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y Prktre. Franxiscain
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Une prédication de saint François amena à ses pieds notre Bienheureux et son ami Pérégrin, alors étudiants.
François lui donna le saint habit, et avec l'habit une partie de son esprit de ferveur. Dans la suite Rizzier
montra tant de zèle pour le service de Dieu et du prochain que le Séraphique Père l'admit dans sa familiarité. Bientôt il fut jugé digne de conduire les autres et fut nommé provincial de la province de la Marche.
Cependant il plut au Seigneur de faire passer son serviteur fidèle par le creuset de la tribulation et d'éprouver ainsi sa vertu. Rizzier fut obsédé par cette pensée que son bienheureux Père avait prévu sa damnation éternelle, et que, en conséquence de cette prévision, il ne l'aimait plus et ne priait plus pour lui.
Vainement il eut recours, pour bannir de son esprit cette idée qui le torturait, aux jeûnes, aux macérations, aux larmes, à la prière, la tentation n'en devenait que plus violente. Semblable à un vaisseau privé de gouvernail, le pauvre religieux ne savait plus quel parti prendre ; son courage l'abandonnait, son âme était comme anéantie sous le poids de telles épreuves.
Mais le Seigneur veillait sur le salut de cet enfant bien-aimé du grand Patriarche, et préparait le remède à ses maux. Un jour que la tentation avait été plus longue et plus violente, Rizzier se leva et se dit : «J'irai trouver mon Père ; s'il me reçoit avec sa tendresse et sa bonté ordinaire, j'aurai l'espoir que Dieu me sera propice ; sinon je me regarderai comme totalement abandonné.» Il partit donc d'Ancône et se dirigea vers Assise où François se trouvait dans le palais épiscopal, atteint de la maladie dont il mourut. Dieu avait révélé à son serviteur l'amer chagrin de Rizzier et la cause de son voyage. Aussi François appela-t-il sur-le-champ deux de ses plus illustres disciples, Massé et Léon: « Allez, dit-il, au-devant du Frère Rizzier qui vient ici me voir ;
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|Ui"lcz-lui a\cr litaiK ouji ilc U'iulrcssc, cl dilcs lui (iik' du tous les Frères (|iii sont au niondi', il est un de ceux (|uc j'aime le plus. Il Les deux religieux obéisseiU avec emi)ressement, et leur message transporte le |)auvre Frère comme de l'enter au ciel ; les paroles de l"'ran(;ois sont pour lui wu baume lortifiant, elles le pénètrent d'une douce joie : le calme se fait dans son àme, il remercie Diea de lui avoir inspiré cet heureux voyage, et se hâte d'arriver auprès de François. Le charitable Fère, oubliant son propre mal, se lève de sa couche, vient au-devant de Rizzier, le presse sur son cceur et lui dit : « Rizzier, mon cher fils, vous êtes de tous mes enfants un de ceux (jue j'aime le plus ; » puis, de son doigt tractant le signe sacré de la croix sur le front de l'heureux disciple, il ajoute: << Mon fils bien-aimé, Dieu a permis cette tentation pour augmenter vos mérites : mais si elle vous est un fardeau trop pesant, soyez-en délivré. » La tentation disparut entièrement, et jamais dans la suite la joie spirituelle du Bienheureux ne fut troublée par aucun nuage.
Plein de reconnaissance pour le Séraphique Père qui l'avait si charitablement délivré, il obtint de rester auprès de lui pendant sa maladie. Il l'interrogea sur la manière d'observer fidèlement la Règle, et voulut entre autres choses connaître sa pensée tout entière sur la pauvreté : « Un vrai Frère Mineur, lui répondit le Saint, ne doit rien avoir à sa disposition en dehors de ce que la Règle lui accorde pour se vêtir. « Rizzier se conforma rigoureusement à ce conseil le reste de sa vie. Il entendit les derniers avis de François à ses enfants, il reçut avec ses adieux sa dernière bénédiction ; puis, après les funérailles du saint Patriarche, il retourna à son couvent plus animé que jamais du zèle de sa perfection.
