‹ Nos saintsChapitre 19 sur 105 · k»$)i^ ^-I^t^M^ 4l(^f^iN · texte numérisé non relu

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en droit civil, il avait été élevé à

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rRf.TKK, Franciscain (1411-1495)

Ce fut à 33 ans que le B. Ange sacrifia pour Jésus, qui avait sollicité son cœur, un avenir tout plein de gloire, d'honneurs et de richesses. Il avait fait de brillantes études à l'Université de Bologne, il était docteur en théologie, en droit canon et la dignité de sénateur ; à la

noblesse de sa naissance, à sa grande fortune venaient s'ajouter la faveur des princes et la considération publique ; mais il était de la race des géants de la perfection chrétienne, il méprisa tous ces avantages, pour revêtir les livrées séraphiques chez les Franciscains de Gênes. A l'ombre du cloître, l'amour de la croix ne fit qu'augmenter dans son cœur, et dans la contemplation du crucifix il puisa le zèle pour le salut des âmes et l'amour de la sainte pauvreté, deux vertus qu'il chérit particulièrement durant

sa vie.

Devenu prêtre il travailla avec ardeur à la conversion des pauvres pécheurs. Pour eux il n'épargnait ni prières, ni pénitences, ni fatigues ; il prêchait le jour, il priait la nuit. Les pauvres étaient ses amis, il mendiait souvent pour eux, les visitait dans leurs demeures et dans les hôpitaux. Partout où il allait, il s'employait à établir et à consolider les Monts de piété, œuvre instituée par les Franciscains, dans le but de soustraire les pauvres à la rapacité des juifs et des usuriers.

La science et l'expérience que déploya notre Bienheureux dans la conduite des âmes firent rechercher ses conseils d'un grand nombre de personnes de toute condition ; Charh s I", duc de Savoie, l'obtint pour son confesseur ordinaire ; la Bse Paule Gambara, comtesse de Bénasco, embrassa sous sa direction le Tiers-Ordre de saint François, et fut conduite par lui à un très haut degré de sainteté. Ange fut encore en relation avec sainte Catherine de Gênes qui voulut, elle aussi, bénéficier des conseils de l'illustre fils de S. François. On ne saurait dire com-

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ANIÎE DE CHIVASSO

bien furent abondants les fruits de salut que notre Bienheureux • recueillit pendant le cours de son ministère apostolique. Pour aider les directeurs des âmes et les faire profiter de sa propre expérience le B. Ange composa une somme de cas de conscience, appelée de son nom : Summa Augelica ; ce livre remarquable fut édité plusieurs fois à ^^énise.

Notre Bienheureux considérait le Tiers-Ordre de saint François, comme l'un des moyens les plus efificaces de sanctification pour les âmes : aussi ne cessa-t-il de travaille: à sa diffusion au sein du peuple chrétien. Dans un discours sur le Tiers Ordre, il s'écrie : " O Règle très sainte, qu'ils sont coupables ceux qui vous méprisent ! O Règle très parfaite, qu'ils sont aveugles ceux qui vous critiquent ! O Règle, source de bien, quel châtiment méiitent Ceux qui murmurent contre vos prescriptions! Paresseux et négligents, que faites-vous donc ? Pourquoi ne pas embrasser cette sainte Règle ? Pourquoi différer PQu'attendez vous?)) — Il concluait ainsi : « Il n'y a personne, disait-il, qui, s'il ne peut embrasser le i^'^ou le 2" Ordre de saint François, ne puisse du moins entrer dans le 3' et mériter de la sorte que la paix et la miséricorde de Dieu reposent sur lui. )>

En deux circonstances, il fut chargé par le Souverain Pontife de missions importantes. Au moment où Mahomet II s'emparait d'Otrante et menaçait l'Italie, Sixte IV eut recours au B. Ange pour prêcher la croisade contre les Turcs, en qualité de nonce apostolique. Le saint prêche la guerre sainte avec feu et bientôt les guerriers s'enrôlent nombreux sous l'étendard de la croix et sauvent l'Eurooe. Onze ans plus tard, Innocent VIII confie à notre saint la difficile mission daller évangéliser les hérétiques qui infestaient de leurs doctrines les montagnes du Piémont et de la S-ivoie. Malgré ses quatre-vingts ans, le bienheureux Ange entreprend ce nouvel apostolat avec courage et a le bonheur de ramener dans le giron de l'Eglise une multitude d'égarés. Il passa les deux dernières années de sa vie dans la contemplation et mourut chargé d'ans et de mérites.

