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Fkkrk i.ai, Ikan<iscain (1292)
Le Séraphique Docteur h saint Bonaventure a porté de i lui ce jugement : « Qu'il avait V/ re(;u du ciel la grâce d'aider -i^ rt"////^ manière efficace ceux qui "f rifivoquent pour obtenir les biens de l'âme. » C'est qu'en effet, Egide était une de ces âmes simples et fidèles avec lesquelles le Seigneur se complaît. Ayant appris, un jour, que saint François avait admis deux disciples, il se dit à lui-même : << Pourquoi ne ferais-je pas moi aussi comme ces deux frères, et pourquoi n'irais-je pas me joindre à ces insensés qui ont la. /o/ie de préférer les biens du ciel à ceux de la terre ? » Et incontinent il va trouver saint PVançois. Il était riche, il abandonne tout et revêt l'habit de la pauvreté. Le nouveau Frère était digne d'être admis parmi les premiers compagnons de saint François. C'était, avons-nous dit, une âme simple et candide dans laquelle se trouvaient à la fois une tendre chaiité pour les autres et un profond mépris de soi, joint à un ardent amour des humiliations. Que de traits aimables dans sa vie révèlent cette charmante simplicité que notre Père chérissait tant ! Un jour, il s'entretenait avec saint Bonaventure, dont il admirait la piété autant que la science, et lui exprimait ses regrets de ne pouvoir louer le Seigneur autant que les savants de l'Ordre. « Quand Dieu n'aurait donné à l'homme que son seul amour, dit le Docteur Séraphique, cela lui suffirait. — Eh! quoi, reprend Egide, un ignorant peut aimer Dieu autant que le docteur le plus savant? — Assurément, répondit saint Bonaventure, et Egide, ivre de joie, court au jardin et crie par-dessus les murailles : <( Femmes pauvres et ignorantes, réjouissez-vous, car vous pouvez aimer Dieu autant et plus que frère Bonaventure. »
Egide n'avait point étudié, mais il avait un maître qui lui donnait de grandes lumières : c'était le Saint-Esprit lui-même. Le Pape et les Cardinaux ne dédaignaient pas de venir le consulter. Un jour il voit venir à lui un illustre savant de l'Ordre de saint
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23 AVRIL. B. EGIDE d'ASSISE
Dominique, tourmenté par un doute sur la virginité de Marie. Egide va au-devant de lui et lui parlant le premier, il lui dit en frappant la terre avec son bâton : « O mon frère, elle est Vierge avant l'enfantement divin ! » Au même instant un lis magnifique sort de terre. Frappant de nouveau la terre, il ajoute : « Elle est Vierge dans son enfantement,» et un second lis paraît à côté du premier. Une troisième fois il frappe la terre et s'écrie : " Elle est Vierge après son enfantement, » et aussitôt un troisième lis éclatant de blancheur se dresse devant eux. La tentation du théologien avait disparu.
Saint Louis, Roi de Florence, étant venu en habit de pèlerin visiter le tombeau de saint François, s'était arrêté à Pérouse où était le B. frère Egide et sans se faire connaître demanda à lui parler. Egide, apprenant par révélation que ce pèlerin n'était autre que le roi de France, descendit au parloir, et les deux Saints, comme s'ils eussent été liés de la plus ancienne et de la plus étroite amitié, se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, tombèrent à genoux, restèrent longtemps ainsi sans proférer une seule parole, se séparèrent sans avoir échangé le moindre mot. Comme on lui reprochait ce manque de civilité, Egide disait ensuite : «La langue humaine est incapable d'exprimer les secrets de Dieu, c'est pourquoi nous n'avons point parlé. Sachez, mes Frères, que le roi m'a quitté satisfait et le cœur rempli de consolation. X
Un jour le P. (iardien envoya à la quête un frère qui était en oraison. Celui-ci vint se plaindre au Frère Egide disant qu'il serait mieux pour lui de continuer sa piière. - « Mon Fils, répondit Egide, vous n'avez donc pas encore compris ce que c'est que la prière. La véritable prière, c'est de faire la volonté de son Supérieur, c'est d'accomplir ce que l'obéissance et le devoir demandent de nous. » Belle parole qu'il est bon de se rappeler souvent.