Nous avons vu le B. Rizzier visité par une terrible tentation ; apprenons par son exemple, et les paroles de saint François, que Dieu permet la tentation pour nous éprouver et accroître nos mérites. Au moment de l'épreuve, lorsque Jésus paraît se retirer, il importe plus que jamais de ne pas se laisser aller au découragement, mais de recourir à la prière, en se confiant avec un plein abandon à la divine grâce, et comptant sur elle pour la victoire.
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B. {pcrciiriu
Frk.re i.ai, Franciscain (1240)
Comme le B. Rizzier, Pérégrin avait demandé l'habit de la pénitence pendant que saint François se trouvait à Bologne. Le Séraphi- (jue Patriarche comprit aus-
t^^^^^^^^^-i.^^^^v-i-i'^^-i-i^ ^'i^'^^ la vocation et l'aptitude
des deux jeunes aspirants :
il avertit Riz/ier qu'il était appelé à servir Dieu et ses frères dans la vie active et apostolique : puis s'adressant à notre B. Pérégrin : « Pour vous, mon fils, lui dit-il, vous servirez Dieu dans l'humble condition de frère lai, et vous vous applitjuerez surtout à l'humilité. "
Le B. Pérégrin était déjà très avancé dans les sciences .sacrées et profanes : de fortes études lavaient préparé soit aux nobles fonctions du sacerdoce, soit aux emplois élevés de la société civile. Sur la parole de saint François, .sans la moindre résistance ou hésitation, il se voue dès ce jour à la modeste condition de frère lai, bien assuré d'y trouver la .sanctification de son âme, dans l'imitation parfaite de Jésus Christ et laccomplissement de .sa volonté sainte. Bientôt le B. Bernard de (^)uintavalle pouvait dire du Frère Pérégrin : " Je ne crains pas de laffirmer, cest un des plus parfaits religieux qui soient au monde. Suivant la signification de son nom, il est vraiment voyageur et étranger sur cette terre : .ses pensées et ses entretiens sont exclusivement avec le ciel : ses affections non plus ne sont point pour la terre, car il considère toute chose comme de la boue afin de gagner Jésus-Christ. »
Notre Bienheureux se rendit célèbre pendant sa vie par le don des miracles : après sa mort, qui eut lieu au couvent de San Severino, dans les Marches, de nouveaux miracles attirèrent les peuples autour de son tombeau ; un siècle plus tard, sa sépulture ayant été ouverte, son corps fut trouvé intact. En 1821, Pie VII confirmait le culte rendu, depuis six siècles, à ce serviteur de Dieu. On l'invoque surtout pour les maux de dents.
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("e Bienheureux fut célèbre par ses prédications. Issu d'une noble famille des Marches, Marc s'était vu obligé de contracter mariage. Après la mort de son père, il entra chez les Frères Alineurs, du consentement de son épouse, qui prit elle-même l'habit de Clarisse. Notre Bienheureux exerçait la charge de (lardien au couvent de San Séverine, lorsque la sainte Vierge lui dit : » Allez, Frère Marc, annoncez aux hommes la charité. » Celui-ci répondit à cette invitation, ou plutôt à cet ordre du ciel. Durant (juarante années il ne cessera de faire entendre la parole de Dieu avec une merveilleuse vigueur ; il prêchera partout la concorde et la paix, et Dieu bénira sa parole brûlante d'amour.
En l'année 1497, le B. Marc prêchait ]Jour la seconde fois le carême à Mcence, où il expllcjuait les commandements de Dieu et de l'Eglise, avec un zèle et une ferveur extraordinaires.
La foule transportée d'admiration se pressait autour de sa chaire pour accueillir avidement ses paroles lumineuses et embrasées, qui devaient être les dernières lueurs d'un flambeau expirant. Un soir en effet, vers le milieu du carême, on le vit rassembler ses pa])iers, ses livres et les quelques objets à son usage, et en faire un ])etit paquet, comme s'il se fût disposé à partir. Mais alors il annonça sa mort prochaine. Ayant reçu les derniers sacrements il se fit lire la Passion : comme on lisait ces paroles : « et ayant incliné la tête, il rendit son âme, » le Bienheureux, au même instant, penchant la tête, remit son âme à son bien-aimé Sauveur, le 19 mars 1497, à l'âge de 70 ans. Ce Bienheureux avait été contemporain de saint Jean de Capistran, de saint Jacques de la Marche et des autres compagnons et disciples de saint Bernardin be Sienne.