Il avait méprisé les honneurs de la terre et ses richesses pour l'amour de Jésus Christ, il reçut en échange une gloire immortelle et les richesses de la grâce et de la béatitude, richesses que la rouille, ni les vers ne peuvent détruire. Demandons au B. Ange qu'il nous obtienne de savoir préférer la vertu aux richesses, les biens de l'éternité aux biens et aux honneurs passagers de la terre.

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iKKKK I.AI, FRANCISCAIN ( 1534- 1602)

Imic épreuve, infligée à sa piété filiale, fut pour le B. André, le moyen choisi par la divine Providence pour le retirer du monde et l'engager dans la voie étroite de la pénitence.

André ap})artenait à une noble et antique famille de ("arlhagène, cjue des revers de fortune avaient jetée dans un état voisin de l'indigence. Il passa sa jeunesse à Valence chez un de ses oncles : durant ce séjour, à la pratique des devoirs de la vie chrétienne il joignit un grand amour pour le travail, et dans l'espoir de former une dot à sa sœur, il ne recula devant ancun labeur. Agé de 20 ans, il retournait en Espagne emportant avec lui le fruit de ses épargnes péniblement amassées, et il jouissait déjà du plaisir et de la surprise qu'il allait causer à sa sœur, lorsqu il tomba entre les mains des voleurs, qui le dévalisèrent et le réduisirent à n'apporter que des r>.grets à sa chère famille. Cette circonstance, pénible pour son cœur, le fit rentrer profondément en lui-même ; comprenant tout le néant des biens terrestres, il revêtit l'habit des Frères Mineurs, et sans se soucier des peines ni des obstacles, le regard fixé sur la croix du Sauveur, il entra hardiment dans la voie de l'humilité et de la souffrance. Les plus durs et les plus humbles travaux du couvent étaient son partage de prédilection ; son bonheur était de demander l'aumône dans les rues, de porter sur son dos le fardeau que l'on fait porter d'ordinaire aux bêtes de somme, comme aussi de suppléer ses frères dans les fonctions pénibles et humiliantes. Si, par vénération pour son âge et ses vertus, on l'appelait le sainf vieillard, il répliquait aussitôt : « Ne dites pas le saint, mais le sot. y> — Quelquefois les Supérieurs le reprenaient sévèrement afin de l'éprouver ; alors il se prosternait, écoutait en silence, et les remerciait bien sincèrement de leurs observations.

De ce grand mépris de lui-même, naissait pour le Bienheureux

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90 18 AVRIL. — B. ANDRÉ HIBERNON

une faim insatiable d'austérités, jeûnes rigoureux, sanglantes disciplines, macérations incessantes. Jusqu'à sa mort et au milieu des plus pénibles emplois, comme des courses les plus fatigantes, il porta sous ses vêtements une sorte de cilice qu'il avait façonné lui-même avec des fers, grossièrement joints. Son grand amour pour la pauvreté le portait à choisir pour son usage ce qu'il y avait de moindre dans la maison ; son habit était usé, rapiécé et tenait à peine sur ses épaules. Ayant la charge de frère réfectorier, il ramassait les miettes avec le plus grand soin ; il mettait ensuite ces miettes tremper dans l'eau, puis les faisait cuire de nouveau, c'était là son pain à lui. Ces rigueurs contre lui-même n'altéraient pourtant en rien sa charité envers le prochain. Tout au contraire, il s'industriait à servir ses frères en toute occasion, à les soulager dans leurs travaux, comme aies assister dans leurs maladies et leurs infirmités. Les pauvres trouvaient en lui un frère et un ami compatissant qui les consolait, venait en aide à leur indigence, dans la mesure du possible ; il les recommandait aux personnes charitables dont la fortune pouvait suppléer à son insuffisance. — Nous ne pouvons entrer dans les détails de cette vie admirable, ajoutons seulement que le bien spirituel des âmes sollicitait vivement sa charité ; qui dira le nombre de pécheurs que ramenait à Dieu cet humble frère, par sa parole toute de flamme ? Ce que les autres prédicateurs et confesseurs ne pouvaient obtenir, il l'obtenait par ses prières et ses pénitences. A une tendre dévotion envers le mystère de la Croix et celui du Tabernacle, il joignait un filial attachement envers la Sainte Vierge. Il avait aussi des communications avec les esprits célestes, qui venaient l'aider quand il avait à faire un travail trop fatigant. Il resta, un jour, à servir les messes jusqu'au moment de servir le dîner. Un ange se mit à l'œuvre et prépara le repas à la place de frère André. Le Bienheureux prédit le jour -de sa mort quatre ans à l'avance, et en ce même jour il alla jouir de la récompen.se que le Seigneur lui réservait.