Le bienheureux Egide mourut consumé par l'amour divin, après avoir été ici-bas une copie vivante de son Séraphique Père. Ce Bienheureux avait coutume de dire : « Il y a trois choses très importantes et très utiles et celui qui les possède ne saurait tomber dans le mal ; ces trois choses sont : supporter de bon cœur pour l'amour de Jésus-Christ toutes les peines qui nous arrivent ; nous humilier en toutes choses et à chaque instant ; aimer fidèlement, et de tout notre cœur, le bien suprême, céleste et invisible.
Daignez, ô Bienheureux, notre frère, intercéder efficacement auprès de Dieu et nous obtenir de Lui les trois moyens de sanctification que vous nous avez recommandés.
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("i- glorieux martyr de Jésus-Christ, na(iuit à Sigmaringeii, petite ville de Souabe.
A|)rès de brillantes études dans la célèbre Université de l'Vibourg, il conijuit le grade de docteur, et fut inscrit parmi les avocats de Colmar, en Alsace. 11 abandonna bientôt cette fonction pour revêtir les livrées séraphiques. Au noviciat. Fidèle justifia sa dénomination, car il fit, malgré les efforts du démon, de tels progrès dans la voie de la perfection, qu'on le considérait comme une vivante image de son Séraphique Père et que les Supérieurs de l'Ordre, après l'avoir admis au sacerdoce, lui confièrent la charge de (iardien. Il s'acquittta de cette mission comme savent le faire les saints. L'observance exacte de la Règle et le maintien de la sainte pauvreté faisaient surtout l'objet de son zèle.
.\u milieu de ses occupations, n'oubliant i)as les âmes, il travaillait à la conversion des pauvres pécheurs et, à l'exemple de saint François, désirait ardemment répandre son sang pour la défense de la Foi. Il ne demanda pas en vain cette grâce à la sainte Vierge. Envoyé en Suisse par la Sacrée Congrégation de la Propagande, il s'y consacra, malgré les fatigues et les persécutions, à la conversion des Calvinistes ; prêchant partout la parole de Dieu il faisait briller la vérité, dans toute sa splendeur, aux yeux d'une foule de malheureux, jusque là aveuglés par l'hérésip. L'enfer s'émut de ses succès, et, un jour tandis qu'il prêchait dans l'église, des héréti(iues obstinés le sommèrent d'embrasser la doctrine de Calvin. « Non, jamais, répondit le Saint avec calme et fermeté, je ne suis pas venu ici pour embrasser l'hérésie, mais pour la combattre. » Alors ces forcenés se jettent sur lui, le frappent avec rage, l'immolent dans le lieu même où le Divin Maître se sacrifie chaque jour pour nous, et l'invincible athlète de la foi cueille ainsi la palme tant désirée. Puissions-nous imiter, nous aussi, 'a constance du bienheureux Fidèle pour servir fidèlement Jésus-Christ, en méprisant le respect humain !
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% W.uvE, DU Tiers-Ordre I (1331-1414)
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Jeanne-Marie de Maillé naquit au château de la Roche au diocèse de Tours. Dès sa plus tendre enfance elle fut prévenue de bénédictions divines ; le recueillement, la prière, la lecture delà vie des saints faisaient ses délice;, et en vain Jeanne de Montbazon sa mère essaya-t-elle de l'attirer aux distractions ordinaires à sa condition. Une voix intérieure la sollicitait à d'autres conversations et à d'autres joies. Elle n'avait que onze ans, quand un jour de Noël, assistant au saint sacrifice avec ferveur, elle fut ravie en extase et goûta pour la première fois ces consolations célestes dont elle devait être si souvent inondée. Peu de temps après, la Vierge Marie lui apparut, tenant entre ses bras le divin Enfant ; d'un encensoir d'or la Vierge versait des gouttes de sang sur les vêtements de la sainte, et offrant Jésus à son adoration, elle lui recommanda de toujours méditer sur la Passion douloureuse.