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B^e paulc ^anibara
W Vkuvk, ])V Tiers-Ordre
W Cette Bienheureuse, que
^'^ les épouses et les veuves
'■^- chrétiennes peuvent à juste
M OT»|||,' .jsgjT^; n! titre regarder comme leur
K^mamÊBSf,- ,. ^lodèle, naquit à Brescia,
X dans la Haute-Italie, de la 7i=^ K >f=ii y. ^i=t^ y'. ?t=t^ X ^=ï^ noble famille des Gambara.
Dès ses tendres années elle se fit rerr.arquèr par son éloignement du monde et son attrait pour la solitude, où elle se livrait déjà à la- prière et à de pieuses lectures. Dès qu'elle eut atteint sa seizième année, ses parents, sans tenir compte des inclinations qui attiraient leur fille vers le cloître, la marièrent à Louis Costa, comte de Bevasco. Paule revêtit alors l'habit du Tiers-Ordre et consacra sa vie au soulagement des pauvres et aux exercices de piété. Mais Dieu voulait faire passer sa servante par le creuset de la tribulation. Oubliant ce qu'il devait à son épouse, le comte menait publiquement une vie de désordre, et allait même jusqu'à faire subir à la pieuse Paule les plus indignes traitements ; suivant l'exemple de leur maitre, les domestiques n'épargnaient à notre Bienheureuse ni mépris ni insultes.
La généreuse éj^ouse oflVait à Dieu pour la conversion de son bourreau toutes les souffrances qu'il lui faisait subir, et ne cessait de prier. C'est ainsi que se vengent les saints 1
Le Seigneur cependant la dédommagea de l'injustice des hommes en la comblant de ses grâces, et lui faisant goûter les les douceurs de sa divine présence. Il daigna aussi exaucer ses prières et ses larmes en faveur du comte, qui rentra enfin en lui-même et se convertit sincèrement. Il laissa dès lors à Paule une entière liberté pour ses œuvres de piété et de charité et lui permit de porter extérieurement l'habit du Tiers-Ordre.
Après la mort de son époux, la pieuse comtesse ne vécut plus que pour Dieu, qui la couronna le 24 janvier 1505. Dieu manifesta sa sainteté par de nombreux miracles, qui la firent invoquer des peuples.
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X C'était au xiii" siècle ;
1^: tandis que la ville de Cor- X tone était le témoin des •^ prodiges de miséricorde opé- ^ rés dans l'illustre pénitente, X sainte Marguerite, la ville de XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXxi ''oligiio admirait les mer-
\eilles de la grâce dans une autre pénitente non moins illustre, à qui Dieu révélait des secrets et des mystères ([ue la langue humaine ne saurait traduire. Ces deux grandes âmes seront à jamais la gloire de TOrdre Séraphique, en même temps (jue, pour les grands pécheurs, un puissant motif d'espérance.
Angèle nacjuit à Foligno, ville de TOmbrie, à trois lieues d'Assise, d'une famille opulente. Mariée jeune encore, elle commença à mener une vie de désordre. Mais un jour un rayon de la grâce pénètre dans son âme et elle s'approche du tribunal sacré de la pénitence : la honte, hélas, l'empêche de faire l'aveu de ses fautes les plus graves, et elle communie ainsi, ajoutant un sacrilège à ses autres iniquités. Bourrelée de remords, agitée nuit et jour de cruelles angoisses, elle s'adresse à saint l'rançois, et saint l''rançois la conduit aupès d'un saint prêtre. " Je me confessai pleinement cette fois, dit-elle, et je reçus l'absolution. Néanmoins je ne sentis pas d'amour : l'amertume seulement, la honte et la douleur furent mon partage. »
La sincérité de la conversion d'Angèle se fit d'ailleurs assez connaître par les épreuves qu'elle eut à endurer, pendant deux ans, de la part du démon, irrité de voir lui échapper une âme si fortement engagée dans .ses liens. " Il me fut donné, dit-elle, un tentateur à mille formes (jui multiplia autour de moi les tentations et les peines. . . je ne crois pas <|u'on puisse exprimer ces douleurs ; pas un membre qui ne soit frappé, tordu, affligé par l'action diabolique . . . Quant aux tourments de l'âme, sans comparaison plus nombreux et plus terribles, les démons me les infligent à peu près sans relâche. » Au milieu de ces tortures
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30 MARS. — BIENHEUREUSE ANGKLE DE KOLICNO
inexprimables on entendait Angèle s'écrier : «Gloire à vous, Seigneur ! votre croix est mon lit de repos : j'espère y mourir et y ^^1 trouver le salut. »
^J A cette nuit d"un cruel martyre succéda le jour radieux des
<(^\ visions, des extases et des consolations les plus douces. Elle ^f^j reçoit des illuminations et des connaissances admirables sur le "^j mystère de la Sainte Trinité, sur les attributs de Dieu et ses adorables perfections. Jésus-Christ lui fit aussi connaître quelque chose de sa Passion. Elle raconte ainsi : « La douleur de Jésus- Christ fut révélée à mon regard : or, la langue ne saurait dire "^! ce que jai \u, ni le cceur le sentir, tout sentiment me devient ^% impossible, excepté le sentiment d'une douleur sans pareille ^c: dans ma vie ..."