PRIONS

Seigneur, qui avez voulu rehausser par la grâce de la contemplation, l'innocence admirable du Bienheureux André votre serviteur, accordez-nous, à ses prières, de pouvoir nous attacher de tout cœur à vous seul, à travers tous les dangers et les périls du monde. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi-soit-iK

B. ^Ionra^ ^'B6C0li

FKf.TKE, !• KANl'lSi AIN

La patrie de notre saint fut

Aseoli dans la Marche d'An-

!# j^S^, ' (une. Ses parents nobles et

i# j '-■'^ é pieux, rélevèrent avec soin.

A peine âgé de 7 ans, Con- S S rad se lia d'amitié avec un

liS»«9»»^iai9!a»#fl(®»»®i®ia8 J^uft; enfant de son âge et

cette amitié ne devait jamais se démentir. J'^nsenible ils entrèrent au couvent des Frères Mineurs d'Ascoli ; ensemble ils prirent l'habit et firent leur profession religieuse ; ensemble aussi ils se livrèrent à l'étude et furent appelés par les su])érieurs de l'Ordre à enseigner la théologie, dans la \^ille éternelle. Quelcjucs personnes ayant vu un jour le petit Conrad à genoux devant son compagnon, lui demandèrent pourquoi il lui donnait de telles marques de vénération : « Ah ! répondit Conrad, c'est que je vois dans ses mainS les clefs du ciel ; « notre petit saint jouissait déjà du don de prophétie, car son ami était le futur Général des Franciscams, le Père Jérôme d^ Aseoli, le futur successeur de saint Pierre, le Pape Nicolas IV.

Quand le Père Jérôme eut été promu au généralat, notre Bienheureux obtint la permission de passer en Afrique pour y dépenser sa vie à la conversion des pauvres païens. Là,' au prix de fatigues inouïes et de courses incessantes dans les diverses contrées de la Lybie, aidé du reste d'en Haut par le don des miracles, le fervent missionnaire arracha à l'idolâtrie de nombreuses familles et à l'enfer des milliers d'âmes. Irrité de ses succès, le démon lui suscita chaque jour des tribulations nouvelles, il en vint jusqu'à le frapper continuellement, mais le serviteur de Dieu lui opposa la prière et sortit toujours victorieux des attaques de l'esprit de ténèbres. Au nom de l'Adorable Trinité qu'il prêchait toujours, Conrad rendait la santé aux malades, guérissait les paralytiques, mettait en fuite les démons ; il ressuscita même deux morts en Afrique, par l'invocation de cet auguste mystère.

92 19 AVRIL. — B. CONRAD D'aSCOLI

jj. Le B. Conrad pratiquait la pénitence à un degré héroïque, j j^

"^1 II couchait sur une planche, ne prenant qu'un court sommeil, \^

^^\ portait un vêtement grossier et marchait toujours nu- pieds. Il se ^'"-^

^1 nourrissait au pain et à Teau quatre jours par semaine, les lun- 1^

I di, mercredi, vendredi et samt^di. Il consacrait les mardi et i

j jeudi à 1j délivrance des âmes du Purgatoire : ses prières et ses j

I jeûnes furent si efficaces que des âmes nombreuses lui durent de I

-^1 voir abréger leurs peines, ainsi que Dieu le lui révéla par le

s^! ministère de ses anges. La Passion du Sauveur était le sujet

^ habituel de ses méditations ; le jour du Vendredi- Saint, il sentait

redoubler sa compassion aux douleurs de l'Homme-Dieu, et

chaque année, en retour de sa ferveur, Jésus daignait, en ce jour,

j lui apparaître tel qu'il fut devant Pilate et le peuple Juif, abreuvé

^j d"afflictions et couronné d'épines.

