‹ Nos saintsChapitre 20 sur 105 · AVRIL. — B. LEOPOLD DES GAICHES · texte numérisé non relu

AVRIL. — B. LEOPOLD DES GAICHES

d'une couronne d'épines, une chaîne de fer enroulée autour du cou, une grande croix à la main, Témotion gagnait les cœurs; à l'émotion succédaient les larmes, et bien souvent le saint missionnaire fut obligé de suspendre, et parfois d'abandonner son sermon pour laisser place aux cris de repentir qui s'élevaient de tous les points de l'auditoire, implorant le pardon et la miséricorde de Dieu. A ces démonstrations succédaient les actes. Qui dira les conversions sans nombre et, pour ainsi dire, prodigieuses qu'il opéra ? A sa parole des ennemis jurés se réconciliaient, le bien d'autrui était restitué, des habitudes coupables et invétérées complètement déracinées : tandis que, d'autre part, des jeunes gens, à la fleur de l'âge, couraient s'enfermer dans les cloîtres : des jeunes filles auxquelles souriaient les plus belles espérances de la vie, renonçaient aux plaisirs du monde pour aspirer aux noces de l'Agneau sans tache. Enfin, une multitude innombrable de persotmes se renouvelaient dans l'esprit de pénitence et prenaient l'habit du Tiers-Ordre de saint François, afin de mener une vie plus régulière et plus parfaite. Rien ne résistait à ses arguments, simples, il est vrai, mais longtemps préparés dans le feu d'une oraison ardente.

Appelé à gouverner ses Frères, il se hâta de se démettre de ses fonctions, afin de se donner tout entier aux observances de la Règle. Dans ce but, il fonda un riti'ro (couvent de retraite) sur le Mont Luc près de Spolète et lui donna des règles spéciales qui méritèrent l'approbation du Siège Apostolique. C'est là que brilla d'un éclat merveilleux la constance du Bienheureux Léopold. Aux jours mauvais de la Révolution qui, à la fin du xviii' siècle, bouleversa la France et l'Italie, on s'attaqua à son couvent ; la violence, armée d'une loi inique, le força à quitter sa chère retraite, il partit donc avec plusieurs de ses frères, mais ils gardèrent dans le monde leur genre de vie.

Il ne cessa de prêcher à travers l'Ombrie ; refusant de prêter le serment constitutionnel devant l'ofiîcier civil, il fut pour ce fait envoyé plusieurs fois en exil, laissant à tous un exemple admirable de courage chrétien.

A tant de vertus et de zèle, le Seigneur répondit par des faveurs singulières, dont il gratifia son serviteur. Le don des miracles lui était presque habituel, il fit de nombreuses et importantes prédictions toujours réalisées, enfin il pénctrait les .secrets des cœurs ; ces faveurs jointes à ses effrayan'es austérités avaient fait de lui un objet de vénération pour l'Italie entière, qui le pleura à sa mort, comme on pleure un père et un grand bienfaiteur.

\k\àÊ

,->»->»-^taa4 C^ -»».-»^>»*j^-f4.,«4.

'-*^->^:tjï^.<g^««^ --^.^^^ï^^-..g-.

Page 1