'(â^i La fidèle amante du Sauveur fut encore favorisée de sept
^^j visions sur l'Eucharistie. Elle put contempler le Sauveur à tra-
"^j vers les espèces sacramentelles, tantôt sous la forme d'un enfant
I merveilleusement beau, tantôt comme ensanglanté, crucifié et
j mort, tantôt environné d'une gloire ineffable. Joies de Noël,
,^ I douleurs du Calvaire, gloire du Thabor : ce sont tous les mys-
"^ tères du Rosaire réunis dans l'Eucharistie. Un jour qu'elle dési-
^^; rait communier et ne pouvait recourir à un prêtre, les anges lui
-^ apportèrent eux-mêmes la divine Hostie. Durant douze années
"(^ cette nourriture céleste fut son seul aliment ; elle la recevait tous
^f^l les jours, et c'était assez pour soutenir en même temps son corps
"%" et son âme.
" C'est le sacrement de l'amour, dit Angèle, (jui provoque
dans l'âme la prière ardente ; c'est lui ([ui réveille la vertu d'ini-
.^\ pétration, il a pour ainsi dire le pouvoir d'arracher à Dieu l'objet
^^ de nos demandes: c'est lui qui creuse l'abime de l'humilité; c'est
^ lui surtout qui allume dans le cœur le> flammes de l'amour. . .
"^ Aussi bien ce sacrement est-il le don des dons et la grâce des
;v^ grâces. Quand le Dieu tout-puissant et éternel vient à nous
1^\ avec toute la perfection de l'humanité trois fois sainte et de la
' j divinité, il ne vient pas assurément les mains vides. Pourvu que
vous ayez subi l'épreuve que demande l'Apôtre, il vous fait
j remise des peines temporelles, vous fortifie contre les tentations,
-^. diminue la puissance de vos ennemis, et augmente vos mérites.
;^=^! C'est pourquoi je vous recommande à la fois, dans la réception
■y^ du sacrement de l'autel, /a frcijiicfice et le 7-espect. Oui, impos-
J^ sible de mesurer l'océan de grâces qu'apporte avec elle une
:^T^ seule communion, quand l'homme n'y met pas d'obstacle.»
-=:^! Angèle fut aussi favorisée plusieurs fois de l'apparition de
I saint François, des saints anges et de la très sainte Vierge
I qui déposa le divin Enfant dans ses bras. Un Samedi Saint
„ il lui fat donné de contempler le divin Rédempteur dans le
.-^14^ ^^J^t^|#: 4fef^|4: r^l^i^l^ ^f^N
30 MARS. — BIENHEUREUSE ANCkLK DE KOLICNO 73
sépulcre, et elle put baiser la Plaie sacrée de son côté.
