituelle et familière de l'ange.
Sainte Françoise avait coutume de dire : « Une femme chrétienne doit être disposée à interrompre ses exercices de dévotion, lorsque les affaires de la maison réclament sa présence.» En effet les pratiques de dévotion, doivent toujours être subordonnées aux devoirs de l'état dans lequel la divine Providence nous a placés. Telle a été la règle de tous les saints.
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Disciple de S- François
Entre les disciples de saint François, illustres par leur amour de la pauvreté, le détachement des choses terrestres et leur abnégation, nous devons distinguer le Bienheureux Roger. Il naquit à Todi, viUe épiscopale de FOmbrie, et reçut les livrées de l'Ordre, en 12 16, des mains du saint Patriarche. Sous un tel maître, Roger fit des progrès admirables dans la perfection. La bienheureuse Philippa, fille du seigneur de Mareri, ayant renoncé au monde pour embrasser la Règle de sainte Claire dans le monastère quelle venait de fonder, saint François préposa Roger, son cher disciple, à la direction spirituelle de ces vierges du Seigneur.
La vie de notre Bienheureux se passa dans l'exercice de ce sacré ministère et dans la pratique de toutes les vertus. Les annalistes de l'Ordre nous donnent peu de détails sur sa vie, qui fut toute cachée en Dieu. Il assista la Bienheureuse Philippa, sa fille spirituelle, à son dernier passage, fit lui-même son oraison funèbre, puis retourna au couvent de Todi, sa patrie. Quelques mois plus tard, le 5 janvier 1237, il allait recevoir au ciel la récompense promise au bon et fidèle serviteur. De nombreux miracles s'opérèrent à son tombeau. r' ^
Grégoire IX, qui avait connu le'serviteur de Dieu, n'hésita pas à le proclamer saint et permit à la ville de lodi, dépositaire de ses précieux restes, de célébrer sa fête. Benoit XIY étendit son culte à l'Ordre de Saint-François.
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Disciple de S François
•î* \,c Hicnlicurcux, natif de 4* la Marche d'Ancône, en Ita- ]| lie, entra jeune encore dans
♦ l'Ordre de Saint l'ïanc^ois, y ^ prit l'habit des mains du "^ Séraphique Patriarche, et
♦ devint bientôt un modèle -1.^% accompli de perfection reli-
gieuse.
Après s'être appliciué avec succès à l'étude des sciences ecclésiastic}ues, il lut chargé par ses Supérieurs du ministère apostoli- (jue, dont il s'acquitta avec un zèle admirable, ramenant à Dieu une multitude de pécheurs. Ce zèle et ces vertus furent récompensés par d'insignes faveurs. Un jour qu'il était en oraison dans l'église du couvent d'Ancône, le Supérieur de la communauté le vit ravi en extase et élevé de terre. Le Bienheureux Pierre avait une dévotion particulière polir l'Archange saint Michel, le vainqueur de Satan, le défenseur des droits imprescriptibles de Dieu. Etant en oraison, le dernier jour du carême qu'il avait observé en l'honneur de l'Archange, à l'exemple de son Séraphicjue Père, cet esprit céleste lui apparut, s'entretint longuement avec lui, l'assura de la rémission de ses péchés, et le laissa rempli des plus douces consolations.
Notre Bienheureux était uni avec le B. Conrad d'Offida par les liens d'une sainte amitié ; ils travaillaient ensemble au ministère évangélique ; ils s'éclairaient l'un l'autre et s'excitaient au divin amour comme deux séraphins. Ils habitèrent longtemps ensemble le couvent de Forano, fondé par le Séraphicjue Père. Après une longue 1 1 laborieuse carrière le B. Pierre de Tréja s'endormit dans le Seigneur en 1304.
