‹ Nos saintsChapitre 22 sur 105 · Bienvenu be IRécanati · texte numérisé non relu

Bienvenu be IRécanati

Frkrelai, Franciscain (1289)

* Dès le début de sa vie w religieuse, Bienvenu s'adon- S na avec ardeur à la pratique 1^ de l'humilité et de la péni- ^ tence, et trouva dans une lit fidélité inviolable à sa sainte s% Règle le moyen d'atteindre M rapidement au sommet de la ^mmf^-j^-^mm ^m WW?^;^m^i=mik perfection. La divine Eucharistie était l'objet de ses adorations et de son amour; la vie cachée de Jésus dans nos tabernacles était le livre où le bon frère allait apprendre l'amour du silence, le mépris des agitations stériles du monde, la science de servir ses frères, et la fidélité à toutes les obligations de sa charge. On lui avait confié l'emploi de la cuisine, ce qui n'était ni un obstacle ni une distraction à sa ferveur. Il savait que le royaume de Dieu est au dedans de nous, et que les choses extérieures ne vont pas jusqu'à porter le trouble dans ce royaume, quand l'âme ne voit en toutes choses que la volonté du Père céleste. Les vertus du saint religieux reçurent dès cette vie leur récompense. Un jour, après avoir allumé le feu de sa cuisine et pris les premières dispositions pour préparer le repas, il se rendit à la chapelle, et y entendit la messe. Bientôt la contemplation du divin mystère le ravit hors de lui, plusieurs messes se succédèrent ; pendant de longues heures, le Saint demeura immobile en présence de son Sauveur immolé. Enfin revenu de son extase, il se rappela les devoirs de sa charge et sortit du saint Lieu en se reprochant son oubli. Mais à sa grande joie, il trouva tout en ordre : un ange, sous la forme d'un jeune homme, avait préparé le repas ; il pria le bon frère de ne pas se troubler, et disparut en le laissant comblé de consolations.

PRIONS

^ <f O Dieu plein de miséricorde, faites, qu'en célébrant la mé-

moire du Bienheureux Bienvenu, nous imitions son humilité et

I la dévotion qu'il montra sur la terre afin que par son inter-

1 cession nous méritions d'arriver à la bienheureuse éternité. »

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^. i\i;ical ^aylou

^ l'Ri-.kK l.AI, l'RANCISCAlN

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« Parmi les saints dont la piété à l'égard du sublime mystère de l'Eucharistie a paru se manifester avec une ferveur plus ardente, Pascal Baylon tient le premier rang.

5é^S Kspérant donc que Notre décision favorisera l'intérêtet le bien de la chrétienté, Nous déclarons et Nous constituons saint Pascal Baylon patron spécial des congrès et de toutes les associations qui ont pour objet la divine Eucharistie, tant de celles qui ont été constituées jusqu'à ce jour que de celles qui le seront dans l'avenir. » C'est en ces termes que le Souverain Pontife Léon XIII a exalté cet humble Frère Mineur, dont le nom sera prononcé avec amour par tous les chrétiens qui désirent s'embraser au contact de l'Eucharistie.

Cet aimable Saint vit le jour sur la terre d'Espagne. Ses parents gagnaient leur vie par le travail ; ils ne négligèrent pas, cependant, d'apprendre à leur enfant les premiers éléments de la religion, lui inspirant de bonne heure une tendre dévotion envers Jésus et sa très sainte Mère.

Pascal se Iqjssa naturellement diriger par les pieux sentiments qui lui furent ainsi suggérés. A peine pouvait-il marcher qu'il s'échappait pour courir à l'Eglise, s'entretenir familièrement avec Jésus Eucharistie. Occupé, dès l'âge de sept ans, à la garde des troupeaux, il s'efforça d'apprendre à lire et à écrire, ne dédaignant pas de demander des leçons à ceux qu'il rencontrait. On dit que les anges furent quelquefois ses maîtres. Ce n'était pas une vaine curiosité qui le poussait ainsi à acquérir la science : son but était de pouvoir lire les livres traitant de la religion et réciter l'ofïice de la sainte Vierge.