C'est ainsi que la sainte pénitente avan(;ait à grands pas dans les voies de la plus sublime perfection. Ht plus elle montait vers Dieu, plus elle descendait dans l'autre abime : le néant de soimême. « L'humilité, disait-elle, m'a engloutie comme un océan sans rivages. Je contemple dans l'abime de mon néant la surabondance de mes inicjuités ; je cherche inutilement par où les découvrir et les manifester au monde ; je voudrais aller par les cités et par les places, et crier : Voyez en moi la créature la plus vile, la plus remplie de malice et de mensonge ! voyez donc la semence de tout vice, voyez la graine de tout mal 1 . . . . Ne comprenez-vous pas que, si tout à coup le monde devenait vide de malice, je le remplirais toute seule par la surabondance de ma méchanceté ? »
L'éclat de sa sainteté avait réuni autour d'Angèle plusieurs personnes désireuses de marcher sur ses traces. Or un jour du Jeudi-Saint, Angèle conduisit ses compagnes à l'hôpital de St-Félicien ; là elles lavèrent les pieds et les mains des pauvres lépreux et, en mémoire du fiel et du vinaigre dont fut abreuvé le Sauveur, elles avalèrent l'eau qui avait servi à cet office de charité ; une douceur et une joie inénarrables qui inondèrent leur cœur, furent le prix de cet acte héroïque.
A ses chères disciples la sainte adressait des exhortations qui nous ont été conservées par son pieux directeur. Nous en extrayons un conseil cjui peut être utile à tous: « La prière violente, qu'on arrache de ses entrailles en les déchirant, est très puissante auprès de Dieu .... Ce n'est pas aux consolations qu'il faut viser. Il y a peu d'amour et souvent beaucoup de présomption à chercher autre chose que la croix .... »
Avertie que l'heure de son passage à une vie meilleure est venue, Angèle réunit tous ses disciples et leur donne ses dernières instructions. « Mes enfants, leur dit-elle, estimez-vous inutiles, et comptez-vous pour rien. O Rien inconnu ! ô Rien inconnu ! » Et elle ajoute : « O mes enfants, aimez et ne jugez pas et ne méprisez personne ; car vous ignorez les jugements de Dieu. Beaucoup semblent damnés qui sont sauvés devant Dieu. Beaucoup semblent sauvés qui sont damnés devant Dieu .... Je vous lègue tout ce que je possède, tout ce que je tiens de Jésus-Christ, la pauvreté, l'opprobre et la douleur, en un mot la vie de l'Homme-Dieu. Ceux qui accepteront mon héritage seront mes enfants, ils seront les enfants de Dieu et auront la vie éternelle en partage. » Cela dit, elle éleva la main sur eux, "leur donna sa bénédiction et s'endormit dans le Seigneur, le 4 janvier 1309.
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. fiDarc be IBologne
Prêtre, P'ranciscain {1405- 1479)
C'est à bon droit que l'on peut ranger le B. Marc de • Bologne à côté des Bernardin de Sienne, des Jean de Capistran et des Jacques de la Marche. Soutien puissant et infatigable propaga- ^.^.^.^^^^^^^.^^^.f.^.^^^.^.^^^^. gateur de la famille de l'Observance, il fut pleinement associé aux œuvres et aux travaux qu'entreprirent pour l'honneur de Dieu et le bien de l'Eglise, ces vaillants et intrépides fils de saint François, surnommés les quatre colonnes de l'Observance. Marc naquit à Bologne de la famille sénatoriale des Fantuzzi, l'une des plus illustres de cette cité. L'inclination de Marc l'éloignait du brillant monde qui ouvrait toutes grandes ses portes devant le jeune homme ; en sorte qu'à l'âge de vingt-six ans, après de fortes études, il se présenta che^, les Franciscains de sa ville natale, et y prit l'habit le jour de la fête de S. Marc, son patron. Ce furent le B. Jacques de Prémadizzi et saint Bernardin de Sienne qui furent chargés d'initier et de faire avancer le novice dans les voies de la perfection. A une telle école Marc fit de rapides progrès et devint un religieux accompli, apte à remplir les charges importantes dont il sera investi pendant la plus grande partie de sa vie religieuse.
Trois ans après sa profession, le jeune religieux fut nommé Gardien au couvent de Monte Colombo ; et après avoir rempli la même charge dans plusieurs couvents on le désigna comme Provincial de la Province de Bologne. Marc avait rempli deux fois cette fonction, lorsqu'en 145? le Chapitre général des Observants cismontains le jugea digne de succéder à saint Jean de Capistran, comme Vicaire Général. Son premier soin fut de visiter toutes les Provinces. Partout il introduit de sages réformes et s'applique à faire refleurir l'esprit de saint François. Par trois fois il fut promu aux fonctions de Vicaire Général. Pendant qu'il exerçait sa charge pour la troisième fois il sauva la vie à l'Observance.
