Iharlct? ^c Sc35C
l'KKKK I.AI, IkANCISC AIN (1613-1670)
Ses parents, plus distingués par leur vertu et leur esprit de foi (jue par leur 5 fortune, vivaient du travail ^ des champs. Remarquant ?| dans le jeune Charles d'heu- ..'^è«iàf>l reuses dispositions pour la.
piété, ils l'envoyèrent de bonne heure à l'école, espérant c[ue le Seigneur lui ferait l'honneur et la grâce de l'appeler au sacerdoce. Mais Dieu avait sur lui d'autres desseins. Son peu de succès dans l'étude l'obligea à abandonner l'école. Rentré dans la maison paternelle, il aida ses frères dans la garde des troupeaux et la culture des champs. La solitude développa dans son âme l'amour du recueillement et le dégoût du monde, tandis que la lecture de la vie des saints excitait en lui un vif désir de les imiter.
Il était dans sa vingtième année, honoré et aimé de tous ceux qui le connaissaient, à cause de l'aménité de ses mœurs et de sa sainteté, lorsqu'il tomba gravement malade. Les ressources de l'art sont impuissantes à conjurer le danger qui le menace ; mais lui, plein de confiance en Dieu, fait le vœu d'embrasser la vie religieuse, s'il recouvre la santé.
Dieu agréa son vœu, et Charles, une fois gjéri, n"a rien de plus à cœur que de s-e faire admettre dans la famille religieuse des Franciscains qu'il avait toujours particulièrement aimés. Mais avant d'arriver au comble de sts désirs, il lui fallut surmonter de nombreux et difficiles obstacles, tant de la part de ses amis et de ses proches, que de ses parents dont il était toute l'espérance. Avec le secours de Dieu, il vint à bout et obtint enfin ce qu'il désirait si ardemment. A 22 ans il était reçu chez les Frères Mineurs et avait bientôt le bonheur de se consacrer à Dieu par la profession solennelle. Ses Supérieurs l'envoyèrent à Rome et c'est là dans le couvent de San Francesco a Ripa qu'il passa le reste de ses jours. Chose étonnante ! ce pauvre Frère qui n'avait jamais étudié et qui savait à peine lire et écrire, excita
1^»ll!#
lamw
■^^ ^vte^ '^i»^ '^«/^ ^ito^ ^^^ '^^^-^
86 lO AVRIL. — B. CHARLES DE S^ZZE
bientôt l'admiration des hommes les plus doctes, exposant avec lucidité des questions très difficiles, et composant divers traités de spiritualité. Il raconte lui-même qu'ayant reçu ordre d'écrire sur la perfection et ne sachant comment s'y prendre il avait tu recours à la prière, se recommandant au saint roi David, à l'apôtre saint Paul et à sainte Thérèse. Tandis qu'il priait à l'autel de la Vierge du Carmel, il entendit une voix qui lui disait : « Celui qui m'a éclairée par sa grâce, te donnera aussi la lumière nécessaire. Ne crains rien. » Se trouvait-il arrêté par l'obscurité qui régnait dans son intelligence, il recourait au grand livre du crucifix et en recevait d'abondantes lumières. C'est ainsi qu'il a composé plusieurs traités de spiritualité approuvés par la. Sacrée Congrégation des Rites.
Au don si remarquable de science infuse, le Seigneur en ajouta plusieurs autres. Un jour qu'il assistait à la messe, un rayon lumineux, parti de la sainte Hostie, vint le frapper au cœur et laissa sur sa chair l'empreinte sacrée d'un des clous de la Passion du Sauveur. Après sa mort, à la place de cette empreinte, il se forma une excroissance de chair en forme de clou, qui fut reconnue comm.e miraculeuse par treize médecins de la ville. — Le Frère Charles avait reçu aussi le don de prophétie. La plus remarquable est celle qu'il fit au Pape Clément IX, un mois avant sa mort. Le Bienheureux était aller visiter le Pontife mourant : « Nous nous reverrons à la fête de l'Epiphanie, » lui dit-il en se retirant, et en effet le saint Frère rendit ce jour-là son âme à Dieu en annonçant, qu'à ce même instant Clément IX sortait du Purgatoire pour jouir de la gloire céleste.
Dieu, qui peut tout, a souvent choisi, parmi les hommes que ne recommandaient ni la naissance, ni le génie, ni aucun des autres avantages d'où viennent l'autorité et le pouvoir dans le monde, ceux qu'il voulait combler des dons admirables dé sa grâce, et le Bienheureux Charles de Sezze doit être compté parmi ces privilégiés.
PRIONS
« Seigneur Jésus, qui avez miraculeusement blessé le cœur du Bienheureux Charles par un rayon d'amour divin parti de la Sainte Hostie, à sa prière regardez-nous avec miséricorde et dans votre bonté enflammez nos cœurs du feu de votre amour. »