Le maître qu'il servait le prit en grande affection et voulut en faire son héritier. Mais Pascal, déjà embrasé d'amour pour la sainte pauvreté, le remercia de tant de bienveillance : « J'ai résolu, dit-il avec modestie, de m'engager àla suite de Jésus-Christ pauvre

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17 MAI. S. PASCAL BAYLON

et humilié, je ne puis donc accepter d'autre père que lui, ni d'autre héritage que la pauvreté, bien convaincu que si je m"abandonne à sa Providence il ne me laissera point manquer du nécessaire. » Divinement éclairé sur sa vocation, le sai»^ berger, c'est ainsi qu'on l'appelait, entra dans l'Ordre des Frères-Mineurs, et il choisit la condition de frère lai, afin de remplir les offices les plus bas et de se sanctifier dans les humiliations.

Mais, avant de revêtir l'habit franciscain, il avait été favorisé d'une grâce toute divine. Un jour que, selon sa coutume, il se prosternait dans les champs, au moment de la Messe, pour adorer Notre-Seigneur dans son divin Sacrement, la sainte Hostie lui apparut dans les airs, renfermée dans une custode étincelante de pierreries et portée par les anges. Ainsi était récompensée sa dévotion envers la divine Eucharistie.

Les progrès du frère Pascal étonnaient les plus anciens et les plus saints de la communauté. D'une austérité sans égale, il jeûnait fréquemment au pain et à l'eau ; toutefois, il préférait toujours l'obéissance à sa dévotion particulière. La pauvreté brillait chez lui de tout son éclat, ses habits étaient fort rapiécés et sa cellule n'avait pour tout ameublement qu'une croix, une image de la Vierge et une misérable couchette de planches. Il se gardait bien de se plaindre du travail qu'on lui confiait, fût-il même au-dessus de ses forces : (f Quelque nombreuses que soient mes occupations, disait-il un jour à un de ses supérieurs, tant que je me fatiguerai pour obéir. Dieu me viendra sûrement en aide. «

L'obéissance faillit lui procurer la palme du martyre. Vers l'an 1576, le Ministre Général de l'Ordre se trouvait à Paris, et la France était bouleversée en tous sens par les guerres de religion. Cependant le Provincial de Valence avait besoin de communiquer à son Général des lettres d'une grande importance; or s'aventurer dans le pays ou régnaient les protestants, c'était aller à la mort. Mais frère Pascal était heureux d'offrif sa vie pour Jésus-Christ. Impossible de décrire ici les péripéties de ce voyage dangereux : plusieurs fois poursuivi à coups de pierres, blessé à l'épaule, arrêté deux fois comme espion, maltraité partout, il arriva néanmoins à Paris, accomplit sa mission et s'en retourna joyeux à son couvent, heureux d'avoir fait l'obéissance.

Sa charité pour les pauvres n'avait point de bornes. Il me paraît, lui disait un jour le Père Gardien, que vous ne saurez jamais refuser un seul pauvre. — « Oh ! mon Père, s'il se présente douze pauvres et que j'en renvoie quatre sans secours, ne peut-il pas se faire que Jésus-Christ Notre Seigneur soit parmi ces quatre ? Quel malheur si j'allais refuser à ce bon Maître et refermer ma porte sur lui sans lui rien donner ! Tel est le motif pour lequel je ne refuse l'aumône à personne. «

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17 MAI. — S. l'ASlAI. BAYLON

De tous les miracles ijui se sont opérés à son tombeau, le

plus curieux est le bruit (ju'il fait entendre dans sa châsse pour rappeler le respect liû au Saint Sacrement. Tantôt c'est un frère, cjui oubliant de faire la génuflexion devant le tabernacle, entend sortir de la muraille un grand coup qui lui cause une mortelle frayeur et le corrige pour longtemps de ses distractions. Tantôt ces coups se font entendre pour aviser les gardiens du sanctuaire que la lampe vient de s'éteindre. Aussi merveilleux qu'il parai.sse ce fait est incontestable, il s'est renouvlé souvent et le P. Christophe d'Arta, son biographe, en rapporte plus de cinquante exemples arrivés de son temps.