Kn rannée 1472, la funiillt" de l'Observance était sérieusement menacée. Le l'ape Sixte l\ , successeur de Paul II, <}ui avait toujours été favorable aux Observants, et qui aimait particulièrement notre Mienlieureux, se laissa persuader cju'il serait utile de ramener l'Ordre à l'unité, par la fusion des Conventuels et des Observants ; mais il n'était point (juestion de réformer les Conventuels. Sixte IV réunit donc le (Consistoire des cardinaux, manda le B. Marc, et l'invita à exposer les raisons qu'il pounait opposer à cette fusion. Le Bienheureux, qui était loin de s'attendre à une telle proposition, en fut profondément affligé ; il exposa ses raisons avec calme et fermeté, représentant que ce projet serait nuisible au maintien de la Règle chez ses religieux. Mais voyant qu'il ne pouvait amener l'auguste assemblée à entrer dans ses vues, il déposa aux pieds du Pontife le livre de la Règle, se jeta à genoux, et levant les yeux et les bras au ciel, il s'écria en versant des torrents de larmes : « O mon Séiaphique Père, défendez vous-même votre Règle, puisqu'un misérable tel que je le sui?, n'est plus capable de la défendre ! » Ayant ainsi pleuré, il sortit de l'assemblée, pleurant et sanglotant. Cette prière à l'accent inspiié, ces larmes du vénérable religieux furent plus efficaces que ses [)aroles ; le Consistoire se sépara sans prendre de décision, le Pape abandonna plus tard le projet et se montra plus que jamais favorable aux religieux de l'Observance.
Marc de Bologne fut toute sa vie un homme de fervente oraison, un modèle accompli d'humilité, de pénitence, de renoncement et de régularité. Dans l'administration il se montra toujyjurs plein de douceur, de patience et de charité.
Le Chapitre général de l'Ordre s'étant réuni en 1475, personne ne songea à y députer le B. Marc. Alors, saint Jacques de la Marche ne l'apercevant pas parmi les vocaux, s'écria : « Qu'est-il donc arrivé, mes Frères ? Aucun des couvents de la Province de Bologne n'a trouvé digne de siéger au Chapitre le religieux le plus illustre de l'Ordre entier ? Pas un n'a reconnu le courage de celui qui a défendu et sauvé le corps entier de l'Observance ? Moi qui ne suis rien, si je me compare à lui, je viens avec le vote de tous les couvents de ma Province ; oserais-je siéger dans cette assemblée, si lui-même n'y siège pas ! » Ces paroles de l'incomparable apôtre firent une vive impression sur les Pères du Chapitre. Saint Jacques de la Marche obtint que Marc de Bologne fût appelé immédiatement, et il lui céda son droit de siéger à l'assemblée capitulaire.
Les dernières années de notre Bienheureux furent consacrées à la prédication et ce fut en s'acquittant de ce saint ministère qu'il fut atteint du mal qui devait l'enlever à la terre pour en faire un triomphateur dans le ciel.