A l'âge de 15 ans, ses parents la fiancèrent au Seigneur Robert de Silly. Elle fut consternée de ce dessein, mais le Seigneur daigna la rassurer dans une vision et lui garantir le trésor de sa virginité, et dès lors, elle ne fit plus de difificulté d'accepter l'époux qu'on lui avait choisi. D'ailleurs un ange apparut à Robert pour lui recommander la vertu de sa jtune épouse. Leur union virginale dura treize ans, consacrés entièrement à l'amour du Christ et à la pratique des œuvres de charité. Après ces 13 années de bonheur, Robert de Silly mourut et la jeune veuve, dépossédée, chassée brutalement du château, trouva à grande peine un refuge dans la chaumière- d'une ancienne servante. Comme mainte Elisabeth, patronne du Tiers-Ordre, elle souffrit avec une grande patience les pénibles épreuves qui l'affligèrent à cette époque. E'ie se retira alors à Tours, dans un ermitage situé près de l'église des Franciscains, et là sous l'habit du Tiers-Ordre elle unit les œuvres de charité à la pratique de la plus austère pénitence et d'une corrtemplation continuelle.
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27 AVKII..— HIKNHRURROSR JBANNR-MARIR DR MAll.I.K 99
Au moyen âge, une maladie, non moins cruelle que répugnante, ajjportée des lointaines contrées de l'Orient, exerc^ait en Europe dalïrvux ravages. La lè[)re condamnait à une perpétuelle sé.juestration les infortunés tjui en étaient atteints et provoijuail I horreur de la société ; mais aussi elle fournissait un héroïque aliment au zèle de la charité chrétienne ; Its âmes généreuses, appelées à une grande perfection, débutaient souvent, à l'exemple de saint Franc^ois d'Assise, par le soin des lépreux, pour se former, à cette école, à l'abnégation et au sacrifice, fondement indispensable de toute sainteté. Marie de Maillé n'eut pas une moindre compassion pour ces infortunés ; elle allait les soigner juscjue dans leurs léproseries et leur rendait tous les services que suggère la charité. Un jour elle en trouve un, entre autres, dont la vue révoltait les natures les moins délicates et qu'on avait relégué dans une petite chaumière, loin de toute habitation et de tout chemin public, pour que l'infection qui s'exhalait de son corps ne pût inco nmoder les passants. Marie con(;ut pour ce malheureux une affection de mère ; elle lui apporta tous les jours la nourriture et le soigna avec un si touchant f^\ dévouement qu'il ne tarda pas à recouvrer une santé parfaite.
Tout en s'occupant des œuvres de miséricorde notre Bienheureuse ne perdait point de vue sa propre sanctification. En récompense de ses macérations et de ses pénitences sans nombre elle fut favori.sée de grâces de prédilection, les miracles l'accompagnèrent t-t firent éclater sa sainteté aux yeux des hommes. Sa vénération profonde pour le Saint Sacrement put alors se donner pleine carrière. Les Franciscains lui laissaient la faculté de passer les nuits entières devant le Tabernacle. Quand elle commu- I niait, son visage, pâle et amaigri par les austérités, reprenait de vives couleurs, et son amour s'exprimait dans des vers pleins de ^^! piété et de douceur.
Elle avait, en même temp<5, une particulière compassion pour les prisonniers, qu'elle visitait, consolait et parfois même délivrait par ses prières. Ayant obtenu de Charles VI la grâce de tous les prisonniers de Tours, comme le geôlier ne se hâtait pas de les mettre en liberté, Jeanne pria le Seigneur, les portes de la prison s'ouvrirent d'elle.s-mêmes, et tous furent miraculeusement délivrés.
Elle désirait vivement la grâce du martyre ; or, un jour, elle se sentit mystérieusement attaquée et frappée par des êtres invisibles ; elle fut renversée à terre, son corps fut inondé de sueur et de sang. Quelques jours après, elle expirait saintement, âgée de quatre-vingt deux ans.
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Frère lai, Franciscain (1490)
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Originaire de la Dalmatie, ce serviteur de Dieu passa les dernières années de sa vie religieuse dans le couvent de Bitetto, au royaume de Naples. Lame remplie de ferveur, il s'appliqua toujours à mener une vie obscure et toute cachée avec Jésus- L'hrist en Dieu. Sa dévotion à Marie était toute filiale : étant au couvent de Convcrsano, il se retirait le soir dans une grotte tiédiée à la Mère de 1 )ieu, et là, après s être infligé une rude discipline, il passait la nuit presque < ntière en oraison.