■~^l Le r. Diego (îandel, carme déchaussé, était très dévot à saint

^1 Pascal, mais il avait peine à admettre la réalité de ce prodige et I se faisait scrupule d'en parler en chaire. Il vint donc au tombeau I du Saint et le i)ria avec instance de l'éclairer. Il entendit aussitôt \ trois coups ; cela ne le satisfit pas et il continua sa prière, trois va autres coups se firent entendre ; et comme il doutait encore, le •^! Saint renouvela le même prodige une troisième fois ; le religieux '.^\ alors fut convaincu de la vérité de cette merveille. e^ Deux Pères Jésuites étaient venus visiter le tombeau de saint

Pascal ,- ils entrèrent dans la chapelle où se trouve la châsse et se mirent à disserter sur ce miracle qui leur paraissait impossible. Une bonne femme, nommée Joséphine Mas, qui était là en prière, :i^ s'apercevant de leur incrédulité, s'adressa avec foi à saint Pascal et lui dit : « Grand saint, c'est maintenant le moment de frapper un bon coup pour éclairer ces religieux. « On entendit aussitôt -■^1 un grand coup qui retentit dans toute l'Eglise et les deux reli- ■ gieux stupéfaits furent heureux de se rendre à l'évidence. I Le même historien ajoute que ce prodige s'opère ordinaire-

j ment lorsqu'après avoir demandé une grâce au Saint, on pro- ■^ nonce, en présence de sa relique ou de son ima2;e, la louange du •■^- Très Saint Sacrement : « Loué et adoré soit à jamais le Très Saint Sacrement de l'autel. » — Il ne faut pas non plus passer *^ sous silence ce fait rappelé par Léon XIII, que durant ses obsèques, ses yeux s'ouvrirent par deux fois au moment des deux élévations. Tel est le Saint que le Souverain Pontife a proposé comme modèle de la dévotion Eucharistique.

PRIONS

i^ « Mon Dieu, qui avez accordé au B. Pascal un merveilleux

amour pour les Sacrés Mystères de votre Corps et de votre Sang, faites qu'en participant à ce divin banquet, nous y puisions la même ferveur de dévotion que votre glorieux serviteur. -

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i S. jf cliy bc Cantalice

Frère lai, Capucix

Tel qu'une plante cultivée

avec une rare sollicitude, le

petit Félix, de Cantalice, pe-

îf tit bourg d'Italie, embaumait

•j- le fo}er paternel du parfum

tï de toutes les vertus. Mais il

'^=^^j=^=^=^±^^:.-.^ei=t6J=ie)=ts^'J "e devait pas vivre longtemps

au milieu des siens ; il n'avait que douze ans et déjà il se vit contraint, par indigence, de chercher ailleurs de quoi gagner sa vie. I )evenu pâtre, sa vie angélique et sa tendre piété, d'abord un objet de moquerie et de dérision pour ses au'.ies compagnons, lui gagnèrent ensuite leur estime et leur affection. Félix profita de cet ascendant qu'il avait acquis sur eux pour les porter à la vertu.

Cependant, depuis longtemps, il rêvait un genre de vie plus parfait, et il résolut de se donner à Dieu tout entier. Il entra au noviciat des Capucins et trois ans après sa profession il remplissait l'office de frère quêteur, donnant à tous l'exemple de l'humilité et de la simplicité. Il était beau de le voir parcourir les rues de la cité, la besace sur le dos, les yeux modestement baissés, égrenant son chapelet avec autant de piété que s'il se fut trouvé dans un oratoire. Les petits enfants venaient à sa rencontre et se pressaient autour de lui ; le Saint qui les chérissait à cause de leur innocence se faisait enfant avec eux et leur disait : « Jésus, Jésus, Jésus, prenez mon cceur et ne me le rendez plus. » Il se croyait indigne de porter l'habit religieux et se considérait comme la bête de somme du monastère. Se voyant un jour arrêté par une foule compacte aux abords d'une église : « De grâce, s'écria t-il, faites place à l'âne des Capucins ! » — « Où est donc votre âne. Frère Félix ? » lui répliqua-t-on. — « Vous ne le voyez donc pas ? Mais vous l'avez devant les yeux ! l'âne des Capucins, c'est le frère Félix. »