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8 B. Benoît le riDore
Fkèkk i.ai, Franciscain (1525-1589)
Benoît, que la couleur de sa peau fit surnommer le More, vitle jour dansle bourg de S. Philadelphe, au diocèse de ^lessine. Ses parents descendaient d'esclaves d'Afrique et étaient esclaves euxmêmes. A l'âge de 18 ans, affranchi de l'esclavage, il devint laboureur. Mais il abandonna bientôt ses bœufs et sa charrue pour obéir à l'appel de Dieu qui le voulait ailleurs. D'abord ermite, observant la Règle de Saint F'rançois, il fut ensuite reçu comme frère convers au couvent des Frères Mineurs de Sainte-Marie de Jésus, près de Palerme. Il y devint en peu de temps un modèle accompli de perfection religieuse. On lui confia, en premier lieu, l'humble emploi de cuisinier. Benoît transforma sa cuisine en un sanctuaire, où tout en s'acquittant de son devoir il faisait monter vers le ciel l'encens de sa prière embrasée. Son ardente piété était alimentée par la pratique d'une austère pénitence. A l'exemple de saint François il faisait sept carêmes chaque année ; son lit était la terre nue, encore n'y prenait-il qu'un sommeil bien court. Son habit était vil et rugueux : car son zèle pour la pauvreté séraphique égalait son amour pour la mortification, et le Seigneur voulut montrer par un miracle combien il avait pour agréable cette prédilection de son serviteur pour cette vertu. Pendant qu'il était cuisinier il s'aperçut que les jeunes scolastiques, lavant la vaisselle selon l'usage établi dans l'Ordre, ne mettaient pas assez de soin à conserver certams restes du repas, et les laissaient perdre dans l'eau. Poussé par son zèle, le serviteur de Dieu leur dit : « Je vous en prie, mes frères, ne laissez pas perdre ces restes qui vous semblent si peu de chose, conservez-les plutôt pour les pauvres ; c'est le sang de ceux qui nous ont fait l'aumône pour l'amour de Dieu. » Considérant cette délicatesse de conscience comme exagérée, les jeunes religieux n'en tinrent pas compte. Le Saint prend alors le petit balai, servant à net-
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toyer levier et aiu|'.iel adhcr.iieiu ijneltiues débris de nourriture, et s'adressant aux scolasticiues^: " Voyez, dit-il, mes enfants, si je vous ai dit \ rai ; » et en même temps il sortit du balai qu'il pressait dans sa main une grande abondance de sang. Témoins de sa contluite et des prodiges (|ui la signalaient, guidés d'ailleurs en lela par une inspiration d'en haut, les supérieurs de Benoit lui confièrent la charge de gardien, à lui pauvre ignorant qui, d'après ses historiens, ne savait ni liie, ni écrire. La conduite de Benoît, pour qui cette élection fut un sujet de peine profonde et de confusion, justifia pleinement le choix de ses supérieurs. Son éminente sainteté, ses lumières surnaturelles, sa pruilence remarquable suppléèrent avec avantage au défaut de science ac(iuise, et avec ce tact exquis que donne la vertu, il savait rendre à tous le devoir facile et la religion agréable. Le temps de sa charge f xpiré, il fut nommé vicaire du couvent et maître des novices. Aux dons extraordinaires qu'il avait reçus du ciel vinrent s'adjoindre le don de science infuse et celui de la pénétration des cœurs, aussi les novices trouvèrent-ils en lui un maître consommé dans la formation des âmes religieuses. — Au terme de cette double charge, il revint à sa cuisine avec autant de bonheur que d'humilité ; cependant la renommée de sa vie et le bruit de ses miracles l'en firent sortir souvent pour consoler les affligés et soulager les pauvres qui furent toujours l'objet de sa prédilection. Il mit bien souvent à contribution la générosité de la Providence, à leur sujet, et toujours Dieu récompensait par des miracles sa tendre compassion pour leurs misères. Il guérit pendant sa vie des infirmes de toute sorte, un grand nombre de mères dans les douleurs de l'enfantement durent la vie à ses prières ; les procès de sa canonisation rapportent même plusieurs résurrections de morts. Mentionnons encore le don de prophétie, et la grande puissance sur les démons que Dieu communiqua à ce héros de l'humilité. — La vénération du peuple pour lui était telle, que lorsqu'il sortait du couvent, la foule se pressait autour de lui, pour lui baiser les mains, toucher son pauvre vêtement et se recommander à ses prières. Pour se soustraire à ces marques de vénération, il voyageait, autant que possible, de nuit, le capuce baissé, afin de n'être pas reconnu. Mais la gloire poursuivait le Sa'nt à mesure qu'il la fuyait. Après sa mort, qui arriva au jour qui lui avait été révélé, il se fit un grand concours à son tombeau, et il s'y opéra beaucoup de miracles. Son corps retiré de la sépulture commune trois années après, fut retrouvé intact et est demeuré tel jusqu'à ce jour. Les esclaves prirent notre Saint pour protecteur, plusieurs cités le choisirent pour patron et il est considéré comme le modèle des supérieurs et des frères convers.
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