Toute créature était pour le Bienheureux un moyen de s'élever vers le Créateur : le feu matériel en particulier, alors surtout qu'il remplissait l'emploi de cuisinier, lui rappelait sans cesse le feu dévorant de l'enfer et le malheur detre séparé de Dieu pour l'éternité. Il n'en fallait pas davantage pour attiser la flamme de l'amour de Dieu qui consumait tout son être et pour stimuler une générosité qui ne connaissait pas de bornes. Il n'avait pas la science terrestre, mais Ce'ui qui le conduisait dans les sentiers d'une oraison ardente, illuminait ses yeux et lui donnait de voir, de goûter ce que les savants de la terre nont point vu, ce que leur pensée n'a pas imaginé, ce que Dieu révèle aux humbles, et il contemplait dans la prière les mystères de la foi que les savants ne peuvent élucider dans leurs spéculations théologiques. — Ses lumières prophétiques étaient connues de tout le monde. Aussi quand il allait demander l'aumône, les mères lui présentaient leurs enfants malades et lui demandaient son avis : « Allez, disait il à lune, votre enfant guérira. » Il touchait le front du petit infirme et aussitôt son mal disparaissait. A l'autre il ajoutait : « Votre fils est mûr pour le ciel, il va s'en aller en paradis, » et la prédiction se réalisait selon la parole de l'homme de Dieu. Seigneur, qui donnez votre grâce aux humbles, accordez-nous l'humilité par l'intercession de votre serviteur, afin que lui ressemblant sur la terre, nous méritions de régner avec lui dans le ciel.
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DU Tikrs-Okiikk.
I )c|)uis (iucl(iiic temps saint Franc^ois méditait dans son cœur la fondation d'un troisièiTie Ordre, destiné à faire marcher dans la voie de la perfection les chrétiens
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au milieu du monde, lorsqu'un jour Lucius ou Luchésius se présenta à lui. Lucius, originaire de Poggi-Bonzi, en Toscane, était riche des biens de la terre, mais il ne songeait guère à ceux de l'éternité.
Cependant un jour, saisi par la grâce, il comprit le néant du monde et se prit à mener une vie plus conforme à l'esprit chrétien. Sur ces entrefaites, saint François passa par le pays prêchant la pénitence et le royaume de Dieu. Ce fut en cette occasion que l'Esprit-Saint l'amena à F>ançois qui, éclairé par les lumières divine'î, reconnut qu'il avait devant lui le premier soldat de la milice qu'il voulait fonder. Le saint fondateur lui donna l'habit que les Tertiaires portent encore aujourd'hui, et une règle qu'il composa et qui fut approuvée plus tard par le Pape Nicolas IV. — Lucius ne se contenta pas de changer de vêtement, il réforma toutes les habitudes de sa vie. Il donna tous ses biens aux pauvres, ne se réservant qu'un petit champ pour lui-même, ei cet homme qui, par le passé, avait été si actif à fomenter les divisions et à exciter les mauvaises passions de ses concitoyens, se fit alors l'apôtre de la paix et de la concorde.