Notre Bienheureux s'était lié d'une étroite amitié avec saint Philippe de Néri. Les deux amis se saluaient par des paroles que nous pourrions trouver étranges, mais qui après tout n'étaient

^®il!®<fe

"^ l8 MAI. — S. FÉLIX DE CANTALKK . 113

(juc It-xprcssioii tic leur giaïul amour pour Pieu cl de leur inulUfllc ililcvtion : « Honjour, mon frère, |)uissie/-vous avoir à endurer tous les suppliées imagiiiahles pour l'aniour de Jésus- Christ ! "Saint rhilip|)e voulut expérimenter un jour l'humilité de son ami. L'ayant rencontré sur une place de R(ime, il ôta son chapeau et le posa sur la tête du bon Frère : « Allez, lui dit-il, continuez votre collecte. » Félix, le sourire sur les lèvres, se laissa faire et parcourut son chemin ainsi affublé.

Un trait montrera son amour pour la pauvreté. Un jour, par une innocente espièglerie, un jeune étudiant avait glissé dans la besace du Saint une pièce de monnaie. Au.ssitôt, le saint homme se sentit une telle fatigue, (ju'il s "écria : « Mon Jésus, cjucl est donc ce poids (jui m'accable? J'ai assurément (juekiue grand démon sur les épaules \ » Il vida le sac et découvrant la pièce de monnaie : « Ah ! maudit argent, s'écria-t-il, c'est toi qui alourdissais ma charge ; te ramasse (jui voudra ! tu sais que nous ne pouvons nous accorder. » Et il jeta la pièce de monnaie dans la boue.

Ajoutons un mot seulement sur sa dévotion à la sainte Vierge. Il se comportait envers elle comme un fils envers sa mère; aussi daigna-t-elle récompenser, par des faveurs signalées, l'amour de son fidèle serviteur. Elle lui apparut plusieurs fois, et notamment la nuit de Noël, où elle déposa dans ses bras son divin Enfc\nt.

PRIONS

« Accordez-nous, Seigneur Jésus, de niarcher dans l'innocence et la simplicité de notre cœur, puisque l'amour de ces vertus vous a fait descendre du sein de votre Mère entre les bras du bienheureux Félix, votre confesseur, »

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I S. ^vcB cte Bretagne

Curé, du Tiers-Ordre (1253 1303)

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Encore enfant, Yves avait pris pour règle de conduite cette devise : « Je dois devenir un saint. » Il le devint en effet. Ouvrant son cœur à l'amour de Marie, que sa mère lui inspira avec un tact si délicat et si surnatuturel, il aima bien vite la piété, et dès qu'il sut lire il s'imposa pour pratique la récitation quotidienne du petit office de la sainte \"ierge.

Il se forma dans la maison paternelle aux premiers éléments de la science ; à l'âge de quatorze ans on l'envoya à l'Université de Paris, où il étudia la philosophie, la théologie, le droit civil et canonique av^ec une auplication soutenue et un zèle infatigable. Il fut, de là, se perfectionner dans le droit civil à l'Université d'Orléans et devint un Jurisconsulte éminent.

Mais déjà, au milieu de ses études absorbantes, le pieux jeune homme portait le cilice, s'interdisait l'usage du vin et de la viande, jeûnait au pain et à l'eau, pendant l'Avent, le Carême et à plusieurs autres jours de l'année. Ses récréations étaient consacrées à la visite des hôpitaux et au soin des malades ; une simple natte était son lit, une pierre son oreiller. Il refusa un parti avantageux que voulait lui faire prendre sa famille, et son désir eût été de recevoir simplement les Ordres Mineurs, afin d'en remplir les humbles fonctions toute sa vie. Il dut cependant s'incliner devant le désir de son évêque, qui lui conféra la prêtrise et lui imposa la charge d'official ou juge ecclésiastique. Peu sensible aux honneurs, il ne vit dans sa charge que des devoirs à remplir et des vertus à pratiquer. Il se considéra, avant tout, comme le protecteur du pauvre et de l'orpheUn, le défenseur du faible et de l'homme sans appui. De là lui vient le titre, qu'il s'est acquis, d'avocat des pauvres.

