AVRIL. — B. JULIEN DE S. AUGUSTIN
tout lieu. A l'église, dans les rues, sur les places publiques, ou en pleine campagne, son âme ne cessait de s'entretenir avec Jésus. Un jour, quêtant à la campagne, il avait reçu quelques poulets pour les malades du couvent ; délirant prier, il déposa la cage, l'ouvrit et la'ssa aller les volatiles en liberté tandis que son âme entrait en communication avec Dieu. Son oraison terminée, il se relève et dit à haute voix : « Mes frères, partons, il se fait tard. » Et les poulets d'accourir sur le champ et de rentrer l'un après l'autre dans la cage sans qu'il en manque un seul à l'appel.
L'amour divin dont notre Bienheureux était embrasé lui inspirait une charité sans bornes pour le salut des âmes. Non content d'offrir à Dieu de continuelles prières pour les infidèles, les hérétiques et les pécheurs, il leur adressait de vives exhortations que Dieu se plaisait souvent à ratifier par quelque miracle. En voici un entre mille ; un jour, il rencontre sur sa route des jeunes gens qui dansaient ; le bon frère s'approche d'eux et les exhorte à cesser ce divertissement dont il leur montre tous les dangers ; il les invite à venir plutôt avec lui à l'église où il veut leur faire un petit sermon pour le plus grand bien de leurs âmes. Les jeunes gens se mettent à rire et le bal continue. Voyant qu'il ne pouvait rien obtenir, le serviteur de Dieu dit avec simplicité ; « Puisque vous ne voulez pas venir entendre la parole de Dieu, moi je trouverai des auditeurs qui m'écouteront volontiers. )) Aussitôt il appelle les oiseaux qui viennent en grand nombre, font cercle autour de lui et écoutent silencieusement sa prédication : puis il les bénit et les congédie. — Confus et émerveillés, à la vue de ce prodige, les jeunes libertins se dispersent, publiant partout le miracle dont ils ont été les témoins.
Comme saint François son Séraphique Père, le bienheureux Julien aimait toutes les créatures du bon Dieu, il avait une prédilection marquée pour les petits oiseaux, ses auditeurs dociles. Un jour à Terrejon, un de ses bienfaiteurs veut lui préparer pour son repas qurlques oiseaux qu'il vient de prendre. Le serviteur de Dieu s'y refuse, mais on ne l'écoute pas et voilà les oiseaux à la broche. Averti, le bon frère prend la broche d'une main, de l'autre il en retire les oiseaux, or à mesure qu'il les prend dans sa main, ils se couvrent de plumes, reviennent à la vie et s'envolent joyeux. — C'était un témoignage que le Seigneur rendait à sa sainteté, et les témoignages de cette sorte abondent dans sa vie, car Dieu ne sait rien refuser aux âmes innocentes. — « Seigneur, qui avez conduit le bienheureux Julien au sommet de la gloire céleste par les sentiers de l'humilité et de l'innocence, daignez nous faire la grâce de marcher sur ses traces et d'aller à vous avec la pureté et l'humihté du cœur. »
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Ce glorieux martyr, né à Tolentino, en Italie, entra jeune encore dans l'Ordre Séraphique, où il se fit remarquer par son zèle pour la pure observance de la Règle. D'abord missionnaire en Arménie il est envoyé de là en Tartarie. Après avoir converti un grand nombre d'infidèles dans ces vastes contrées, il gagne la Chine et arrive à Cambalek, (aujourd'hui Pékin), capitale de l'empire. Déjà plusieurs enfants de saint François avaient travaillé dans ce pays infidèle et y avaient établi de nombreuses chrétientés. Mais la moisson était abondante et les ouvriers insuffisants. Notre Bienheureux se rend à Rome et vient exposer l'état des missions, les merveilles opérées et le besoin d'ouvriers apostoliques.
Le Pape fut comblé de joie en apprenant ces heureuses nouvelles : sept religieux de l'Ordre de saint François, choisis par le Général parmi les plus doctes et les plus zélés, furent revêtus du caractère épiscopal, pour être envoyés en Chine, avec mission de sacrer le Père Jean de Montcorvin archevêque de Cambalek (Pékin) et de se mettre ensuite à sa disposition. Thomas de Tolentino reprit avec eux le chemin de la Chine, accompagné d'autres Frères Mineurs. Le nouvel Archevêque envoya notre saint dans l'Inde Orientale (Hindoustan) : c'est là que Thomas de Tolentino devait couronner, par un glorieux martyre, un apostolat de trente années, pendant lesquelles il avait converti des milliers d'infidèles.
Il reçut la mort par le glaive, après avoir confessé la foi de Jésus Christ, et au moment où, à genoux et les mains élevées vers le ciel, il recommandait son âme à la très sainte Vierge. Trois de ses compagnons furent associés à son triomphe : Jean de Padoue, Pierre de Sienne et Démétrius de Géorgie.
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