Les pauvres qu'il avait dédaignés lorsqu'il était riche trouvèrent en lui un généreux protecteur, et bien souvent n'ayant rien à leur donner, il alla mendier pour eux. Il poussait sa charité jusqu'à sortir dans les rues pour voir s'il ne s'y trouvait pas quelque malheureux infirme, qui n'aurait pas eu la force de se traîner jusqu'à son logis, et lorsqu'il en rencontrait, ce qui arrivait souvent, il le portait dans sa demeure. Dans une de ces courses, où il s'était chargé de l'un d'entre eux gravement malade, tandis qu'il donnait la main à deux autres moins abattus, un jeune
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28 AVRIL. — B. LUCHÉSIUS
homme de vie dissolue le rencontre sur son chemin et se met à le railler: « Quel singulier fardeau vous portez là, lui dit-il ; vraiment vous ne s^-ntez pas le diable assis sur votre dos?« Le saint homme lui répondit en pleurant : « Je porte Jésus-Christ qui nous a dit : « Ce que vous avez fait au moindre de mes frères, c'est à moi-même que vous l'avez fait. » Au même instant et par un juste châtiment du ciel, le jeune homme devenait muet. Effrayé, il reconnaît sa faute, il en demande pardon avec larmes à Lucius qui intercède pour lui et lui obtient sur le champ sa guérison. « Grâces soient rendues au Seigneur, s'écria le jeune homme, et à vous aussi frère Lucius, ma langue avait blasphémé Dieu et injurié ses pauvres, par vos mérites elle échappe ainsi à une juste punition. » — « Allez en paix, mon fils, lui dit le Bienheureux, mais veillez bien sur vous-même, afin de n'offenser Dieu dans la suite ni par vos actions, ni par vos paroles, autrement il pourrait vous en arriver pire. »
A la pratique de la charité il joignait celle de la mortification ; il s'infligeait de cruelles disciplines et macérait sa chair par toutes sortes de moyens. Aussi Dieu honora par de nombreux prodiges ce premier membre du Tiers- Ordre. — Bona Donna, son épouse, digne émule de ses vertus, vieillit aussi dans la pratique de toutes les bonnes œuvres. Aj'ant revêtu l'habit de la pénitence avec son époux et partagé ses travaux, elle alla jouir en même temps que lui de la récompense que le Seigneur leur réservait. Le B. Luchésius et son épouse puisèrent dans la prière et la contemplation le zèle de leur charité. Ils y consacraient de longues heures pendant la nuit, et, durant le jour, leur âme si pleine de sollicitude pour les pauvres, ne perdait jamais de vue le souvenir de la présence de Dieu.
PRIONS
Seigneur, vous qui plein de miséricorde avez voulu que le Bienheureux Lucius brillât dans les pieux exercices de la charité et de la pénitence, faites que ses exemples et son intercession nous rendent capables de faire de dignes fruits de pénitence afin que sur ses traces nous méritions votre miséricorde, ,
Ainsi soit- il.
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B. -Benoît ^'^lrbino
I'rAtkk, Capucin (1560- 1625)
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Urbino, Benoit de bonne heure de ses pieux parents. Il se jeta alors dans les bras de la sainte Vierge, et la conjura avec larmes de ne point le laisser orphelin et de lui tenir Heu de Mère.
Dès ce jour l'amour de Marie devint, on peut le dire, le caractère propre de la piété de notre Bienheureux.
Après avoir étudié à Pérouse et à Padoue, où il obtint les plus brillants succès, il dit adieu au monde pour revêtir les livrées séraphiques chez les Capucins de Fano. Pendant son noviciat, il plut à Dieu de le soumettre à une cruelle épreuve; sa santé se trouva si fortement ébranlée que ses supérieurs crurent devoir le renvoyer dans sa famille ; mais à la prière du jeune novice la sainte Vierge lui accorda une promple guérison. La sainte oraison devint vite l'occupation continuelle de son esprit, et pendant le cours de ses études théologiques, il aimait à répéter : « Accordez-moi, Seigneur, la science qui apprend à vous connaître ; mais surtout faites-moi la grâce de vous aimer, car je ne veux vous connaître que pour vous aimer. »
Le Bienheureux prêcha la parole divine en Allemagne, où il combattit avec ardeur l'hérésie de Luther ; en Italie, où il recueillit parmi les petits et les pauvres des fruits abondants de salut. Dans ses courses comme dans sa pauvre et étroite cellule, il se montra toujours observateur fidèle des règles et des moindres observances. Son amour de la pauvreté était tel qu'il recueillait les enveloppes de lettres et les bouts de papier jetés au rebut, pour y écrire ses sermons. Après sa mort il s'exhala de son corps une odeur de myrrhe et d'encens qui figuraient, sans doute, l'austère pénitence et la prière fervente qui avaient occupé toute sa vie.
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S. ipierre IRcçjalat
Prêtre, Franciscain (1390- 1456)
„ Pierre Régalât est la première fleur de sainteté qui ^- se soit épanouie dans le Pre- M mier Ordre de saint François :^: sous le ciel de l'Espagne.