Nommé, quelque temps après, pour remplir les fonctions de curé dans un village de Bretagne, notre Saint crut devoir renon-

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19 MAI. — S. YVKS DB HRETACNE II5

cer à sa rhargc d'oftic-ial afin de se consacrer tout entier à son troupeau. Il voulut, avant d entrer dans sa charge pastorale, revêtir rii.ïbit du Tiers Ordre de saint l"'ran(,ois, désirant par là s'engager à mieux pratiquer les vertus sacerdotales, et donner à ses paroissiens l'exemple d'une vie calquée, autant que la faiblesse humaine peut le permettre, sur la vie de Notre Seigneur. Pour lui, la pénitence prescrite par la Règle n'était pas un vain mot. Il portait une soutane grise, d'étoiïe extrêmement grossière, et des sandales comme les l'Yères Mineurs ; sous ce vêtement pauvre et austère, il cachait un rude ciliée. Ses jeûnes étaient fré- (juents et rigoureux ; il ne vivait (jue d'aliments grossiers ; ses nuits se passaient dans l'étude et la prière ; la fatigue l'obligeaitelle à prendre un peu de repos, il s'étendait sur une planche nue, avec une pierre ou sa bible pour oreiller. A minuit, il récitait l'office divin. Chaque matin, le saint pasteur montait à l'autel avec une tendre dévotion, qui lui faisait verser des larmes abondantes ; or un jour, au moment de l'élévation, une couronne de lumière environna l'hostie sacrée, puis s'attacha au calice pendant qu'il l'offrit à l'adoration du peuple ; l'auguste Victime voulut, par ce prodige, manisfester aux fidèles la foi ardente de son prêtre. Afin d'attirer les bénédictions de Dieu sur ses travaux, il avait coutume d'aller à pied ; il arriva qu'un jour, dans ses courses, il eut à traverser une rivière dont les eaux étaient débordées et couvraient le pont : sans s'étonner il fait le signe de la croix et au même instant les eaux se divisent pour lui offrir un passage et se réunissent ensuite.

Saint Yves, l'une des gloires de la catholique Bretagne, est le patron des curés, des juges, des avocats et de tous les hommes de loi.

« Heureux l'homme qui a l'intelligence du pauvre et de l'indigent, le Seigneur le délivrera dans le jour terrible. » (Ps. 40.)

PRIONS

«Seigneur, qui avez voulu faire éclater les travaux, les miracles et les vertus de saint Yves votre confesseur, faites, nous vous en supplions, que par ses mérites et ses prières nous obtenions vos faveurs. » Ainsi soit-il.

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& Prêtre, Franciscain

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Un fils de saint Dominique, saint Antonin, archevêque de Florence, résume ainsi la mission de l'Illustre enfant de saint François :

(( La grâce de Dieu, notre Sauveur, est apparue en nos jours en son serviteur Bernardin. Par la clémence du Père des Miséricordes, Bernardin a brillé comme un nouvel astre : il a brillé du plus pur éclat des dons divins, en répandant sur les épaisses ténèbres d'un siècle pervers les rayons lumineux de sa vie sainte et de sa doctrine. Sa mission a été de ramener les peuples, que leur aveuglement éloignait du droit sentier, et de les instruire par sa parole comme par ses exemples. » Saint Bernardin de Sienne devait apparaître, en effet, comme l'apôtre, le champion de l'Eglise et le réformateur de son siècle

