BIENHEIREUSE ANTOINETTE DE FLORENCE
personne, ses paroles et ses actions ainsi que dans le jugement qu'elle portait sur elle-même. Sa patience fut admirable. Pendant quinze années, elle accepta avec un courage invincible toutes les suites d'une infirmité cruelle. Sans parler des peines intérieures et des tentations diaboliques qui furent pour sa vertu ce que le creuset est pour l'or, elle eut à supporter d'innombrables épreuves qui lui vinrent de la part de ses parents, d'un fils qu'elle avait laissé dans le monde et des supérieurs de l'Ordre. En digne fille de sainte Claire et de saint François elle se consola;! de ces épreuves par la pratique de la pauvreté, qui avait pour elle des charmes particuliers. Pourtant cette austérité et cet amour de la pauvreté ne portaient nullement atteinte à la tendresse qu'elle éprouva toujours pour ses filles ; leurs peines étaient les siennes ; leurs maladies et leurs infirmités la trouvèrent toujours compatissante et empressée. A tant de vertus la Bienheureuse donnait l'aliment d'une oraison continuelle. Dieu fit connaître par un miracle l'ardeur de cette oraison ; car une nuit, tandis qu'elle priait, un globe de feu vint se reposer sur sa tête et illumina le lieu où elle priait.
Parmi les miracles qui ont suivi sa mort, il faut citer le miracle permanent de la conservation de son corps, qui depuis 4 siècles ne connaît point encore les atteintes de la mort, même dans les traits et l'expression de son visage ; ses yeux sont ouverts et ses membres si souples qu'on peut facilement la changer de vêtements. C'est ainsi que Dieu se plaît, même ici-bas, à glorifier ceux qui l'aiment.
PRIONS
Seigneur, vous qui, à travers tous les sentiers de la vie, avez admirablement dirigé vers vous la Bienheureuse Antoinette votre servante, faites, nous vous en supplions, que ses mérites et ses exemples nous aident à parvenir à la patrie céleste.
Ainsi soit-il.
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L'humilité et l'obéissance sont les deux vertus (|ui ont brillé d'un éclat particulier dans la vie de ce saint reli- ;j;ieux. Voulant fuir à tout prix les dangers sans nombre
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monde, le Bienheureux résolut, encore jeune, d'embrasser la vie religieuse et de se consacrer entièrement au service de Dieu.
Dans ce dessein, il se présente deux fois chez les Frères Mineurs qui le reçoivent avec charité et l'admettent à revêtir les livrées séraphiques ; mais deux fois il est expulsé du noviciat, après avoir été dépouillé du saint habit qu'il avait tant désiré, et à deux reprises différentes il se voit relancé dans le monde pervers (ju'il avait voulu fuir à jamais. Plein d'humilité et de résignation, il supporte ces épreuves avec courage, il prie, se livre à la mortification et, une troisième fois, il est admis au noviciat et puis enfin à la profession solennelle.
Il avait conçu une si basse opinion de lui-même qu'il se considérait comme l'homme le plus misérable, digne de tous les tourments, même du feu de l'enfer. Sa plus grande joie était de recevoir des insultes et des mépris, accusé injustement il ne s'excusait jamais et s'humiliait comme s'il avait été coupable. Il lui arrivait même d'affecter l'ignorance et la rusticité pour s'attirer des moqueries. C'était cet amour des insultes qui lui faisait chérir l'office de frère quêteur qui lui était confié, parce qu'il y trouvait l'occasion d'être mortifié et méprisé.
L'humilité appelle l'ubéissance, et bien des traits édifiants que nous ne pouvons citer nous montrent à quel degré le bienheureux Julien la pratiqua. Si, à son départ pour la quête, le Supérieur lui fixait le jour où il devait rentrer, Julien arrivait au jour indiqué, malgré la pluie, la neige, les intempéries ou les autres empêchements. — Le saint exercice de l'oraison était devenu si familier au Bienheureux qu'il y vaquait en tout temps et en
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