U ^^-y y ".^^'', jn Né d'une famille distinguée
^ . . par sa noblesse et sa vertu,
S:^ * :^ * :^ * ^ * V * 5*CÉ le jeune Pierre âgé de dix
ans se sentit un vif désir de se consacrer au Seigneur et sollicita la grâce d'être admis dans l'Ordre Séraphique. Il éprouva une longue opposition de la part de sa mère, mais il montra, par sa persévérance, que cette pensée n'était le fruit ni de l'imagination, ni d'une ferveur passagère. Dans ce même temps, un homme suscité de Dieu, Pierre de Villaclet, travaillait à étendre en Espagne la réforme inaugurée par saint Bernardin de Sienne et saint Jean de Capistran. L'âme toute brûlante d'amour et avide de sacrifices, notre jeune saint n'hésita pas à se placer sous un tel maître dont l'austérité et la sainteté de la vie rappelaient les plus beaux jours de l'Ordre Séraphique : aussi notre Bienheureux avança-t-il rapidement dans les sentiers les plus élevés de la perfection.
Après la mort de son maître saint Pierre Régalât fut appelé à lui succéder dans le gouvernement de plusieurs couvents de l'Observance, et il était digne de ce choix à tous égards : grand amateur de la sainte pauvreté, il ne portait qu'un vêtement usé et couvert de pièces, marchait nu-pieds et ne consentit à prendre des sandales que dans sa vieillesse. Sa vie était, pour ainsi dire, un jeûne non interrompu au pain et à l'eau. Nous ne détaillerons pas ses autres pénitences, disons seulement qu'elles furent en rapport avec la soif d'immolation qui le dévorait. Dans ses entretiens avec le ciel, ce serviteur de Dieu apparaissait aux yeux de tous comme un séraphin ; de son cœur embrasé s'échappaient, comme d'une fournaise ardente, des gerbes de flamme : à plusieurs reprises ses frères le virent environné d'une auréole de feu, élevé de terre et immobite, des heures entières.
Il arriva même, une nuit, que les habitants du voisinage,
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< 13 MAI. — S. PIBRRR RÉGALÂT I05
^^ ayant a|)cr«^u tks jets de llamnif au couvent, crurent à un incen- "^1 die, et accoururent pour l'éteindre : c'était tout simplement .i^l notre Saint ijui était ravi en extase et environné d'une nuée lumineuse.
Il était envers ses frères d'une charité et d'une sollicitude admirables. Une hirondelle venait troubler par son gazouillement la i^rière de ses religieux, il lui ordonna de s'en aller et fut -^1 obéi sur-le-champ. A sa prière, un envoyé mystérieux apporta au --^ couvent le re|)as pour ses frères réunis devant les tables vides du réfectoire.
H lui arriva souvent de se transporter avec la rapidité de réclair d'un couvent dans un autre pour y présider divers exer- ^ cices. Quand, ayant à traverser un fleuve, il ne trouvait pas de ^ barque à sa disposition, l'homme de Dieu jetait son manteau - sur les flots ; puis faisant sur l'eau le signe de la croix, il s'avançait sur son manteau comme sur une nacelle. Il lui arriva souvent de transporter ainsi d'une rive à l'autre son compagnon et même la bête de somme dont il se servait pour aller à la quête. La vie de saint Pierre Régalât était, à vrai dire, une suite non interrompue de miracles. Arrivé à sa dernière heure, il pria le Gardiei^ de lui faire, pour l'amour de Dieu, la charité d'un pauvre habit ; après quoi il expira paisiblement en prononçant en union avec Jésus cette suprême parole : « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains. » Il avait, avant de mourir, guéri le neveu de l'évêque, accouru pour lui administrer les derniers sacrements, et dont il avait annoncé à ses frères l'arrivée, quoiqu'on ne l'attendît nullement en ce moment.
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Seigneur qui avez daigné associer aux délices de votre gloire, le Bienheureux Pierre votre bienaimé serviteur, daignez par ses mérites et son intercession, nous accorder la grâce de mener à son exemple une vie pénitente afin d'arriver un jour au bonheur éternel. Ainsi soit-il.