,^v Malgré les prodiges que son zèle opériit sur la terre d'Afrique,

^ il fut bientôt rappelé en Europe par le Pape Nicolas III et en- ^^j voyé, avec son ami, à Paris, pour négocier la paix entre les rois ! de France et d'Espagne. Leur mission terminée, ils revinrent à j Rome, et de nouveau Conrad reçoit l'ordre du Souverain Pon- };, i tife de se rendre à Paris pour y profc;sser la théologie. 11 ne tarda "^ pas à attirer l'admiration de tous. Non moins éloquent que ^ savant, il passait de la chaire du professeur à celle du prédica- ^x teur et trouvait encore le temps de visiter les hôpitaux au service desquels il mettait tous les trésors de tendresse et de compassion qui étaient dans son âme. — Pendant ce temps, son vieil ami élevé au souverain pontificat voulait associer Conrad au gouvernement de l'Eglise. Il le rappela à Rome dans l'intention de le nommer Cardinal et d'en faire son conseiller intime. Mais, en passant à Ascoli, notre saint demanda au Seigneur de le soustraire aux honneurs : il tomba dangereusement malade, et peu après il rendit son âme à Dieu, en disant : k Seigneur, j'ai espéré en vous et je ne serai point confondu dans l'éternité. » Le Pape Nicolas IV pleura amèrement la mort de son ami et déplora la perte que faisait en lui la Ste Eglise, car il attendait beaucoup de son zèle et de ses conseils pour l'aider dans son gouvernement. Les habitants d'Ascoli, fiers de la gloire de leur bienheureux concitoyen, lui élevèrent un tombeau magnifique. Quelques années plus tard, on construisit une église pour y transporter ses précieux restes ; son corps fut trouvé sans corruption, et répandant une odeur suave.

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l'Ki"' ikK, Franciscain

l.a même année, où suint Léonard de Port-Maurice, le grand apôtre Franciscain, qui par ses efficaces prédications avait remué l'Italie et rame né tant d'âmes à Dieu, allait se reposer de ses travaux et jouir de la gloire des vainqueurs, la milice séraphiciue ouvrait ses rangs à un nouveau soldat. Or, ce combattant qui au premier jour de sa nouvelle vie prenait saint Léonard pour modèle, était digne de prendre la place de celui dont il devait reproduire si fidèlement les vertus apostoliques.

Né à Gaiches, bourgade du diocèse de Pérouse, Léopold avait pas-é son enfance sous le regard attentif de ses pieu.x parents, occupé à la garde des troupeaux. A peine a-t-il fait profession dans l'Ordre Séraphiquc, qu'il s'adonne à l'étude avec ardeur et persévérance, au point que ses supérieurs le désignent pour enseigner la philosophie et la théologie à ses frères. Il professa ces deux sciences, pendant plusieurs années, après son sacerdoce. Jamais pourtant il ne chercha ni la gloire, ni la louang:; des hommes, mais uniquement la gloire de Dieu et l'avancement des religieux confiés à ses soins. Il s'appliquait à enrichir leur intelligence, tout en les aidant à orner leur cœur des plus saintes vertus. Quant à lui, amateur du silence et de la cellule, il travaillait à faire fleurir le jardin fermé de son âme, afin de lui f-iire porter des fruits plus abondants.

Ainsi préparé, il pouvait s'élancer à la conquête des âmes. Il fut, en effet, chargé du ministère de la prédication, et si l'obéissance le détourna des pays infidèles où il eût aimé dépenser l'ardeur de son zèle et même verser son sang, ce ne fut pas sans des transports de joie qu'il entreprit son apostolat en Italie. Dès ses premiers travaux, il recueillit des fruits imftienses. En voyant apparaître ce religieux mortifié, les yeux baignés des larmes qu'il avait répandues au pied de son crucifix, le front ceint

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