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Jusqu'à la mort de son épouse, Pierre s'était sanctifié par l'offrande quotidienne de son travail et de ses peines à Dieu. Animé du ï^ désir dune vie plus parfaite,
$^[=^t=m=^=^=^^:ai^=^^^^=^=^l il voulut établir sa demeure
auprès des Frères Mineurs
de Sienne. Les Religieux, qui appréciaient les vertus du saint
homme, lui donnèrent une cellule auprès de l'infirmerie, où il
vécut comme Tertiaire, tout en continuant son humble industrie
de fabricant de peignes.
De grandes faveurs du ciel l'attendaient en ce lieu, où les esprits angéliques et les saints le visitaient pour l'initier à l'avance aux fêtes de l'éternité. Mais les dons célestes étaient une rosée qui faisait croître davantage l'humilité de Pierre. Un jour qu'on lui demandait la voie à cette vertu : « Il faut, dit-il, se mépriser soi-même et mépriser le monde : il faut regarder les autres comme meilleurs que soi, considérer chacune de ses fautes comme considérable, et chacune de ses bonnes œuvres comme médiocre, estimer grave la moindre offense faite au prochain, et peu de chose les services qu'on peut lui rendre. »
Le Bienheureux Pierre fut le modèle du parfait citoyen. Pleins de vérération poui la vertu du saint, les magistrats voulaient sans cesse l'exempter des impôts, réclamant seulement ses prières. Mais le saint répondait : « Mes pauvres ])rières vous sont assurées : mais je regarde comme une chose contraire à l'équité que de profiter des avantages d'une bonne administration et de ne pas vouloir en partager les charges. »
Ce grand serviteur de Dieu s'endormit du sommeil des justes le 4 décembre 1289.
La ville lui fit de magnifiques funérailles : son corps fut déposé dans l'église des Franciscains, où les habitants de Sienne lui élevèrent un tombeau en marbre. Bientôt de nombreux miracles s'y opérèrent.
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IkIKK I.Al, 1- KAN( ISt AIN (1520-1567)
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Il serait impossible de trouver dans les temps modernes un saint doué d'un pouvoir aussi étendu et aussi prodigieux sur la nature ; H en effet, les miracles de Sal- * vator furent aussi éclatants ([u'innombrables ; l'annaliste Da/a les évalue à plus d'un million. Impénétrable dans ses desseins. Dieu se servit de cet humble Frère pour raffermir la foi dans les âmes en un siècle où de prétendus réformateurs s'efforc^aient de détruire le catholicisme. Ainsi était abaissé et confondu l'orgueil de la raison, insurgée contre les droits de l )ieu et de son Eglise.
Ecrire la vie de Salvator, c'est raconter merveilles sur merveilles ; et la i)lus grande n'est pas la guérison d'un malade ou la résurrection d'un mort, mais bien l'humilité et la vertu du saint. C'est précisément à cause de cette humilité que Dieu le choisit pour êtie l'instrument de ses grands desseins. Quelqu'un lui disait un jour : « Frère Salvator, vous qui opérez tant de miracles par le signe de la croix, prenez garde que la vaine gloire ne se glisse dans votre cœur. — Sachez, répondit le Bienheureux, que je suis comme un sac rempli de paille, qui se trouve également honoré, qu'il soit placé au faite d'une maison ou dans le lieu le plus bas, voire même dans une étable. » Cette humilité resplendissait dans tous les miracles qu'il opérait. Un beau jour on voyait arriver au couvent une foule compacte de malades, sourds, aveugles, muets, fiévreux, hydropiques, épileptiques, phtisiques, boiteux, bossus, estropié?, paralytiques. Cette multitude s'agenouillait et priait, réclamant à grands cris le saint thaumaturge. Salvator quittait ses plats, s'il était cuisinier, sa bêche, s'il travaillait au jardin, et se présentait à ces milliers de malades, leur enjoignant à tous d'aller se confesser et de communier ; puis il les bénissait et ils étaient guéris. Toujours il attribuait les grâces reçues à la protection de Marie, qu'il com-
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62 18 MARS. — B. SALVATOR d'ORTA
mandait aux malades de prier. — Désireux par-dessus tout de la gloire de Dieu, le Frère Salvator refusait d'intercéder en faveur de ceux qui ne voulaient point se confesser et communier, ou du moins se rependr de leurs fautes : à ce propos il disait : (( Dieu ne saurait accorder de faveurs particulières à ses ennemis ; il faut que celui qui veut être exaucé se confesse et fasse pénitence : alors Dieu lui accordera certainement ce qu'il demande. »
Un jour que l'église était comme d'habitude pleine d'infirmes, on chercha partout le Frère sans pouvoir le découvrir ; il se trouvait alors en oraison au sommet d'une montagne voisine. Cependant les malades désolés de son absence le réclamaient à grands cris et suppliaient la sainte Vierge de le leur envoyer, quand tout à coup on vit un nuage lumineux se détacher de la montagne et descendre majestueusement devant la porte de l'église. A peine at-il effleuré la terre qu'il se dissipe soudain ; le Bienheureux était là, et, à la stupéfaction générale, il versait à pleines mains les miracles sur toutes les infirmités qui attendaient sa médiation.