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Prêtre, Franciscain (1251-1322)
♦ François était encore tout ^ enfant, lorsqu'une grave ma-
♦ ladie le conduisit aux portes 4. de la mort. Dans cette extré- "f mité, sa pieuse mère fit vœu
♦ de le porter au tombeau de 4..î..j.^^^4..î.^^^^^^4..jmî.4..5.4.^^4. saint François d'Assise, s'il
recouvrait la santé, et bientôt le mal disparut ; dans ce voyage, elle rencontra le frère Ange-Tancrède, un des disciples du saint fondateur, homme d'une vertu éminente, qui prédit que cet enfant entrerait un jour dans l'Ordre Séraphique : l'événement vérifia la prophétie.
A l'âge de quinze ans, François étudiait la philosophie ; or un jour, tandis qu'il repassait dans sa chambre les leçons de son maître, une voix se fit entendre, qui lui dit, par trois fois : « François, lève-toi, va trouver le frère Gratien, de l'Ordre des Frères Mineurs, et accomplis sans retard tout ce qu'il te prescrira. )) Quelque temps après, le Bienheureux faisait profession dans l'Ordre Séraphique et se livra ensuite à 1 "étude de la théologie dans laquelle il devint un maître consommé. Il aimait les livres, et, pour répondre à son désir, son père enrichit la bibliothèque du couvent d'un grand nombre de précieux ouvrages des Pères. François devint lui-même un prédicateur distingué, il annonça la divine parole avec succès et s'appliqua avec zèle à la conversion des âmes. Rien ne lui semblait difficile ni pénible pour les ramener à Dieu ; non seulement il prêchait, mais il se montrait assidu à entendre les confessions, il exhortait les hommes, en particulier comme en public, il les attirait par de douces paroles, il les entraînait par d'héroïques exemples de vertu.
Cet homme dont la vie avait été si pure, déclara une guerre perpétuelle à son corps, il l'immolait comme une victime pour les péchés du monde. Il ne mangeait qu'une fois par jour et son repas consistait en un peu de pain trempé dans de l'eau froide. Son vêtement avait l'âpreté du cilice ; il ne donnait que quelques heures au sommeil et sur un^ couche presque aussi
H. FRAN<j'OIS DE KAHRIANO
dure (jne la terre nue ; le reste de la nuit se passait en prières. — Son cœur brûlait de l'amour du prochain, et cet amour se portait partout où il y avait des souffrances à soulager. En un mot, il était, pour ses frères, un miroir de perfection et de vertu. Son humilité le rendait très-défiant de son propre jugement et de ses propres lumières. Lui demandait-on un avis, il l'émettait toujours, malgré sa grande science, avec réserve, et n'avan(^ait rien qui ne lui parilt autorisé et bien prouvé. Les grands mystères de la l'assion du Sauveur, objet habituel de ses réflexions, lui faisaient verser d'abondantes larmes chaque jour. Une longue oraison le préparait à la célébration des saints mystères, qui étaient [)Our lui un inextinguible foyer de ferveur. Un jour, qu'il avait célébré la messe pour les défunt.s, comme en terminant il disait : Recjuiescant in pace, on entendit plusieurs voix répondre avec allégresse : Amen, amen. On crut avec raison que c'étaient les voix des âmes délivrées par le mérite du sacrifice et par les prières du serviteur de Dieu. — Un autre jour, au moment de prendre le Précieux Sang, notre Bienheureux s'aperçut qu'un petit scorpion était tombé vivant dans le calice : il pouvait, en suivant la rubrique du Missel, éviter le danger d'un empoisonnement, mais par respect pour le sacrement et sans s'émouvoir du danger, il prit le Précieux vSang, et avala en même temps le petit animal sans en être incommodé.
Le B. François de Fabriano connut par révélation le jour et l'heure de sa mort, qui arriva le 22 avril 1322 ; il était âgé de 77 ans, dont 56 s'étaient écoulés dans la vie religieuse. Le corps de ce Bienheureux enseveli dans l'Eglise des Franciscains de Fabriano se voit encore aujourd'hui préservé de toute corruption.
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