Il appartenait à une famille illustre par le sang comme par la vertu, mais à peine âgé de six ans, il était déjà orphelin; ainsi cet enfant d'abord si riche d'espérances, apprenait de bonne heure, à l'école du malheur, les vicissitudes de la vie. Dès qu'il fut en âge de fréquenter les écoles il se fit remarquer par la vivacité de son intelligence, le sérieux de ses goûts et une grande rectitude d'esprit. Mais les études ne nuisaient en rien à la piété du jeune homme. Doux et aimable dans ses manières, plein de modestie, de grâce et de candeur, Bernardin était estimé et chéri de tous. Rempli de cette douce et bonne gaîté qui semble être le partage des habitants de Sienne, il aimait à se mêler aux amusements de ses jeunes condisciples, mais jamais on n'entendit sortir de sa bouche un mot déplacé. Les condisciples le savaient ; aussi quand il s'approchait d'un groupe où l'on tenait des propos inconvenants, la conversation changeait et l'on disait : « Silence, voici Bernardin. » — Un jour sur la place publique un gentilhomme s'approche de lui et lui adresse une parole inconvenante ; l'enfant lui applique un soufflet, si vigoureux, que ceux qui se

20 MAI. — S. HKRNARDIN I)K SIKNNK 11?

promenaient l'entendirent à une distance assez éloignée. Tout le monde applaudit et le coupable se retira couvert de confusion.

Cependant un nuage sembla voiler aux yeux de ceux qui avaient soin de Hernardin cette modestie et cette pureté (jui faisaient l'ornement de son âme. Arrivé à Tàge oii les passions sont si redoutables, il dit un jour à Tobia, .sa tante : « Je me sens épris d'amour, et de grand cœur je sacrifierais ma vie pour jouir de la présence de celle (jue j'aime. La nuit pour moi serait sans sommeil si je n'avais durant le jour salué l'image de ma bienaimée. » Ces parolts, dites de l'abondance du cœur, causèrent une grave inipiiétude à la sainte femme, aussi désirait-elle vivement être éclairée sur ce langage mystérieux : « Quelle est donc, lui dit-elle enfin, cette personne dont vous me parlez? où demeure-t-elle ? — Elle demeure, répond Bernardin, auprès de la porte Camollia. » Tobia observa elle-même la conduite du jeune homme et le lendemain et les jours suivants, elle le vit se diriger vers la porte Camollia, s'agenouiller devant une image de Marie

î^ placée au fronton de cette porte et s'en retourner en toute hâte.

5^ Tobia avait découvert le mystère, elle tressaillit d'allégresse et embrassa tendrement son fils adoptif. Cette ardente dévotion à la Reine du ciel. Bernardin la gardera toujours dans son cœur, il deviendra l'apôtre de Marie et le zélé propagateur de son culte au sein du peuple chrétien.

Nous ne pouvons le suivre à l'hospice de la .Scala où l'ardeur de son dévouement l'appela pour soigner les pestiférés, et .sans

W nous arrêter aux premières années qu'il passa dans l'Ordre des n Frères Mineurs,' contemplons-le en chaire, dans les villes de la ■^ Toscane et de la Lombardie, pacifiant les séditions, réconciliant les partis, réformant les mœurs.

Cette mission de notre Saint avait été prédite du haut de la chaire par saint Vincent Ferrier, un jour que Bernardin se trouvait dans son auditoire, et la prédiction se réalisa à la lettre.

Il parcourt l'Italie, et partout les peuples se portent à sa rencontre, avides d'entendre sa parole ; il s'arrête dans les bourga-

-^ des, comme dans les grandes villes, désireux d'annoncer à tous les vérités éternelles, pour gagner toutes les âmts à Dieu. Une mission en appelait une autre ; suivant le langage de la sagesse, notre Saint était de la race des Justes qui se répandent dans le monde comme la flanwie dans un chatnp planté de roseaux, pour faire la loi aux peuples en y introduisant le règne de ce Dieu, qui ti^est feu dévorant que parce qu'il est charité. Au témoignage

1^ de ses contemporains, il fut le plus grand orateur de son siècle ; ^ nul plus que lui n'eut le secret d'électriser les peuples et de les entraîner sur ses pas. L'arme dont se servit surtout le grand apôtre, pour gagner les âmes, fut la dévotion ati saint Nom de

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