Cette afifluence d'étrangers troublait les religieux du couvent. Or, un jour, pour acquérir la paix, et pour éprouver l'humiHté et l'esprit de Salvator, ses supérieurs, après l'avoir réprimandé publiquement, le traitant de brouillon, de paresseux, d'orgueilleux, l'envoyèrent sous le plus grand secret dans un couvent éloigné. Mais le lendemain de son arrivée une foule énorme de malades, avertis mystérieusement, y réclamaient le Saint.
Tous ces miracles étonnants firent du B. Salvator l'image de Celui qui « passa en faisant le bien et guérissant tous les malades. )) Il apprit par révélation qu'il devait quitter cette terre d'exil la veille de la fête de saint Joseph. Son corps préservé de toute corruption se conserve à Cagliari en Sardaigne où on l'invoque contre la fièvre.
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•j^ft 1^ »ti ^> 1» «f« n\ /»\ ^\ ^» »!» ff» >(\ <t»^ arche, embrassa avec ardeur
la sainte pauvreté et devint pour' ses frères un modèle accompli dans la voie du sacrifice. D'un autre côté ses talents le placjaient au premier rang, et lorsque, en 1247, il fallut nommer un Ministre Général de l'Ordre, Jean se trouva tout désigné pour cette charge.
Le pieux Général regardait comme son premier devoir de faire la visite de l'Ordre en personne, afin de restaurer la discipline religieuse partout où elle s'était affaiblie. Il faisait tous ses voyages à pied, vêtu d'un habit pauvre et grossier, accompagné d'un ou de deux religieux. A son arrivée dans les couvents de l'Ordre il avait soin de ne pas décliner ses titres, afin de mieux observer toutes choses ; puis se faisant connaître, il encourageait le bien et réformait avec douceur et fermeté tout ce qui était contraire à l'esprit et aux Règles de l'Ordre.
Notre Bienheureux travailla pendant dix ans à faire fleurir dans l'Ordre l'esprit de saint François. D'une part il était consolé et encouragé dans cette œuvre par le bon esprit et la ferveur de la plupart de ses religieux; d'autre part il rencontra des oppositions qui furent pour lui une source d'amertume. C'est ce qui le détermina à se démettre de sa charge. Heureux d'être délivré d'un aussi lourd fardeau, le Frère Jean se retira alors à Greccio, dans l'ermitage où le B. François, en la nuit de la Nativité du Seigneur, fit représenter la crèche, ainsi que le rapporte sa légende. Le Bienheureux passa trente-deux ans dans cette solitude, où il menait une vie plus angélique qu'humaine. Salimbéné, chroniqueur de ce temps, raconte la vie toute céleste de notre Saint, et comment, entre autres faveurs, il mérita d'être assisté un jour à l'autel par un ange.
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A l'âge de vingt-cintj ans, Jean Buralli, né à Parme, renonçait aux espérances du siècle et revêtait avec joie l'humble habit de St François. Dès le début de sa vie religieuse il se pénétra de l'esprit du Séraphique Patri-
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